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« Pauvre Alain » : Chirac arbitre le débat entre Hollande et Juppé


Jeudi soir sur France 2, le candidat PS à la présidentielle a affronté le ministre des Affaires étrangères. Rue89 vous transmet l’appréciation d’un spectateur de marque.
Jacques Chirac sort de la réserve que lui impose son appartenance au Conseil constitutionnel. Moins atteint par l’anosognosie que ce qu’on pouvait imaginer, il a accepté d’arbitrer pour Rue89 le débat qui a opposé ce soir son fils préféré, le « meilleur d’entre nous », et le nouvel homme fort de sa Corrèze, pour qui il a déclaré vouloir voter.

Mes très chers compatriotes,

J’ai pour Alain Juppé, vous le savez, estime et affection. Il a toujours été de ces hommes qui savent faire preuve de fidélité et de courage dans l’épreuve. De ces hommes pour qui servir son pays signifie d’abord trouver des solutions aux problèmes des Français, de tous les Français. Il était naturel que ce soit à lui qu’incombe ce soir cette tâche – il est vrai difficile – de représenter une famille politique ne doutant plus de rien et surtout pas d’elle-même.

François Hollande, qui a choisi un autre chemin, n’en est pas moins homme de qualité. Je dirais même : il a l’étoffe d’un homme d’Etat. J’ai eu l’occasion, il y a quelques mois, de lui exprimer mon soutien sur ces belles terres de Corrèze. C’est vous dire si ce soir mon cœur était partagé.

Je vais vous le dire sans détour : la maison UMP brûle. Ce soir, son plus brillant élément, celui qui devait tester la stature présidentielle de François Hollande, s’y est cassé les dents.

« Souriez, Alain, souriez »
Mon pauvre Alain ! On l’attendait pour parler de l’avenir de la France, de l’avenir de l’Europe. Il n’a su montrer qu’un visage réjoui des pièges qu’il s’apprêtait à tendre à son adversaire. Dire « Sarko » pour obliger Hollande, en le reprenant, à prononcer ce nom de Sarkozy qu’il voulait taire, est-ce vraiment du niveau de mon ancien Premier ministre ? Aurait-il dit « Chichi » en public que je lui aurais botté le cul. La fréquentation de ces gens-là lui aura fait oublier jusqu’au respect des titres et des institutions.

J’ai passé vingt ans à lui répéter « souriez, Alain, souriez » mais, voyez-vous, à 66 ans, il persiste à confondre un sourire qui vous rend sympathique et ce rictus autosatisfait. Il n’y arrivera jamais. Pas plus qu’il ne parviendra à justifier ce qu’il fait dans un gouvernement qu’il a eu raison, par le passé, de ne pas ménager. Il aurait marqué des points, ce soir, en prenant ses distances avec cette maladroite affaire du paquet fiscal. Mais il n’a pas voulu saisir cette perche que lui tendait son adversaire.

L’avenir du monde est en jeu et le voilà, dans un salon, qui déclame du Corneille ! « L’obscure clarté », « l’obscure clarté », mais ils vont tous finir par y retourner !

Alain affirme n’avoir rien compris au programme fiscal et budgétaire des socialistes. Je ne vais pas le nier : moi non plus. J’ai cru qu’Alain tenait le bon bout. Carré, professoral, parfaitement ennuyeux : du bon Juppé. Il a même réussi, avec sa malice habituelle, à pousser Hollande à avouer dans quels services publics il continuerait à ne pas remplacer tous les départs à la retraite [tous sauf l'éducation, la justice, l'intérieur, la gendarmerie et Pôle emploi, ndlr]. Juppé allié objectif des futurs grévistes, c’est la meilleure de l’année.

« La TVA sociale, ce truc à emmerdes »
Mais à ma troisième Corona, ça n’a pas loupé : excès de confiance. Mépris. Du mauvais Juppé. Applaudir la solidarité des groupes du CAC 40 envers les PME, ça va bien dans les colloques du baron Seillière. A la télé, ça fait rire tout le monde. Et Hollande peut raconter qu’il a labouré la France, lui, et qu’il écoute les Français.

A force d’aimer les chiffres, Alain oublie les gens. Serrer des mains l’a toujours dégoûté… Or ce garçon n’apprend rien. Je lui avais autrefois expliqué que la TVA sociale serait un truc à emmerdes, voici qu’il s’en fait le chantre.

Chauffé comme en novembre 1995, toujours droit dans ses foutues bottes, « je n’ai pas à rougir de ce que j’ai fait » par ci, « je parlais de votre arrogance, faites attention » par là, mon poulain s’est carbonisé.

