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Tragédies et joies du 1er Mai : Journée de 8 heures et Fête du Travail

 

Le 1er mai 1886, aux États-Unis,  200 000 travailleurs obtiennent la journée de huit heures grâce à une forte pression des syndicats. Mais un affrontement avec la police cause la mort de plusieurs personnes.

En souvenir de cette victoire amère, les syndicats européens instituent quelques années plus tard une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs » destinée à se renouveler tous les 1er mai. Cette journée est aujourd’hui appelée « Fête du Travail », bien que l’expression prête à confusion (on ne fête pas le travail à proprement parler mais l’on honore les travailleurs).

André Larané

Une revendication nationale

Au IVe congrès de l’American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s’étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

Arrive le 1er mai 1886. Un grand nombre de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la sociétéMcCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).

La révolte de Haymarket Square (Chicago, 4 mai 1886)
Stèle vengeresse

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, Augustin Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui » (*).

Manifester pour la journée de 8 heures

Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l’Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française au pied de la toute nouvelle Tour Eiffel.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé), sachant que jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n’a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu’il sera« organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d’appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu’une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l’AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation. »

Dès l’année suivante, le 1er mai 1890, des ouvriers font grève et défilent, un triangle rouge à la boutonnière pour symboliser le partage de la journée en trois (travail, sommeil, loisir).

Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont huit de moins de 21 ans. L’une des victimes, l’ouvrière Marie Blondeau, qui défilait habillée de blanc et les bras couverts de fleurs d’aubépine, devient le symbole de cette journée.

Le 1er mai, lithographie de Grandjouan pour l'Assiette au beurre (1906)Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l’Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. Elle est relayée en France par la Confédération Générale du Travail, un syndicat fondé le 23 septembre 1895 à Limoges.

L’horizon paraît s’éclaircir après la Première Guerre mondiale. Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 « l’adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n’a pas encore été obtenue ».

Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l’occasion de revendications plus diverses. La Russie soviétique, sous l’autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d’autres pays… L’Allemagne nazie va encore plus loin : Hitler, pour se rallier le monde ouvrier, fait, dès 1933, du 1er mai une journée chômée et payée. La France l’imitera sous l’Occupation, en 1941 !…

Le 1er mai en France

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l’habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci est quelques années plus tard remplacé par la fleur d’églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge (*).

Les syndicats français unis pour le défilé du 1er mai 1936 (archives nationales)Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée, mais à titre exceptionnel.

Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.

C’est pendant l’occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la « Fête du Travail et de la Concorde sociale » et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s’agit d’un ancien dirigeant de l’aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d’État au Travail dans le gouvernement de Philippe Pétain.

À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd’hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

Le 30 avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé… mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n’est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n’est que coutumière.

herodote.net

MediaPorte: «Le Foll, grand corps malade de la Hollandie»

Aujourd’hui, notre chroniqueur Didier Porte est regonflé à bloc grâce au meeting organisé ce lundi 25 avril par Stéphane Le Foll et une vingtaine de ministres, “Hé oh la gauche !”, qui doit permettre « aux militants de gauche de relever la tête ».

Dans sa chronique hebdomadaire pour Mediapart, Didier Porte ironise sur la soirée organisée ce soir à Paris par le ministre proche de François Hollande, Stéphane Le Foll, qui doit permettre « aux militants de gauche de relever la tête ».

mediapart.fr

Chroniques québécoises

 

Chroniques québécoises

Jean-Luc Mélenchon et Alexandre Boulerice

À partir du 20 avril, Jean-Luc Mélenchon est au Québec. Pendant toute la durée de ce déplacement, des chroniques seront rédigées chaque jour par Sébastien Polveche, militant du PG à Lille, qui accompagne Jean-Luc Mélenchon pour ce voyage et a travaillé à sa préparation. 

22 avril – La lutte contre l’accord de libre-échange UE-Canada (CETA ou AECG)

La journée du 22 avril a été très dense et riche en rencontres. Le matin, Jean Luc Mélenchon était invité dans les locaux de Radio Canada pour une interview dans la matinale de cette radio.

L’interview achevée, nous nous sommes dirigés vers les locaux de l’Université du Québec à Montréal pour une rencontre avec les organisations opposées aux traités de libre – échange (AECG, TAFTA,…). Ces organisations sont regroupées au sein du Réseau Québécois sur l’Intégration Continentale et représentent plus d’un million de Québécois sur les huit millions que compte la province !

Cette réunion a permis d’évoquer l’état du débat public sur le sujet dans nos pays respectifs. Tous partagent le constat que le débat public sur les traités de libre-échange est volontairement occulté alors que les enjeux sont énormes. Leurs conséquences négatives sont déjà palpables au Canada, dans la mesure où le pays fait partie de la zone de libre-échange USA / Canada / Mexique (ALENA). La souveraineté des États et les droits sociaux ont considérablement reculé, notamment sous l’effet de la pression exercée par les tribunaux d’arbitrage et leur justice favorable aux intérêts des multinationales.

Le cas de la multinationale Lone Pine Resources en constitue un exemple emblématique : cette entreprise a intenté des poursuites contre le Québec suite à l’instauration d’un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint Laurent. Elle réclame une indemnité de 250 millions de dollars. Les « panelistes » évoquent même des formes d’auto-censure des administrations du Canada et Québec car il n’est pas rare qu’elles recoivent des courriers émanant de cabinets d’avocats basés à New York les menaçant de poursuites contre tel ou tel projet de loi (avant même qu’il ne soit voté).

