AbonnementRSS

A la une

Cuba et les Etats-Unis reprennent leurs relations

Les Etats-Unis et Cuba vont rétablir des relations diplomatiques plus de 50 ans après leur rupture, selon des officiels américains cités par le New York Times mercredi 17 décembre. Des discussions secrètes menées pendant 18 mois ont abouti à un accord dont la première étape semble avoir été la libération d’un Américain détenu à Cuba depuis 5 ans. Dans le même temps, trois Cubains détenus aux Etats-Unis et accusés d’espionnage ont également été libérés.

En plus de ce premier échange de prisonniers, les Etats-Unis devraient assouplir les restrictions imposées aux déplacements et aux flux de capitaux. Dans le même temps, Cuba devrait libérer 53 prisonniers identifiés comme politiques par les Etats-Unis.

Le président américain est intervenu à la télévision :

 

Le successeur de Fidel Castro, son frère Raul, est également intervenu à la télévision :

 

Selon le New York Times, les discussions entre les deux pays ont été facilitées par le Canada et le pape François.

Selon la Maison Blanche, l’un des premiers gestes diplomatiques sera d’enlever Cuba de la liste des pays terroristes. L’île s’y trouve depuis 1982.

 

« Todos somos americanos » (« Nous sommes tous Américains »), a déclaré Barack Obama, rappelant le célèbre « Ich bin ein Berliner » de Kennedy en 1963. Le président américain et son homologue cubain, Raul Castro, ont pris la parole simultanément, mercredi 17 décembre, pour annoncer une normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues depuis 1961. 

(REUTERS)

Ce rapprochement intervient après « 18 mois de discussions secrètes, organisées au Canada et encouragées par le pape François, qui a mis en place une dernière rencontre au Vatican », explique le New York Times (en anglais). Voici les principales annonces du président américain.

Des négociations sur la levée de l’embargo contre Cuba

Obama a affirmé qu’il voulait examiner avec le Congrès la levée de l’embargo contre Cuba. « Nous allons permettre des échanges bancaires, commerciaux, de marchandises. Je crois en la nécessité de permettre la liberté des flux de l’information », a affirmé le président américain.

Les deux pays n’ont plus de relations diplomatiques officielles depuis 1961 et Cuba subit un embargo américain depuis 1962. « L’isolement de Cuba n’a pas fonctionné, il faut une nouvelle approche », a continué Obama, rappelant que »l’embargo imposé depuis un demi-siècle est l’objet d’une loi », et qu’il va falloir »entamer les négociations [politiques] pour la levée » de ces sanctions.

Barack Obama a toutefois prévenu que les discussions entre les deux pays seraient « longues ». « No es facil » (« ce n’est pas facile »), a-t-il affirmé en citant un proverbe cubain.

« Cela ne veut pas dire que le [problème] principal, l’embargo économique, ait été résolu », a déclaré de son côté Raul Castro.

Des libérations de prisonniers

Le président cubain Raul Castro a annoncé que les trois Cubains libérés dans le cadre d’un échange de prisonniers avec les Etats-Unis étaient déjà revenus à Cuba. Gerardo Hernandez, Ramon Labañino et Antonio Guerrero, condamnés en 2001 à de lourdes peines de prison pour espionnage, « sont arrivés aujourd’hui dans notre patrie », a déclaré le chef d’Etat cubain.

L’Américain Alan Gross a aussi été libéré par La Havane, après cinq ans d’emprisonnement. Ce dernier a atterri, mercredi, sur la base américaine Andrews. Le gouvernement cubain aurait aussi accepté de libérer 53 détenus politiques, selon un haut responsable américain, cité par l’agence Reuters.

La mise en place d’une coopération entre les deux pays

Barack Obama a annoncé le retrait prochain de Cuba sur la liste des pays soutenant le terroriste. « Des dignitaires de haut rang vont se rendre à Cuba » pour mettre en place une coopération entre les deux pays en matière de « lutte contre le terrorisme, d’économie, d’immigration et de santé », a affirmé le président américain. A ce titre, il a souligné l’importance du savoir cubain en matière de santé, rappelant que le pays avait découvert le vaccin contre la fièvre jaune.

La facilitation des voyages pour les familles cubaines  

 « Aujourd’hui, j’ai décidé d’alléger les conditions de voyage des familles cubaines qui vivent aux Etats-Unis vers Cuba, a annoncé Barack Obama. A travers ces rapprochements familiaux, nous allons faire en sorte que Cuba ne soit plus isolée. »

Depuis cinquante ans, des centaines de milliers de Cubains ont émigré, pour la grande majorité aux Etats-Unis. Aux émigrés « politiques » des premières années de la Révolution ont succédé des milliers de d’émigrés « économiques », qui peinent à conserver des attaches avec leurs familles sur l’île.

L’administration américaine va assouplir les conditions d’octroi d’autorisation d’entrée à Cuba pour les Cubains résidant aux Etats-Unis. Mais les voyages touristiques d’Américains à Cuba resteront impossibles pour l’instant. La levée totale des restrictions aux voyages ne peut être décidée que par le Congrès.

L’ouverture d’une ambassade américaine à La Havane

 « Nous allons rétablir une ambassade à La Havane », a annoncé Barack Obama, expliquant que « du personnel d’Etat de haut rang », allait se rendre dans la capitale cubaine. Plus tôt dans la journée, un responsable américain a affirmé que celle-ci devrait ouvrir « dans les mois à venir ». Actuellement, les Etats-Unis n’ont qu’une section d’intérêts sur l’île.

Francetvinfo

Au PS, Cambadélis ressemble au chef d’orchestre du Titanic

Classé dans: Actualités, Parti socialiste

Le premier secrétaire socialiste a annoncé, samedi, lors d’un conseil national, sa volonté de réformer le PS en profondeur. Et d’y faire adhérer en masse, en évitant le plus possible de parler politique gouvernementale. Un activisme interne qu’il espère suffisant pour se rendre légitime à la tête du parti au congrès de juin prochain. Mais restera-t-il encore des militants ?

Mettre la charrue sans se soucier de l’état des bœufs. Ce samedi, lors d’un conseil national extraordinaire, le PS a retrouvé ce huis clos qui lui sied si bien, dans un sous-sol de l’Assemblée nationale. Une semaine après avoir adopté une nouvelle « charte de valeurs » (lire ici), dans un hangar retranché à proximité du périphérique parisien, où les CRS faisaient office de cordon de sécurité face à la coordination des intermittents, chômeurs et précaires, qui manifestaient avec virulence leur rejet du socialisme au pouvoir.

