AbonnementRSS

Ce soir 26 mai : Jean – Luc Mélenchon sur A2 à 21 heures, on y va « pour gagner cette fois-ci »

mélenchon

Jacques Généreux, Jean-Luc Mélenchon et Charlotte Girard, au siège de campagne du candidat, le 24 mai. Photo : Raphaëlle Besse Desmoulières.

Jean-Luc Mélenchon avait donné rendez-vous au 43 rue de Dunkerque, dans le 10e arrondissement de Paris. C’est au sixième et dernier étage de cet immeuble que le candidat a posé ses cartons. Une grande pièce éclairée de plusieurs fenêtres et une petite estrade où les affiches « La France insoumise » et « jlm2017.fr » sont immanquables.

Mardi 24 mai, celui qui se présente à la présidentielle pour la deuxième fois est revenu sur la façon dont il entend construire son programme. Ce dernier, a-t-il expliqué, sera un mélange de L’Humain d’abord, le petit livre rouge de la campagne 2012, de son ouvrage  L’Ere du peuple et de propositions venues du Net. Pour cette deuxième édition, M. Mélenchon s’appuie en effet sur une plateforme web, jlm2017.fr, qui permet notamment de recueillir les idées des internautes. « 2 186 contributions sont arrivées », a fièrement annoncé le candidat.

A ses côtés, deux proches, Jacques Généreux et Charlotte Girard sont chargés de travailler sur cette matière. Economiste en chef du Parti de gauche (PG), le premier avait déjà participé à la rédaction de L’Humain d’abord. Quant à la seconde, militante de longue date du parti, maître de conférence en droit public, elle était l’épouse de François Delapierre, le bras droit du fondateur du PG, décédé en juin 2015.

« Construction collective »

« C’est un processus de construction collective qui met au cœur la question du fond, la vision d’avenir que nous allons porter dans cette campagne », a indiqué Mme Girard. Chacun est donc invité à amener ses suggestions. « Ce n’est pas un message qu’on jette à la mer et qui ne trouve aucun réceptacle : nous lisons tout« , a-t-elle ajouté. Une première version de ces contributions sera élaborée avant l’été et une « convention des insoumis » se tiendra en octobre au cours de laquelle le programme définitif sera dévoilé.

Pour l’heure, celui qui veut incarner « la France insoumise » part sans les communistes qui ne s’inscrivent pas dans sa démarche. Si cette décision lui complique sérieusement la tâche, elle lui permet cependant de s’affranchir sur les questions programmatiques. En 2012, L’Humain d’abord était avant tout le fruit d’un compromis, notamment sur le sujet du nucléaire qui divisait les deux formations. L’idée d’un référendum avait fini par mettre tout le monde d’accord.

Sept axes programmatiques

Pour la prochaine présidentielle, dans le chapitre sur la « planification écologique », M. Mélenchon appelle désormais « clairement » à une sortie du nucléaire. Idem sur la question européenne : le candidat souhaite une « sortie des traités » et l’entrée dans « un protectionnisme solidaire ». « En 2017, le pays devra trancher pour savoir s’il élit un ou une présidente pro-Tafta ou anti-Tafta », a jugé le député européen, en taxant le gouvernement d’« hypocrite, fourbe et sournois » sur le sujet. Un « plan B »sera aussi mis en œuvre en cas de refus des partenaires européens, a-t-il affirmé.

Cinq autres axes constitueront son programme. Le point de départ : « la réorganisation de la société politique » avec une VIe République. « Il faut que le peuple français se reconstitue comme peuple à travers un processus constituant », a indiqué l’ancien socialiste. Règle verte – « on ne prendra pas plus à la nature que ce qu’elle peut reconstituer » – et référendum révocatoire y apparaîtront en bonne place. Sans oublier le « partage des richesses » avec l’instauration d’un salaire maximum, l’« indépendance » et la « paix » avec la sortie de l’OTAN, le « progrès humain » autour de l’éducation et de la santé et les « nouvelles frontières », notamment celles de la mer et les ressources que ces dernières pourraient générer

Malgré l’absence du PCF, M. Mélenchon veut rester confiant. « Nous faisons une campagne pour gagner cette fois-ci, a-t-il assuré. Quand on part à 3 % et qu’on finit à 11, on peut penser raisonnablement que, quand on part à 12, on a une chance de finir beaucoup plus haut. En tout cas, raisonnablement plus haut et d’être directement dans la compétition pour gagner. » En attendant, il donne rendez-vous le 5 juin pour son premier « défilé des insoumis », place Stalingrad, là où sa campagne de 2012 avait commencé et s’était terminée.

Raphaëlle Besse Démoulières – lemonde.fr

Programme de la droite : Fin des 35 heures, recul de l’âge de départ en retraite, dégressivité des allocations chômage

  • Les très libéraux programmes économiques des candidats de la droite

Les grandes lignes des programmes économiques des principaux candidats de la droite sont désormais connues. En perspective pour 2017, si l’un d’entre eux venait à être élu, un paysage très libéral, entièrement tourné vers la baisse des dépenses publiques. Alain Juppé, Bruno Le Maire, François Fillon ou Nicolas Sarkozy – ce dernier n’étant pas encore officiellement en lice – sont prêts à s’attaquer frontalement au droit du travail puis à la protection sociale.

Tous ont emboîté le pas à François Fillon dans la course au grand déverrouillage. « Ils disent à peu près tous la même chose », balaie François Hollande, satisfait de voir les candidats lui laisser le champ libre à gauche. Rien de plus normal, « les programmes ne sont pas identiques, mais ce serait bizarre qu’ils soient aux antipodes », se défend-on dans l’entourage de Bruno Le Maire. « Cela souligne qu’il n’y a pas, à droite, de désaccord fondamental sur les remèdes à apporter », renchérit Maël de Calan, conseiller économique d’Alain Juppé.

François Fillon, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy, le 30 mai 2015. © Philippe Wojazer - Reuters
François Fillon, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy, le 30 mai 2015. © Philippe Wojazer – Reuters

Sur le papier, le fait que le gouvernement Valls se casse les dents depuis des mois pour imposer la loi sur le travail ne les effraie pas. Pour tenter de réduire la dépense publique de 85 à 110 milliards d’euros d’ici 2022, la solution proposée est identique pour tous : baisse du nombre de fonctionnaires, fin des 35 heures, report de l’âge de la retraite, dégressivité des allocations chômage… Dans le secteur privé, les charges pour les entreprises baisseront pour stimuler la création d’emplois.

 

Si le menu est peu ou prou le même, chacun revendique son style pour faire avaler la pilule. Dans l’entourage de Bruno Le Maire, pas question de parler de libéralisme, on mise sur le « renouveau » d’une « politique plus ouverte », mais sans « purge ». Pourtant, le député de l’Eure veut supprimer la fonction publique territoriale et fusionner les conseils départementaux et régionaux. Résultat : un million d’emplois publics en moins en 10 ans. Seul François Fillon va aussi loin en misant sur 600 000 emplois supprimés en cinq ans sur les trois fonctions publiques. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy passeraient presque pour des frileux quand ils parlent de 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires en moins sur le quinquennat.

Le maire de Bordeaux, stigmatisé par ses adversaires comme l’“homme de gauche” du scrutin, refuse de parler de mesures-chocs. Mais son programme est à peine moins drastique que les autres. Ce qui le distingue ? « Sa crédibilité, le fait de ne pas être maximaliste sur tous les sujets », répond Maël de Calan. En faveur de la retraite à 65 ans, de la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et de la fin des 35 heures, Alain Juppé promet une baisse d’impôts de 30 milliards d’euros, dont 20 à destination des entreprises, pas loin du « contre-choc fiscal » de 20 à 30 milliards d’euros de Nicolas Sarkozy. Quand François Fillon n’hésite pas à recommander la baisse de 50 milliardsdes charges des entreprises. 

De quoi pousser le député de Paris à considérer sur Europe 1 que Juppé, « c’est le programme de François Fillon version dégradée ». En publiant son livre Faire (éditions Albin Michel) au mois de septembre, François Fillon a donné le la et opté pour une stratégie radicale : en faire le maximum avant le 30 octobre 2017, avec un gouvernement resserré. Pour atteindre le plein emploi, « la clef est de faire en même temps les réformes nécessaires sur tous les fronts », expliquait le député de Paris aux Échos. Stratégie identique dans les rangs de Juppé, il faudra « tout faire en même temps avec une dizaine d’ordonnances dans les six premiers mois », et chez Le Maire, qui promet aussi « une série d’ordonnances » avant septembre 2017.

Sur le front social, déjà très tendu, la situation risque d’être réellement compliquée. « La droite pense qu’elle est capable de faire une nouvelle alliance contre le secteur public et les bénéficiaires de prestations sociales en utilisant le patronat et les travailleurs du privé […] et en profitant de la perte d’influence des syndicats et de la gauche », analyse Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et membre des Économistes atterrés. 

