AbonnementRSS

A la une

« Toute personne estimant que la croissance exponentielle peut durer éternellement dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. »

Alors que le PIB stagne en France depuis le début de l’année, les penseurs et militants de «l’après croissance» gagnent en audience. Ils ambitionnent de produire de nouveaux modèles macroéconomiques adaptés à la crise écologique. Une conférence internationale se tient en Allemagne autour du slogan «Votre récession n’est pas notre décroissance».

Entre 1970 et 1973, le dessinateur Gébé imagine à quoi ressemblerait « l’an 01 », le monde d’après la révolution. Son récit utopiste prend la forme d’un feuilleton dansCharlie Hebdo puis d’un film, en collaboration avec Hara-Kiri, Jacques Doillon, Alain Resnais, Jean Rouch, Gérard Depardieu et Miou-Miou. Le sous-titre de cette œuvre délicieusement subversive annonce : « On arrête tout. On réfléchit. Et c’est pas triste. »

"Imposer les riches", graffiti dans une rue de San Francisco (JL).« Imposer les riches », graffiti dans une rue de San Francisco (JL).

Quarante ans plus tard, le slogan pourrait servir d’étendard aux mouvements, réseaux et collectifs qui se réclament de la décroissance. Ils gagnent en audience alors que le Produit intérieur brut (PIB) piétine en Europe et devient étale en France. Mardi s’ouvre à Leipzig une conférence internationale sur la décroissance qui résume ainsi son état d’esprit : « Votre récession n’est pas notre décroissance ». Fin août, 2 500 personnes s’y étaient inscrites.

« C’est beaucoup plus que les précédentes éditions, il n’y a jamais eu autant de monde », constate André Reichel, chercheur en durabilité et militant de la décroissance. Pendant toute la semaine, activistes des « villes en transition », de la permaculture, de l’agriculture urbaine, des ateliers de réparation, de la justice climatique, acteurs de l’économie sociale et solidaire, animateurs de coopératives, et curieux vont s’y rencontrer. Les ateliers et débats portent sur la façon d’organiser la société, construire une économie sociale et écologique, ou vivre la convivialité.

L’événement est européen mais attire aussi des fondations américaines qui apportent leur soutien financier à ces mouvements sociaux d’un nouveau type. À l’image de l’Edge funders Alliance, dont le directeur, Mark Randazzo explique que s’il vient à Leipzig, c’est parce que « dans la mesure où nous comprenons que les crises sociale, économique et écologique sont liées les unes aux autres et qu’elles révèlent une crise plus profonde du système, la philanthropie progressiste ne doit pas seulement s’intéresser aux symptômes mais aussi aux racines du problème ». Et ses antidotes : la « nouvelle économie », collaborative, non marchande et « post-croissance »

La croissance du PIB a été nulle en France au premier et deuxième trimestre 2014, selon l’Insee. En juillet, le chômage s’est encore aggravé en France. Au total, en incluant les chômeurs ayant une activité à temps partiel, plus de 5,3 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi. En août, l’inflation a connu son point bas historique dans la zone euro, ravivant les craintes de déflation. Le 28 août, François Hollande a déclaré que« l’Europe est menacée par une longue et peut-être une interminable stagnation si nous ne faisons rien ». Pourtant, les ministres du gouvernement Valls II n’évoquent aucune autre stratégie économique que la quête de la croissance. Encore et encore.

"Que rendons-nous à la nature?" : photo extraite du site de la conférence sur la décroissance.« Que rendons-nous à la nature? » : photo extraite du site de la conférence sur la décroissance.

« La crise de 2007-2008 génère deux mouvements distincts, analyse Maxime Combes, économiste et militant d’Attac. Dans bon nombre de logiciels intellectuels, cela aurait dû être la fin du néolibéralisme et le retour à des politiques keynésiennes plus ou moins sociales-démocrates ou marxisantes. Or au contraire nous avons un renforcement des politiques austéritaires, avec un basculement des sociaux-démocrates dans le TINA(« There is no alternative ») blairiste et le désarmement des ressorts sociaux-démocrates pour y résister. Mais un autre mouvement se produit conjointement : le basculement de toute une série de keynésiens/ régulateurs plus ou mois classiques dans la recherche du neuf, car ils ont compris qu’il faut une vision de transformation du système, et pas seulement un aménagement, des régulations, pour mobiliser des énergies positives. »

Pour André Reichel, « la décroissance, c’est une idée dont le temps est venu. Elle résonne depuis longtemps dans la société. De plus en plus de gens comprennent que le système économique ne traverse pas qu’une simple crise depuis 2008 : il ne fonctionne plus du tout. »

« …soit un fou, soit un économiste »

Affiche du festival des utopies concrètes, 2014.Affiche du festival des utopies concrètes, 2014.

L’association Attac, creuset de l’altermondialisme à la fin des années 1990 et fer de lance aujourd’hui contre les politiques d’austérité, réfute désormais l’objectif de croissance économique et plaide pour « la décroissance sélective », comme l’a expliqué son président Thomas Coutrot sur le siteReporterre « On ne peut pas découpler la croissance économique de la progression des émissions de gaz à effet de serre, donc il faut y renoncer. Intellectuellement, c’est l’argument décisif. »

Plus de 2 000 personnes ont participé à son université d’été européenne en août, bien plus que les années précédentes. Une centaine d’entre elles ont participé tous les jours au séminaire sur les « mobilisations dans l’anthropocène », et celui consacré aux alternatives locales concrètes a fait le plein.

Les 20 et 21 septembre, doit se tenir un village des alternatives à Gonesse, en région parisienne, dans le cadre de la mobilisation des Alternatiba, à l’appel de l’association basque de justice climatique Bizi. Les 27 et 28, ce sera la nouvelle édition du festival des utopies concrètes. La journaliste Marie-Monique Robin s’apprête à publier Sacrée Croissance, un livre et un film sur la myriade d’alternatives au système productiviste. Et les conférences de Pierre Rabhi restent très courues, en faisant l’un des penseurs les plus influents pour les « objecteurs de croissance »

Plus de quarante ans après la parution du rapport Meadows « Halte à la croissance » dit du Club de Rome, la critique de la croissance évolue. Elle s’enrichit des expériences latino-américaines de remise en cause de la notion de développement autour du « buen vivir », de la reconnaissance de la Pachamama (la « Terre mère ») et des droits de la nature, mais aussi de la créativité du mouvement des Communs, notamment en Allemagne, et des recherches autour de la « post-croissance », notamment en Grande-Bretagne et au Canada.

Dans son livre sur le Buen vivir traduit au printemps par les éditions Utopia, Alberto Acosta, ancien président de l’assemblée constituante équatorienne, en rupture depuis avec le président Rafael Correa, cite une blague attribuée à l’économiste Kenneth Boulding : « Toute personne estimant que la croissance exponentielle peut durer éternellement dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. »

Pour Mathieu Calame, directeur de la fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme (FPH), qui soutient la conférence de Leipzig, « le premier pas fondamental, c’est qu’une masse de gens à l’intérieur des partis politiques réalisent que ce qui était considéré comme une réalité moquée est probablement l’un des seuls endroits où il y a de la créativité. Les collectivités locales s’y intéressent de plus en plus. La montée en généralité de ces alternatives passent par elles. »

 

 

Nouveau souffle militant, renouvellement intellectuel, opportunité historique : la galaxie décroissante a le vent en poupe. Mais pour défendre quelles revendications ? Autour de quel(s) programmes concrets de réformes ? Autrement dit, où est le plan B ? Chercheur et militant à Attac, Nicolas Haeringer circonscrit le cadre de cette réflexion : « Les discours généraux sur la décroissance et les communs sont bien rodés, l’enjeu aujourd’hui est de reconnecter toutes ces pensées et de les concrétiser. Sortir de l’écueil du narcissisme de nos alternatives que l’on voit parfois plus belles qu’elles ne le sont. Il nous faut être plus sérieux, plus pratique, plus articulé : comment créée-t-on des emplois sans croissance ? Combien de litres de pétrole peut-on au maximum se permettre de sortir de terre pour faire fonctionner les secteurs prioritaires comme les hôpitaux ? »

Pour monter en sérieux et en crédibilité, les athées de la croissance sont attendus sur le terrain de la mise en œuvre de leurs idées. « Pour construire les alternatives, il faut converger », analyse Nicolas Krausz, de la FPH. À ses yeux, le « commoning », ou l’art d’œuvrer en commun sans État ni recours au marché (voir ici sur le livre de Pierre Dardot et Christian Laval : Commun), produit déjà des expériences : les jardins partagés, Wikipédia, les « accorderies » (système d’échange de services bénévoles), les monnaies locales…

Mais d’essentielles questions politiques restent ouvertes, comme celles des conditions d’accès aux services en commun et de leur rôle dans la réduction des inégalités.