Cette fois-ci, revenus dans l’environnement calme du VIIe arrondissement de la capitale, les hiérarques du PS ont écouté leur premier secrétaire « par intérim » (car non élu directement par les militants), Jean-Christophe Cambadélis, leur vanter son projet de rénovation interne. Une intention qui en a dérouté plus d’un, celle de la construction d’un parti à 500 000 adhérents, alors même qu’ils n’ont été que dix fois moins à voter il y a dix jours, lors de bien factices “états généraux”. Qu’importe pour Cambadélis, la réalité politique, ou la parfaite incongruité d’un conseil national appelant à « ouvrir les portes et fenêtres du parti » lors d’une réunion à huis clos, lui entend faire montre de son activisme dans le parti, ne s’estimant comptable que de cela, et non de la politique du gouvernement ou des déroutes électorales à venir.

Jean-Christophe Cambadélis, au siège du PS à Paris, le 13 décembre 2014Jean-Christophe Cambadélis, au siège du PS à Paris, le 13 décembre 2014 © S.A

Alors, il agite les bras, dénonce le péril fasciste et ceux qui à gauche ne veulent pas se ranger derrière le PS sans poser de questions. Il n’élude pas les difficultés, mais n’entend pas les traiter au fond, en s’interrogeant sur l’idéologie. Son sujet à lui, c’est uniquement l’organisation. Et son souci semble être d’en faire le plus possible, pour assurer son élection à la tête du parti, lors du prochain congrès de Poitiers, au début du mois de juin 2015. Tant pis s’il apparaît chaque semaine un peu plus comme une parfaite allégorie du chef d’orchestre du Titanic, il a la baguette et n’entend pas la lâcher, lui qui prétend au poste depuis vingt ans maintenant.

Pour asseoir sa légitimité et décourager toute velléité concurrente, Cambadélis a donc dévoilé son plan de modernisation du parti (révélé ici par Libération), sur lequel il a fait travailler son plus proche lieutenant depuis les années trotskystes et de la Mnef, jusqu’au premier cercle de l’entourage de Dominique Strauss-Kahn, le député Christophe Borgel. Le rapport qu’il a présenté est un étrange mélange organisationnel mi-OCI mi-Désirs d’avenir, une réflexion théorique militante laissant espérer qu’avec la rigueur de la formation lambertiste des années 1970, alliée à l’ouverture telle que prônée par Ségolène Royal entre 2006 et 2008, les icebergs pourraient être évités.

Borgel prône une participation accrue des militants, une grande campagne d’adhésion avec baisse des cotisations et incitation à abandonner certains rituels d’accueil et d’intégration du nouveau militant dans sa section, ainsi que le développement d’un réseau social interne sur le Web, dont on n’a pas vraiment compris la différence avec la « Coopol » aujourd’hui en déshérence. Cette modernisation à la sauce Désirs d’avenir irait de pair avec de vieilles règles issues de l’Organisation communiste internationaliste, faisant reposer sur la direction nationale du parti une responsabilité accrue de l’animation militante.

Est notamment évoquée la mise en débat de thèmes de discussion imposés aux secrétaires de section par le bureau national, ou la relance de sessions de formations militantes dont seraient responsables tous les secrétaires nationaux. On retrouve aussi de l’OCI des années 1970 cette propension fascinante à édicter des ambitions totalement démesurées faisant fi du contexte politique actuel, comme cette volonté de faire grossir le PS à 500 000 adhérents, via l’octroi à chaque militant de carnets de cartes d’adhésion, qu’il pourrait fièrement déployer sur les marchés.

Lors de son point presse d’après conseil national, samedi, Cambadélis n’a pu réprimer une bouffée nostalgique de ses années de responsable du secteur étudiant de l’OCI, quand il ressuscita, pince-sans-rire, l’importance des « tâches militantes » en matière de recrutement : « Si chaque militant recrute dix personnes, nous explosons l’objectif ! » Il est cependant intéressant de noter que l’exercice de primaires ouvertes a totalement disparu du plan de rénovation « made in Camba », alors même qu’il a été la seule innovation concluante et efficace du PS ces dernières années, et qu’il aurait pu être un instrument de renouvellement du personnel politique local.

De même, aucune référence n’est faite à l’usage de référendums militants (à l’image de celui mis en œuvre par Martine Aubry en 2010, qui fut le point de départ de la réforme du cumul des mandats). On se demande bien alors à quoi peut servir un parti à 500 000 adhérents, si ce n’est à faire un compte rond, aussi joli qu’improbable.

Car il reste une question décisive à laquelle cette entreprise énigmatique de rénovation ne répond pas : ouvrir les portes et les fenêtres d’une maison permet-il de la rendre plus désirable, quand son état de délabrement est aussi avancé ?

Cambadélis contraint à s’engager sur le fond ?

Un peu désarmé et désarmant, Cambadélis a lui-même parfaitement résumé la position des sceptiques du parti, vis-à-vis de son ambition modernisatrice : « Si on veut faire des adhésions, il est nécessaire de mener une politique qui le permette. » Or, le premier secrétaire n’a pas de réponse à cette remise en cause existentielle, celle d’un socialisme au pouvoir qui démobilise toujours plus les socialistes dans leur parti.

« Il est impensable d’appeler des gens à adhérer sans expliquer ce que le parti pense du gouvernement, s’étrangle Jérôme Guedj, figure de l’aile gauche du PS. Il n’est pas inintéressant de réfléchir au fonctionnement du parti, mais dans le moment, cela revient à passer son temps à regarder ailleurs que du côté de l’action gouvernementale. » Pour un secrétaire national appartenant à la majorité de Cambadélis, le conseil national du parti devient « effrayant », en ce qu’il « est chaque mois un peu moins le reflet de la société ». Et de quitter la séance, en soupirant : « On tourne en boucle, on s’autocongratule, mais on ne porte jamais de vrais débats. »

Pour le sénateur et secrétaire national David Assouline, la rénovation du PS entamée par Cambadélis va dans le bon sens, car elle anticipe en fait la situation du parti dans un futur proche, une fois survenues les déroutes électorales annoncées : « On entame un retour aux années 1970, quand le parti avait tout à gagner. Il va falloir régénérer le parti avec des sympathisants et des acteurs du mouvement social qui n’ont pas un engagement fondé à de seules fins électoralistes. Bon, il y a aussi des arrière-pensées et un congrès bientôt, alors il faut montrer qu’il est actif. » « Il joue la montre comme il peut et si possible en parlant le moins possible de l’exécutif, dit un autre dirigeant de la rue Solférino, le soutenant comme la corde soutient le pendu. Son objectif, c’est d’animer un maximum le parti, d’occuper l’espace, quitte à apparaître « hors-sol » ou en total décalage avec la situation. »

Face à ces critiques, qui sont autant de limites au raisonnement strictement structurel de Cambadélis, ce dernier se contente d’ânonner que « les contestataires du PS n’ont pas à participer à la critique gouvernementale, mais à être d’accord ou pas avec la position du parti », qu’il juge « équilibrée ». Et de citer l’épineux sujet de la loi Macron, et du travail du dimanche en particulier, sur lequel le PS a rendu public un « memorandum » listant une série d’exigences (lire ici), et pour lequel il « préconise le compromis, afin d’arriver à une situation acceptable par tous ». Avec cette loi Macron, Cambadélis est aujourd’hui au pied du mur, contraint de s’engager dans un débat de fond (il a invité le ministre de l’économie au premier bureau national de janvier), alors qu’il n’aime rien tant que se limiter à l’organisation, la tactique et la stratégie.