La réunion a également permis d’aborder les perspectives d’actions et de mobilisations des deux côtés de l’Atlantique. Certains évènements pourraient servir de point d’appui : le forum social mondial à Montréal (août 2016), le sommet UE / Canada de l’automne 2016, …

Après un déjeuner avec les chercheurs de l’IRIS (think tank progressiste spécialisé dans la déconstruction du néolibéralisme et des politiques d’austérité), les rencontres qui ont suivies ont permis d’échanger avec plusieurs partis politiques de la gauche Québécoise et Canadienne. Jean Luc Mélenchon a eu un temps d’échange fraternel avec Alexandre Boulerice, député fédéral du Nouveau Parti Démocratique (social-démocrate) sur les perspectives de recomposition du mouvement progressiste sur nos continents. La discussion avait l’intéret de se situer après que la direction du parti a été congédiée après la défaite électorale et que l’alternative ici encore soit un virage à gauche à la Bernie Sanders. En soirée, nous rencontrions une délégation du Parti Québécois (PQ), composée de Jean François Lisée (député provincial de Rosemont et ex-ministre du gouvernement péquiste de Pauline Marois) et Carole Poirier (députée provinciale d’Hochelaga Maisonneuve et responsable à l’international du PQ).

21 avril – Le « Printemps Érable »

Jean Luc Mélenchon est arrivé hier à Montréal ; il entamait aujourd’hui son cycle de rencontres avec des journalistes et des acteurs de la société québécoise.

Une partie de la journée a été consacrée à des interviews avec la presse écrite et audiovisuelle québécoise : Le Devoir (le journal de référence québécois) et La Presse (journal à grand tirage québécois), RTL Canada, ainsi que Radio – Canada, en compagnie de Gabriel Nadeau Dubois. Jean Luc Mélenchon y a évoqué ses positions sur les traités de libre – échange (CETA, TAFTA) ainsi que les organisations qu’il va rencontrer sur le sujet. Il a également abordé son projet de faire de la francophonie un espace politique.

Vers midi, Jean Luc Mélenchon rencontrait Gabriel Nadeau Dubois (GND), le leader du mouvement étudiant de 2012. L’échange a été riche et fraternel. Il précède la conférence qu’ils co-animeront ensemble le samedi 23 avril sur « Le peuple et la caste » à la Bibliothèque Nationale du Québec.

Gabriel a tout le profil d’un insoumis : il est poursuivi en justice pour « outrage » après avoir appelé à la désobéissance civile contre les décisions de justice cassant les votes de grève durant le « printemps érable ». Il a été condamné en première instance à 120 heures de travaux d’intérêt général, acquitté en appel et sera jugé en cassation vendredi 22 avril à Ottawa. Gabriel Nadeau-Dubois ne mène pas son combat de manière isolé :une tribune signée par l’ensemble des organisations de la société québécoise a été publiée ce jour par le Journal Le Devoir et dénonce « la dangereuse juridiciarisation du débat public ».

Une situation qui fait écho au dépôt de plainte de la Société Générale contre Jean Luc Mélenchon. Coincidence, le même jour paraît en France une tribune dans Marianne signée par 80 personnalités, appelant au retrait de la plainte de la Société Générale  contre Jean Luc Mélenchon, Jérôme Kerviel et David Koubbi. Chaque fois, les puissants s’attaquent à la liberté d’expression pour faire taire les voix dissidentes qui s’expriment dans le débat public.

Enfin, en fin d’après midi, Jean Luc Mélenchon a rencontré Sébastien Soldevila, fondateur de la compagnie les 7 doigts de la main, et chorégraphe de la cérémonie d’ouverture des JO de Sotchi.

20 avril – L’arrivée à Montreal

La présence de Jean Luc Mélenchon au Québec est motivée par le combat qu’il mène contre les traités de libre-échange en cours de négociation (TAFTA, entre l’UE et les USA) et de ratification (AECG, entre l’UE et le Canada). Au Québec, comme en France, des partis politiques, des associations et des syndicats s’opposent à ces traités et à leurs conséquences néfastes sur les droits sociaux et la souveraineté des États. Ils le font avec une conscience aiguisée par l’expérience, car ils sont déjà soumis au traité ALENA (traité de libre échange USA / Canada / Mexique). Sa visite au Québec permettra donc de se nourrir de ses échanges, des arguments et des retours d’expérience sur les traités de libre-échange.

Par ailleurs, sa visite lui permettra également de s’imprégner de l’expérience du « Printemps Érable ». Ce puissant mouvement étudiant a tenu tête au gouvernement et à sa répression (plus de 3400 arrestations) pendant plus de 8 mois, de février à septembre 2012. Les étudiants luttaient contre l’augmentation des frais de scolarité à l’Université (+ 1 625 $) mais, très vite, le mouvement a débordé du simple cadre d’une lutte étudiante, pour devenir une lutte populaire, mobilisant de vastes secteurs de la société. Ce n’était plus seulement la « hausse » qui était remise en cause, mais toute la politique du gouvernement libéral de Jean Charest, qui était rejetée en bloc. Qu’il s’agisse de sa politique énergétique extractiviste ou de ses politiques d’austérité. Le mouvement étudiant Québécois a fait preuve d’une grande inventivité, en diffusant son propre récit du mouvement (au travers de ses médias) ou en s’organisant sur les réseaux sociaux.

Au final, ce mouvement a provoqué une véritable crise politique au Québec, qui a conduit à la défaite des libéraux aux élections provinciales qui ont suivies et à l’abandon du projet de hausse des frais de scolarité. Il y a donc beaucoup de leçons à tirer, d’énergie à puiser sur ce qui s’est construit durant ce mouvement et qui continue encore à germer au sein de la société québécoise.

Jean – Luc Mélenchon

Mélenchon – Hollande sous le regard de Plantu

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Vilipendé par certains de ses camarades pour s’être déclaré en solo candidat à la présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon semble être en passe de remporter son pari. Car entre-temps, l’idée d’une « primaire de toute la gauche » a montré ses limites et, portée par un retour du mouvement social en France, sa candidature grappille toujours plus de points dans les sondages.

Ils avaient vu rouge, à la direction du PCF mercredi 10 février, lorsque Jean-Luc Mélenchon avait annoncé sur le plateau de TF1 sa candidature pour la présidentielle de 2017. « Le Front de gauche n’a pas été consulté ni informé. Cette proposition de candidature se fait en solo, sans aucune démarche collective », avait vivement regretté Olivier Dartigolles, le porte-parole du Parti communiste, Oubliant au passage que le secrétaire national du PCF en avait fait autant lorsqu’il avait annoncé son intérêt pour une « primaire de toute la gauche ». Mais depuis, la situation a sensiblement évolué et à Colonel Fabien, les teints ont dû blêmir tant Jean-Luc Mélenchon semble bénéficier ces derniers temps d’un alignement des planètes favorable à la réussite de son pari : se déclarer le plus tôt possible pour prendre de court des possibles prétendants de la gauche de la gauche, miser sur l’échec de la primaire et s’appuyer sur la résurgence du mouvement social français.