En cas de victoire des Républicains, les syndicats verraient se confirmer la mise en place d’accords négociés directement avec les salariés à l’intérieur des entreprises et, par la même occasion, leur perte d’influence. Selon l’économiste, « si la droite arrive au pouvoir, la première chose qu’elle va faire c’est une loi El Khomri améliorée, le patron n’aura pas besoin des syndicats pour passer des accords. On leur laissera la liberté d’écrire des contrats de travail avec des règles spécifiques de licenciement, ce qui est la grande revendication du patronat ». Autrement dit, on se dirigerait vers « un dialogue direct avec les salariés, qui devient très vite un dialogue individuel ».

Au bout du compte, les grands perdants risquent d’être les classes moyennes et populaires à qui l’on ne promet rien d’autre que du travail, des emplois précaires qui seraient la condition sine qua non pour retrouver le plein emploi. « On ne veut pas casser le modèle français, on veut qu’il soit au-dessus de la ligne de flottaison. Notre politique sociale, c’est : “d’abord un job” », résume le conseiller d’Alain Juppé. « On dit que les emplois sont précaires en Allemagne et en Angleterre. […] Nous, nous avons la précarité mais pas les emplois ! » constatait récemment François Fillon. Pas non plus de hausse du pouvoir d’achat en perspective, François Fillon et Alain Juppé voudraient même augmenter la TVA, et la fin des 35 heures pourrait se traduire par une baisse des salaires pour ceux qui bénéficient d’heures supplémentaires.

Quant aux minima sociaux, ils seront plafonnés sous le SMIC, tandis que les allocations chômage seront dégressives après 12 mois. Alain Juppé a également proposé le gel total des prestations sociales pendant cinq ans, assorti d’une baisse des aides au logement. Compensation illusoire, la baisse des impôts sur le revenu de 10 % promise par Nicolas Sarkozy « bénéficierait à tous les contribuables pour leur impôt payé en 2018, soit 7 milliards d’euros rendus aux Français »… Mais la moitié des foyers qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu ne verront pas la couleur du cadeau de l’ancien président de la République. 

Un cumul de facteurs qui, au vu de la conjoncture sociale actuelle, interroge sur le risque de mécontentement social. « Si le gouvernement arrive et prend immédiatement des mesures très brutales comme le report immédiat de l’âge de la retraite, la dégressivité des allocations chômage, le blocage des embauches dans la fonction publique et la loi El Khomri améliorée, cela ouvre un conflit violent. […] Mais s’il est un peu malin, il fera d’abord la casse du travail avant celle de la protection sociale parce qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans les rues », pressent Henri Sterdyniak. Mais les favoris des Républicains sont persuadés que leur franchise est à même de convaincre. « L’obsession d’Alain Juppé, ce n’est pas d’être populaire. On ne promet pas la lune, on ne promet pas que tous les Français auront un CDI à 4 000 euros par mois », assume le juppéiste Maël de Calan, qui vise la création d’au moins un million d’emplois sur le quinquennat.

« L’écoute, le respect, l’exemplarité, voilà la méthode. Les gens peuvent accepter s’il y a le respect de la parole donnée », veut croire un proche de Bruno Le Maire. « Pour des réformes aussi fondamentales, il faut s’appuyer sur un contrat démocratique clair. […] Je prépare un projet très détaillé pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté », assure aussi François Fillon, convaincu que « de plus en plus de Français veulent plus de souplesse et de liberté d’agir ». Il est vrai que ce ne sont ni les classes populaires, ni les fonctionnaires qui formeront le gros des électeurs lors de la primaire de la droite, prévue au mois de novembre.

AURÉLIE DELMAS – mediapart.fr

 

En redescendant le tapis rouge

En redescendant le tapis rouge

Ce post est long du fait de mon récit des jours passés à Cannes. Ma présence au festival a été plus remarquée que la fois précédente. Comme d’habitude, j’ai essuyé les foudres de gauchistes et des bourgeois sur le thème « que faites-vous là parmi les paillettes ». Ceux-là enterrent une deuxième fois la masse immense des « petites mains » qui font ce festival et que je suis venu visiter et défendre. Ils enterrent aussi tous les festivals parallèles comme « Visions Sociales » où se jouaient « Merci patron ! » et « La Sociale ». Et ils tiennent pour rien l’évènement culturel lui-même et sa contribution à la dynamique du cinéma français. Certains jours, mes propres amis sont vraiment démoralisants de préjugés. Je vous donne donc un récit compte-rendu pour que vous en ayez votre opinion et que vous puissiez picorer les éléments qui feront votre miel dans mes informations.

Il est écrit sur fond de remobilisation des manifestants contre la loi el Khomri et dans la préparation, pour moi, à la fois de mon émission sur France 2 « Des Paroles et Des Actes » du jeudi 26 mai et du rassemblement du 5 juin place Stalingrad à Paris, pour assister au défilé des insoumis. Le terme « défilé » a pu faire penser à une marche. C’est en fait un rassemblement pour voir un défilé et entendre mon discours de clôture de cette première phase de la campagne présidentielle sous la bannière des insoumis et l’annonce de la suite de ce que nous allons faire.

Ici je traite du salaire des patrons, de la fourberie de Hollande dans l’affaire des tribunaux privés du traité Tafta, de la motion de censure qui vient d’échouer à l’Assemblée et qui va revenir début juillet. Car bien sûr, le regain de mobilisation contre la loi El Khomri ce 18 mai est un nouveau point de départ. Le combat continue !

salaire des patrons melenchon

Le salaire des patrons fait débat. Au point d’obliger bien du monde à prendre position. C’est un heureux changement à mettre au crédit de l’ambiance qui règne depuis la loi El Khomri et les « Nuits debout ». Mais le sujet mérite d’être traité autrement qu’avec des tirades qui, à force de bruit, finissent par n’avoir pas de sens réel. En premier lieu, parler des « patrons » comme d’une classe homogène est aussi creux que de parler de « paysans ». Entre l’agriculteur de base et Xavier Beulin, il y a la même distance qu’entre le plombier de mon quartier et le patron de Renault-Nissan. La moyenne du salaire patronal entre les gros nababs du CAC 40 et les petits patrons est de 5400 euros mensuel soit 5 fois le Smic.

Cette moyenne non plus ne veut pas dire grand-chose. Elle met dans un même sac les potentats des grandes firmes qui ne sauraient pas changer une lampe chez eux et la masse de ceux qui s’agitent à 70 heures par semaine font le comptable, l’administrateur et le chef d’équipe. Les patrons du CAC 40 se paient en moyenne 4,2 millions d’euros (salaires brut) soit 238 fois le smic ! Depuis l’arrivée des auto-entrepreneurs, la classe patronale est devenue un plus grand fourre-tout où, comme d’habitude, les gros sont cachés derrière la masse de petits qui leur sert de bouclier. Car selon la taille de l’entreprise, les écarts vont de un à quatre-vingt-deux ! Et selon le secteur d’activité, les écarts vont du simple au triple de l’hébergement-restauration aux activités financières. Ce n’est pas le réel qui sous-tend les débats actuels mais un mythe favorable au très grand patronat né de la période d’euphorie libérale.

La période de grande euphorie qui a suivi la chute du mur et le début de « la fin de l’histoire », bref, cette apothéose de l’ère Thatcher/Reagan, a permis des débauches salariales au sommet de la pyramide qui ont grisé leurs bénéficiaires au point de les rendre aveugle sur le changement d’époque qui est en train de se produire. Même Donald Trump se prononce pour les impôts sur les riches disant que lui milliardaire n’y voyait pas d’inconvénient car il dispose déjà d’assez d’argent. S’il le dit c’est que le fond de l’air a assez changé pour qu’il se rende compte qu’il faut lâcher du lest…

Cela n’a rien à voir avec la « morale » qu’invoque Hollande juste pour se faire une image dans le domaine. De quelle morale parle-t-il ? Qu’est-ce qu’un niveau de salaire « moral » ? Il se garde bien de le dire ! On pourrait aussi évoquer le bon sens commun. On peut démontrer qu’il est absurde de vouloir un deuxième milliard quand on en possède déjà un. Mais là encore, demander à une activité individuelle d’être rationnelle est mal connaître le cœur humain…

Selon moi, il faut retirer du débat toute considération autre que celle de l’efficacité pour la collectivité humaine du montant d’une accumulation. À ce compte, la première raison de limiter le salaire des grands patrons est que la part de la richesse qui leur revient déséquilibre trop l’activité de la production. Partout en effet, le partage de la richesse produite a connu une période de terrible ajustement en faveur des puissants. En France on parle du pic de 10% de transfert du travail vers le capital. Ce sont plusieurs dizaines de milliards de moins dans la circulation de l’économie réelle.