En milieu de semaine, Martine Aubry a une nouvelle fois dit avec force son opposition, et ce samedi, l’une des interventions les plus remarquées (jusque chez certains membres de la direction du PS) fut celle de Benoît Hamon, son challenger le plus sérieux pour la conquête du parti, insistant sur la nécessité pour le PS de « ne pas accompagner la société de consommation », mais plutôt de se mobiliser pour « établir une frontière entre le marché et la société ».

Comme il y a un mois, lors du précédent conseil national où il s’était exprimé sur la reconnaissance de la Palestine et non sur le calendrier du congrès, l’ancien ministre éphémère de l’éducation nationale a « choisi de ne pas se mêler des luttes intestines lunaires actuelles », selon les termes de l’un de ses proches, Roberto Romero, pour qui Hamon « essaie de politiser le débat sur la question de l’orientation du gouvernement, afin de montrer pourquoi il l’a quitté ».

« Dans le marasme lugubre de ce conseil national, Hamon a marqué les esprits, explique John Palacin, un conseiller national proche d’Arnaud Montebourg. Ça nous change un peu de la rhétorique du péril fasciste que nous sert une direction qui se croit à la veille de la guerre d’Espagne, et qui va nous intimer jusqu’à la lie de rester soudé et de taire nos divergences. »

Pour l’heure, Cambadélis ne compte pas changer de registre. Son objectif est simple : rester le seul candidat possible à sa propre succession lors du futur congrès de Poitiers, en faisant se ranger derrière lui aussi bien les proches de François Hollande et les modérés du parti (comme les proches de Pierre Moscovici ou Vincent Peillon), que Martine Aubry et ses proches. Si cela fait une majorité du parti, il aura alors tout loisir de continuer à faire des plans (de rénovation) sur la comète. Mais y aura-t-il encore des bœufs pour emmener la charrue socialiste dans les étoiles ?

STÉPHANE ALLIÈS – mediapart.fr

Les sept meilleures citations du discours de Vladimir Poutine

Classé dans: Actualités, International

Le 4 décembre, Vladimir Poutine prononçait son discours annuel à l’Assemblée fédérale. Le journal Moskovski Komsomolets en a extrait les sept meilleurs passages classés par thème, de la Crimée à Hitler en passant par l’Occident et les vacances fiscales. 

Vladimir Poutine lors de son discours annuel à l'Assemblée fédérale, le 4 décembre 2014 - AFP/Vasily Maximov
Vladimir Poutine lors de son discours annuel à l’Assemblée fédérale, le 4 décembre 2014 – AFP/Vasily Maximov
• Le retour de la « sainte Crimée » dans le giron de la Russie “Pour notre pays, pour notre peuple, cet événement a une signification particulière. Car ce sont nos compatriotes qui vivent en Crimée, et le territoire a une importance stratégique en tant que source spirituelle, tant de la nation russe dans sa diversité et son unicité, que de l’État russe centralisé. Car c’est justement ici, en Crimée, dans l’antique ville de Chersonèse – que les chroniqueurs russes d’antan appelaient Korsoun – que Vladimir le Grand fut baptisé avant de baptiser la Russie tout entière. »
• Le début de la crise en Ukraine“Ce n’est pas par hasard que je fais référence à nos amis américains car ces derniers cherchent toujours à influencer, en coulisses ou directement, nos relations avec nos voisins. Parfois, on ne sait pas à qui il vaut mieux s’adresser, aux gouvernements ou directement à leurs protecteurs et leurs sponsors américains. Dans le cas de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, il n’y a simplement pas eu de dialogue, je l’ai déjà dit. On nous a signifié que ce n’était pas nos affaires. Pour le dire simplement, en langage populaire, on nous a envoyé paître. »
• Adolf Hitler, l’Occident et les séparatistes 

“Déjà à l’époque [dans les années 1990-2000], il était devenu évident que plus nous faisions de concessions et cherchions à nous justifier, plus nos adversaires devenaient arrogants, cyniques et agressifs.

Malgré l’ouverture d’esprit sans précédent dont nous faisions preuve alors, malgré notre volonté de collaborer sur des questions pourtant épineuses, malgré le fait que nous considérions – comme vous vous en souvenez – nos anciens ennemis comme des amis proches, voire des partenaires, ces derniers encourageaient ‘en douce’ les séparatismes de manière absolument flagrante, tant politiquement que financièrement, via les systèmes d’information et de renseignement.

Il ne fait aucun doute qu’ils auraient aimé voir à l’œuvre chez nous le scénario yougoslave d’un effondrement et d’un démembrement avec toutes les tragiques conséquences que cela aurait eu pour les peuples de Russie. Ça n’a pas marché. Nous ne l’avons pas permis. Comme ça n’a pas marché pour Hitler qui voulait détruire la Russie avec son idéologie xénophobe et nous repousser au-délà de l’Oural. Personne ne devrait oublier comment tout cela peut finir. »

• Moratoire fiscal et amnistie sur les capitaux 

« Je propose d’instaurer des vacances fiscales pour les entreprises qui jouissent d’une bonne réputation et qui n’ont n’ont pas enfreint la loi durant trois années d’affilée. Ainsi elles ne seront pas contrôlées pendant les trois prochaines années. Quant à la situation fiscale, je propose de la geler pour les quatre prochaines années pour ne plus avoir à revenir dessus. Pour les petites entreprises, je préconise des vacances fiscales trisannuelles et une amnistie sur les capitaux rapatriés en Russie… Ceux qui régulariseront leurs avoirs en Russie ne seront inquiétés ni par les impôts ni par la justice. »

• Offshore et pigeons 

« Nous devons tourner définitivement la page [des comptes] offshore de notre histoire. J’espère que le cas chypriote a su démontrer à nos entrepreneurs que dans ces endroits-là, ils risquaient de se faire plumer comme des pigeons. »

• Le rouble 

« Je demande à la Banque centrale de prendre des mesures sévères pour faire passer l’envie aux spéculateurs de jouer sur les fluctuations du cours du rouble. »
• Détournements de fonds publics, défense et terrorisme

“Il faut considérer un détournement de fonds publics au ministère de la Défense comme une atteinte à la sécurité nationale et traiter chaque cas avec la même fermeté que celle appliquée dans la lutte contre le financement du terrorisme. Il y a eu des cas où le coût de la commande a été multiplié par 11 après le lancement de la production [selon le journalMoskovski Komsomolets, il y avait une faute de frappe dans le texte lu par Poutine : il s’agit de 1,1 fois et non 11 fois]. J’ai chargé le ministère de la Défense et les autorités de surveillance financière de développer un système de traçage pour chaque rouble engagé dans les marchés publics de la Défense. »

 

 

« On ne dépense pas le dimanche l’argent qu’on n’a pas le vendredi »

Jeudi 11 décembre 2014, Jean-Luc Mélenchon était l’invité des 4 vérités sur France 2. Il a appelé à une grande mobilisation populaire contre la loi Macron qui veut élargir le travail du dimanche. Jean-Luc Mélenchon a également appelé à signer pour la 6e République sur m6r.fr et à participer à « Nous le Peuple », le réseau citoyen du mouvement pour la 6e République.