Il y a bien sûr ce récent sondage TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro, LCI et RTL, publié dimanche soir, Face à chacun des quatre postulants les mieux placés dans la primaire de la droite (Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire), Jean-Luc Mélenchon ferait ainsi mieux que son score à la présidentielle de 2012. Surtout, il talonne François Hollande et, dans l’hypothèse d’une candidature Le Maire, arrive même devant le président sortant. De quoi faire sérieusement tousser à l’Elysée et à Solférino. dans le JDD confirme cette bonne santé sondagière. Si Emmanuel Macron y apparaît comme le candidat préféré de l’ensemble des Français (de gauche et de droite) et Manuel Valls comme celui des sympathisants du Parti socialiste, les deux personnalités qui arrivent en tête chez les sympathisants de gauche sont Martine Aubry (51%) et Jean-Luc Mélenchon, devancé d’un petit point seulement (50%). Loin devant Cécile Duflot, Arnaud Montebourg ou Nicolas Hulot.

« C’est une confirmation de ce que l’on sentait sur le terrain »

Encore mieux, pour le candidat de « la France insoumise » qui aimerait attirer à lui les déçus de François Hollande et les absentéistes : une pour le Huffington Post et iTélé, réalisée les 30 et le 31 mars, révèle quedans la tranche d’âge des 18-34 ans, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique qui bénéficie le plus d’opinions positives (26%) à droite comme à gauche. Antoine Léaument, le responsable de la commission « réseaux sociaux » du Parti de Gauche, n’y voit rien « d’étonnant » : « Jean-Luc Mélenchon ne ménage pas ses efforts en direction de nos compatriotes les plus jeunes. Depuis des mois, il sillonne la France pour donner des conférences dans des universités ou des écoles. Et il rassemble à chaque fois une foule considérable de jeunes autour de lui ». Or, ce sont les « jeunes » qui rechignent le plus à se déplacer dans les isoloirs.

De quoi réjouir, donc, l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon. « C’est une confirmation de ce que l’on sentait sur le terrain, que cette candidature de Jean-Luc prend. Et nous n’en sommes qu’au début de l’inversement de la courbe », se félicite Eric Coquerel, coordinateur politique au Parti de gauche. « La société française est en plein mouvement, sur la fin de la Vème république, sur le partage des richesses ou l’écologie. Autant de thèmes que Jean-Luc porte depuis longtemps « , appuie-t-il. Et le retour du mouvement social en France, avec la mobilisation contre la loi El-Khomri et Nuit Debout, lève des vents propices à sa candidature. Quand Emmanuel Macron avance fièrement le chiffre de 13.000 soutiens sur son site, le Parti de gauche revendique 95.000 appuis à la proposition de candidature de Mélenchon.

Un atout pour convaincre les alliés du Front de gauche, communistes en tête, de se rallier à sa candidature.

« Avec un score entre 11% et 15%, et ce risque plus présent que jamais d’un FN au deuxième tour, il serait surréaliste de ne pas utiliser ce point fort. Mais je suis d’un tempérament optimiste, j’ai confiance dans la direction et le peuple communiste », veut croire Eric Coquerel.

La primaire divise au PCF

Au sein du PCF, par ailleurs, l’attitude de Pierre Laurent face à la primaire agace de plus en plus. Il y a par exemple , qui a démissionné en janvier du comité exécutif du parti, intitulée« Communistes, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon pour 2017 ». Le candidat peut aussi compter sur la députée Marie-George Buffet, candidate communiste à la présidentielle de 2007 et ancienne ministre du gouvernement Jospin. Par petites touches, l’ancienne secrétaire nationale distille discrètement son soutien.Ainsi s’étonne-t-elle, le 30 janvier sur son compte Facebook, « de l’engouement suscité par une primaire à gauche, (…) Certains conditionnent la tenue de cette primaire à la présence de F Hollande et de JL Mélenchon, il faudra donc choisir entre celui qui met en œuvre une politique et celui qui la combat et après selon le résultat, on met nos idées, valeurs dans la poche, un mouchoir dessus et on fait du vainqueur notre candidat à la présidentielle ! » Dans un autre post sur le dernier remaniement, elle s’amuse encore à glisser le slogan de la « France insoumise », l’air de rien…

A « Ensemble », l’une des composantes du Front de Gauche, pour siffler la fin de la partie et réclamer un soutien clair au candidat. « L’heure n’est plus à attendre et à tergiverser, mais à agir et rassembler dans la clarté (…) La candidature de Jean Luc Mélenchon est un premier pas concret pour rassembler tous ceux qui ne se résignent pas », écrivent-ils. Clémentine Autain, porte-parole du mouvement, a relativisé quelque peu cet appel « qui n’est pas majoritaire » au sein de sa formation, tout en ne cachant pas sa proximité intellectuelle avec l’eurodéputé : « Ce n’est pas une fin de non-recevoir. Je sais ce qui me rapproche de Jean-Luc Mélenchon, c’est substantiel je vous assure. Il a été notre candidat en 2012, ce serait logique qu’il le soit en 2017. Notre socle commun est considérable ». Un socle commun qui semble dorénavant dépasser largement les simples contours du Parti de gauche.

marianne.net et lemonde.fr

Les lanceurs d’alertes et l’indépendance des médias

Le gouvernement recase des syndicalistes de FO et de la CGT

Stéphane Lardy, l’homme de FO sur les questions d’emploi et de travail, devrait rejoindre l’Inspection générale des affaires sociales et Thierry Lepaon, l’ex-secrétaire général de la CGT, la lutte contre l’illettrisme. 