Ce point est crucial. En effet, en pratique dans le monde réel, cette accumulation ne rentre ni dans la consommation ni dans l’investissement. Elle se déploie dans la sphère financière. La vraie première raison de la nécessité de bloquer le processus d’hyper concentration personnelle de la fortune c’est d’abord qu’il favorise la bulle financière et son expansion au détriment de l’économie réelle. On pourra de la sorte évoquer d’autres aspects qui se rapportent de la même manière à l’intérêt général humain. Par exemple que l’accumulation de l’hyper fortune pousse aux hyper-consommations ostentatoires qui saccagent l’environnement. Et qui créent en même temps des dépendances économiques au mal quand des entreprises utilisent tout le génie et le savoir-faire technique de leurs producteurs au service de productions ineptes, dangereuses ou hyper polluantes. J’arrête ici cette liste. Mon propos est d’illustrer la nécessité de justifier la décision de limitation des hautes rémunérations par des arguments rationnels qui peuvent être mis en débat et discutés sans se noyer dans le marais d’un discours sur « la morale » à la sauce Hollande ou « les abus » à la sauce Valls.

En 2012, j’ai proposé la fixation d’un « salaire maximum » défini par une fourchette vertueuse. Il s’agissait de n’admettre qu’un écart de un à vingt entre le plus haut salaire et le plus petit. D’où il suivait que chaque augmentation du sommet entraînerait celle de toute l’échelle des rémunérations dans l’entreprise. Cette proportion de un à vingt est celle que propose la confédération européenne des syndicats (CES). C’est pourquoi nous l’avons choisie plutôt que l’autre échelle non moins vertueuse déjà pratiquée par décret en France : celle qui a court dans l’économie sociale et solidaire où l’écart de salaire maximum va de un à dix.

De plus, l’échelle de un à vingt permettait d’argumenter une autre échelle vertueuse que nous proposions. Il s’agit cette fois ci de l’échelle des revenus (en général). Nous partions de la même proportion : un à vingt. Alors si le revenu médian est de 20 000 euros par an en France, le revenu maximum ne pourrait excéder 400 000 euros. Ce tableau mérite discussion, cela va de soi. Il fut impossible d’en obtenir une. Ni l’UMP ni le PS n’en évoquèrent jamais l’idée. Tout au plus Hollande inventa-t-il la taxe à 75 % à partir d’un revenu d’un million. Cette « taxe » fut finalement imposée à titre transitoire seulement pendant deux ans. Puis il fut déclaré qu’elle serait entièrement payée « par l’entreprise » et non par le bénéficiaire. C’est donc le consommateur qui l’a payée en achetant les produits des entreprises où de tels salaires étaient versés.

Il semble que nous soyons entrés dans une nouvelle phase de mystification de ce type avec l’appel deLibération et de Cohn-Bendit pour « limiter » l’écart des salaires de un à cent…. SMIC ! Pourquoi cette proportion et non celle proposée par la CES ? Pourquoi et comment 1,75 million est-il un salaire acceptable et moral ? En fixant une proportion ridicule de ce type, sans argumentation, on disqualifie la revendication de la CES qui prend la forme d’une pure surenchère quand un a cent essaie de se donner un air de réformisme bon teint. Évidemment, de toute façon, rien ne se fera cette fois-ci encore. Je vais dire pourquoi et comment. Mais retenons le tour de force manipulatoire réalisé par le PS qui a commandé cette opération mystification sur les salaires des grands patrons ! Libération publie à la une et sur quatre pages, un « appel » et un dossier pour limiter le salaire des dirigeants d’entreprise Avec la signature notamment de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS ! Quel nouvel et agressif épisode du double langage social-bobocrate ! Car la veille même de la parution de ce gag manipulatoire, le PS avait voté à l’Assemblée précisément contre une proposition de loi du Front de Gauche pour limiter les écarts de salaire de un à vingt !

La falsification est totale dans l’opération de Libération. D’abord parmi les signataires. Les deux porte-paroles du syndicat Solidaires figurent dans la liste publiée dans Libération. Mais ils ont démenti avoir signé ce texte et demandé au journal un rectificatif. Ils protestent contre l’usurpation de leurs noms alors qu’ils ont explicitement refusé leur signature. Leur démenti a un titre clair : « Plafonner le salaire des patrons ? Oui mais pas n’importe comment et pas avec n’importe qui ! ».

Ce « dossier » est réalisé entièrement dans un but manipulatoire. Y inscrire contre leur gré des gens qui n’en veulent pas en est un premier exemple. Il va de soi que la manipulation, c’est aussi de m’effacer d’un combat que j’ai porté longtemps seul ! Pourtant, dans les cinq pages consacrées au sujet, mon nom n’apparaît pas une seule fois. Pourquoi ? Libération ignore-t-il que le salaire maximum était dans mon programme de 2012 ? Et que je l’ai encore proposé publiquement très récemment à propos de la polémique sur le salaire de Carlos Ghosn notamment ? Pourtant, le journaliste qui signe le papier de cadrage sur la généalogie de l’idée suivait mes meetings en 2012 ! Il prétend avoir écrit une biographie de moi ! Il ne peut donc l’ignorer. L’effacement de ma place sur la photo est donc volontaire.

Évoquer que je propose de limiter par la loi les écarts de salaire de un à vingt oblige à dire que Hollande n’a rien fait depuis quatre ans ou alors seulement la taxe exceptionnelle à 75 % que le journal se garde bien de rappeler. Il se garde aussi de dire que la limitation de un à cent proposée par Libération, Cohn-Bendit et Cambadélis est une invention du bureau politique de la rédaction et des naïfs à qui elle propose de « signer» sans qu’ils aient le temps de se renseigner ni de savoir qu’ils sont entrain de contourner une revendication syndicale européenne. Et quant au chiffre…..Eux-mêmes écrivent que ça laisserait 1,75 millions d’euros de revenus annuels pour les grands patrons ! Pourquoi cette somme plutôt qu’une autre ? Au doigt mouillé, la rédaction qui remplace les syndicats et les partis a fixé le montant de la paye rêvée par son rédacteur en chef ?

À l’inverse, le journal mentionne très rapidement que les députés PS ont voté contre la limitation des salaires des patrons ! En effet celle-ci a déjà été examinée en commission, mercredi 18 mai au matin. Les députés PS devaient se prononcer en commission sur un texte sur le sujet déposée par le communiste Gaby Charroux ! Pas de chance ! Le hasard du calendrier fait que cette proposition sera débattue en séance jeudi 26 mai prochain. Le PS va voter contre. Mais il pourra se défausser en disant qu’il a signé la pétition de « Libé » et de Cohn Bendit ! Et Libé se taira. Parce que c’est là toute son utilité.

Pour ma part, je ne suis pas surpris que cette opération signée PS ait totalement méprisé ma bataille depuis 2012 pour le salaire maximum de un à vingt car le groupe L’Express auquel appartient la rédaction de Libé, qui en partage les locaux, mène une guerre du mépris contre moi, textes et photos, depuis des années sur le thème de l’éditorial de son pauvre rédacteur en chef « Comment en finir avec Mélenchon ? ». Du coup, la haine les aveugle. Enfin, comment ne pas souligner l’ignorance et l’arrogance européo-centrée qui conduit les organisateurs de cette manœuvre à déclarer avec des cocoricos inhabituels que la France serait le premier pays au monde à appliquer une limitation des hauts salaires ? La jet-set socialiste ne sort pas des grands hôtels de l’internationale socialiste, ma parole ! En effet, l’Équateur applique l’échelle de un à vingt depuis plus d’un an. Mais c’est vrai qu’en Équateur comme partout ailleurs, Libération soutient la droite et colporte avec empressement ses jérémiades. Et c’est vrai aussi que le président de l’Équateur a soutenu ma campagne en 2012 !

Hollande n’a rien fait sur le sujet depuis 2012, je l’ai dit. Mais surtout, le pouvoir s’est ridiculisé en n’étant pas obéi quand il a refusé en tant qu’actionnaire une augmentation au PDG de Renault et que le conseil d’administration est passé outre. À présent, c’est l’heure de l’impuissance publique. Restent les manœuvres et les coups de menton. Encore mardi matin sur Europe1, François Hollande s’est contenté d’une énième répétition de cette pause sur le sujet. Il a appelé une nouvelle fois à « l’exigence morale » des grands patrons ! J’ai dit pourquoi c’est un angle bien mauvais. Quel gros salaire est-il « moral » et pourquoi ? Ce n’est pas le sujet ! Depuis 2012, il se cache derrière une prétendue « autorégulation », qui permet toutes les « auto-augmentation » des Ghosn, Tavares et autres ! Hollande n’a évoqué l’hypothèse d’une loi que du bout des lèvres. Et seulement dans le but de « rendre exécutoire » les décisions des assemblées générales des actionnaires. Il n’est donc pas question de limiter les salaires par la loi ! Nouvelle arnaque en vue ! Après l’opération des primaires, voilà une nouvelle occasion où Libération joue le rôle de bulletin paroissial au service du PS et d’une opération de diversion qui provoque la division. Conclusion que je reprends au communiqué de solidaire : « changer le mode de calcul du salaire des patrons : oui mais pas n’importe comment et pas avec n’importe qui ».

tafta hollande jean luc melenchon

Crédits photo : ministère des Affaires étrangères du Pérou

Une nouvelle fois, Hollande et Valls mentent sur un point essentiel engageant lourdement la France. Selon « le Monde », un document du 7 avril atteste que le gouvernement français a soutenu auprès du Conseil de l’UE la création d’un mécanisme d’arbitrage privé en Europe afin de protéger les investissements des firmes. Qui a suivi le dossier de la négociation sur le Tafta mesure quelle trahison c’est là. Leur existence suppose que les firmes sont légitimes à protester contre une législation et à obtenir réparation des avantages qu’elles attendaient de la situation précédente. Elle leur permet de ne plus être jugées selon la loi du pays concerné mais selon les décisions d’un tribunal privé. Dans ce système, la loi ne s’applique donc plus aux firmes, mais toute loi est cependant placée sous la menace d’être à l’origine d’un dédommagement à leur payer. C’est dans ces conditions que le Canada fait l’objet d’un recours en dédommagement de plusieurs milliards contre sa décision de stopper les forages sur le gaz de schiste, l’Australie contre sa loi anti-tabac et l’Allemagne contre sa décision d’arrêter le nucléaire ! Rien de moins !