 

 

Mélenchon : « On ne dépense pas le dimanche l… par lepartidegauche

A Troyes, le PS subit une nouvelle déroute

Classé dans: Actualités, Parti socialiste

Avec 14,6 % seulement, le parti socialiste a été éliminé dimanche au premier tour d’une législative partielle à Troyes. Trois électeurs sur quatre ne se sont pas déplacés. Le Front national progresse de 10 points.

Le calvaire électoral du PS continue. Le parti socialiste a été éliminé dimanche 7 décembre au premier tour de la législative partielle organisée à Troyes, dans la troisième circonscription de l’Aube. La législative partielle avait été provoquée par l’élection au Sénat, fin septembre, du maire de Troyes et député François Baroin, qui a dû laisser son siège à l’Assemblée nationale. 

Dimanche soir, c’est l’UMP qui est arrivée largement en tête . Gérard Menuel, adjoint aux finances de la mairie de Troyes, suppléant historique de François Baroin, a viré en tête avec 40,76 % des suffrages exprimés. C’est quasiment le score de François Baroin en 2012. Le Front national Bruno Subtil gagne 10 points par rapport au score de la candidate frontiste de 2012. Il passe de 17,79 % à 27,64 % des suffrages exprimés, se qualifiant ainsi pour le second tour.

La gauche du PS, elle, se maintient. Le Front de gauche,qui a fait campagne contre la « politique d’austérité » du gouvernement, améliore même légèrement son score de 2012 (7,46 % contre 7,18 % pour le communiste Pierre Mathieu). EELV, parti seul cette fois, obtient 4,47 %. Si l’on ajoute le score de Dominique Deharbe, qui figurait en juin dernier sur la liste Nouvelle Donne aux européennes dans le Grand Est, la gauche du PS totalise 14,4 % des voix. Quasiment le score du candidat PS. « Il n’y a pas de vote massif pour le Front de gauche et EELV », nuance la porte-parole du PS, Juliette Méadel.

Le scrutin est surtout marqué par une abstention record de 75,37 %. Concrètement, seul un électeur sur 4 s’est déplacé – 16 000 suffrages exprimés sur 66 000 électeurs inscrits. Difficile donc de tirer des leçons définitives de ce vote. Mais le ratio par parti des suffrages exprimés entre 2012 et 2014 prouve bien la désaffection de l’électorat socialiste. D’après nos calculs, le PS perd ainsi les quatre cinquièmes de ses électeurs par rapport à 2012 (2 315 contre 10 900). L’UMP et le Front de gauche arrivent à retrouver respectivement 41 et 43 % de leurs électeurs. Le FN perd lui aussi des électeurs, mais il parvient dans un contexte de forte abstention à retrouver 65 % de ses électeurs (4 355 contre 6 733 en 2012).

 

« Désespérance armée »

Le PS savait la tâche difficile dans cette circonscription du nord-ouest du département, marquée à droite, dont François Baroin était député depuis 1993. « Je me doutais que j’allais être éliminé au premier tour, admet le candidat socialiste Olivier Girardin, questionné ce lundi par Mediapart. Mais je ne m’attendais pas à un score aussi bas pour moi, ni à un taux d’abstention aussi haut. » Avec 14,69 % des voix, le candidat socialiste(photo) réalise en effet un piètre score.

Olivier Girardin, le candidat socialisteOlivier Girardin, le candidat socialiste © DR

En 2012, la socialiste Lorette Joly, alors soutenue par les écologistes, avait réuni 28,79 % des voix (cliquer ici pour afficher les résultats de 2012). Un score honorable – François Baroin l’avait finalement emporté de treize points au deuxième tour. En deux ans, le PS a donc divisé son score par deux.

Pour le parti au pouvoir, éliminé ces derniers mois au premier tour de plusieurs législatives partielles (à Valenciennes, dans l’Oise, ou encore à Villeneuve-sur-Lot), il s’agit d’un sévère avertissement avant des élections départementales et régionales (en mars et décembre 2015), qui s’annoncent terribles. Et une nouvelle législative partielle à haut risque, les 1er et 8 février, dans la circonscription de Pierre Moscovici. L’ancien ministre de l’économie de François Hollande a dû abandonner son siège de député après avoir été nommé à la Commission européenne. Dans son fief de Montbéliard (Doubs), le PS pourrait bien être à nouveau éliminé au premier tour.

Dans l’Aube, Girardin n’est pas un inconnu : premier fédéral du PS, maire de la troisième ville du département (La Chapelle-Saint-Luc), il préside aussi le groupe socialiste à la région Champagne-Ardenne. Mais sa notoriété locale n’a rien changé. Dans sa ville, le candidat PS ne totalise que 38 % des voix, quelques mois à peine après avoir été réélu maire.

Selon ce représentant local de l’aile gauche du PS, proche de Benoît Hamon, le désastre politique actuel est à peu près total. « On est passé d’une logique de déception, de désenchantement à une logique de désespérance armée, dit-il. La population considère que les politiques en général, et ceux qui sont au pouvoir en particulier, ne veulent plus rien faire pour eux. Il n’y a aucun cap, aucun sens donné à ce que nous faisons. » Pour lui, la crise concerne d’abord le PS qu’il considère « déjà mort », alors que le parti vient de conclure ses états généraux (lire notre article) et se prépare à un congrès agité en juin 2015 à Poitiers. « Le PS, c’est la SFIO de la fin des années 50. Le plus grave, c’est que la gauche aussi est en train de mourir. »

Le site du quotidien l'Est-Eclair, ce lundi 8 décembre
Le site du quotidien l’Est-Eclair, ce lundi 8 décembre © capture d’écran lest-eclair.fr

À l’entendre, la crise politique est très profonde. « Gauche, droite, FN, les gens nous mettent tous dans le même sac. Ils sont totalement déconnectés du système politique. Quant aux élus, ils sont déconnectés des préoccupations de leurs électeurs et vivent dans un monde éthéré. Aucun des dirigeants de Solférino ne m’a appelé pendant la campagne, obnubilés qu’ils sont par le congrès à venir. La vérité, c’est que les hommes politiques n’ont plus de pouvoir et ça fait flipper tous les élus. » Vendredi, deux jours avant le vote, Manuel Valls a quand même pris le temps de décrocher son téléphone. Olivier Girardin lui a parlé de la morosité générale, du rejet grandissant de l’Europe dans la population ou encore des modalités du décret sur la pénibilité qui inquiète des petits patrons.