Quand en 2013, François Chérèque, l’ancien secrétaire général de la CFDT, fraîchement nommé inspecteur à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), était chargé par le gouvernement de superviser le plan national de lutte contre la pauvreté, les syndicats avaient grincé des dents. La CGT et Force ouvrière (FO) en tête trouvaient là une nouvelle et belle occasion de critiquer la maison d’en face, régulièrement attaquée pour sa proximité avec le pouvoir socialiste. « Cela ne donne pas une image d’indépendance syndicale », avait notamment asséné le leader de FO Jean-Claude Mailly. Trois ans plus tard, ces deux syndicats doivent balayer devant leur porte. En pleine mobilisation contre la loi sur le travail et alors que les syndicats sont débordés par leurs bases et par des mouvements citoyens rejetant « le système », y compris syndical, le gouvernement s’apprête à nommer deux des leurs à des postes à haute responsabilité.

Stéphane Lardy, l’homme fort de FO (et de la scène syndicale) sur les questions d’emploi et de travail, qui a toujours été pressenti pour succéder à Jean-Claude Mailly (en poste depuis douze ans), devrait rejoindre l’IGAS en qualité d’Inspecteur général des affaires sociales, l’un des corps administratifs les plus prestigieux (et parmi les mieux rémunérés) à l’instar du Conseil d’État, de la Cour des comptes ou de l’Inspection générale des finances. « C’est lui qui l’a souhaité et qui a postulé, il y a des mois. Sa candidature a été retenue. C’est bien pour lui, c’est bien pour l’IGAS, qui récupère un homme très compétent bardé de diplômes et d’expérience », réagit Jean-Claude Mailly.

Le numéro un de FO réfute tout mauvais procès : « Les chiens aboient, la caravane passe. Comme quand on dit : “Mailly a sa carte au PS mais il cartonne en permanence le gouvernement.” Lorsque j’ai critiqué la nomination de Chérèque, ce n’est pas parce qu’il rejoignait l’IGAS mais parce qu’il devenait le Monsieur Pauvreté du gouvernement. » Un proche de François Hollande, très infiltré dans le monde syndical, croit connaître la vraie raison du départ de Stéphane Lardy, « un syndicaliste incontestable, extrêmement pointu et brillant », réformiste convaincu : « Il en avait marre de FO et s’est rendu compte que les anciens trotskards tenaient tout. »Contacté, Stéphane Lardy n’a pas retourné nos appels.

Mais sa très prochaine nomination suscite bien moins de gêne et de remous que celle à venir de Thierry Lepaon. L’ancien secrétaire général de la CGT n’a pas fini d’empoisonner la vie du syndicat. Et l’information tombe au plus mauvais des moments, à l’heure où s’ouvre le congrès de la centrale de Montreuil, ce lundi 18 avril à Marseille. Contraint à la démission en janvier 2015, après la cascade de révélations sur la rénovation de son bureau, son appartement de fonction ou encore ses 26 500 euros d’indemnités de départ lorsqu’il a quitté la CGT Basse-Normandie pour rejoindre le siège à Montreuil, Thierry Lepaon devrait être recasé par Matignon à la tête de l’Agence de la langue française pour la cohésion sociale, une fonction rémunérée. La structure n’existe pas encore. Elle est en cours de création. Manuel Valls l’a présentée à l’issue d’un « comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté », mercredi 13 avril à Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise, ainsi qu’une batterie d’autres mesures (notamment la création d’un Haut-Commissariat à l’engagement, présidé par un autre ancien syndicaliste, l’ancien leader de la CFDT, François Chérèque, qui restera président de l’Agence du service civique).

Devant le siège de la CGT à Montreuil, 14 avril 2016. © Rachida El Azzouzi
Devant le siège de la CGT à Montreuil, 14 avril 2016. © Rachida El Azzouzi

L’Agence de la langue française pour la cohésion sociale aura pour principale mission la lutte contre l’illettrisme. Comme sa jumelle, l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) qui rassemble collectivités territoriales, partenaires sociaux et pouvoirs publics. L’ANLCI existe depuis des années, emploie une douzaine de personnes (pour un budget annuel de 1,2 million d’euros, dont 600 000 euros de subvention d’État), satisfait tout le monde même la Cour des comptes et la fonction de président y est bénévole. Il y a un an, en avril 2015, l’Élysée avait proposé à Thierry Lepaon d’en assurer la destinée, mais ce dernier avait refusé, le poste n’étant pas rémunéré, raconte ici Le Parisien. Le gouvernement semble aujourd’hui avoir trouvé la solution… La présidente de l’ANLCI, Marie-Thérèse Geoffroy, elle, a vu rouge en apprenant qu’une deuxième structure, visant les même objectifs, allait voir le jour, assortie d’une présidence rémunérée confiée à Thierry Lepaon.

Voilà des mois que l’ancien numéro un de la CGT attend d’être reclassé professionnellement et qu’il planche au sein d’une « mission d’évaluation et de proposition » initiée par le gouvernement pour dessiner les contours de cette « agence de la langue française ». Si personne ne conteste son expertise en matière d’illettrisme (il a lui-même été affecté dans son parcours personnel par ce fléau qui touche des millions de Français et il avait rédigé un rapport remarqué à ce sujet en 1996 pour le Conseil économique et social régional de Basse-Normandie), les conditions de son reclassement ne passent pas dans les rangs de nombreux militants CGT. Dans un communiqué, la CGT Goodyear pointe « le spectacle honteux du reclassement de Thierry Lepaon par Francois Hollande ». « Une récompense pour service rendu ? Le même François Hollande qui, par ailleurs, demande à ses procureurs de nous jeter en prison », raille-t-elle. Pour autant, en interne, au siège de la CGT à Montreuil, devant l’entrée duquel des trublions ont tagué au sol la blague qui colle traditionnellement à la CFDT – « du temps de l’esclavage, les syndicats négociaient la longueur de nos chaînes » –, « on est content de voir partir Lepaon, de tourner la page », souffle un membre de la commission exécutive, sous couvert d’anonymat.