La fourberie des dirigeants français est totale. Car en 2015 le gouvernement français indiquait dans une note à l’intention des eurodéputés français que le mécanisme d’arbitrage investisseur-État en discussion dans le cadre du traité TTIP n’était « ni utile, ni nécessaire« . On se souvient aussi des récents moulinets faits par Hollande pour faire croire à une résistance et une exigence française totale. De son côté, l’Assemblée nationale française avait voté dès le début de la législature son refus de voir créer de telles instances.

Et maintenant, on découvre que dans le même temps le gouvernement faisait exactement le contraire en entamant des discussions avec l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et les Pays-Bas pour soutenir la mise en place d’un tel mécanisme. C’est là le pire de la méthode Hollande : des gesticulations de façade qui ralentissent l’action, démobilisent les acteurs de terrain et créent l’espoir. Les médias commencent aussitôt leur ronde puérilisante : « Alors ? Vous dites bravo ? », bourrant les crânes avec ardeur sur la base d’une fausse information (eux-mêmes se fichent que ce soit vrai ou faux puisqu’il leur suffit que cela soit juste un prétexte à faire des bulles de mots).

Et, pendant ce temps, l’arnaque avance en coulisses et en secret. Puis tout finit par le résultat contraire aux annonces. Commencent alors la démoralisation, la dévalorisation de toute parole politique et la division de tout le monde. Comment s’étonner ensuite que les sondages montrent que ni au premier ni au deuxième tour, bon nombre d’ex-électeurs de ce triste personnage ne veuillent plus jamais voter pour lui ?

cannes debout

15 mai, 15h43 :

Je m’envole pour le festival de Cannes. L’an passé, avec « La loi du marché », cette année avec le film « Moi, Daniel Blake » de Ken Loach, la question sociale revient en grand écran. Je prévoyais donc un séjour qui soit à l’image de ce retour du rouge sur la toile. Mon centre de gravité aura été une fois de plus au festival « Visions Sociales » avec de profondes incursions dans le festival officiel et le métier.

15 mai, 17h27 :

Le saviez-vous ? Le festival de Cannes a été créé sous le Front populaire pour faire pièce au festival « La Mostra de Venise » dominé par les fascistes. L’œuvre de la nazie Leni Riefenstahl y avait été primée et l’intervention personnelle de Benito Mussolini avait permis que le film de Jean Renoir soit éliminé. Mais la guerre empêcha le projet français de se mettre en place.  Sa première édition n’a pu se faire qu’à la Libération. Les ouvrières CGT de l’usine textile ont cousu le premier rideau rouge. Le président de cette première édition était monsieur Lumière en personne.

cannes1Ce soir, rendez-vous en tête à tête avec Ange Romiti, secrétaire du syndicat CGT des Hôtels Cafés Restaurants de Cannes. Il s’agit du statut des personnels de ces établissements sans lesquels le festival ne pourrait exister. Ces personnels fonctionnaient avant au contrat saisonnier. À présent c’est une généralisation du statut « d’extra », à l’heure à la journée, sans garantie, l’équivalent d’un contrat 0 heures comme en Angleterre. La précarité absolue ! Demain, on passe à l’action. CGT et FO donnent rendez-vous esplanade des allées de la Liberté à 15 heures. Mon rôle est d’attirer les caméras et de faire parler de ces personnels. L’ambiance est morose. Pour la première fois depuis 70 ans le ministre de l’Intérieur a interdit la diffusion de tracts devant les établissements hôteliers, un pratique banale et totalement pacifique. Aujourd’hui, la police a chassé les employés qui tractaient devant les palaces…

16 mai, 09h05 :

Waouh. Après avoir rencontré Ange, nous cheminons vers le restaurant. J’y ai rendez-vous avec Florence Aubenas. Je suis venu lui parler de son livre « En France ». Elle vient pour savoir ce que je fais à Cannes (elle bosse au Monde). Son livre est un vrai bon livre. Politiquement : bof. En fait, la visée politique du livre est plus humaine que vraiment idéologique. Du coup il faut dire que ça se lit vraiment bien. En tant que reportage sur le pays, c’est le haut de gamme. Mieux que des photos ou une infographie. Des centaines de visages et de remarques saisis à la volée. C’est comme le festival de Cannes. La littérature et le cinéma donnent des visages aux chiffres. Comme on est au début du passage à Cannes je manque d’anecdotes pour nourrir ma réponse aux questions qu’elle me pose. Et en plus je me mets à découvert car elle réalise que je fonctionne en mode « nez au vent » selon la bonne vieille méthode qui me permet de capter et de m’éponger des ambiances.

16 mai, 09h58 :

cannes2Ce matin, à l’hôtel Ibis de Mandelieu (un palace, n’est-ce pas ?), je rencontre Damien Ounouri et Adila Bendimerad. Le premier est le réalisateur du Film « Kindil El Bahr », en compétition à la quinzaine des réalisateurs. La seconde est l’actrice principale et la co-sénariste du film. Il part du réel pour aller vers le fantastique et parle du corps des femmes comme enjeu dans la société. La rencontre me fait un bien fou. Damien Ounouri est franco algérien. Il travaille son art en Algérie. Surprise, dans un commentaire un lecteur aigre me reproche ma chambre d’hôtel et se demande pourquoi je ne suis pas allé dormir chez les militants pour que ce soit moins cher. Naturellement c’est ridicule. On discute entre nous des masses d’aigreurs que contiennent les réseaux sociaux et de la démagogie qui s’y exprime si souvent sans retenue. La conclusion de la discussion est que la situation n’est guère différente de ce qui s’exprime dans la vie tout court. On rit avec des exemples que chacun a connus sur la toile infestée de trolls plus ou moins d’extrême droite. Autour de moi, trois camarades militants qui me transportent et assurent ma sécurité pendant ces trois jours. Bénévoles bien sûr.

16 mai, 14h12 :

cannes3Ce matin, je vais voir avec mon équipe «La Sociale», le film de Gilles Perret. Rencontre avec le réalisateur. Je suis son travail depuis quelque temps déjà. « Les jours heureux » ont été un épisode fort de la vie de ce peuple des conférences et des projections qui depuis quelques années se construit une culture commune d’implications politiques et d’évènements culturels partagés. Le film raconte la création de la Sécurité sociale à la Libération, l’action d’Ambroise Croizat et de la CGT pour la mettre en œuvre en quelques mois. Il récapitule et démonte les attaques qu’elle subit depuis des années. Certains moments de la critique sont franchement hilarant ! Ceux qui veulent transformer la santé en un marché juteux ne font pas dans la dentelle… Le film donne du courage et de l’envie de luttes. Et de la rage contre ceux qui dénigrent la sécurité. Il sort le 9 novembre prochain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.lasociale.fr. Sachez une dernière chose. France 3 national a pour l’instant refusé de le diffuser. Le motif ? Ce film sur la  Sécu ne concernerait pas moment assez important de notre histoire ! Elle concerne pourtant tous les Français. D’après l’intervention d’un intervenant, un parfum de conflit d’intérêt flotte sur la direction des documentaires à ce sujet.

16 mai, 16h54 :

cannes4Départ de Mandelieu sitôt la fin du film. Gilles Perret se joint à nous pour aller au rendez-vous de lutte dans Cannes. Sur place un petit groupe de salariés de l’hôtellerie et des cafés restaurants, en lutte contre les contrats précaires. Ici, on parle de celles et ceux qui font vivre les grands palaces au quotidien. Désormais, même les contrats saisonniers sont menacés. Les contrats d’extras à l’heure. La précarité totale. Des contrats avec lesquels on apprend parfois sur le chemin du travail qu’on peut rentrer chez soi ! Comment penser à demain quand on ne sait même pas de quoi tout à l’heure sera fait ? Sur place pas mal de caméras et de journalistes. Formidable : le but est atteint. Un vieux camarade ronchon s’en prend aux journalistes ! Il râle à haute voix pendant que je réponds aux questions ce qui rend mon travail spécialement pénible pour ne pas butter sur les mots. Le drôle de l’affaire, c’est moi qui défends les journalistes puisqu’ils sont là ! D’ailleurs BFM organise un direct et j’ai cinq bonnes minutes de parole. Ange est ravi. Les gens concernés se sentent reconnus et défendus. C’était le but.