À Solférino, la porte-parole du PS, Juliette Méadel, admet que « le FN fait un gros score ». Elle reconnaît que le PS est dans une phase électorale « difficile ». Mais elle met aussi ce mauvais score sur le compte de la « très grosse abstention » et de la « division à gauche ». « Tout le monde doit être rassemblé, y compris au PS », dit-elle. Une façon de reprendre l’argument du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis qui a souhaité dimanche un futur congrès du PS sans « motions de censure ».

En attendant, le PS appelle « clairement à battre le FN au second tour. Il faut faire front contre le Front », assure Méadel. Olivier Girardin, « petit-fils d’une immigrée italienne arrivée en France en 1923 », a déjà appelé à voter UMP dimanche prochain. « J’ai des principes, je m’y tiens, et tant pis si on me dit que ça renforce l' »UMPS ». Les aventures politiques comme le FN, on sait comment ça commence, jamais comment ça finit. »

MATHIEU MAGNAUDEIX – mediapart.fr

Auroragold : la NSA surveille les trois quarts des réseaux mobiles de la planète

surveillance-Internet
 

L’opération Auroragold a permis à la NSA de pénétrer les réseaux mobiles des opérateurs au risque d’y créer des failles de sécurité.

La NSA surveille les réseaux mobiles du monde entier depuis 2010 au moins. Ce sont les dernières révélations apportées par The Intercept, le média créé par le journaliste Glenn Greenwald qui avait révélé le programme Prism de surveillance mondiale d’Internet sur la base des documents fournis par le lanceur d’alerte Edward Snowden à l’été 2013. La NSA a espionné des centaines d’opérateurs et organisations internationales, y compris issues de pays alliés, pour exploiter les failles de leurs réseaux cellulaires à des fins de surveillance.

Exploiter les failles des réseaux

Baptisée Auroragold, cette opération visait à exploiter les vulnérabilités, voire en créer, des systèmes de communication pour mieux s’y introduire et contourner les politiques de sécurité… au risque d’ouvrir également les réseaux aux pirates. Si le Washington Post avait révélé que la NSA pouvait déchiffrer les communications mobiles encodées sous l’algorithme de cryptage A5/1, les techniques développées pour l’opération Auroragold sont visiblement à jour pour lire les données chiffrées sous A5/3, une version plus récente de l’algorithme d’encodage.

Plus de 1200 comptes emails associés à l’activité de grands opérateurs mobiles et d’organisations de travail ont ainsi été espionnés depuis 2011, date de mise en œuvre de l’opération secrète de la National Security Agency. La GSMA, l’association regroupant les industriels du secteur des télécom, a ainsi été une cible de choix. Outre les équipementiers et opérateurs, on y retrouve des acteurs américains comme Cisco, Microsoft, Intel ou Facebook.

Plus de 700 réseaux infiltrés

Selon l’expert en sécurité de téléphonie mobile Karsten Nohl interrogé par The Intercept, tous les réseaux mobiles de la planète sont potentiellement accessibles aux oreilles expertes de la NSA. Selon les documents exfiltrés par Edward Snowden, la NSA a collecté des informations sur 701 réseaux cellulaires, soit quelque 70% des 985 infrastructures mobiles d’opérateurs estimées dans le monde. Pour le seul mois de mai 2012. En France, 47% des réseaux nationaux étaient ainsi « couverts », selon un document datant de juin 2012.

Auroragold a été menée par deux unités de l’Agence : la Wireless Portfolio Management Office, chargée de définir la stratégie des surveillances des communications sans fil; et le Target Technology Trends Center, qui assure la veille sur les développements technologiques de l’industrie.

La NSA en contradiction avec le Nist

Par la voix de sa porte-parole Vanee Vines, la NSA rétorque que la loi américaine légalise ses pratiques à des fins de sécurité du pays quels que soient les moyens employés. Le discours habituel, donc, mais contradictoire avec la politique du Nist (National Institute for Standards and Technology) qui, en septembre dernier, a dégagé un budget de 3 millions de dollars pour soutenir des projets visant à renforcer la protection de la vie privée, de la sécurité et la facilité de leurs usages. La GSMA figurait parmi les trois organismes bénéficiaires de la subvention (avec Confyrm et Morpho Trust USA) et à reçu à ce titre plus de 820 000 dollars. Les révélations du jour ne vont certainement pas apaiser les tensions vives entre le Nist et la NSA.

Par ailleurs, en décembre 2013, un groupe de travail réuni par Barack Obama autour des questions des technologies de l’information, suggérait qu’en aucun cas, la NSA ne devrait « subvertir, nuire, affaiblir ou rendre vulnérables des logiciels commerciaux généralement disponibles » et que l’Agence devrait prévenir les organismes concernés quand elle trouve des failles zero day, sauf dans les cas exceptionnels de « collecte de renseignements hautement prioritaires ». La surveillance des réseaux mobiles de la planète fait-elle partie de cette haute priorité ? La porte-parole de la NSA n’a, dans tous les cas, pas indiqué si l’opération Auroragold était toujours en service aujourd’hui.

 

C – silicon.fr

Altercation entre Jean-Luc Mélenchon et une eurodéputée allemande dans “Des Paroles et des actes”


Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot et Benoît Hamon étaient les invités de “Des Paroles et des actes” jeudi soir sur France 2, sur le thème “La France qui gronde”.

A cette occasion le député européen, membre du Parti de Gauche, a été interpellé par l’eurodéputée allemande CDU (droite) Ingeborg Grässle. S’en sont suivis des échanges houleux. Celle-ci a déploré le manque de fiabilité de la France par rapport aux règles fixées dans les traités européens. Jean-Luc Mélenchon a estimé que si la France appliquait la politique que l’Allemagne recommande, elle serait dans le même état que la Grèce, le Portugal et l’Espagne : “Expliquez à un Espagnol que vos remèdes sont bons, quand plus de 50% des jeunes sont au chômage. Vous êtes dogmatique, vous n’êtes pas pragmatique”.

“Je trouve honteux vos propos, a répliqué Ingeborg Grässle. Le manque de courage pour attaquer l’avenir est un vrai problème maintenant pour nous tous”. “Notre peuple ne manque pas de courage et il le prouve tous les jours chaque matin”, rectifia Jean-Luc Mélenchon.