Payé 4 200 euros net par mois (13) « à rien faire », selon les termes d’un haut responsable de la CGT (Thierry Lepaon militait dans sa région, sans affectation et responsabilités particulières), il a lâché seulement en février le trois pièces de fonction à Vincennes qui lui avait coûté son fauteuil (et qui coûte plus de 2 200 euros de loyer à la CGT auxquels il faut ajouter un véhicule de fonction). Et « il a fallu batailler pour qu’il quitte l’appartement », poursuit ce même cadre de la CGT. Dans un grand entretien à Mediapart à lire ici, Philippe Martinez, qui a pris en catastrophe la tête de la CGT après le scandale Lepaon, refuse de s’étendre sur la polémique : « Vous pensez que Hollande m’a appelé pour me dire : je te laisse construire une agence et définir le poste et le salaire de Lepaon ? »

Il s’étonne néanmoins que « cela se précise à quelques jours du congrès de la CGT », assure que « des règles de vie interne claires et précises ont été fixées depuis l’affaire Lepaon », et assume « de veiller à ce que tous ces militants qui changent de responsabilité, des syndicats à la confédération, retrouvent une activité professionnelle et ne perdent pas leur salaire dans l’attente ». « Ce qu’on ne peut contester à Thierry, poursuit-il, c’est son expertise dans le domaine de l’illettrisme. Il est l’un des experts de ce fléau dans les milieux du travail. Et ça tombe à pic car le gouvernement travaille à la création d’une agence pour la langue française incluant cette problématique. L’idée remonte au temps où Rebsamen était ministre du travail. J’ai dit : “Tiens il y a quelqu’un chez nous qui connaît bien ces questions, là, c’est Thierry.” Et c’est ainsi que cela s’est construit. »

Depuis sa Normandie où il réside une partie de la semaine, l’ancien soudeur-chaudronnier de Moulinex, qui a gravi les échelons du syndicalisme, attend avec impatience sa nomination et suit la polémique à très grande distance. Comme les mobilisations contre la loi sur le travail ou encore le mouvement « Nuit Debout », « ça, c’est un truc de Parisiens, de journalistes ». « Le gouvernement ne crée pas cette agence pour me faire plaisir mais bien parce qu’il y a un défi colossal à relever. Il y a plus de Français en situation d’illettrisme que de syndiqués dans ce pays. Cette agence aura des fonctions plus larges que celle qui existe déjà. Tout le monde sait que ma passion, c’est l’illettrisme, je ne suis pas illégitime. »

Thierry Lepaon se défend aussi d’avoir été payé par la CGT pendant un an « à ne rien faire ». Il rappelle qu’il n’est « pas un syndicaliste de base mais un ancien secrétaire général », qu’il a été blanchi par une enquête interne de la CGT, qu’il a vécu « l’enfer », au point même de vouloir mettre fin à ses jours. « Tout est dans mon livre », répète-t-il. Dans La vie continue, publié en septembre dernier aux éditions du Cherche Midi, sa« thérapie », il raconte avoir été victime d’une cabale, orchestrée selon lui par neuf cadres de la CGT (sans donner de noms) qui voulaient non pas le déstabiliser lui, mais la CGT, cette « maison impossible à rassembler ». Et de lancer : « Ce sont ces mêmes traîtres qui ont balancé des documents à la presse patronale qui sont contents aujourd’hui de me voir partir de la CGT, mais suivez-moi au congrès. Je suis un de ceux qui serrent le plus de mains et les militants sont contents que je retrouve une activité professionnelle. »

RACHIDA EL AZZOUZI – mediapart.fr

Les Pisseur(e)s de Sète

Suite à l’introduction de la novlangue dans l’éducation nationale comportant des termes tels que:  » l’élève n’apprendra plus à écrire mais à « maitriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres « , ou courir c’est « créer de la vitesse », nager en piscine c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », et le badminton est une « activité duelle médiée par un volant », on pourra dire que les citoyens mécontents des fossoyeurs de la Nation n’urinent pas sur la voie publique mais « exsudent leur mécontentement par le biais d’un écoulement liquide dirigé contre un symbole local de la félonie »…. Jeudi 14 avril à 20h15 sur A2: BOYCOTT – ON ETEIND LA TELE. (Alain Luc)

Les sans dents se vengent !!! Allez-y !! Pissez ! Pissez fort et loin ! Pendant 5 ans il nous aura fait chier avec sa Direction de la France digne du Roi Louis XVI ! Il nous a encore plus plongé dans la crise avec son connard de copain Nicolas ! Alors pissez lui dessus !! (Bobduvar)

« Panama Papers » : de nouveaux éléments mettent à mal la défense de la Société générale

 

Selon Frédéric Oudéa, le patron de la banque, les deux fondations mises au jour par les « Panama Papers » « ne sont pas contrôlées » par la Société générale. Une affirmation contredite par les documents consultés par « Cash Investigation ».

Le siège de la Société générale à Genève (Suisse), le 6 avril 2016.

Le siège de la Société générale à Genève (Suisse), le 6 avril 2016. (RÉMY GENOUD / CITIZENSIDE / AFP)
 

Les premières informations publiées mardi 5 avril par « Cash Investigation » et Le Monde dans l’affaire des « Panama Papers » montrent que la Société générale a créé et administré des centaines de sociétés offshore pour ses clients dans les paradis fiscaux. Ainsi, en 2012, la filiale luxembourgeoise de la banque gérait à elle seule 236 structures offshore immatriculées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca. 

Or, la même année, Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, affirmait sous serment, devant une commission d’enquête au Sénat, que la banque n’avait plus d’activité dans les paradis fiscaux. De la même manière, sur le site de l’entreprise, on peut lire à la rubrique « Conduite fiscale » : « Fin 2012, Société générale ne détenait plus, directement ou indirectement, aucune implantation en activité dans les États concernés. » 

La banque française affirme donc n’avoir aucune implantation, y compris indirecte, dans les paradis fiscaux. Une question se pose alors : créer et administrer des centaines de sociétés dans les paradis fiscaux pour ses clients ne revient-il pas à y avoir des implantations indirectes ou, tout au moins, à y exercer une activité ? La commission des finances du Sénat, qui auditionnera à nouveau Frédéric Oudéa début mai, devra y répondre. 