Sous l’appellation décroissance, post-croissance ou transition, les expériences varient en radicalité et en reproductibilité mais elles partagent une approche en deux temps et à deux échelles : inscription locale et ambition globale, empirisme et idéalisme. On parle alors de « politique préfigurative » : nourris d’utopies, ces collectifs veulent faire advenir à leur niveau – aussi modeste soit-il – le système alternatif dont ils rêvent : participatif, horizontal, autonome, non violent, non marchand, convivial.

« Un Keynes ou un Tocqueville de l’éco-socialisme »

Schéma de transition vers la société des communs, selon Michel Bauwens.Schéma de transition vers la société des communs, selon Michel Bauwens.

Que serait une politique des communs à l’échelle d’une région, ou d’un État ? Comment créer des emplois sans croissance du PIB ? « La social-démocratie a eu Keynes, L’éco-socialisme n’a pas produit sa théorie macroéconomique et de gouvernance, résume Mathieu Calame, directeur de la FPH.En tant que fondation, nous souhaitons contribuer à faire émerger un Keynes ou un Tocqueville de l’éco-socialisme. »  

Parmi les penseurs au travail de cette refondation théorique, on trouve l’économiste Tim Jackson, qui défend l’idée d’une « prospérité sans croissance », fondée sur la limitation des besoins matériels et la reconnaissance de « capabilités d’épanouissement » garanties aux individus : être convenablement nourri, logé, chauffé, éduqué,… Il tente aujourd’hui d’élaborer une nouvelle théorie économique globale, écologiste, opérationnelle en absence de croissance, qui pense différemment la fiscalité et le temps de travail.

Il est rejoint dans cette aventure intellectuelle par Peter Victor, de l’Institut de la nouvelle pensée économique, par la New Economic foundation, think tank britannique, ou encore l’Institut de recherche pour une Europe soutenable (SERI) en Autriche. Souvent cité dans les études numériques, Michel Bauwens, théoricien entre autres du peer-to-peer, élabore quant à lui un plan de transition vers une société des communs, à partir de la situation de l’Équateur : le « FLOK » (« Free, Libre, Open Knowledge »). Il est en ligne en version participative. Il présente le grand avantage de conceptualiser des scénarios de transition qui embrassent transformations économiques, écologiques et démocratiques. Selon André Reichel, « c’est un enjeu de civilisation. Nous voulons repenser la société et ramener l’économie à sa juste place, alors qu’elle est trop centrale aujourd’hui ».

Derrière l’étiquette de « décroissance » prospère un bouillonnement intellectuel et activiste plus divers et plus subtil que pourrait le laisser penser une compréhension superficielle de la portée de ce « mot obus » : pour la plupart de ces mouvements, l’absence de croissance n’est pas un objectif idéologique, mais une caractéristique nouvelle qu’il faut accepter pour refonder un projet de transformation sociale et démocratique. Selon cette vision, la croissance n’est pas seulement un leurre statistique, c’est aussi un facteur de blocage intellectuel, un cadenas d’imaginaires.

 JADE LINDGAARD - mediapart.fr

Cécile Duflot juge « inouï » l’abandon de l’encadrement des loyers par Manuel Valls

Cette promesse de campagne de François Hollande ne sera finalement appliquée qu’à Paris, « à titre expérimental ».

Cécile Duflot lorsqu'elle était encore ministre du Logement, en mars 2014.
Cécile Duflot lorsqu’elle était encore ministre du Logement, en mars 2014. (ISA HARSIN / SIPA)

C’était l’un des engagements de campagne de François Hollande et l’une desmesures phares de la loi Duflot : l’encadrement des loyers sera désormais « limité à Paris » et réalisé « à titre expérimental », comme l’a révélé Manuels Valls, vendredi 29 août, lors de la présentation d’un plan destiné à relancer le secteur immobilier.L’encadrement des loyers « a été voté par l’unanimité de la majorité et le Premier ministre tout seul annonce son abandon, c’est inouï ! », a réagi l’ancienne ministre du Logement, Cécile Duflot quelques heures après les annonces du Premier ministre. Elle juge la méthode « antidémocratique ».

« Ce n’est pas ma loi, c’est la loi de la majorité, c’est la traduction de l’engagement numéro 22 de François Hollande », a-t-elle ajouté. Selon la députée Europe Ecologie-Les Verts, il s’agit d’un « cadeau fait aux lobbies »« On a cédé à une opération de communication et d’intoxication en oubliant des centaines de milliers, voire des millions, de personnes qui souffrent de la crise du logement », a poursuivi Cécile Dulfot, qui estime qu’« on avait les moyens d’agir ».

 

(FRANCE 2)

 

Un tacle à Cécile Duflot ?

Alors qu’il dévoilait une batterie de mesures chocs visant à relancer la construction immobilière, Manuel Valls a expliqué au sujet de l’encadrement des loyers : « Nous avons assez de recul pour juger des difficultés de sa mise en œuvre », affirmant que« les conditions techniques ne seront pas réunies avant des mois, voire des années »pour une application à plus grande échelle.

Au passage, Manuel Valls a précisé que le dispositif Duflot, du nom de l’ancienne ministre du Logement, portera désormais celui de Sylvia Pinel, actuelle titulaire du portefeuille. Du côté d’EELV, certains y voit bel et bien une attaque personnelle du Premier ministre contre CécileDuflot. Les deux politiques entretiennent des relations extrêmement tendues et ce, déjà du temps où ils évoluaient au sein de la même équipe gouvernementale.

Les écologistes s’insurgent, mais pas uniquement

Sur les réseaux sociaux, de nombreux responsables d’Europe Ecologie-Les Verts ont condamné ce quasi abandon de l’encadrement des loyers, une des mesures emblématiques de la loi Alur. Parmi eux, la secrétaire nationale du parti Emmanuelle Cosse, invitée à l’université du PS, estime que « limiter l’encadrement des loyers revient à enterrer une mesure de justice sociale votée par toute la gauche ».

Les écologistes ne sont pas les seuls à réagir sur le demi-tour annoncé par le Premier ministre. « La loi Duflot était un engagement de campagne de François Hollande, c’est donc le président de la République que Valls désavoue », affirme le député UMP Eric Ciotti. Tout comme l’élu socialiste frondeur, Daniel Goldberg.

francetvinfo.fr

35 heures, seuils sociaux, impôts : ce qu’Emmanuel Macron en pensait avant sa nomination

François Hollande raccompagne Emmanuel Macron et Michel Sapin à  la sortie du premier conseil des ministres du gouvernement "Valls 2".
François Hollande raccompagne Emmanuel Macron et Michel Sapin à la sortie du premier conseil des ministres du gouvernement « Valls 2″. | MARLENE AWAAD /IP3 PRESS POUR LE MONDE

Dans un entretien au Point accordé lundi avant sa nomination, Emmanuel Macron, désormais ministre de l’économie, se dit favorable au fait d’autoriser« les entreprises et les branches à déroger » aux 35 heures en cas d’accords entre les directions de ces dernières et les organisations syndicales.

Cette prise de position a obligé Matignon, jeudi 28 août, à assurer que le gouvernement « n’a pas l’intention de revenir sur la durée légale du travail à 35 heures ». Une telle modification relèverait « de discussions entre partenaires sociaux » que l’exécutif « respectera ».