Après ça, je fais une sorte de promenade où je fais des selfies sans fin (mes accompagnateurs deviennent des spécialistes de la photo dans toutes les marques de téléphone) en attendant le moment de faire quelques pas avec Michel Denisot et parler de cinéma. Bon, en fait, si Denisot a le sang-froid du professionnel, j’avoue avoir eu un peu de mal avec cet exercice qui consiste à répondre en marchant et en se sachant filmé pendant que des gens vous regardent en passant… Après quoi je passe un bon moment avec une famille de chtis qui se ballade là. Lui a le diabète et on l’a amputé il y a quatre mois. Il marche sous le soleil avec ses béquilles. Le gars a une volonté d’acier. L’épouse et la fille sont d’accord pour dire que la vie partage trop mal et que les gens sont méprisés. La petite fille dort dans la poussette. On fait un break pour France 2. Mon accompagnateur se moque gentiment : « une vie de star ? ». En plus je suis équipé d’une paire de lunettes de soleil qui me donne une face de mouche. Il faut partir. On retourne à Mandelieu au festival du film « Vision sociale ».

16 mai, 22h43 :

cannes5J’arrive à la limite horaire extrême. Ruffin et Giles Perret sont encore là devant la porte. Ils auront accueilli le public jusqu’au dernier arrivant. Ce soir, je vais revoir le désormais célèbre « Merci Patron ! », de François Ruffin et du journal Fakir. Il faut se souvenir que la Nuit debout est aussi l’enfant de ce film puisque François Ruffin y a appelé fort de l’écoute que le succès du film lui a donnée dès le début. Salle pleine. Chaleur soutenue. On rit et on applaudit comme si on était pris par la main. Et moi comme les autres alors que j’ai déjà vu le film a Paris ! À la fin, « standing ovation »  et applaudissements nourris !

La question sociale revient sur le devant de la scène. Sur les écrans et dans la rue. Et d’autant mieux dans la rue que les écrans ont préparé les esprits à la résistance. À la sortie, on m’invite à bavarder avec des participants de la la « Nuit debout » de Cannes. Le dialogue court son chemin au fil des interventions des unes et des autres. Revient la question du sens de l’engagement politique, ou civique si l’on préfère. Et même du sens de l’entêtemmelenchon nuit deboutent à faire vivre la « Nuit debout » en y retournant chaque soir. On conclut qu’il s’agit d’entretenir et de faire naître quelque chose qui a une visée dans la longue durée. Et sans quoi la société sombrerait dans la barbarie du chacun pour soi que le monde de la loi el Khomri veut développer. On me propose d’aller sur place. Je refuse en m’expliquant : tout doit être fait pour que chacun se sente à l’aise dans le processus. À cette étape, ma présence pourrait cliver et partager les participants. J’estime que ce ne serait pas une aide. On se sépare bons amis et je cours (encore) dîner. Une tablée m’attend qui prolonge la discussion précédente, plutôt concentrée sur la nécessité du changement de Constitution qui était déjà venue plusieurs fois dans la conversation précédente.

17 mai, 16h28 :

melenchon lescure gautierLe matin, rencontre avec Pierre Lescure, président du festival de Cannes. D’un coup me voici dans la zone survoltée et immense où tout se joue. Dans l’antichambre, je rencontre le styliste Jean-Paul Gautier. J’apprends que la tendance est à retourner un bout d’une manche. Tant qu’il ne s’agit pas de retourner la veste elle-même, j’imite. Bof ! Lescure me raconte la machinerie du festival : 40 000 accréditations, 1 800 emplois directs. Nous avons discuté ensemble des moyens d’une politique culturelle ambitieuse. Rendez-vous pris pour en parler plus en détail dès cet été. J’avoue que je n’avais pas suivi l’actualité et donc l’affaire du remplacement de dernière minute du film palestinien par celui de BHL n’a donc pas été évoquée. J’en suis bien marri quand j’apprends l’affaire. J’aurais bien aimé en apprendre le fin mot de vive voix.

On sort et je musarde en regardant les vitrines des agences immobilières. Stupeur. Les prix ! Je découvre une location à 70 000 euros la semaine. Les cas nous ramènent à la discussion sur les moyens de faire descendre les prix de l’immobilier pour empêcher la captation de tout ce qui est disponible par quelques-uns. Et de là nous voilà parti à se demander comment bloquer le prix du foncier et la bétonisation générale. Non seulement il faut modifier la composition des Safre qui distribuent les terres à vendre. Mais il faut surtout confisquer les plus-values réalisées sur la vente des terrains agricoles de périphéries urbaines car c’est bien de proche en proche que le béton confisque la terre.

melenchon cinema Le midi, je rencontre des professionnels du cinéma. Producteurs, distributeurs, réalisateurs : on parle des enjeux concrets auxquels ils sont confrontés au quotidien. Bon. Le public français est le plus nombreux d’Europe. Pourtant l’écosystème cinématographique français plutôt bon pied bon œil est menacé par l’étiolement des petits qu’il vaudrait mieux nommer les indépendants. Pas de baleines sans plancton ! Si les salles disparaissent, si leurs programmateurs indépendants sont asphyxiés, si celles qui fonctionnent en multiplex font tourner les films comme des pales de ventilateurs, le dérèglement est en vue. À la fin, le public n’y sera plus non plus pour les gros car il aura désappris ce dont la diversité lui a donné le gout en permettant son apprentissage. Pendant qu’on faisait le tour d’horizon revient le thème de la TSA, taxe qui est payée avec chaque billet et qui permet le financement de tout cet ensemble : salles, équipements, films et ainsi de suite. Quand tu vois un film, tu payes pour le suivant aussi. Un système génial. Les libéraux hurlent. C’est une subvention. Oui et alors ? Comme elle s’applique aux créations et au réseau en France, c’est aussi une illustration de ce que pourrait être la logique du protectionnisme solidaire. Oui. La taxe favorise la production et la diffusion en France. C’est certain. Mais tous les films diffusés, d’où qu’ils viennent profitent de l’existence de ces salles et de ces publics éduqués et sensibles au cinéma ! Vu ? À la sortie, on fait une interview pour BFM. Zut, ça ne parle pas de cinéma.

Pas le temps de déjeuner. Je veux à tout prix voir « Captain fantastic » de Matt Ross. J’apprendrai demain  que Viggo Mortensen, l’acteur principal du film s’est exhibé sur la croisette avec un teeshirt « Bernie Sanders président ! ». Hum. On me dit que le film est anti capitaliste. C’est sûr qu’il fait une peinture assez savoureuse du système en montrant ses conséquences sur les gens qui y participent. Mais s’il fallait être convaincu par le mode de vie dans les bois, je crains que ce soit peine perdue. C’est surtout une belle histoire humaine sur fond de rire au nez d’une façon de vivre, la nôtre. De toute façon, on ne raconte pas un film qui commence sa carrière. Surtout un premier film. Je n’ai pas regretté d’être allé voir ce film. En plus je faisais la pause dans le calme et la beauté après la pression d’enfer des heures précédentes sous les coups de cette manie du selfie qui est devenue un rite parfois bien pesant.

En deux jours, je fais grâce à ces rendez-vous un état des lieux à grands traits du monde du cinéma. On m’a beaucoup parlé de l’amour du métier, de la volonté de pouvoir créer des œuvres accessibles au grand nombre. Je ne suis pas d’accord pour stigmatiser le côté bling bling et ainsi de suite. Le festival quant au fond est une affaire sérieuse de création, d’argent c’est certain, mais aussi d’art et de métiers de toutes sortes déployés avec ardeur et passion. Le bling-bling est un à-côté. Il est drôle parce qu’il est assumé et étalé davantage comme un rôle que comme une manière d’être. Le festival est moins prétentieux que ceux qui, le reste du temps et hors cadre, se comportent comme s’ils croyaient vraiment que ce qu’ils possèdent et montrent suffit à leur donner des droits sur les autres.

melenchon nice matinAu soir à Nice, nous étions dans le plaisir d’une petite rencontre à l’initiative des insoumis du secteur. Nous n’avions ni le temps ni les moyens d’un meeting ou d’une réunion publique et je n’y suis pas favorable dans cette séquence qui s’achèvera avec le rassemblement du 5 juin place Stalingrad à Paris. Notre petite équipe d’une soixantaine d’invités inscrits parmi les 1600 signataires de la « France insoumise » du département ont donc bavardé autour d’un verre et de quelques savoureux amuse-gueules. Tous âges, toutes conditions. Le mot d’ordre a été bien expliqué : installer notre activité en profondeur dans la société en développant méthodiquement notre influence et nos soutiens. Des citoyens conscients sont utiles et solides. Des supporters ne nous serviraient à rien. Il m’aura fallu quitter sans trainer la rencontre car qui veut voyager loin ménage sa monture. De plus, le lendemain matin m’attendaient au siège de Nice Matin les lecteurs sélectionnés pour m’interroger sur les sujets qui les préoccupent. Un long moment d’échange. Je n’en dis rien renvoyant à Nice Matin qui en aura tiré une synthèse. Ce qui m’ frappé dans les échanges avant et après c’est l’impact de l’usage du 49.3 dans l’affaire de la loi el Khomri. Il ne fait pas de doute que bien du monde dans le pays franchit un cap dans sa compréhension de ce qu’est la Constitution actuelle. Le lien entre cette question de la règle du jeu institutionnelle et de la question sociale parait moins abstrait dorénavant.