Des fondations bien contrôlées par la Société générale

Outre ces sociétés offshore, « Cash Investigation » et Le Monde ont révélé la création par la Société générale de deux fondations au Panama, « Valvert » et « Rousseau ». Dans un entretien au Figaro du 6 avril (article abonnés), le directeur général de la banque déclare que ces « deux fondations (…), qui existent effectivement, ne sont pas contrôlées par la Société générale, mais servent deux de [ses] clients, pour des motifs dont [la banque s’est] assuré[e]. »

Mais la ligne de défense de Frédéric Oudéa semble mise à mal par les « Panama Papers ». « Cash Investigation » a épluché une partie des nombreux documents relatifs à ces deux fondations. Et il apparaît que ces structures ont bien été contrôlées par la Société générale pour le compte d’un nombre important de ses clients. 

« La banque ne donnera jamais leur identité »

A l’origine de la création de ces deux fondations, il y a un changement de législation aux îles Vierges britanniques. Désormais, les propriétaires des sociétés offshore devront révéler aux autorités du pays leur identité. 

Le 20 octobre 2008, le correspondant de Mossack Fonseca au Luxembourg adresse un courriel au siège du cabinet à Panama. « Je peux d’ores et déjà vous dire que la Société générale ne sera jamais d’accord pour révéler l’identité des propriétaires. Pouvez-vous me proposer une structure grâce à laquelle la Société générale ne sera pas obligée de révéler les propriétaires ? »

Le siège de Mossack Fonseca se montre alors réticent à un tel montage, qui lui ferait courir des risques. Le cabinet panaméen semble vouloir se couvrir et demande à la Société générale de lui communiquer les passeports des propriétaires des sociétés offshore que la banque administre. Réponse du correspondant au Luxembourg de Mossack Fonseca à son siège : « En ce qui concerne la copie des passeports des propriétaires : oubliez ! La banque ne donnera jamais leur identité. »

Concurrence entre Panama et Jersey

Selon les « Panama Papers », la Société générale exerce alors une douce pression sur Mossack Fonseca. Elle fait valoir qu’un des concurrents du cabinet panaméen à Jersey peut lui fournir une solution qui ne l’oblige pas à livrer l’identité de ses clients.

C’est finalement la banque française elle-même qui, en 2009, souffle le montage à Mossack Fonseca : « Nous vous demandons de nous fournir deux fondations qui agiront comme actionnaires des structures aux îles Vierges britanniques de nos clients. Nous devons être sûrs que ces fondations, (…), seront contrôlées par nous, qui agirons sur instructions de nos clients. »

Ces deux fondations contrôlées par la Société générale vont apparaître comme les propriétaires officiels des sociétés offshore aux yeux des autorités des îles Vierges britanniques. Mossack Fonseca précise dans un courriel que ces structures vont être nommées actionnaires d’environ 200 sociétés offshore.

L’opération est réussie pour la banque française. Ses clients resteront anonymes. Mais pour cela, elle devra payer un supplément. Ainsi, Mossack Fonseca écrit : « Le prix que nous proposons pour l’achat de ces fondations est plus élevé que d’ordinaire, compte tenu de l’utilisation particulière que la Société générale en fera et de la souplesse que nous lui apportons (sans les vérifications nécessaires), qui entraîne sans aucun doute un risque plus élevé. »

Des incertitudes sur la légalité de certains comptes

Les « Panama Papers » révèlent d’autres éléments particulièrement éclairants sur les pratiques de la banque. Il s’agit des comptes rendus de rencontres entre le correspondant luxembourgeois de Mossack Fonseca et la Société générale Luxembourg.

Ainsi, après une réunion le 21 septembre 2012, le correspondant de Mossack Fonseca écrit : « [Les représentants de la banque] ont expliqué que la Société Générale Trust en Suisse allait fermer ses activités offshore. Ils vont contacter leurs clients pour leur suggérer d’utiliser d’autres intermédiaires [pour administrer les sociétés offshore], tout en gardant les comptes chez eux. »

Autre rencontre en avril 2014. La Société générale admet devant Mossack Fonseca « que certains de ses clients doivent encore être ‘peignés’ [vérifiés] et que cela va réduire le nombre de sociétés », mais qu’après, la banque « gardera celles restantes dès lors qu’elle sera sûre que les clients sont déclarés ». En clair, si l’on en croit ce compte rendu, à l’époque, la Société générale n’était pas certaine que tous les comptes de ses clients, détenus par des sociétés offshore qu’elle administrait elle-même, soient déclarés aux autorités compétentes.

Problème : la réglementation impose aux banques de n’avoir aucun doute sur les fonds de leurs clients. En outre, cette incertitude est exprimée deux ans après que Frédéric Oudéa a affirmé devant les sénateurs que son groupe n’avait plus d’activité dans les paradis fiscaux et qu’il luttait activement contre l’évasion fiscale.

« Aucune fuite ne vient de chez nous »

Enfin, en mars 2015, une rencontre est sollicitée par la Société générale à la suite d’une première fuite de données provenant de Mossack Fonseca. Le compte rendu fait par le correspondant du cabinet panaméen est particulièrement cocasse au vu de ce qui arrivera un an plus tard avec la révélation des « Panama Papers ». « Ils [la Société générale] ont souhaité nous rencontrer car ils sont préoccupés par un article de presse sur une fuite d’informations sensibles aux autorités fiscales allemandes qui mentionne Mossack Fonseca », écrit-il.

« Leur préoccupation est centrée sur la sécurité et la confidentialité de notre système et sur la manière dont nous stockons nos informations. Nous leur avons assuré qu’aucune fuite ne venait de chez nous et que notre système était aussi sûr qu’il est possible de l’être. Ils n’ont aucune objection à continuer à acheter des sociétés chez nous. Une bonne réunion qui a renforcé notre relation. » 

Sollicitée par « Cash Investigation », la Société générale confirme les propos de Frédéric Oudéa dans Le Figaro et affirme réserver ses explications complémentaires à ses superviseurs.