M. Macron, qui estime que la France souffre « de deux problèmes spécifiques et endémiques : notre compétitivité, particulièrement dégradée, et notre déficit budgétaire », aborde plusieurs sujets sensibles, contredisant parfois la ligne défendue par le gouvernement.

Etienne Gernelle, directeur de la rédaction du Point, rappelle qu’Emmanuel Macron s’exprime là « à titre personnel », « librement ». 

  • Déroger aux 35 heures

Dans cette interview, M. Macron explique :

« Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? »

Selon l’ancien banquier d’affaires, une telle évolution permettrait de « sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas ». 

Depuis leur mise en place par Martine Aubry et Lionel Jospin en 1999, les 35 heures n’ont cessé d’être remises en cause, à droite mais aussi à gauche, notamment par Ségolène Royal en 2006 et François Hollande.

Après la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, l’actuel président de la République avait pris ses distances, préconisant de « réfléchir sur la durée du travail sur toute la vie ».

Manuel Valls, l’actuel premier ministre, avait lui aussi préconisé en 2011, pendant la primaire socialiste, de « déverrouiller » ce dispositif. Pourtant, depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir, le sujet, politiquement très sensible, n’était plus à l’ordre du jour. Ce dont convient M. Macron : une telle réforme « est difficile à expliquer, à porter, spécialement quand on est de gauche ».

 

  •  Rehausser les seuils sociaux

Pour Emmanuel Macron, « c’est le moment de passer à l’étape 2 de la modernisation du marché du travail ». Pour cela, le nouveau ministre de l’économie estime que « rehausser et simplifier les seuils sociaux permettrait delever un obstacle traumatisant pour beaucoup de petits patrons sans pour autant changer la vie des salariés ».

Sur ce point, les propos de M. Macron ne vont pas à contre-courant de la ligne du gouvernement. Dans une interview accordée au Monde, le mercredi 20 août, François Hollande avait déjà parlé de revoir les seuils sociaux : « Chacun doitadmettre la nécessité de lever un certain nombre de verrous et de réduire les effets de seuil. »

 

  • Sur les impôts : « C’était trop »

Pour Emmanuel Macron, « il est clair que dans notre pays, qui a besoin d’investissements, la structure et le niveau de fiscalité ne sont plus adaptés ».

L’ancien conseiller économique du président François Hollande, artisan du pacte de responsabilité, reconnaît sa part de responsabilité.  « La clé de la relance, en France, est de libérer les énergies pour créer de l’activité », ajoute-t-il dans son interview au Point.

« Pour tenir les engagements budgétaires à un moment où la zone euro était en extrême danger, il fallait augmenter les impôts. Simplement cela a été fait alors que nos prédécesseurs avaient eux-mêmes décidé plus de 30 milliards de hausses d’impôt en fin de mandat (…). L’exécutif n’avait certes pas beaucoup d’options à l’été 2012, mais c’était trop. »

  • Pas de nouvelles économies

Interrogé sur la maîtrise des dépenses publiques, qu’il juge « indispensable », M. Macron préconise de ne pas « aller plus loin qu’une baisse de 50 milliards en trois ans, parce que cela poserait un problème d’exécution et alimenterait le risque déflationniste ».

Il préconise avant tout la réduction des dépenses pour rééquilibrer le budget public. « On maîtrise les dépenses mais beaucoup moins les recettes et la croissance économique », à moins de jouer sur une fiscalité « qui a trop augmenté ».

lemonde.fr

Lordon : Le capital est une tyrannie sucrée à la consommation

Classé dans: Actualités

En ces temps où Mermet nous a été supprimé, nous avons plus de temps pour faire autre chose. Ainsi j’ai plus de temps pour lire Le Monde diplomatique (1). En une un article de Frédéric Lordon La gauche ne peut pas mourrir. Je vais aussitôt voir sur son blog, ben non l’article n’est qu’imprimé cette fois et donc dans son entiéreté (2).

Je vais ici tenter de résumer par des citations son développement de 4 colonnes larges du Monde diplo. Les phrases ou groupes de mots en gras sont en italitique sur le papier original.

La première idée et qui tend tout son article est : Egalité et démocratie vraie voilà ce qu’est la gauche.

(…) égalité et démocratie vraie ne peuvent être réalisées quand la société est abandonnée à l’emprise sans limite du capital – compris aussi bien comme logique sociale que comme groupe d’intérêt.

Aucune limite n’entre dans son (le capital, ndlr) concept – ce qui signifie que les seules bornes qu’il est susceptible de connaitre lui viendront du dehors : sous la forme de la nature épuisée ou de l’opposition politique.

Or il (le capital, ndlr) est d’une puissance de poursuivre indéfiniment son élan affirmatif tant qu’elle ne rencontre pas une puissance plus forte et opposée qui la détermine au contraire – et la tient à la mesure.

La gauche, c’est une situation par rapport au capital. Etre de gauche, c’est se situer d’une certaine manière vis-à-vis du capital. Et plus exactement d’une manière qui, ayant posé l’idée d’égalité et de démocratie vraie, ayant reconnu que le capital est une tyrannie potentielle et que l’idée n’a aucune chance d’y prendre quelque réalité, en tire la conséquence que sa politique consiste en le refus de la souveraineté du capital. Ne pas laisser le capitalrégner, voilà ce qu’est être de gauche.

Ensuite il démontre qu’il fallait en effet sauver les banques en 2009 (pour les tirer du gouffre et nous avec), mais avec une contrepartie. Là est la faute.

Il cite ce page du Manifeste du Parti communiste de Marx :

le bouleversement continuel de la production, l’ébranlement interrompu de toutes les catégories sociales, l’insécurité et le mouvement éternels distinguent l’époque bourgeoise de toutes celles qui l’ont précédée

Puis reprend la définition de Joseph Schumpeter du capitalisme :destruction créatrice.

(…) les capitalistes voudraient pouvoir se livrer tout entiers à leur passion « créatrice » sans qu’on vienne les ramener à ses conséquences destructrices, et vivre en paix leur désir de « faire » (c’est à dire d’exploiter).

(…) le capital est intégralement comptable des destructions qu’entrainent ses « créations ».

 Ici il énumère quels effets du jeu capitaliste sur les entreprises, le chômage, la précarité… toutes conséquences de ses destructions qu’il devrait assumer entièrement et devraient être à sa charge. Le capital s’adonne ? Le capital paye ses dégâts. (…) indemnisation des chômeurs, des précaires, compensation des baisses de revenu, réparation des flexibilisations, des précarités et des rythmes de vie brisés.

Il affirme que le pacte de responsabilité doit être ça : responsabilité assumé par le capital. Puis il revient à sa définition qu’être de gauche :

Le rapport au capital qui signe la situation caractéristique de la gauche est donc un rapport politique, un rapport qui conteste un règne et affirme une souveraineté, celle de la multitude non capitaliste, contre une autre, celle de la « profitation » – pour reprendre l’expression des grévistes guadeloupéens lors de leur mouvement de 2009.

Il continue en envisageant l’abolition du règne du capital. par nationalisation-saisie (…) par mutation sous l’espèce d’un système socialisé du crédit.

Puis il développe dans quelle échelle cela doit se faire. Au plan international ou au plan national. Il défend l’idée que cela doit être au plan national par la commodité simple que tous parlons la même langue et que cette compréhension est indispensable pour lutter ensemble sur des buts communs. Il en donne des exemples (CIP-IDF et immigrés de multiples langues et pays). Et en profite pour dénoncer les intellectuels éclairés qui réclament l’internationalisme car eux parlent d’autres langues, capacités non partagés par tous les immigrés ni tous les travailleurs…

Et donc c’est dans l’espace national que les luttes doivent prendre corps et s’organiser pour plus tard servir d’exemple et des ralliements plus vastes…

et il conclut :

Elle (la gauche, ndlr) n’a que deux siècles, elle est de prime jeunesse, le cours des choses ne cesse de lui donner raison, le scandale du temps présent l’appelle impérieusement. L’avenir lui appartient.