Loyal plus que de raison, ça l’a déjà perdu, le voilà qui pour un bon mot admet publiquement que la France ne peut plus discuter avec la Chine. Le voilà qui moque la volonté d’Hollande de parler d’égal à égal avec les Chinois, de grand pays à grand pays ! Croire en la France, défendre sa grandeur, c’est ce qui a toujours contribué à la rendre plus forte, plus prospère ; pas vacillante au moindre éternuement d’une agence de notation.

Mes chers compatriotes, je vais me coucher. Vive la République, vive la France !

Jacques Chirac (p.c.c. Zineb Dryef et Mathieu Deslandes) -Rue89

 

Les médias ont choisi « leur » candidat de gauche : Mélenchon à Besançon aucune chaîne de télévision ne l’a retransmis

Quelques commentaires:

 
Langoureau Gilles · Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts
UNE HONTE POUR LA DÉMOCRATIE !!!! LES MEDIAS AUX ORDRES DU CAPITAL IGNORENT PRATIQUEMENT LES 4500 personnes au meeting du front de Gauche , hier, et les 3800 internautes qui suivirent en direct Jean Luc Mélenchon, lors de cet immense rassemblement. Hollande , lui, avec ses 2000 personnes en meeting à Toulon, fut l objet de toutes les attentions des TF1, France télévision, BFM TV, I télé, LCI, M6, Public Sénat , etc … et toute la presse écrite ! Le libéralisme choisit SA gauche (du moindre mal pour elle) .
Nous n’avons pas les chaines télé du club des Fouquet’s , mais nous avons notre grande chaine à nous, Notre réseau internet !! …. Postez partout le meeting de Besançon !!.

Marc Spirkel  : Le Front de Gauche dans le Doubs … le vent de l’espoir a soufflé sur les ouvriers de PSA et de Alsthom !
Le Front de Gauche a apporter un message de solidarité en réponse au message de haine et de division propagé par la Le Pen, celle qui se revendique défenseur d’un monde du travail qu’elle a toujours méprisé.
Le Front de Gauche désigne les vrais ennemis de la classe ouvrière, pour que celle-ci ne se trompe plus de colère.Oui la lutte des classes est de nouveau d’actualité, les pillards de l’économie sont nommément désignés, le Front de Gauche est là pour nous aider à les combattre et je suis fier de le soutenir et heureux de l’avoir rencontré.
Gérard Muller : Mélenchon à Besançon aucune chaîne de télévision ne l’a retransmis en direct.F.Hollande était en direct sur la LCP ce dimanche 22! Tant mieux pour lui! Les médias ont choisi « leur » candidat de gauche.Si les « nouveaux chiens de garde » ne suivent pas l’idéologie dominante , ou ils sont aux oubliettes ou ils s’adaptent dixit Michel Naudy dans le film cité plus haut.Camus nous a enseigné que « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du Monde » le mot privatisation a remplacé le mot dénationalisation-l’a t-on réèllement utilisé?-, notre combat sera AUSSI un combat sur les mots! Notre force c’est celle du coeur -qui est à gauche-Le mot CAMARADE ne perdra jamais son triple A…Voilà pourquoi nous sommes l’Avenir.
- Gérard MULLER – Artiste citoyen, seul salarié de France a avoir été licencié 2 fois en moins d’un mois par le même employeur pour le même cadre d’emploi-


Discours de Jean-Luc Mélenchon à Besançon par PlaceauPeuple

Abeilles et OGM, la coexistence est impossible

Classé dans: Actualités, Environnement

Réunis aujourd’hui à Bron (69), paysans et consommateurs, nous apportons notre soutien aux apiculteurs venus de toute la région Rhône-Alpes.

Le rassemblement à Bron de plus de 300 personnes devant les locaux de Monsanto ce vendredi 20 janvier 2012 a montré notre détermination à exiger du gouvernement qu’il prenne des mesures pour interdire la circulation des semences Mon 810 et à réactiver un réel moratoire.
Suite à la levée du moratoire interdisant le Mon810, le gouvernement a annoncé qu’il allait réactiver une nouvelle clause de sauvegarde, mais aucune mesure ferme n’a été prise pour éviter l’organisation des semis, le risque est grand pour que certains soient réalisés précocement. Aujourd’hui, l’api­culteur est rendu res­pon­sa­ble de la pol­lu­tion des miels par du pollen de Mon810, ainsi les api­culteurs espa­gnols se voient privés de commercialiser leur production, nous défendons les apiculteurs pénalisés par cette incohérence.