49.3 melenchon loi el khomri

Crédits photo : Thomas Bresson

Début juillet, la loi El Khomri revient devant les députés. De nouveau sera posée la question du dépôt d’une ou plusieurs motions de censure. Si la loi El Khomri entre en vigueur dans quelques semaines, ce sera à cause de la Constitution de la 5eRépublique. Mais pas seulement. Mieux vaudrait que ce ne soit pas aussi du fait de la pusillanimité des députés PS « frondeurs » et EELV. Lorsque le gouvernement recourt à l’article 49.3, il engage un bras de fer. Il faut être capable d’y faire face. L’article 49.3 prévoit que le gouvernement peut imposer un texte aux députés sans vote et même sans débat. Dans ce cas, la Constitution dit explicitement que pour s’opposer au texte, je dis bien au texte, les députés doivent voter une motion de censure et donc renverser le gouvernement. Donc, après le discours de Manuel Valls recourant au 49.3, il n’y avait plus que deux attitudes possibles : pour la loi El Khomri ou pour la censure du gouvernement. Tout le reste est du charabia politicien. C’est la raison pour laquelle, j’étais partisan de voter la censure d’où qu’elle vienne. Et j’en reste partisan en vue du prochain retour de la loi El Khomri à l’Assemblée fin juin, après son examen au Sénat si, comme c’est probable, le gouvernement recourt de nouveau à l’article 49.3.

Manuel Valls avait annoncé la couleur : « il ne faut jamais renoncer à un moyen constitutionnel » comme le 49.3. La ministre El Khomri avait même pointé le 49.3 dès la présentation de son projet de loi dans la presse en février ! On savait donc depuis le début que l’article 49.3 serait utilisé. D’autant plus que l’ordre du jour de l’Assemblée et le nombre des amendements interdisaient que le délai prévu pour l’examen du texte soit tenu. C’est donc une comédie qui s’est jouée pour désamorcer la colère en faisant croire que « la rue », comme a dit El Khomri, devait s’incliner devant le droit du Parlement à débattre. Cette équipe autour de Hollande est faite de manipulateurs sans vergogne. Dès lors, il ne faut pas avoir de fausses pudeurs face à de tels agissements. Face au recours au 49.3, et pour paraphraser Manuel Valls, les députés ne devraient « jamais renoncer à un moyen constitutionnel » de s’opposer à la loi El Khomri, en l’occurrence en votant la censure. J’ajoute que, au-delà de la loi en question, voter la censure est aussi le seul moyen constitutionnel conséquent de défendre les droits du Parlement face à un coup de force.

Bien sûr, déposer soi-même une motion de censure « de gauche » permet de clarifier les points de vue et de dire pourquoi on censure le gouvernement. Reste que si cela n’est pas possible pour la « gauche » comme cela a été jeudi 12, alors il faut quand même aller au bout. On ne peut pas vouloir censurer le gouvernement au point d’essayer de déposer une motion de censure puis ensuite ne pas voter la motion de censure déposée par ceux qui parviennent à en déposer une. De toute façon, aucune motion de censure, de droite ou de gauche, ne peut être adoptée sans l’addition des voix des députés de droite et des 56 députés de gauche partisans de la censure. Le cumul des deux permet de faire tomber le gouvernement comme je l’ai déjà écrit : 233 députés de droite + 56 députés de gauche = 289 soit une voix de plus que la majorité requise pour adopter la censure.

Je souligne ce point car j’avoue n’avoir pas bien compris le propos du président du groupe PCF a l’assemblée André Chassaigne sur « France Info » disant qu’il n’espérait pas que la droite vote sa motion de censure et que la gauche ne devrait pas voter celle de droite si elle parvenait  déposer la sienne. Sérieusement : les frondeurs la dernière fois espéraient-ils pouvoir déposer leur motion de censure tout en demandant aux députés de droite de ne pas la voter ? Dans ce cas pourquoi l’avoir déposée ?

Puisque je suis sur ce point de logique je dois dire que ce n’est pas davantage cohérent que 56 députés « de gauche » aient signé une motion de censure mais que seulement 15 aient voté la motion de censure effectivement déposée par la droite avec assez de signatures pour être recevable ? Pourquoi y avait-il vingt-huit députés PS prêts à censurer le gouvernement dans un texte et aucun dans le vote ? Pourquoi y avait-il huit députés EELV prêts à censurer le gouvernement dans un texte et seulement un dans le vote ? Pourquoi les « frondeurs » et les députés EELV n’ont-ils pas voté la censure avec les dix députés du groupe issu du Front de Gauche, Isabelle Attard, les non-inscrits Pourriah Amirshahi et Philippe Noguès et un député d’outre-mer ? Pourquoi Martine Aubry ne s’est-elle exprimée pour critiquer le recours au 49.3 qu’après le vote de la censure ? Pourquoi le refus de ses plus proches camarades de signer la motion de censure de gauche ?

De quoi les frondeurs et les amis de Mme Duflot ont-ils eu peur ? De « voter avec la droite » ? Quelle blague ! La déclaration explicative de la motion de censure n’a aucune valeur législative et elle ne constitue pas non plus la plateforme pour un futur gouvernement succédant à celui qui tomberait du fait du vote de censure.  À l’Assemblée, le vote est personnel. Et lors d’un vote à l’Assemblée, il est possible de faire une « explication de vote ». C’est ce qu’a fait André Chassaigne pour expliquer le vote des députés communistes et d’Ensemble. Il a expliqué très clairement la situation à la tribune de l’Assemblée : « Les députés Front de Gauche vont aujourd’hui censurer le Gouvernement en conscience et en responsabilité. Ils vont se saisir de l’unique moyen encore à leur disposition pour rejeter ce texte. Ils s’en saisissent pour simplement respecter les valeurs qu’ils portent et leurs engagements vis-à-vis de celles et ceux qui les ont élus en 2012. Notre censure du Gouvernement et du projet de loi Travail n’a évidemment rien à voir avec les motivations de la droite. Comme chacun le sait ici, nos collègues de droite auraient souhaité l’adoption de ce texte. A tel point que, craignant son rejet, ils ont déserté leurs bancs au moment du vote de leur motion de rejet préalable et de renvoi en commission. Nous, nous étions au rendez-vous ! Ces incohérences et ces contradictions sont, aujourd’hui encore, mises à jour puisque la majorité d’hier s’apprête à voter contre un texte qu’elle aurait rêvé d’écrire en son temps. Du reste, nous ne sommes pas dupes du programme destructeur qui est celui de la droite et qui enfoncerait encore un peu plus notre pays dans la crise. Mais c’est précisément parce qu’il faut mettre un terme à toutes ces hypocrisies politiciennes que nous assumons le fait de condamner la politique du Gouvernement. Notre censure vise au rejet du projet de loi et à un mettre un terme au fourvoiement d’un Gouvernement dans les méandres du libéralisme économique prônée par la droite ».

Les « frondeurs » ont annoncé vouloir tenter de déposer une nouvelle motion lors du prochain passage du projet de loi à l’Assemblée. C’est une bonne chose. Mais cette fois, ils devront aller au bout. Que les frondeurs trouvent ou pas les deux députés supplémentaires nécessaires au dépôt de leur propre motion, il faudra voter avec la droite pour bloquer la loi El Khomri et renverser le gouvernement Valls.

Assez d’hypocrisies et de manœuvres politiciennes. Hollande et Valls nous accusent de voter avec la droite ? Quelle honte ! Ils ont adopté tous les traités européens avec la droite, y compris pour empêcher un référendum en 2008 sur le traité de Lisbonne ! Ils voulaient faire adopter la déchéance de nationalité avec l’extrême-droite et cela ne les a jamais gênés ! Ils passent leur temps à puiser leur projet de loi économique et sociaux dans les programmes de la droite voire de l’extrême-droite comme sur le cas de l’exonération de cotisations sociales pour prétendre augmenter le salaire net sans augmenter le salaire brut. Et nous devrions avoir des pudeurs face à ces gens-là ? Ils n’ont plus d’arguments : seulement des menaces, des coups de force et des chantages. « L’alternative à Hollande, c’est la droite » répètent-ils en chœur. Mais si la droite est si proche du pouvoir et si radicalisée et décomplexée, si le FN est si haut dans les urnes, c’est à cause d’eux ! Leur défaite et leur départ est une condition de la victoire sur la droite et l’extrême-droite dans les têtes et dans les urnes l’an prochain !