Benoît Bringer – francetvinfo.fr

Mélenchon : « Il faut mettre la Société Générale sous tutelle »

Le 7 avril, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé le comportement de Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale et a appelé à la mise sous tutelle de la banque le temps d’y faire le ménage. Jean-Luc Mélenchon a également parlé des manifestations contre la loi El Khomri et du mouvement #NuitDebout et a salué le réveil d’un pays qui entre en insurrection citoyenne.

La France insoumise – JLM2017

Le Monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis » (André Gide,1946)

http://www.jlm2017.fr/

7 avril 2016 : déjà 90319 appuis sur le site jlm2017

et 864 groupes d’appuis

Pas vu à la télé – Ep. 3 – Les lanceurs d’alertes et l’indépendance des médias -Éloïse Lebourg

 

Dans le Monde diplomatique :

 

Panama : il faut publier la liste intégrale des fraudeurs

  lundi 4 avril 2016 

Les « Panama papers » donnent la preuve de ce que nous affirmons : ce monde est organisé par et pour les puissants à leur seul usage et bienfait. La fraude fiscale mine le monde et met les États en péril. Si les impôts et cotisations sociales étaient payés par tous, il n’y aurait plus aucun déficit des budgets des États ni des comptes sociaux.

http://melenchon.fr/2016/04/04/panama-faut-publier-liste-integrale-fraudeurs/

Hollande commence à remballer

samedi 2 avril 2016 

François Hollande renonce à réviser la Constitution pour y inscrire l’état d’urgence et la déchéance de nationalité des citoyens français. Certes, nous avons été sauvés par un imbroglio farcesque entre la droite et les génies de la stratégie qui entourent le président. Cela valait bien la peine de déchirer le pays pendant quatre mois et demi avec cette histoire de déchéance de nationalité. Quatre mois et demi de propagande officielle au plus haut niveau de l’État pour l’une des principales idées de l’extrême-droite !

http://melenchon.fr/2016/04/02/hollande-commence-remballer/

 

El Khomri contre les femmes salariées

samedi 2 avril 2016 

Après les dénonciations prononcées par de nombreuses associations féministes, je veux à mon tour contribuer à l’information de qui me lit : les femmes seront les premières victimes de la loi El Khomri. C’est ce qu’ont dénoncé coup sur coup de nombreuses militantes féministes dans une tribune et c’est l’avis officiel sur le projet de loi du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle rattaché au ministère du Droit des femmes ! Ce n’est pas surprenant. Tout ce qui renforce la précarité précarise encore plus les salariés les plus précaires, c’est-à-dire les femmes.

http://melenchon.fr/2016/04/02/el-khomri-contre-femmes-salariees/

 

Frédéric Lordon : « Il faut en finir avec le capitalisme » –

 

Le réveil des betteraves

La Nuit Debout à Paris, place de la République

Frédéric LORDON : « Il est possible qu’on soit en train de faire quelque chose »

http://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/frederic-lordon-il-est-possible-qu-on-soit-en-train-de-faire-quelque-chose

La Nuit debout : de plus en plus de monde pour inventer la démocratie

4 avril 2016 / Marie Astier et Hervé Kempf (Reporterre)

« Dimanche 34 mars », place de la République à Paris. Ici, depuis le jeudi 31 mars, un nouveau temps a commencé. Depuis trois nuits, et trois jours, quelques milliers d’utopistes dorment, débattent, s’organisent et se relaient pour penser et porter un autre monde.

http://reporterre.net/La-Nuit-debout-de-plus-en-plus-de-monde-pour-inventer-la-democratie

 

 

Quel genre de travail font des patrons pour mériter un salaire équivalent à 130 années de Smic ?

Le patronat héberge discrètement Emmanuel Macron

7 avril 2016 | Par Laurent Mauduit

Emmanuel Macron a fait une cachotterie en annonçant la création de son mouvement «En marche». Il a omis de préciser que l’adresse légale de son association était le domicile privé du directeur de l’un des principaux clubs patronaux. Le président du Medef, Pierre Gattaz, juge l’initiative « rafraichissante ».

https://www.mediapart.fr/journal/france/070416/le-patronat-heberge-discretement-emmanuel-macron?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

 

Le PS veut limiter le nombre de candidats en 2017

4 avril 2016 | Par Lénaïg Bredoux et christophe Gueugneau

Les députés ont voté ce mardi 5 avril la proposition de loi organique modifiant les règles de l’élection présidentielle, notamment les modalités du parrainage et le temps de parole médiatique garanti à chaque candidat. Ce texte est passé inaperçu […]

https://www.mediapart.fr/journal/france/040416/le-ps-veut-limiter-le-nombre-de-candidats-en-2017

Non à la réforme scélérate de l’élection présidentielle – Par Nathalie Goulet

  lundi 4 avril 2016 

Cette intervention de Nathalie Goulet, sénatrice UDI, contre la réforme de l’élection présidentielle, a été publiée sur le Club Mediapart.

Mme Nathalie Goulet. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,

http://melenchon.fr/2016/04/04/non-a-reforme-scelerate-de-lelection-presidentielle-nathalie-goulet/

 

Deux ans après, à Grenoble, la transition politique tient le cap

 

2 avril 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)

Grenoble est la plus grande ville française à être dirigée par un écologiste. Face à la réalité de l’endettement municipal, aggravée par la baisse des dotations de l’État, Éric Piolle et son équipe maintiennent l’originalité de leur méthode : un équilibre entre forces citoyennes et partis politiques et le déploiement d’outils participatifs.

http://www.reporterre.net/Deux-ans-apres-a-Grenoble-la-transition-politique-tient-le-cap

 

Bernie Sanders à travers ses fans: paroles de New-Yorkais

3 avril 2016 | Par Iris Deroeux

Pour mieux comprendre le phénomène Bernie Sanders, nous avons rencontré des électeurs américains new-yorkais qui le soutiennent activement. Alors que le 19 avril se tiendront les primaires à New York, ils font campagne chacun à leur manière. « Cette élection est un test d’intelligence pour le pays », tranche l’un d’eux. 

https://www.mediapart.fr/journal/international/030416/bernie-sanders-travers-ses-fans-paroles-de-new-yorkais?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

 

Barrons la route aux pétrotrafiquants !