__________

NB – le titre du présent billet est tiré de la phrase de Lordon : le capital (…) une tyrannie, douce sans doute, sucrée à la consommation et au divertissement…

Grâce à une information de Danyves voici le PDF d’une interview de Lordon http://www.les-crises.fr/documents/2012/l-ecroulement-d-un-monde-lordon.pdf qu’il propose

(1) qu’a-t-il d’ailleurs de diplomatique ce monde là ?

(2) habituellement une version entière sur son blog du même éditeur, un résumé sur le Monde diplomatique imprimé.

Annie Stasse – mediapart.fr

Le point de bascule

 

Le moment est politiquement et donc historiquement majeur.

Avec la dissolution du gouvernement Valls pour se mieux se séparer d’Arnaud Montebourg, de Benoît Hamon et d’Aurélie Filippetti, c’est la gauche qui en sortira forcément transformée.

Au-delà du déroulé de l’épisode lui-même et du fondement politique des désaccords, c’est un changement majeur qui commence, peut-être l’émergence dans le réel d’un simple slogan de communication de campagne « Le Changement c’est maintenant ».

Car le point de bascule a été atteint.

Un retour vers le passé est désormais exclu, le paysage étant forcément différent après un séisme. La situation dépasse en ce sens, les acteurs ex-ministériels qui ne sont que les catalyseurs d’une crise ancienne de la gauche mais aussi de l’ensemble du paysage politique français.

Crise politique mais donc aussi crise de régime, car la situation entraine une crise de la Vème République qui montre son épuisement à représenter le peuple qui ne s’y reconnait plus.

On retrouve cette analyse de la nécessité d’un changement de régime pour une VIème République depuis longtemps chez Montebourg et Hamon. La présence au sein d’un exécutif isolé et isolant, a joué un rôle probable dans le déclenchement de la crise gouvernementale.

Si François Mitterrand avait su se fondre dans les institutions gaullistes pourtant pourfendues dans « le coup d’Etat permanent », il avait toujours su sentir l’évolution de la situation politique pour en garder la maitrise et préserver les chances électorales de son camp. Ce n’est plus le cas avec François Hollande qui a rompu même avec le simple instinct de survie politique. Si le bilan des années Mitterrand est très discutable et discuté encore aujourd’hui, on ne peut le lire comme une simple soumission aux forces dominantes de l’argent et des pouvoirs. Les années Mitterrand, même celles de l’ouverture menée par le 1er Ministre social-démocrate Rocard garde un bilan contrasté entre des renoncements mais aussi des conquêtes, imparfaites mais s’inscrivant tout de même dans le mouvement du progrès social et donc du patrimoine politique de la gauche. Les années Jospin poursuivront cet héritage complexe avec les 35h, qui bien que critiquables sur leur mise en oeuvre, restent l’un des derniers progrès sociaux mis en oeuvre en France.

François Hollande et Manuel Valls rompent avec une forme d’équilibre social-démocrate fait d’avancées imparfaites et de compromis défensifs. Le renoncement sur la pénibilité dans la loi sur les retraites réduit celle-ci à une nature unique, celle d’une dégradation sociale. La logique économique de l’offre et la politique budgétaire de rigueur qui en découle, sont moulées dans le libéralisme le plus classique. Même les réformes de société comme le mariage pour tous ont été mal portées pour finir occultées par la capitulation de la loi sur la famille.

Le sentiment de trahison politique alimenté de plus par les scandales d’Etat de droite comme de gauche pousse les électeurs à céder progressivement aux sirènes de l’extrême-droite. Marine Le Pen comme ou avec Dieudonné et Soral prospèrent sur le même terreau de la décomposition de la parole politique. Le « tous pourris » s’installe et ouvre la scène à des expériences funestes, improbables hier et possibles aujourd’hui. La brèche ouverte volontairement ou non par la crise gouvernementale, va accélérer formidablement la situation.

Déjà certains médias se font le relai d’un scénario catastrophe pour mieux poursuivre une politique suicidaire économiquement, socialement et politiquement.

http://www.slate.fr/story/91397/arnaud-montebourg-attitude-irresponsable

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1234487-montebourg-hamon-et-filippetti-se-rebellent-la-mort-de-la-gauche-est-proche.html

La lecture des évènements décrite dans ces articles n’est ni politique sur l’enjeu des désaccords mais se contente d’affoler d’un potentiel chaos si le Titanic dévie sa route droite vers l’iceberg.

Il faut reconnaitre plus de hauteur de vue à Manuel Valls qui en pronostiquant une potentielle mort de la gauche, montre qu’il a compris que se joue là un changement majeur qui dessinera le nouveau paysage politique français.

En effet, si le point de bascule a été dépassé entrainant dans son poids tout l’échiquier politique français, personne ne peut prédire la point de chute. « L’important ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage » prophétisait le film « la haine » dans les années 90.

Si la chute peut être rapide et s’accélérer, l’atterrissage peut être violent si cette crise ne débouche pas sur une alternative concrète et rapide, rassemblant tous ceux qui pensent qu’il faut corriger d’urgence la trajectoire pour éviter un crash politique de grande ampleur. Les uns et les autres, malgré leurs désaccords passés doivent converger rapidement pour ouvrir un autre horizon que le déclin collectif et la haine des autres.

Le blog de Patrice Garo – mediapart.fr

 

 

 

TOUS LES COMMENTAIRES

26/08/2014, 00:45 | PAR JEREMY BALAN

Parfaite analyse de la situation et pleine de bon sens. Les uns et les autres, malgré leurs désaccords passés doivent converger rapidement pour ouvrir un autre horizon que le déclin collectif et la haine des autres. Espérons qu’ils vous entende, j’ai bien peur que notre cher président s’entête et ne se dise pas qu’il faut, maintenant qu’il a fait le saut, choisir de nouveaux alliés, sinon c’est l’immobilisme jusqu’à la fin du quinquennat.

26/08/2014, 12:32 | PAR CHOPAS

Il est trop tard pour le PS, mais ceux qui dans ce parti sont des socialistes sincères peuvent encore contribuer de façon décisive à l’éclatement de l’abcès et à l’impulsion d’une dynamique nouvelle en quittant les rangs de la majorité et en rejoignant, sous leur propre bannière s’ils le souhaitent, le mouvement populaire pour une 6ème république qui est en train de germer.

26/08/2014, 12:48 | PAR PATOUNE

Depuis ses premiers reniements – et on les a perçus très rapidement – je me suis posée la question : que sert Hollande ? Pour qui court-il ? Déjà pour lui-même, a-t-il peut-être l’objectif de faire des conférences grassement payées. Pour son clan, son petit groupe, Sapin qu’il a connu à l’ENA incarne cette fidélité. La biographie de Serge Raffy sur François Hollande nous en apprend beaucoup sur son goût de l’amitié, sa fidélité aux potaches, son besoin sans doute d’être rassuré (traumatisme du père) par un cercle très étroit. Court-il pour des puissances internationales (lesquelles?), la France et les Français n’étant qu’une monnaie d’échange ? C’était évident pour Sarkozy, pour Hollande c’est plus flou. En revanche, bien que secrétaire général du PS, je ne le sens plus au service du peuple de gauche

26/08/2014, 14:21 | PAR ANNIE LASORNE

INFO LIBE… Selon un document consulté par Libération, l’Elysée et Matignon ont demandé à leurs ministres de réfléchir à cette solution qui rapporterait 15 milliards d’euros. Matignon assure qu’elle n’est pas «à l’ordre du jour», sans démentir.

Et maintenant, une hausse de TVA? Selon nos informations, le gouvernement réfléchirait à cette solution pour combler le manque à gagner dans les caisses de l’Etat pour cause de croissance atone. D’après un des échanges entre les services de Matignon et plusieurs ministères, que Libération a pu consulter, François Hollande et Manuel Valls ont ainsi demandé à Bercy d’«explorer» cette piste d’une augmentation du «taux normal» de TVA (celui à 20%, pour la majorité des biens et des services – hors biens de nécessité). L’objectif: récupérer 15 milliards d’euros pour les «partager entre soutien à l’investissement et [la] réduction du déficit».