 

 

 – lesinrocks.com

Un algorithme : PageRank de Google

Que se passe-t-il si on cherche Michael Jackson  sur Google ? On voit apparaître des liens vers des pages concernant le chanteur : sa vie, ses photos, ses clips, sa famille, ses fan clubs, sa mort, etc. Tout cela nous paraît bien logique a priori. Mais si l’on creuse un peu, cela devrait nous intriguer. Après tout, il y a des millions de pages avec la chaîne de caractères « Michael Jackson » sur le Web. Pourquoi Google ne nous propose rien sur Michael Jackson menuisier à Dallas ? Ou Michael Jackson professeur de chant à San Francisco ? Si vous étiez ce menuisier, vous pourriez même être outré de ne voir aucun lien vers une page qui parle de vous, alors que vous en avez publié des dizaines, en y incluant à chaque fois votre nom. Pourquoi de telles injustices ?

En fait, Google propose des liens sur les pages du chanteur, car il suppose que c’est le chanteur qu’un internaute va chercher. Et il y a une forte probabilité que ce soit le cas… le plus souvent. Mais comment Google peut-il savoir qu’il y a une forte probabilité qu’un internaute recherche en général le chanteur plutôt que le menuisier ?

Google ne le sait pas. Ce que Google sait, par contre, c’est que parmi toutes les pages qu’il gère et qui parlent de Michael Jackson (d’un certain Michael Jackson), celles concernant le chanteur sont les plus « importantes » (comprenez les plus « populaires »). La notion d’importance est mesurée par un algorithme, un de plus, parmi ceux qui régissent notre vie quotidienne.

L’algorithme PageRank, inventé par Sergeï Brin et Larry Page, les deux fondateurs de Google, s’inspire des travaux de Jon Kleinberg d’IBM. PageRank était à l’origine du classement des résultats du moteur de recherche Google. Aujourd’hui, plus de deux cents autres critères sont utilisés pour classer ces résultats. La recette est secrète, ce qui ouvre la porte à toutes sortes de spéculations sur ce classement. Est-il vraiment neutre au sens de la neutralité des plateformes du Web ?

Nous allons parler ici de l’algorithme PageRank original, dans une version très simplifiée, pour le rendre accessible à des non-informaticiens. Avant de se lancer dans sa description, il est important de savoir que PageRank travaille sur des pages indexées par des mots-clés, comme les mots « Michael » et « Jackson », des pages qui sont donc susceptibles d’être proposées à des utilisateurs comme réponses à une requête « Michael Jackson ». À l’heure actuelle, Google indexe près de 1012  pages. Il en indexait 109 en 2000. On est encore loin du 10100 : le fameux nombre « googol » qui a inspiré son nom à la société.

En gros, PageRank calcule périodiquement l’importance relative des pages indexées sous forme d’un score. Lorsqu’on soumet une requête à Google, il nous affiche celles qui ont le score le plus élevé (id est celles du chanteur) parmi celles qui correspondent à cette requête (par exemple parmi toutes les pages connues du moteur de recherche contenant les mots  « Michael » et « Jackson »).

Pour calculer le score des pages, PageRank se base sur les liens entre ces pages. En effet, chaque page cite un certain nombre d’autres pages : elle a des liens vers ces pages. Quelqu’un qui se trouve pendant sa navigation sur une page p peut y trouver un lien vers une page q et y aller directement. C’est ce qui se passe quand, dans une page Wikipedia sur PageRank, on rencontre un lien vers la page de Larry Page.

L’idée de PageRank est de représenter le score d’une page p par la probabilité qu’un utilisateur qui se baladerait « au hasard » dans une bibliothèque constituée de toutes les pages du Web se retrouve sur la page p.  Cette probabilité est d’autant plus grande que :

  1. Il y a de nombreuses pages q qui ont des liens vers p ;
  2. Ces pages q ont elles-mêmes un score important (on a une forte probabilité de tomber sur elles) ;
  3. Ces pages q ont peu de liens vers d’autres pages qui pourraient distraire notre attention.

Une manière de synthétiser (1), (2) et (3) est de faire la somme des scores des pages q ayant un lien vers p en divisant chacun par le nombre de liens sortant de q. Ainsi, en première approximation, si l’on représente par liens (q) le nombre de liens sortant d’une page q :
Score(p) = Somme(Score(q)/liens(q))
– pour toutes les pages q ayant un lien vers p

Intuitivement, c’est comme si chaque page avait un certain nombre de votes, représenté par son score, et qu’elle pouvait partager ses votes entre toutes les pages qu’elle référence. Considérons le petit dessin ci-dessous représentant quatre pages : q ayant un lien vers p et p’ et q’ ayant un lien vers p’. Supposons par ailleurs que les scores de q et q’ sont 1.  On aura : Score(p) = 0.5 et Score(p’) = 1.5.

En fait, l’algorithme PageRank prend aussi en compte le fait qu’un utilisateur qui se balade dans la bibliothèque peut aller directement d’une page à une autre sans passer par des liens, un peu comme s’il se téléportait par-dessus les murs de la bibliothèque. Plus précisément, PageRank relativise le score ci-dessus en le multipliant par un facteur d’atténuation d entre 0 et 1, auquel il rajoute (1-d) pour avoir une probabilité. Le facteur d’atténuation est pris par exemple 0.85.  Ainsi :

PageRank(p) = 0.15 + 0.85 * Somme(PageRank(q)/liens(q))
– pour toutes les pages q ayant un lien vers p

Comme on calcule le score d’une page en fonction de scores d’autres pages, il est légitime de se poser la question : comment ont été calculés les scores des pages initiales q et q’ ci-dessus ? PageRank prend la même valeur pour toutes les pages du Web. Ensuite il applique les équations ci-dessus pour toutes pages. Il s’arrête quand les valeurs ne changent plus.

On vous a caché des tas de détails. On pourrait dire pour vous effrayer qu’on calcule le « point-fixe d’une équation matricielle avec une matrice avec des milliards de lignes et de colonnes ». Plus prosaïquement, imaginez qu’il faut calculer plusieurs fois la fonction ci-dessus pour les milliards de pages indexées. C’est un gros calcul ? Non ! C’est vraiment un très, très… très gros calcul. Et il faut des tas d’ordinateurs pour le réaliser. Et ce n’est qu’une des fonctions d’un moteur de recherche…

Rachid Guerraoui, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne – lemonde.fr

Paradoxes du monde fini

Classé dans: Actualités, Environnement

Le déséquilibre de la nature va radicalement modifier notre façon de cohabiter  

Depuis Galilée, l’idée de l’infinité du monde s’est peu à peu imposée. Les réalisations du progrès ont, elles, fait croire qu’aucune limite ne pouvait résister à notre puissance. Nous entrons ainsi dans le monde fini sans même le comprendre. 