Jean – Luc Mélenchon

Classé dans: Actualités

« Le Monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis » (André Gide,1946)

http://www.jlm2017.fr/defile_de_la_france_insoumise?recruiter_id=13368

Le gouvernement se sert de l’état d’urgence pour empêcher la contestation de la loi Travail

17 mai 2016 / Hervé Kempf et Lorène Lavocat (Reporterre)

Un nouveau coup est asséné par le gouvernement aux libertés : s’appuyant sur la loi d’état d’urgence, les préfectures de Nantes et de Paris ont interdit à des personnes de manifester contre la loi Travail. Le juge administratif a suspendu cette mesure pour neuf personnes concernées.

http://reporterre.net/Le-gouvernement-se-sert-de-l-etat-d-urgence-pour-empecher-la-contestation-de-la

 

Le dialogue inattendu entre policiers et manifestants de Nuit debout

19 mai 2016 / par Emilie Massemin (Reporterre)

Mercredi 18 mai, alors que la manifestation « contre la haine anti-flic » rassemblait place de la République les principaux syndicats des forces de l’ordre, un étonnant dialogue s’est noué entre deux policiers de la CGT Police et des participants de Nuit debout. Regards croisés sur les violences en manifestation.

http://reporterre.net/Le-dialogue-inattendu-entre-policiers-et-manifestants-de-Nuit-debout

 

Il faut interdire à Bernard Cazeneuve de se manifester

16 mai 2016 | Par François Bonnet

Le ministre de l’intérieur défile de média en média pour dénoncer haut et fort les « casseurs extrémistes ». Il serait mieux inspiré de remettre de l’ordre dans des forces de sécurité instrumentalisées dans la gestion du mouvement social.

https://www.mediapart.fr/journal/france/160516/il-faut-interdire-bernard-cazeneuve-de-se-manifester?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

 

Jean-Luc Mélenchon appelle à faire échec à la loi sur le travail

15 mai 2016 | Par La rédaction de Mediapart

Jean-Luc Mélenchon en appelle aux frondeurs du Parti socialiste pour faire échec au projet de loi sur la réforme du Code du travail, les invitant à voter une motion de censure, même issue de la droite, lors de son examen en seconde lecture au Parlement, s’ils ne parviennent pas à déposer la leur.

https://www.mediapart.fr/journal/france/150516/jean-luc-melenchon-appelle-faire-echec-la-loi-sur-le-travail?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

Jean-Luc Mélenchon au Festival de Cannes 2016 :

Le fondateur de « La France insoumise » en a donc appris un peu plus sur le type de contrats, les « extras », et explique comment cela fonctionne :

« Autrefois, il y avait des contrats saisonniers, on comprend, ça. Et maintenant, voilà qu’ils ont inventé des contrats qui s’appellent des ‘extras’. Alors vous êtes embauché le matin pour quelques heures, et puis après ‘va-t-en’. Et puis ‘peut-être demain’. ‘Ah bah pas sûr’. ‘Ah bah si’. Alors, la fille se met en mouvement, elle va pour aller travailler, on lui dit ‘Oh non, tu peux rester chez toi’. Et ainsi de suite. C’est-à-dire que les gens n’ont plus de vie. Ce sont toutes ces petites mains sans lesquelles il y a pas de cinéma, il y a pas d’art, il y a pas de festival de Cannes. Et on les maltraite. Qu’est-ce que vous voulez, à la fin ? Vous allez être tellement mal reçus, vous êtes reçus par des gens qui sont fâchés et pas contents, que vous viendrez plus ! » (Journal Le Parisie
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;
« Le Monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis » (André Gide,1946)

http://www.jlm2017.fr/defile_de_la_france_insoumise?recruiter_id=13368

Le gouvernement se sert de l’état d’urgence pour empêcher la contestation de la loi Travail
17 mai 2016 / Hervé Kempf et Lorène Lavocat (Reporterre)
Un nouveau coup est asséné par le gouvernement aux libertés : s’appuyant sur la loi d’état d’urgence, les préfectures de Nantes et de Paris ont interdit à des personnes de manifester contre la loi Travail. Le juge administratif a suspendu cette mesure pour neuf personnes concernées.
http://reporterre.net/Le-gouvernement-se-sert-de-l-etat-d-urgence-pour-empecher-la-contestation-de-la

Le dialogue inattendu entre policiers et manifestants de Nuit debout
19 mai 2016 / par Emilie Massemin (Reporterre)
Mercredi 18 mai, alors que la manifestation « contre la haine anti-flic » rassemblait place de la République les principaux syndicats des forces de l’ordre, un étonnant dialogue s’est noué entre deux policiers de la CGT Police et des participants de Nuit debout. Regards croisés sur les violences en manifestation.
http://reporterre.net/Le-dialogue-inattendu-entre-policiers-et-manifestants-de-Nuit-debout

Il faut interdire à Bernard Cazeneuve de se manifester
16 mai 2016 | Par François Bonnet
Le ministre de l’intérieur défile de média en média pour dénoncer haut et fort les « casseurs extrémistes ». Il serait mieux inspiré de remettre de l’ordre dans des forces de sécurité instrumentalisées dans la gestion du mouvement social.
https://www.mediapart.fr/journal/france/160516/il-faut-interdire-bernard-cazeneuve-de-se-manifester?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

Jean-Luc Mélenchon appelle à faire échec à la loi sur le travail
15 mai 2016 | Par La rédaction de Mediapart
Jean-Luc Mélenchon en appelle aux frondeurs du Parti socialiste pour faire échec au projet de loi sur la réforme du Code du travail, les invitant à voter une motion de censure, même issue de la droite, lors de son examen en seconde lecture au Parlement, s’ils ne parviennent pas à déposer la leur.
https://www.mediapart.fr/journal/france/150516/jean-luc-melenchon-appelle-faire-echec-la-loi-sur-le-travail?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

Jean-Luc Mélenchon au Festival de Cannes 2016 :
Le fondateur de « La France insoumise » en a donc appris un peu plus sur le type de contrats, les « extras », et explique comment cela fonctionne :
« Autrefois, il y avait des contrats saisonniers, on comprend, ça. Et maintenant, voilà qu’ils ont inventé des contrats qui s’appellent des ‘extras’. Alors vous êtes embauché le matin pour quelques heures, et puis après ‘va-t-en’. Et puis ‘peut-être demain’. ‘Ah bah pas sûr’. ‘Ah bah si’. Alors, la fille se met en mouvement, elle va pour aller travailler, on lui dit ‘Oh non, tu peux rester chez toi’. Et ainsi de suite. C’est-à-dire que les gens n’ont plus de vie. Ce sont toutes ces petites mains sans lesquelles il y a pas de cinéma, il y a pas d’art, il y a pas de festival de Cannes. Et on les maltraite. Qu’est-ce que vous voulez, à la fin ? Vous allez être tellement mal reçus, vous êtes reçus par des gens qui sont fâchés et pas contents, que vous viendrez plus ! » (Journal Le Parisie

Berlaimont : Jean-Luc Mélenchon fustige “la ruine organisée” de l’industrie française par l’UE

Jean-Luc Mélenchon soutient les salariés d’Akers France à Berlaimont

 

 
Voir l'image sur Twitter

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé la “ruine organisée” de l’industrie française par laCommission européenne, à Berlaimont, près de Maubeuge. Il est venu soutenir les salariés de l’aciérie d’Akers France, en liquidation.

Le candidat à l’élection présidentielle 2017 a dénoncé la “justice parallèle” des tribunaux de commerce “qui décident de la vie ou de la mort des entreprises”. Ces tribunaux préfèrent “envoyer dans le néant social des centaines de personnes plutôt que d’approuver un plan de reprise. »

Des salariés d’usines voisines (Vallourec, Sambre et Meuse), concernés eux aussi par des suppressions d’emplois, sont également venus assister à la venue de l’homme politique.

250 emplois menacés

Le 30 mars, le tribunal de commerce de Thionville (Moselle) a prononcé la liquidation d’Akers France qui emploie 250 personnes dans le nord et l’est de la France. Placées en redressement, les usines d’Akers France cherchaient repreneur à Berlaimont et Thionville.

Trois candidats potentiels avaient été retenus le 22 mars par la justice: le directeur du site de Thionville, celui de Berlaimont et l’entreprise Green Elephant.

La semaine dernière, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR) a demandé à l’Etat de faire appel de la décision de liquidation. Il a également invité des représentants syndicaux d’Akers et des représentants de l’Etat à une table ronde en milieu de semaine prochaine.

francetvinfo.fr


Indiscrétions politiques : Jean-Luc Mélenchon attendu sur la Croisette

 

 

Malware : Jaku, un nouveau botnet redoutable de précision

Le botnet Jaku est un logiciel malveillant qui peut s’infiltrer dans un système informatiquevia des fichiers piégés afin de transformer les machines en « zombies » contrôlés à distance. Ce malware se distingue par sa technicité qui lui permet de cibler ses victimes avec une grande précision.