Cette question, discutée entre le chef de l’Etat et son Premier ministre lors de leur tête-à-tête au Fort de Brégançon le 15 août, était ainsi à l’ordre du jour d’une réunion non inscrite à l’agenda officiel — qui a eu lieu le 19 août — entre le couple exécutif, Michel Sapin (Finances), Arnaud Montebourg (Economie), Christian Eckert (Budget), Marisol Touraine (Affaires sociales) et François Rebsamen (Travail).

Dans ce même document, les services du Premier ministre insistent sur la«nécessité de faire davantage en reformes structurelles». Sur le logement par exemple, il est écrit explicitement que les «mesures» de la loi Alur de Cécile Duflot ne seront «pas» appliquées.

Au chapitre «croissance et pouvoir d’achat», le gouvernement envisage donc de libéraliser le travail du dimanche et compte s’attaquer à «certaines mesures [sur le] marché du travail». Aller plus loin que la loi «sur la sécurisation de l’emploi»votée en 2013. L’exécutif demande par ailleurs d’agir «au maximum» par voie d’ordonnance.

Quant à la trajectoire budgétaire 2014-2015, l’exécutif affiche tout de même une «volonté claire» de ne pas baisser davantage les dépenses «au-delà des 50 milliards d’euros» déjà prévus et s’interroge clairement sur l’«utilité» et le«caractère absolument obligé» de «la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques».

Le Président de la République demande également aux services de Bercy «une évaluation» du crédit impôt compétitivité emploi et veut savoir «pourquoi seulement 4 milliards d’euros [ont été] versés à ce jour» sur les 10 milliards prévus.

Matignon a réagi vers 13 heures en assurant qu’une hausse du taux normal de la TVA n’était «pas à l’ordre du jour», sans l’écarter à terme. «Par définition, les services de Bercy étudient toutes les pistes possibles. Celle-ci n’est pas à l’ordre du jour.» Sur les autres mesures concernées, Matignon ne s’est pas exprimé dans l’immédiat, en soulignant que «l’heure (était) à la composition du gouvernement».

Lilian ALEMAGNA

Les lendemains qui chantent… Cool

26/08/2014, 14:13 | PAR MYRTILLE C

Aux commandes d’un Tupolev, quand le point de bascule est atteint, ça fait quelques minutes que c’est trop tard. L’inertie des grosses machines ne permet pas qu’on corrige un faute de pilotage, à vue. Il faut anticiper.

Là, ça sent le crash !

Ça sent le roussi.

Les « il faut », « on doit » ne sont plus à l’ordre du jour. Dans votre texte, j’aurais bien mis « il fallait », « on devait ».

Il est temps de dégotter les clefs de l’autopompe !

26/08/2014, 14:19 | PAR ANNIE LASORNE

suite… A propos de la TVA.

http://www.20minutes.fr/economie/1430503-20140820-pauvres-devraient-payer-impot-revenu

20/08/2014 Les «pauvres» ne paient pas d’impôt sur le revenu, vraiment ? 

26/08/2014, 15:44 | PAR STÉPHANE TABOURET EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ANNIE LASORNE LE 26/08/2014 À 14:19

Et les pauvres payent beaucoup plus de TVA, en valeur relative, que les riches car leur ratio épargne / consommation est proche de 0 alors que pour les riches, le même ratio tend vers 1, voire 2 voire plus pour les très gros patrimoines, étant rappelé que la TVA est la 1ère source de financement de l’Etat.

26/8/2014, 16:55 | PAR ROARINGRIRI

Si j’avais touché cent balles, à chaque fois que j’ai entendu, « rien ne sera plus comme avant »,  je serai peut-être le patron de Médiapart.
Il est bizarre, de dire que la gauche n’est pas à gauche, et que tout d’un coup, elle ne l’est plus, suite à un jeu de chaises musicales.
Je concois bien que des gens, qui aiment commenter la geste des politiciens,  aient envie de dire des trucs décisifs,  pour commenter leurs divorces ou leurs alliances, mais la politique « se faisant à la corbeille » et pas à Matignon, , ce genre de trucs, c’est de l’actualité, du spectacle, des licenciements de bureaucrates, mais pas du tout un « évènement ».
Ce « gouvernement », n’en était pas un, le suivant, n’en sera pas d’avantage un.
Ce qui compte, c’est ce que disent le Medef, les banques ou les multinationales, et pas la composition de leurs équipes de larbins.
Ni soulagement, ni angoisse supplémentaire, on sait très bien que le Capitalisme de Prédation ne nous lâchera pas les mollets, et que ce n’est pas un « gouvernement », qui fera ce que nous devons faire, pour lui casser les dents, et nous en débarrasser

 

 

 

Mélenchon: après la gauche, Hollande « réussit à diviser son gouvernement »

MELENCHON
 

GAUCHE – Jean-Luc Mélenchon a estimé dimanche 24 août à Grenoble que les appels de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg à changer de politique montraient que François Hollande avait « réussi à diviser son gouvernement » après avoir divisé la gauche.

« Voici maintenant deux ministres, et non des moindres, qui vont se réunir cet après-midi (dimanche, ndlr) pour tailler en pièce la politique du gouvernement auquel ils participent », a lancé l’ancien candidat à la présidentielle, dans son discours de clôture de l’université du Parti de gauche (PG).

Hollande « a donc divisé la gauche, divisé sa majorité. Et maintenant, voici qu’il aura réussi à diviser son gouvernement! », a-t-il lancé.

Reprenant les propos tenus par le ministre de l’Économie dans Le Monde, Mélenchon a estimé qu’Arnaud Montebourg accusait « la politique du Premier ministre, du gouvernement dont il est membre, d’aggraver le chômage, d’être une absurdité financière, de rendre impossible le redressement des comptes publics de jeter les Français dans les bras des extrémistes ».

« Et il qualifie la politique du président de la République de sinistre politique. Mais qu’est-ce que vous voulez que j’ajoute à ça, moi? », a-t-il ironisé, sous les rires et les applaudissements.

Le ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon a affirmé dimanche dans Le Parisien que son collègue Arnaud Montebourg et lui-même ne sont « pas loin des frondeurs » du PS qui contestent la politique économique de l’exécutif.

Après Montebourg qui a critiqué dans Le Monde la politique de rigueur, Hamon a fait à son tour entendre ses critiques contre les choix budgétaires du président François Hollande et de son Premier ministre Manuel Valls.

 

Après l’échec du Front de gauche aux européennes, Jean-Luc Mélenchon a multiplié les appels du pied aux écologistes et espère «fédérer le peuple» autour de son projet de VIe République «progressiste et parlementaire».

«Non, je ne suis pas en retraite», a prévenu d’emblée le député européen, dans son discours de clôture des «Remue-méninges», l’université d’été du Parti de gauche (PG) qui se tenait depuis jeudi à Grenoble.

Vendredi, M. Mélenchon, 63 ans, avait démissionné de la coprésidence du PG tout en assurant continuer le «combat» politique pour la VIe République.

Depuis lors, l’ancien ministre de Lionel Jospin a montré qu’il n’avait rien perdu de son mordant, en ne cessant de taper sur ses anciens camarades socialistes et sur François Hollande en particulier.

Il a qualifié le locataire de l’Elysée de «fossoyeur», «pire» que Sarkozy, qui a «réussi à diviser son gouvernement» après avoir divisé la gauche et divisé sa majorité. Les députés frondeurs du PS manquent de courage et «confondent l’Assemblée nationale avec le congrès du PS», a-t-il taclé.

M. Mélenchon a ironisé sur les propos du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, ce «tireur dans le dos», qui «qualifie la politique du président de la République de sinistre politique». «Mais qu’est-ce que vous voulez que j’ajoute à ça, moi?», a lancé M. Mélenchon, sous les rires et les applaudissements.

- ‘Bataille révolutionnaire’ -

L’ancien candidat à la présidentielle affirme avoir tiré les leçons de l’échec du Front de gauche, qui n’avait récolté que 6,33% des voix aux dernières européennes.