La finitude du cosmos antique ne souffrait aucune transgression. Rien ne nous empêche, en revanche, d’accumuler dans l’atmosphère des gaz à effet de serre. Nous sommes d’ores et déjà dans l’impossibilité effective de ne pas dépasser la fameuse barrière des 2 °Celsius, et sommes sur une tendance de 3 °C à 4 °C. Cette transgression nous emporte vers une aventure irréversible. Les fenêtres d’action se sont refermées sans même que nous en ayons eu conscience. 

Le changement climatique signifie 1  800 ans d’effets directs très forts, 5  000 ans d’effets forts, puis un decrescendo sur des millénaires, avec des effets indirects, en termes de biodiversité, sur un temps beaucoup plus long encore. Et nous n’avons aucune échappatoire. Capturer et stocker le CO2 atmosphérique ? Nous pourrions au mieux en absorber annuellement 10 gigatonnes, autant écoper une barque en perdition avec un dé à coudre. Tel est le premier paradoxe : la finitude du monde échappe à nos sens, ne nous avertit en rien, puis s’abat sur nous irrémédiablement. 

Le second paradoxe est celui des ressources. Elles demeurent abondantes, alors que nos réserves s’épuisent. Rappelons ce que sait tout physicien, les hommes sont incapables de produire quelque énergie que ce soit. Nous savons seulement utiliser l’énergie disponible, qu’il nous faut aller chercher avec… de l’énergie. Peu importe l’abondance absolue d’énergie sur Terre (Soleil, fossiles, noyau). Seules comptent pour les hommes et leurs activités économiques les réserves énergétiques, à savoir la part des ressources qu’ils sont capables d’exploiter. La clé est l’EROI (Energy Return on Investment), TRE en français (taux de retour énergétique). Or, ce dernier ne cesse de chuter. Autrement dit, nos efforts technologiques se font à un coût énergétique croissant. 

Il suffisait autrefois d’investir un baril de pétrole pour en obtenir cent. Avec les sables bitumineux du Canada, en investissant un baril, on retire entre quatre et à peine plus d’un baril. Et si l’on ajoute à l’énergie nécessaire à l’extraction celle nécessaire à conduire le baril sur son lieu de consommation, en moyenne, l’énergie investie triple. Les énergies fossiles se feront donc de plus en plus rares et chères. Or, il en va de même pour les métaux. Peu importe que le fer et l’aluminium représentent respectivement 5 % et 8 %. La clé est le coût énergétique de leur extraction. Lequel ne cesse de croître. Des ressources abondantes peuvent cacher des réserves limitées : ceci est le second paradoxe du monde fini. 

Parier sur l’abondance des ressources et la croissance, sur une planète insidieusement finie, alors même que la décrue démographique n’aura pas même lieu durant le siècle, est aussi inepte que dangereux. Il nous reste alors l’infini de nos désirs, à condition de s’inspirer de tous les trésors de sagesse des civilisations antérieures, et de les dématérialiser  !

 

Dominique Bourg -lemonde.fr 

Dominique Bourg est professeur à l’université de Lausanne et vice-président de la Fondation Nicolas Hulot.

A Tulle, François Hollande est regretté, mais le président a déçu

A Marcillac-la-Croisille, après avoir tenu sa permanence de conseiller général, Bernard COMBES, maire de Tulle, conseiller général de la Corrèze et conseiller du président se rend au café chez Françou.

Un « Hollande Tour » à Tulle, sur les pas du président ? A l’été 2012, élus et office du tourisme l’ont sérieusement envisagé. Mais, trop vite, les pèlerins ont disparu et le projet est tombé aux oubliettes. « Passé l’été, la demande s’est effilochée », regrette un ami du chef de l’Etat. A la boutique de souvenirs qui fait face à la cathédrale, au pied de laquelle François Hollande célébra dans la liesse cette soirée du 6 mai 2012, les chopes à bière et les mugs à son effigie n’ont pas davantage fait recette. « Il y a longtemps qu’on ne les vend plus, explique la patronne, faute de combattants. » Pour dénicher les seuls « chocolats du président » encore commercialisés, il faut pousser jusqu’à Ussel, chez Bergeon, à l’autre bout du département. Mais ce sont les chocolats de Jacques Chirac, à la pomme, lancés en 1995, qui « marchent toujours très bien », selon ces pâtissiers. La version hollandaise, praliné et chocolat au lait, qui se vendait « beaucoup moins », a, elle aussi, été abandonnée : « Ça prêtait à confusion et ça nous cassait les ventes. »

 

En surface, dans cette paisible préfecture de la Corrèze, 15 000 habitants, dont François Hollande fut maire pendant sept ans et élu local ou régional deux décennies durant, tout signe extérieur de fierté présidentielle semble s’être évanoui. Tout comme, en profondeur, le souvenir heureux de l’ancien édile s’estompe avec les vicissitudes du pouvoir national. « La déception est là, mais elle s’exprime avec moins de violence, tempère Bernard Combes, successeur de M. Hollande à la mairie. Vous pardonnez davantage à un ami qu’à un étranger… » Chacun ici, de fait, connaît par le menu François Hollande et sa méthode politique. « Il pratique comme il pratiquait ici : toujours entre deux eaux », constate, depuis son office notarial aux murs tapissés d’affiches contre la loi Macron, Christian Pradayrol, figure de la droite locale, qui, pourtant, l’« aime bien ». Le conseiller général PS Pierre Diederichs, 75 ans, son « plus ancien » compagnon en Corrèze, ne peut que confirmer : « Quand on a connu François, on sait bien les qualités de synthèse, mais aussi la faiblesse, l’incapacité à taper, trancher, cogner. Ce n’est pas dans sa manière. »

De tous côtés de l’échiquier local, et même au-delà du milieu politique, on partage pourtant la même incompréhension devant les ratés de la présidence Hollande. « Il était droit, il ne faisait pas de promesses qu’il savait ne pas pouvoir tenir. Et là, c’est le contraire », se désole Philippe Combe, président du Sporting Club Tulliste, le club de rugby. « Ici, c’était différent. Il n’aurait pas pu faire ce qu’il fait au pouvoir », renchérit Dominique Grador, personnalité du PCF qui fut longtemps la partenaire et l’adjointe d’un Hollande soucieux de l’alliance avec les communistes locaux.« Les gens l’aiment bien, Hollande. Il n’a pas une mauvaise image sur le plan personnel, mais on ne le prend pas pour un grand président »,soupire Pascal Coste, chef de l’opposition au conseil général, qui ajoute : « Quand on nous en parle, on nous chambre : vous auriez dû le garder… »