Les diverses organisations apicoles et de nombreux soutiens politiques ont participé au succès de la mobilisation et à un pique-nique devant les locaux de Monsanto en apportant du pollen non contaminé pour réclamer « le droit et la liberté de butiner sans OGM »

Depuis la décision de la Cour de Justice européenne du 6 septembre, tout miel contenant un grain de pollen de MON 810 est interdit à la vente et doit être détruit comme un déchet toxique. Les abeilles étant présentes dans toutes les zones de culture de maïs en France, de nouvelles cultures d’OGM condamneraient la profession.
Pour la Confédération paysanne, la coexistence est impossible, elle est favorable à la clause que veut prendre le gouvernement pour suspendre l’autorisation de culture du MON 810, cependant elle est très inquiète sur sa pérennité face à un recours en référé au Conseil d’État.
La règlementation européenne permet au gouvernement d’interdire la culture du MON 810 pour protéger l’apiculture. Une telle décision ne pourrait être annulée en référé en Conseil d’État, elle mettrait un coup d’arrêt à la distribution de semences transgéniques dans les fermes qui a déjà commencé et sauvegarderait durablement la filière apicole.
Nous sommes opposés à tous les OGM en plein champ, qu’ils soient transgéniques ou issus de mutagénèse, qu’ils soient destinés à l’alimentation animale, humaine ou pour la production d’agrocarburants, qu’ils soient produits chez nous ou ailleurs. La Confédération Paysanne refuse la consfication du vivant et la spoliation des droits des paysans.

 

 

Hollande au Bourget : cap à gauche !

Devant 25.000 supporters chauffés à blanc, le candidat socialiste a raconté l’histoire d’un homme de gauche.

Le privilège d’un candidat à la présidentielle en tournée, c’est de bénéficier d’une première partie. Appelé pour ambiancer l’immense hall 2 du Parc des expositions du Bourget, Yannick Noah a un point commun avec François Mitterrand. Il est le seul à avoir gagné un trophée majeur, dans les années 80. Mitterrand était à l’Elysée depuis deux ans, quand l’enfant de Yaoundé remporta Roland Garros. Laurianne Deniaud, 30 ans, ambassadrice de François Hollande auprès de la jeunesse, était à peine née. C’est pourtant elle qui joue les animatrices sur l’immense plateau. Le chanteur, personnalité préférée des Français selon les sondages, interprète quatre titres bien pensants, mal servis par une sono confuse. Il souhaite « bonne chance au chef, bonne chance à Monsieur François Hollande ! » Le comédien Denis Podalydès, lui, a enregistré un message vidéo : il espère jouer bientôt le rôle de François Hollande au cinéma… Après un clip consacré à l’histoire de la gauche, de Léon Blum à Martine Aubry, un diaporama retrace le parcours de François Hollande. On se croirait à la noce quand les bons copains ont rassemblé tous les clichés des albums de famille pour évoquer la vie de garçon du marié. Sauf que les photos du jeune Hollande sont rares…

Un portrait vidéo démarre. La voix du candidat se détache sur des arpèges de piano. Il promet de ne pas oublier le 21 avril. « Rien ne m’a été attribué par je ne sais quel privilège. Rassembler, rassembler toujours la gauche et les Français. Le changement, c’est maintenant »

Puis le candidat entre en scène. Il fend la foule, distribue les poignées de main et les baisers sur un beat très dance. Visiblement ému, il goûte l’ovation.

Je suis venu vous parler de la France qui souffre et de la France qui espère »
« Je suis venu vous parler de la France qui souffre et de la France qui espère ». Ecce homo. Au Bourget François Hollande vient administrer la preuve qu’il est du bois dont on fait les présidents de la République. Après un long échauffement consacré à définir le job, François Hollande passe aux confidences. « Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance ».

La gauche, il ne l’a pas reçue en héritage. Il a grandi en Normandie, dans une famille plutôt conservatrice. Mais son père l’a aidé à affirmer ses opinions bien qu’il ne les ait pas partagées. Sa mère lui a transmis « l’ambition d’être utile ». Cette gauche, il dit l’avoir aimée avec François Mitterrand et servie en gouvernant (sic) « avec honneur » aux côtés de Lionel Jospin. L’ancien premier ministre, fort acclamé, en a les yeux humides. « Mais aujourd’hui, c’est moi qui porte votre espoir, qui porte l’obligation de gagner ». La salle se déchaîne : ovation debout. Hollande, né neuf ans après la fin de la guerre, évoque la mémoire de la Résistance. A Tulle, cité suppliciée par la barbarie nazie, il a appris le nom de 99 pendus et 200 déportés. « C’est leur lutte qui m’inspire aujourd’hui. »