S’il n’a pas digéré que les communistes s’allient aux socialistes lors des élections municipales, il assure ne pas vouloir «détruire le Front de gauche: c’est nous qui l’avons créé».

«Mon problème n’est pas de rassembler la gauche, c’est de fédérer le peuple», estime-t-il cependant.

Cela passe par la VIe République, «notre candidat pour 2017», dit-il. Une république «de progrès et de prise de pouvoir par les citoyens», avec référendum révocatoire, interdiction «absolue» du cumul des mandats, fin de la «monarchie présidentielle», décrit M. Mélenchon.

«C’est une bataille révolutionnaire centrale. En 2017, ce ne sera pas une élection, ce sera une insurrection et nous allons y travailler», lâche-t-il.

A cet égard, il a salué l’appel de l’écologiste Eva Joly en faveur d’une «autre primaire à gauche», dans lequel elle plaide en faveur d’une alliance avec le Front de gauche autour d’un «point d’accord fort entre nous : la nécessité de changer les institutions pour une sixième République qui rende le pouvoir aux citoyens».

L’ancienne ministre (EELV) Cécile Duflot «a enlevé la muselière, je la félicite», a-t-il aussi relevé, en se disant prêt à travailler avec «les écologistes en dissidence».

«Mme Duflot est en dissidence mais (le sénateur écologiste, Jean-Vincent) Placé veut s’entendre avec une partie de la droite, il a un autre raisonnement, c’est son droit», a-t-il pointé.

M. Placé lui a renvoyé l’amabilité dans Le Monde, en affirmant que M. Mélenchon «pense qu’il va se mettre au-dessus des partis et faire son De Gaulle mais personne n’y croit. Il essaie juste d’éviter de se cornériser totalement pour 2017».

Jean-Luc Mélenchon érige lui le cas grenoblois en modèle: en mars, une «liste citoyenne» réunissant EELV et le PG y avait battu la municipalité socialiste sortante. «C’est ici à Grenoble, qu’une nouvelle page de la gauche a été ouverte. Un mouvement citoyen puissant s’est levé (…) Voici la glorieuse révolution citoyenne à laquelle j’espère que les Français vont se décider», a-t-il souhaité.

 

Arnaud Montebourg veut convaincre le gouvernement de changer de cap économique

ÉCONOMIE – Avant de célébrer dimanche 24 août la traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, en Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg a accordé vendredi soir une interview au journal Le Monde.

Dans cet entretien, le ministre de l’Économie appelle à « donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l’austérité et à la montée continue du chômage ».

Un discours différent de celui de François Hollande qui, il y a quelques jours, assurait vouloir garder le cap actuel même si « le rythme de la consolidation budgétaire en Europe [devait] être adapté à la situation exceptionnelle que nous traversons ». Ce que soutient notamment le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, dans une interview au Parisien ce samedi.

« Le pas que le président de la République a fait est utile », avance Montebourg qui ne considère cependant pas cela suffisant. « La réduction à marche forcée des déficits est une aberration économique [...], une absurdité financière [...], et un sinistre politique [...]. »

« Je le dirai jusqu’à ce que je n’aie plus de souffle : l’Europe est en train de se mettre dans une impasse à cause de choix de politiques économiques qui s’apparentent à un accident industriel majeur de l’histoire économique contemporaine. »

 
 

« Faire évoluer des politiques qui méritent d’être changées »

Interrogé sur les économies de 50 milliards d’euros en trois ans que le gouvernement s’est engagé à réaliser, le ministre estime qu’elles « doivent être partiellement restituées aux Français pour compenser l’effet récessif qu’elles pourraient générer ».

« Je défends la règle des ‘trois tiers’. J’ai adressé une proposition en ce sens au premier ministre et au président de la République. Un premier tiers de ces économies doit servir à réduire le déficit, [...] un deuxième tiers est déjà affecté au soutien des entreprises, [...] et le dernier tiers doit être consacré aux ménages pour stimuler leur pouvoir d’achat et la croissance. »

 
 

« Pour l’instant, je fais des propositions. Il faudra que le débat progresse », espère Arnaud Montebourg, tout en précisant que s’il échange beaucoup avec Valls, « c’est à lui de décider ». « Mon travail, depuis deux ans, est inlassablement de convaincre… Je n’y parviens pas toujours. Mais je suis à mon poste de combat pour faire évoluer des politiques qui méritent d’être changées. Les choix politiques ne sont pas figés. » Et si le ministre n’évoque pas de « changement de cap » directement, il précise tout de même avoir « exprimé assez clairement » qu’il y a « toujours une alternative.

Face à l’Allemagne, « nous ne pouvons plus nous laisser faire »

Mais c’est avant tout sur l’Europe que le ministre concentre ses frappes, et surtout sur l’Allemagne. Sur la politique menée par Angela Merkel, le ministre de l’Économie juge qu’il est temps de « hausser le ton »: « La France n’a pas vocation à s’aligner sur les axiomes idéologiques de la droite allemande ».

« L’Allemagne est prise au piège de la politique austéritaire qu’elle a imposée à toute l’Europe. [...]Mais nous ne pouvons plus nous laisser faire. Cela signifierait que, même quand les Français votent pour la gauche française, en vérité ils voteraient pour l’application du programme de la droite allemande ! Nous ne pouvons l’accepter. »

 
 

Il voit d’ailleurs dans cette politique « une des raisons pour lesquelles nous avons une poussée du Front national, avec le risque que les Français se détournent de l’Europe ».

« La société est exaspérée. Il faut l’écouter, l’entendre et répondre à ses demandes. Beaucoup de parlementaires le ressentent. Il est grand temps de réagir », conclut-il.

 

http://www.huffingtonpost.fr/

En retrait du Parti du gauche, Mélenchon veut œuvrer « pour la VIe République »

Vendredi 22 août, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il quittait la coprésidence du Parti de gauche, mais assure qu’il va continuer le « combat » politique.

Jean-Luc Mélenchon, le 22 août 2014 à Pau.
Jean-Luc Mélenchon, le 22 août 2014 à Pau. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Jean-Luc Mélenchon a annoncé, vendredi 22 août, qu’il quittait la coprésidence du Parti de gauche. Le député européen assure cependant qu’il va continuer le« combat » politique. « Je vais me mettre à la pointe pour aider à la formation d’un mouvement pour la VIe République », a affirmé l’homme politique, lors d’une conférence de presse. « Nous voulons avoir un candidat en 2017 et notre candidat c’est la VIe République », a-t-il ajouté.

Ce retrait s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation du parti. « Nous nous répartissons les tâches autrement », a-t-il déclaré sans donner d’autres éléments sur la future « restructuration ». Il a aussi insisté sur le fait que son effacement n’était dû ni à « une crise, ni à quoi que ce soit. »

Mélenchon fatigué après ses défaites ? 

Pour France Inter, l’ancien candidat à la présidentielle souhaite aussi limiter ses sorties médiatiques pour « organiser son silence pour mieux faire émerger ses idées »selon l’un de ses proches. Jean-Luc Mélenchon voudrait mettre un terme à son affrontement stérile avec Marine Le Pen et serait fatigué par les nombreuses disputes avec ses alliés communistes.

« Nous ne sommes pas d’accord pour être enterrés avec Hollande », a encore dit Jean-Luc Mélenchon, qui dit vouloir « tirer les leçons de ce qui n’a pas fonctionné aux élections européennes ». L’eurodéputé s’était montré très affecté par le score du FN (près de 24,85%) à ce scrutin alors que le Front de gauche avait récolté 6,33% des votes.

Il n’abandonne pas non plus le Front de gauche, la grande formation créée par le Parti de gauche et le Parti communiste. Il dit qu’il sera « peut-être » présent à la réunion prévue le 6 septembre. « Je ne boude pas, je ne fais pas la tête », insiste-t-il. Et pour souligner le fait qu’il ne s’agit nullement d’un retrait de la vie politique, Jean-Luc Mélenchon ajoute qu’il publiera un livre en novembre, L’Ere du peuple.