Un sentiment d’abandon

On ne trouvera personne, ou presque, sur les bords de la Corrèze pour le maudire ouvertement. Mais plus grand monde non plus pour le défendre avec ardeur. « Moi, j’en dirai jamais de mal », jure Eliane, tenancière depuis trente-neuf ans du Café de la Paix, où l’ancien maire avait l’habitude de faire étape lors de ses patrouilles au marché. « Il aurait mieux fait de rester avec nous plutôt que d’aller là-haut. Il serait plus tranquille avec les Tullistes », regrette-t-elle. Mais, à mi-quinquennat, ceux-là mêmes qui avaient élu leur maire à plus de 75 % en 2012 s’en éloignent inexorablement. Dans une brasserie du centre, six retraitées attablées en cercle autour de leur chocolat chaud concluent en chœur : « Ça a marché à Tulle, mais pas sur le plan national. » Elles œuvrent pour l’AVF, l’Accueil des villes françaises, et proposent la visite aux nouveaux arrivants. Mais personne ne s’enquiert des lieux emblématiques du hollandisme. « Qui ça intéresse ? »

« Moi aussi, je me fais engueuler tous les jours ! » Voilà ce que réplique le chef de l’Etat à Bernard Combes, également son conseiller chargé des élus locaux à l’Elysée, quand il lui rapporte les doléances de ses anciens administrés. Sur le marché, le maire a senti le lien se distendre. « II y a ceux qui continuent à demander que les réformes s’accélèrent, et ceux qui sont suffisamment à distance ou en colère pour ne plus m’interroger »,explique-t-il, en filant vers sa permanence cantonale, dans le village de Marcillac.

Ici comme ailleurs, la fissure est apparue dès l’automne 2013 sur fond de grogne fiscale. « Il y a une forme de résignation, le sentiment que la fin de la magie politique a sonné », résume l’élu. Il reçoit tour à tour une directrice d’EHPAD qui apporte des confitures pour le président, une vieille dame qui proteste contre le mauvais état des routes mais votera Hollande « à moins qu’il fasse de grosses bêtises, car il n’en a pas mis dans sa poche »,puis un ex-salarié de l’agroalimentaire au chômage, qui l’a soutenu aux primaires mais rumine, depuis, son amertume : « Il a détruit beaucoup de rêves et fait perdre beaucoup de gens de son entourage aux municipales. C’est lamentable. » Et d’annoncer : « Si c’est Sarkozy-Le Pen en 2017, je franchirai le pas. Parce que l’autre, on n’a pas essayé… »

Ces derniers temps, le chef de l’Etat s’est fait rare. En 2014, il est venu trois fois. Mais il garde un œil attentif sur sa terre d’élection. Il reçoit toujours une quinzaine de lettres de Corrèze par semaine et regarde, chaque week-end, les résultats du rugby et du foot. Il décortique le quotidien régional La Montagne. A l’Elysée, les Corréziens occupent des postes de confiance : en dehors de Bernard Combes et de son chargé de mission Karim Maatoug, patron de la fédération départementale du PS, le président peut compter sur sa chef de cabinet, Isabelle Sima, fille de l’élu Bernard Chassagne qui l’accueillit à son arrivée à Tulle, voilà presque trente ans, ainsi que sur Frédéric Monteil, chargé des affaires privées.

Cela n’empêche pas, localement, que se diffuse un sentiment d’abandon. Un Tulliste en atteste : « On se demande : qu’est-ce qu’il fait, le François ? » Comme si l’on déplorait avec aigreur qu’il se préoccupe désormais davantage du Zambèze que de la Corrèze. A l’UMP, Pascal Coste en a fait un argument politique : « Sur quoi le président a pesé en Corrèze depuis deux ans et demi ? Sur rien. Les Corréziens ont le sentiment qu’ils ont servi de marchepied, et qu’il n’y a rien en retour. »

On peut pourtant porter à son crédit plusieurs opérations de sauvetage. La résurrection du tribunal de grande instance de Tulle, qu’avait condamné la réforme Dati. L’arrivée d’un appareil d’IRM à l’hôpital. Le maintien à Brive du 126e régiment d’infanterie et l’attention portée au Club Med de Pompadour, qui a même fait l’objet d’une réunion à l’Elysée. Il a fermé depuis. Insuffisantes preuves d’amours pourtant, sans commune mesure avec la cascade d’aides et d’emplois déversée sur la Corrèze sous le règne chiraquien. « Les gens étaient tellement habitués à boire à la mamelle présidentielle qu’ils espéraient que cela allait être la manne », constate la députée PS Sophie Dessus, héritière de la circonscription du président. « Là où Hollande diffère de Chirac, c’est que le clientélisme lui fait horreur,souligne Bernard Combes. Soit on mérite équipements et investissements, soit il n’y pas de raison de créer sans besoin. On ne va pas faire une troisième autoroute… » Les libéralités n’avaient pas empêché le système Chirac de se déliter inexorablement.

La percée du Front National

Au mitan du quinquennat Hollande, l’emprise électorale sur son fief se desserre à vive allure. Les dernières municipales ont tourné au massacre. Hormis Tulle, que Bernard Combes a conservée au premier tour avec 65,15 % des voix, toutes les villes importantes de Corrèze ont basculé à droite : Brive, Ussel, Argentat, Pompadour, Beaulieu… Pis : sur cette terre de Résistance, marquée par des décennies de communisme rural, le FN, jusque-là inexistant, a percé. A Tulle, il a atteint 14,6 %. Il a même dépassé le seuil des 20 % dans plusieurs bastions historiques du PCF en haute Corrèze, culminant à Tarnac avec près de 25 % des voix. « Même nous, on était bluffés », se réjouit José Dinucci, secrétaire départemental adjoint du FN, qui, dans ce « département de conquête », a pour ambition de présenter un candidat par canton aux élections de mars 2015.

 

Ici, ni délinquance significative, ni immigration, ni chômage de masse, mais la progression exponentielle d’un FN qui n’a nul besoin de faire campagne et s’abstient même de s’attaquer à l’ancien maire : « On ne tire pas sur une ambulance », explique M. Dinucci. Cette irrésistible ascension présente un avantage politique aux yeux de certains hollandais : « Le FN peut contribuer à préserver la majorité de gauche au conseil général »,calcule, cynique, l’un d’entre eux. Et ainsi empêcher le « grand chelem » de la droite au printemps 2015, après ses victoires aux municipales et aux sénatoriales. Beaucoup de socialistes arguent de la double incertitude créée par le redécoupage cantonal et les nouvelles règles de scrutin pour espérer résister. Mais, au fond, personne n’y croit.

Pour l’heure, le buste d’Henri Queuille, président du Conseil à de multiples reprises sous la IVe République, symbole du radicalisme corrézien et modèle politique de François Hollande, après avoir été celui de Jacques Chirac, trône toujours dans le bureau du président du conseil général, Gérard Bonnet, à l’hôtel Marbot. Mais le maillage serré du système hollandais ne semble pas en mesure de tenir le choc. La prise de la Corrèze, en 2008, par une voix d’avance, puis sa préservation, en 2011, avaient constitué la base arrière de son entreprise de conquête élyséenne.

David Revault d’Allonnes (Tulle, envoyé spécial) lemonde.fr