Le botnet Jaku est un malware qui choisit ses victimes avec une grande précision : membres d’ONG, ingénieurs, universitaires, scientifiques et employés gouvernementaux. Des indices laissent penser que les auteurs de cette attaque pourraient se trouver en Corée du Nord. © BeeBright, Shutterstock

Le botnet Jaku est un malware qui choisit ses victimes avec une grande précision : membres d’ONG, ingénieurs, universitaires, scientifiques et employés gouvernementaux. Des indices laissent penser que les auteurs de cette attaque pourraient se trouver en Corée du Nord. © BeeBright, Shutterstock

Membres d’ONG, ingénieurs, universitaires, scientifiques et employés gouvernementaux : voici quelques-unes des cibles du tout nouveau botnet nommé Jaku – le terme « botnet » désigne un réseau d’ordinateurs zombies détournés à l’insu de leurs propriétaires. Celui-ci mène des attaques par déni de service distribuées (DDoS) et d’hameçonnage (phishing) pour tenter de dérober des informations sensibles, en visant des profils bien particuliers de diverses nationalités.

C’est un rapport de Forcepoint Security Labs qui a tiré la sonnette d’alarme. L’enquête, débutée en octobre 2015, estime à 19.000 le nombre de victimes uniques. D’après elle, Jaku est « différent et plus complexe » que la majorité des autres botnets connus des services.

Les chercheurs de Forcepoint ont nommé cette campagne de malware en s’inspirant de la planèteJakku figurant dans l’univers Star Wars car ils y ont relevé plusieurs références inattendues à propos de la saga de science-fiction, comme le nom du droïde R2D2. À noter que, pour des raisons de droits d’auteur, les chercheurs ont choisi d’écorcher l’orthographe de la planète en lui retirant un « k ».

Jaku est un malware qui peut s’infiltrer dans un système via le téléchargement d’un fichiertorrent infecté ou d’une fausse image PNG. Une fois installé, il est capable d’infecter d’autres machines connectées et de les intégrer à son réseau.

Cependant, pour cibler avec précision ses victimes, le botnet utilise une technique bien plus poussée. Selon Andy Settle, chef des investigations spéciales pour Forcepoint, « la précision de Jaku implique l’utilisation d’outils plus efficaces qu’un fichier torrent. Nous pensons évidemment au mail, mais d’autres méthodes sont également envisageables ».

D’après les chiffres de Forcepoint Security Labs, la Corée du Sud (KR, 42 % sur le graphique) et le Japon (JP, 31 %) sont les plus touchés par l’attaque Jaku, suivis de la Chine (CN, 8 %) et des États-Unis (US, 6 %). © Forcepoint Security Labs
D’après les chiffres de Forcepoint Security Labs, la Corée du Sud (KR, 42 % sur le graphique) et le Japon (JP, 31 %) sont les plus touchés par l’attaque Jaku, suivis de la Chine (CN, 8 %) et des États-Unis (US, 6 %). © Forcepoint Security Labs

La Corée du Sud et le Japon sont les plus touchés

Il estime ainsi qu’il est possible que certains systèmes aient subi un « Evil Made » – c’est-à-dire que l’auteur du logiciel malveillant a eu accès physiquement à l’ordinateur – ou une attaque de point d’eau.

Toujours selon le rapport, les auteurs du botnet pourraient être nord-coréens. « Plusieurs éléments laissent penser que le coréen est la langue maternelle des auteurs du logiciel malveillant », peut-on y lire, même s’il n’est pas exclu que les auteurs de Jaku mènent aussi une opération sous faux pavillon pour faire croire à une mission initiée par Pyongyang alors qu’ils sont pilotés par un autre État.

En tout cas, 42 % des personnes visées se situent en Corée du Sud et 31 % au Japon. Deux pays très impopulaires à Pyongyang. La Chine (9 %) et les États-Unis (6 %), deux pays qui ont, d’une façon ou d’une autre, aussi à faire avec le régime de Kim Jong-un, arrivent en troisième et quatrième positions des pays les plus touchés.

Vaincre Jaku est actuellement impossible sans la collaboration des organisations privées et des agences gouvernementales, estime Forcepoint. L’entreprise de cybersécurité a d’ailleurs annoncé avoir lancé une enquête conjointe avec la NSA, le CERT-UK, Europol et Interpol.

numerama.com

 

Jean-Luc Mélenchon compare le discours d’Emmanuel Macron en hommage à Jeanne d’Arc à une « rédaction de classe de troisième »

Jean-Luc Mélenchon compare le discours d’Emmanuel Macron en hommage à Jeanne d’Arc à une "rédaction de classe de troisième"
Jean-Luc Mélenchon © THOMAS SAMSON / AFP

En déplacement à Orléans ce dimanche 8 mai pour participer aux fêtes commémoratives de Jeanne d’Arc, Emmanuel Macron en a profité pour prononcer un discours aux accents présidentiels. Un discours à double lecture : en parlant de Jeanne d’Arc, le ministre parlait visiblement aussi un peu de lui-même.

Ce qui n’aura pas échappé à Jean-Luc Mélenchon. Sur son compte Facebook, le fondateur du Parti de Gauche, déjà candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2017, fustige le ministre de l’Économie. Il compare le discours d’Emmanuel Macron à « une rédaction de classe de troisième » où il reproche au ministre d’utiliser Jeanne d’Arc pour faire sa promo :  

Emmanuel Macron a réussi une magnifique rédaction de classe de troisième sur le thème de Jeanne d’arc. Tous les poncifs, anachronismes et trémolos de rigueur y étaient. Sans oublier la part de grosse autocélébration par allusion que ce type de commémoration absurde permet.

Jean-Luc Mélenchon en profite également pour souligner le côté plus sombre de Jeanne d’Arc oublié dans le discours d’Emmanuel Macron. Il rappelle :

Avec le pieu oubli de ce qui fâche : que sa virginité continue d’être mentionnée à son crédit ce qui est patriarcal, que l’église la fit brûler sous l’autorité de l’évêque Cauchon ce qui est anticlérical, et que la vie de son principal lieutenant, Gilles de Rais, fait du film « le silence des agneaux » une contine pour enfants sages, ce qui est totalement immoral.

Jean-Luc Mélenchon ne rigole pas avec l’histoire. Ce n’est pas la première fois que l’ancien patron du Parti de Gauche recontextualise certains événements historiques. A la sortie du jeu vidéo Assassin’s Creed Unity en novembre 2014, il dénonçait une « propagande contre le peuple ». Puis, en mai 2015, Mélenchon critiquait France 2 et Stéphane Bern pour l’émission Secrets d’histoire qui selon lui, mettait trop en avant les monarques

Pierre Lepelletier pour Le Lab

Affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy : la justice annule des convocations et auditions de l’ancien président et de son avocat

La cour d’appel de Paris s’est prononcé sur des recours déposés par Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog dans l’enquête où ils sont mis en examen pour des soupçons de corruption du magistrat Gilbert Azibert.

La justice a annulé des actes de l’enquête qui vaut à Nicolas Sarkozy et à son avocat Thierry Herzog d’être mis en examen pour des soupçons de corruption d’un magistrat, Gilbert Azibert. Leurs avocats l’ont annoncé, lundi 9 mai.

De nouvelles convocations ?

La cour d’appel de Paris a notamment annulé les convocations et les auditions de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog en octobre et novembre 2015, durant lesquelles ils n’avaient pas répondu aux questions des juges, ont déclaré Jacqueline Laffont, Pierre Haïk et Philippe Dehapiot. A leurs yeux, cela rend obligatoire de nouvelles convocations, alors que les juges d’instruction avaient clos leurs investigations en février.

Cette fin de l’enquête fait planer la menace d’un renvoi en procès pour l’ancien chef de l’État, qui s’apprête à disputer dans quelques mois la primaire présidentielle de son camp. Mais de nouveaux interrogatoires retarderaient cette éventuelle échéance.

Sarkozy et Herzog mis en examen depuis juillet 2014

La Cour de cassation avait validé, mardi 22 mars, les écoutes téléphoniques dont ont fait l’objet Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog. Dans cette affaire, l’ancien président est mis en examen depuis juillet 2014 pour « recel de violation du secret professionnel, corruption active et trafic d’influence actif ».

Il est soupçonné, avec le concours de son avocat (également mis en examen), d’avoir tenté d’influencer une décision de justice le concernant dans l’affaire Bettencourt, via un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. En échange de ses services, Nicolas Sarkozy lui aurait promis d’user de son influence pour lui obtenir un poste de prestige à Monaco. Il nie les faits.

francetvinfo.fr

Panama papers et Société Générale – Invité : Jérôme Kerviel

Pour ce 4e épisode de « Pas vu à la télé », Jean-Luc Mélenchon reçoit Jérôme Kerviel. Alors que l’un et l’autre sont poursuivis par la Société Générale pour diffamation, ils discutent ensemble du rôle de cette banque dans « l’affaire Kerviel », puis de son implication dans les « Panama Papers ».

Pour aller plus loin :
➡️ Participez à cette émission sur les réseaux sociaux avec le hashtag #PVTV
➡️ Lire l’article « Kerviel est innocent » – http://melenchon.fr/2016/01/18/kervie..