Par Francetv info avec AFP

James Foley: pourquoi la vidéo de son exécution a été autant relayée

Classé dans: Actualités, International

TERRORISME – La vidéo montrant l’assassinat brutal du journaliste James Foley par un jihadiste de l’État islamique est apparue mardi soir sur YouTube et a rapidement été partagée sur internet. Le FBI, la police fédérale américaine, a estimé ce mercredi 19 août qu’elle est authentique, selon le GlobalPost, le site internet pour lequel James Foley travaillait. « Le FBI poursuit une procédure plus longue d’authentification officielle », a également indiqué le journal sur son site internet.

Une authentification confirmée par la Maison Blanche. « Les services du renseignement ont analysé la vidéo diffusée récemment montrant les citoyens américains James Foley et Steven Sotloff. Nous sommes arrivés à la conclusion que cette vidéo est authentique », a indiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, dans un communiqué. Le document porte la marque de fabrique des vidéos jihadistes, avec Foley revêtu de la combinaison orange similaire à celle portée par les détenus islamistes dans la prison américaine de Guantanamo.

Une facilité d’accès

Contrairement aux images horribles d’exécutions par les jihadistes durant la guerre en Irak (2003-2011) et celle de Daniel Pearl en 2002 au Pakistan, la vidéo elle-même ou des captures d’écran montrant l’exécution n’ont cessé de circuler toute la journée de mercredi, notamment sur les réseaux sociaux. Une importante propagation qui s’explique en partie par le fait que la vidéo a été postée sur Youtube, plateforme accessible au grand public.
Certains médias ont également relayé la vidéo. Le New York Post et le New York Daily News par exemple ont fait le choix de publier sur leur une, une photo montrant James Foley, le couteau sous la gorge. Une image choc qui a été vivement critiquée à la fois par des journalistes mais aussi par des internautes.

« Absolument dégoûtée de la couverture du New York Post, la chose la plus horrible, la plus irrespectueuse que j’ai jamais vu, je n’achèterai plus jamais ce journal »

A l’inverse, de nombreux médias ont choisi de ne pas relayer la vidéo de l’exécution aux États-Unis comme en France. Montrer ou ne pas montrer un tel acte de barbarie a suscité le débat dans les médias, comme le montrent ces deux tweets de journalistes français (respectivement de France Télévisions et Libération):

Les usagers de Twitter ont de leur côté tenté eux-mêmes d’arrêter la propagation des images en utilisant le hashtag #ISISmediablackout (blackout médiatique contre l’EI) pour enjoindre les internautes à éviter de la publicité pour le groupe et la tentation du voyeurisme.

Un long travail de modération pas toujours efficace

Face à l’horreur de cette vidéo et l’émotion qu’elle a provoquée, les plate-formes de réseaux sociaux, qui mettent normalement en avant la liberté d’expression de leurs abonnés, ont également bien été obligés de se positionner. Mais elles ont bien du mal semble-t-il à modérer ces images.

Chez YouTube, qui a expliqué n’intervenir qu’en cas de signalement par les internautes, au cas par cas, certains liens avaient été supprimés. « La seule chose que la plateforme peut faire, c’est bloquer la vidéo si elle est signalée et qu’elle enfreint le règlement de la communauté », indique-t-on chez YouTube. Pour signaler une vidéo, l’utilisateur doit cliquer sur un drapeau en bas à droite de la fenêtre de lecture.

« Une fois qu’un internaute signale la vidéo, la vidéo va être revue par nos équipes dans le monde entier, qui travaillent 24h/24 sept jours sur sept, et la décision est appliquée rapidement », a-t-on expliqué, sans précision sur le délai moyen de décision entre le signalement et le blocage effectif de la vidéo. La plateforme a refusé de commenter précisément le cas de la vidéo de l’exécution du journaliste, alors que la requête « James Foley » sur YouTube indiquait mercredi après-midi plus de 67.000 résultats.

Certains liens qui montraient la décapitation de James Foley en début d’après-midi renvoyaient désormais au message suivant: « cette vidéo a été supprimée, car elle ne respecte pas les règles de YouTube concernant la violence ». Dans ce cas, la vidéo disparaît automatiquement du référencement dans les recherches. Une journaliste de l’AFP a pu cependant trouver en moins de quinze minutes la vidéo montrant l’exécution dans son intégralité.

Du côté de Twitter, certaines photos et vidéos ont été retirées notamment sur des comptes de militants islamistes. « Nous sommes en train d’identifier et de suspendre les comptes que nous découvrons en lien avec cette vidéo très crue », a ainsi réagi sur Twitter Dick Costolo, le PDG du réseau social.

De nombreuses images de l’exécution de James Foley ont ainsi disparu de Twitter peu après ce message, comme l’a constaté J.M. Berger, un expert des réseaux extrémistes: « Le nombre d’images visibles sur ma principale liste de militants de l’EI a considérablemebt baissé depuis la nuit dernière », a-t-il ainsi dit sur Twitter. « Ce n’est pas parfait, des images continuent de passer, mais c’est déjà pas mal », a-t-il ajouté.

Une nouvelle stratégie des groupes jihadistes

Dans le passé, les groupes jihadistes utilisaient leurs propres médias pour diffuser messages et vidéos mais récemment, des plateformes comme Twitter ou YouTube leur ont permis de bénéficier d’une audience sans précédent. Si leurs comptes sont souvent fermés, ils en créent rapidement d’autres sous des noms différents, ce qui créé d’ailleurs un vrai casse-tête pour les réseaux sociaux.

Cela avait notamment le cas avec le insurgés islamistes somaliens shebab après qu’ils ont diffusé la photo d’un soldat français tué dans une opération de commandos pour libérer l’otage Denis Allex. Si Twitter avait rapidement suspendu leur compte, les islamistes avaient refait leur apparition quelques semaines plus tard sur le réseau social.

James Foley, 40 ans, a couvert la guerre en Libye avant de se rendre en Syrie, où il a travaillé comme pigiste pour le GlobalPost, l’Agence France-Presse et d’autres médias. Mais sur internet, les jihadistes l’ont accusé d’être un espion ou estimé qu’il méritait tout simplement de mourir pour être un Américain non-musulman.

« L’exécution du journaliste américain par l’EI est une stratégie délibérée. En montrant la brutalité dont il est capable, l’EI veut faire peur à ses ennemis », a tweeté Abou Bakr al-Janabi qui se présente lui-même comme un « extrémiste ». « Cela vise à susciter la peur, la terreur et la haine », ajoute-t-il en anglais.

L’État islamique plus moderne qu’Al-Quaïda

Sous le hashtag #AmessageToAmerica », ‘KhalifaMedia’ affirme que « l’EI ne laissera vivant aucun citoyen Américain non musulman dans le monde arabe à cause des frappes du (président Barack) Obama ». Quand les frappes aériennes américaines contre les positions de l’EI ont commencé le 8 août, des centaines de comptes Twitter ont commencé à poster des images destinées à menacer les Américains avec le hashtag #AMessageFromISSItoUS (Un message de l’EI aux Etats-Unis).

Les tweets affichaient des photos de soldats américains en pleurs, des photos des attaques du 11-Septembre et des images terribles de cadavres et de corps démembrés. Des jihadistes ont même utilisé les hashtag #Hawaï ou #Ferguson pour profiter l’attention accordée à l’actualité américaine.

« Le terrorisme est par définition une stratégie de communication », affirme Max Abrahms, professeur de sciences politiques à la Northeastern University (Etats-Unis). Selon lui, la maîtrise des réseaux sociaux par l’EI a dépassé celle Al-Qaïda. Il note que les recrues de l’EI sont souvent des jeunes ayant reçu une éducation occidentale. « Ces Occidentaux ont l’avantage d’être bien exposés aux réseaux sociaux et leur maîtrise de l’anglais aide beaucoup », dit-il.

Pour l’EI, né des cendres d’un groupe irakien affilié à Al-Qaïda, la publication d’images macabres sur le net est devenue une « démonstration de force » et un moyen d’attirer davantage de recrues, selon Max Abrahms. « Si la plupart des gens au monde sont répugnés, cela attire des éléments radicalisés de la société », affirme l’analyste.