Txetx Etcheverry dénonce la tenue à Pau en avril d’un sommet pour l’exploitation pétrolière en eaux profondes et appelle à en empêcher le bon déroulement.

[…] après la COP 21, un autre sommet international va se tenir en France. Organisé par la société américaine Quest Offshore, il réunira, du 5 au 7 avril, multinationales pétrolières et opérateurs offshore pour étudier comment « réussir une baisse significative des coûts pour que l’industrie opérant en mer profonde puisse rester compétitive[…], à travers un changement d’échelle en matière d’efficience nécessitant des collaborations industrielles renforcées et des technologies innovatrices ».

http://www.politis.fr/articles/2016/03/barrons-la-route-aux-petrotrafiquants-34430/

 

La campagne 2016 des intermittents démarre

La campagne d’action des intermittents 2016 a démarré. En attendant les rassemblements prévus ce soir dans plusieurs théâtres nationaux , certains ont lancé des occupations.

http://www.politis.fr/articles/2016/04/la-campagne-2016-des-intermittents-demarre-34453/

 

Capitalisme : toujours plus !

Les dépenses militaires dans le monde repartent à la hausse en 2015

Publié le 05 avril 2016

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/les-depenses-militaires-dans-le-monde-repartent-a-la-hausse-en-2015-5703884035702a22d613d554

Toujours plus !

Grèce: la stratégie du choc imaginée par le FMI

3 avril 2016 | Par martine orange

Wikileaks révèle une conversation entre deux responsables du Fonds monétaire international sur la question de la Grèce. Ceux-ci semblent prêts à aller jusqu’à pousser la Grèce à la faillite pour obtenir un accord européen sur l’allègement de la dette grecque et amener le gouvernement grec à faire toutes les réformes souhaitées par le FMI.

https://www.mediapart.fr/journal/international/030416/grece-la-strategie-du-choc-imaginee-par-le-fmi?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

 

Plus d’un million de personnes dans la rue contre la loi El Khomri !

Le 31 mars, 1,2 millions de personnes ont manifesté partout en France contre la loi El Khomri. Dans cette vidéo

http://melenchon.fr/2016/03/31/plus-dun-million-de-personnes-rue-contre-loi-el-khomri/

Un 31 mars dans la rue.

Par La rédaction de Mediapart . La journée de manifestation contre la loi sur le travail a mobilisé large, même si une pluie battante s’est abattue sur la moitié nord de la France. Tout comme d’importants déploiements policiers sur l’ensemble du territoire.

https://www.mediapart.fr/journal/france/310316/un-31-mars-dans-la-rue-retrouvez-notre-recit-des-manifestations?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

 

 

Meeting contre la loi travail

 

Les syndicats CGT de Vinci se prononcent contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

29 mars 2016

C’est une décision prise à l’unanimité par les syndicats CGT du groupe Vinci : ils déclarent s’opposer « au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, et demandent son abandon. » Leur entreprise est à la fois désignée comme constructeur et exploitant du futur aéroport. « Ce projet, comme tout ’partenariat’public-privé (PPP), relève de la politique de privatisation des services publics menée par les gouvernements depuis des années »

http://reporterre.net/Les-syndicats-CGT-de-Vinci-se-prononcent-contre-le-projet-d-aeroport-de-Notre

 

Le projet nucléaire d’EDF en Grande-Bretagne contesté

L’opinion publique anglaise, les journaux anglais et les parlementaires souhaitent une annulation d’un projet à 23 milliards d’euros

Après avoir été longtemps relativement indifférents au projet de l’énorme centrale nucléaire que projette de construire EDF dans le Sud-ouest de la Grande Bretagne à Hinkley Point,

http://www.politis.fr/articles/2016/03/le-projet-nucleaire-dedf-en-grande-bretagne-conteste-34402/

 

Pour se libérer de la grande distribution, les boutiques paysannes se multiplient

26 mars 2016 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Les boutiques tenues par des producteurs se multiplient en France. Elles permettent d’échapper à la pression des grandes enseignes et sont soutenus par un engagement militant et des règles éthiques.

http://reporterre.net/Pour-se-liberer-de-la-grande-distribution-les-boutiques-paysannes-se

 

Présidentielle : pour un parrainage citoyen – Lettre de Jean-Luc Mélenchon aux parlementaires

Paris, le 30 mars 2016

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Vous devez vous prononcer dans les prochains jours sur la modification des règles de l’élection présidentielle. Je vous appelle solennellement à refuser ces deux textes. Ils aggraveront de façon inouïe la logique oligarchique de la 5e République.

http://melenchon.fr/2016/03/30/presidentielle-parrainage-citoyen-lettre-melenchon-parlementaires/

 

« Il faut faire échec aux buts politiques des attentats »

Mélenchon, le candidat de la raison –Tribune parue dans Libération 23 mars 2016 

Anciens cadres nationaux et fédéraux du PS, aujourd’hui membres de la Nouvelle Gauche socialiste, nous avons quitté le parti d’Épinay, en crise profonde, et comptons parmi les déçus du quinquennat de François Hollande.

Le bilan décevant du quinquennat. La loi bancaire devait être proclamée pour arraisonner la finance.

http://melenchon.fr/2016/03/23/melenchon-candidat-de-raison/

 

« François Hollande doit retirer la loi El Khomri »

Le 30 mars 2016, Jean-Luc Mélenchon s’est félicité du retrait par François Hollande de la déchéance de nationalité. Il a aussi appelé au retrait de la loi El Khomri et à une forte mobilisation citoyenne contre ce texte.

Bernard Friot : Comment sortir du capitalisme ?

Le changement d’heure ne fait pas économiser l’énergie

26 mars 2016 / Marc Sautelet (Reporterre)

Depuis 40 ans, les Français changent d’heure deux fois par an. La raison officielle : réduire la consommation énergétique. Pourtant, aucune étude ne vient confirmer l’efficacité d’une mesure de plus en plus impopulaire. Et Mme Royal, qui promettait en 2015 un débat public, est aux abonnées absentes.

Deux fois par an, c’est la même rengaine. On avance ou on recule

http://reporterre.net/Le-changement-d-heure-ne-fait-pas-economiser-l-energie