 

huffingtonpost.fr

La tribu Rocard à La Nouvelle Eve

Classé dans: Actualités

L’ancien Premier ministre a fêté ses 80 ans lundi dernier à Pigalle, entouré d’un Tout-Paris politique.

« Une soirée que j’aurais détesté rater« , résume le puissant patron d’Euro RSCG, Stéphane Fouks. « Ce ne fut que du bonheur« , souligne la philosophe Sylviane Agacinski, venue avec son époux, Lionel Jospin… Lundi soir, il fallait être à La Nouvelle Eve, à Pigalle, pour fêter les 80 ans de Michel Rocard. Un lieu choisi par Sylvie, sa femme. « J’ai été charmée par cet ancien cabaret de french cancan, je voulais un endroit insolite dans un quartier inhabituel pour un ancien Premier ministre, car Michel peut tout se permettre aujourd’hui. » Les 220 invités se sont pressés autour des petites tables, près de la scène ou au balcon. Au milieu, trônait la table d’honneur, celle des Rocard et des Jospin. Le buffet était parfait, le vin coulait à flots, venu d’Australie. Offert par Pernod Ricard, dont le patron, Pierre Pringuet, officiait au cabinet de Michel Rocard, ministre de l’Agriculture. Les invités ont remis des chèques aux Rocard. Pour aider le chirurgien qui l’a opéré du cerveau en 2007 à Calcutta, après son hémorragie cérébrale, à créer un nouvel hôpital.

La vieillesse peut être un naufrage. Pour Michel Rocard, elle ressemble à un sauvetage. « Michel est heureux dans sa vie« , avoue Manuel Valls, ex-jeune rocardien avec ses potes Fouks et Bauer. Et cette joie de vivre, tous l’ont vérifiée. Parfois médusés lorsque Sylvie Rocard, masquée, en long tutu noir, exécute un petit numéro de danse sur pointes. A la fin du spectacle, son mari monte sur scène pour l’embrasser après lui avoir retiré son loup. Ils sont venus, pour lui, patrons, syndicalistes, anciens ministres de droite comme de gauche. Un mélange de genres revendiqué. « Ce n’était pas une réunion de la secte, mais une réunion de ceux que Michel a aimés », selon le criminologue, aujourd’hui proche de Sarkozy, Alain Bauer. Cet anniversaire, au fond, dessinait les nouvelles cartographies de la gauche, plus brouillées qu’autrefois. Les patrons de L’Obs, Jacques Julliard ou Jean Daniel, qui fêtera ses 90 ans la semaine prochaine, ont failli faire la fête au côté des Juppé. Le chiraquien a eu un empêchement de dernière minute, il avait pris soin dans l’après-midi d’appeler son complice de la Commission du grand emprunt, avec qui il est en train d’écrire un livre.

D’anciens pontes de la CFDT et des patrons du Medef

Ernest-Antoine Seillière, ex-patron des patrons, partage la table de son successeur, Laurence Parisot, et des politologues Jean- Luc Parodi ou Gérard Grunberg. La présidente du Medef a connu Rocard quand elle était patronne de l’Ifop, elle est sous le charme: « Je me sens largement rocardienne dans mon approche des relations sociales. Michel est intrinsèquement humaniste, c’est ce qui me plaît le plus chez lui. » A l’heure du conflit des retraites, Edmond Maire, Jacques Chérèque ou Nicole Notat, tous anciens pontes de la CFDT, ne trouvaient rien à redire à ce compagnonnage, le temps d’une soirée. « Il y avait des rocardiens de gauche, de droite, du centre, des gens qui ont quitté la politique, c’était un rendez-vous de générations, pour l’essentiel celle qui s’est battue contre la guerre d’Algérie », analyse Jacques Julliard, ami de cinquante-cinq ans de Rocard.

Stéphane Hessel fut très applaudi, « Bob » Chapuis était là au nom de feu le PSU, Pierre Rosanvallon, autre figure de la deuxième gauche, si chère à Rocard aussi. Simone et Antoine Veil côtoyaient Martin Hirsch ou des rocardiens historiques, même ceux que l’on croyait brouillés avec le patron, comme Jean-Paul Huchon. Ses enfants, sages polytechniciens, admiraient leur père. « C’était une jolie collection, peu de repris de justice, peu de traîtres, peu de vrais salauds« , s’enthousiasme Stéphane Fouks. Martine Aubry n’était pas là, mais elle avait pris soin d’envoyer une « lettre émouvante » à Rocard, et elle organisera un dîner pour lui, dans quelques jours.

« Michel a été trop gentil avec Mitterrand« 

Moins c’était convenu, plus c’était joli. Une belle famille recomposée. Michel Fugain, l’ami de toujours, a chanté La Forteresse. Françoise Hardy est restée muette. Patrick Bruel avait manifesté le désir d’être présent. Il est venu avec les Carcassonne, très proches des Rocard. Guy Bedos devait monter sur scène. Il y a renoncé, agacé par les reproches de Lionel Jospin, persuadé qu’en 2002 les critiques de l’humoriste ont contribué à l’échec de la gauche. L’acteur Fabrice Luchini, dont Michel Rocard raffole, a fait son numéro sur scène: « On me dit de droite, je suis là avec le peuple de gauche. » Il singe la « fraternité » de Ségolène Royal, la salle rit. Il lance: « L’argent ne fait pas le bonheur, comme dit Alphonse Allais, alors, rendez-le, monsieur Seillière! » Puis ce fut au tour du film, retraçant la vie de Rocard, du PSU à aujourd’hui. Les images d’archives, celles de sa marionnette des Guignols et son « ah na ah » rappellent des souvenirs. Et quand le réel rattrape la fiction, quand le vrai Rocard est encore plus incompréhensible que le faux, tous se marrent, l’impétrant en tête.

Soudain, sur l’écran, François Mitterrand fait l’éloge de Michel Rocard, on est en 1988, le vieux président s’apprête à nommer Premier ministre son ennemi. La salle frémit. « Michel a été trop gentil avec lui, Mitterrand était machiavélique« , entend-on de table en table. Rocard, enfin, seul en scène, sans pupitre, lit son discours, écrit à la main qui retrace « toutes les facettes de sa vie« . Un discours à la Rocard, des passages incompréhensibles et des phrases si bien ciselées. Une tendresse flotte dans l’air quand il évoque ses vieux amis de l’école élémentaire de la rue des Feuillantines. Rocard rend un hommage appuyé à Lionel Jospin, « l’homme du rapprochement des deux gauches« , à Abdou Diouf ou Felipe Gonzalez, à ses ex-proches, Jean-Paul Huchon, « plus longue collaboration entre un ministre et son directeur de cabinet, pas remise en cause par un petit écart » ou Christian Blanc, « dont l’errance actuelle me désespère« . Il est minuit passé, les premiers invités quittent La Nouvelle Eve. Les syndicalistes Nicole Notat et Edmond Maire repartent ensemble, félicités par un « voiturier »improvisé, un homme d’origine maghrébine, pour « tout ce qu’ils ont fait pour les travailleurs« . En sortant, un peu pompettes, les invités se disent tous qu’ils aimeraient « être comme Michel Rocard à 80 ans« .

Cécile Amar et Marie-Christine Tabet – Le Journal du Dimanche

Quelques commentaires :

PTETMAI

Depuis que j’ai appris comment cet homme de gauche a fêté ses 80 ans, je me dis que l’hyporisie est partout et que seul les femmes et les hommes politiques qui ont l’intelligene du coeur méritent de l’estime

Et il n’y en a pas beaucoup

| PAR JACQUES DEPARIS

Deuxième gauche…Surpris  Droite tout court, oui !

Michel Rocard 1er Ministre PS : est l’un des fossoyeurs en chef du programme du Conseil National de la Résistance. Il a été à l’initiative de toutes les atteintes aux régimes de la Sécurité Sociale, des retraites à la couverture maladie.

Denis Kessler et les réformateurs de tous poils lui doivent beaucoup…!