« Vous me connaissez depuis 30 ans, confie Hollande. Ce que vous voyez ici, c’est ce que je suis ! » Il n’y a pas de tromperie possible. C’est bien lui, en effet ! « J’ai fait de l’engagement ma vie entière. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. J’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent » Et si certains lui reprochent de ne jamais avoir été ministre, il rétorque : « ce sont les mêmes qui reprochaient à François Mitterrand de l’avoir été onze fois. »

Il n’a pas de nom, pas de visage, il ne se présentera pas aux élections et pourtant il gouverne… C’est le monde de la finance ! »
Hollande se moque bien de ces chicaneries. Il ne se connaît qu’un adversaire. « Il n’a pas de nom, pas de visage, il ne se présentera pas aux élections et pourtant il gouverne… C’est le monde de la finance ! ». Séparation des activités bancaires commerciales et spéculatives, interdiction des filiales dans les paradis fiscaux, suppression des stock-options, imposition des bonus et instauration d’une véritable taxe sur les transactions financières… Le candidat socialiste reprend à son compte une bonne part des propositions de son aile gauche. Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, apprécient. Jean-Luc Mélencon doit hausser les épaules devant sa télé.

Hollande n’est pas un Hercule mais il s’assigne quelques gros travaux. D’abord, relancer l’Europe par l’intervention de la Banque centrale, l’émission d’euro-obligations et « une nouvelle politique commerciale basée sur des règles sociales et environnementales de stricte réciprocité ». Ensuite redresser la production, notamment en fondant une nouvelle banque publique d’investissement. Restaurer, enfin, les finances publiques. « Mais il sera mis fin au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. »

Suit un hymne à l’égalité, de 1789 à nos jours, couvert par les acclamations et les cornes de brume. La voix de Hollande flanche. « François Président », scande la salle. Hollande évoque la mémoire de Camus, orphelin élevé par une mère pauvre et sourde mais sauvé par la « main tendue » de la République. « Je ne me poserai comme Président qu’une seule question avant toute décision : est-ce que ce que l’on me propose est juste ? » C’est le moment de défendre la « réforme fiscale », mère de toutes les réformes.

Hollande n’oublie pas la fermeté. « Aux délinquants financiers, aux fraudeurs, aux petits caïds, le prochain président les prévient : la République vous rattrapera ! » Mais les adeptes du téléchargement illégal qui écument Internet peuvent voter Hollande. Il proposera une loi qui ménagera un large accès aux contenus tout en préservant les droits des auteurs. Ce sera « l’acte 2 de l’exception culturelle française ». Au parterre, Pierre Lescure, Jean-Michel Ribes applaudissent.

« Rêve français »
« La vérité doit guider nos pas », disait Mendès-France. Revoilà Hollande le réaliste, soucieux des finances publiques. « Je ne promettrai que ce que je peux tenir. Le quinquennat s’ouvrira sur des réformes de structure et c’est ensuite que nous pourrons redistribuer ce que nous avons engrangé. » Le premier gouvernement Hollande, s’il existe, ne chômera pas. « Avant même les législatives, j’engagerai la réforme bancaire. Nous savons que nous avons des moyens limités mais nous avons la volonté. »

L’envoi final est consacré à la jeunesse. « J’ai beaucoup réfléchi depuis plusieurs mois à ce que pouvait être l’enjeu de l’élection présidentielle. C’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. La jeunesse sera une grande cause nationale. » Hollande pense surtout aux 150 000 victimes de notre système qui sortent de l’école sans diplômes. « Aucun jeune de 16 à 18 ans, ne restera sans solution. » Je veux être évalué sur ce seul engagement : « Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? »

Quand Hollande parle du « rêve français », la droite se gausse. « C’est vrai ce n’est pas un rêve que nous vivons, en ce moment », relève Hollande. Mais le candidat socialiste, lui entend bien reprendre le chemin tracé avant lui par les révolutionnaires de 1789 et les républicains de tous poils. Il cite Shakespeare : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve » « Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine. La France n’est pas un problème, la France est la solution. Le changement, c’est maintenant l’espérance c’est maintenant. Le changement, j’y suis prêt. Vive la République et vive la France ! ». Hollande, qui n’a pas prononcé une seule fois le nom de Sarkozy, a la voix cassée. La foule du Bourget est debout. Mission accomplie. La Marseillaise retentit, entonnée par des milliers de bouches.

 
Par Sylvain Courage
journaliste (Nouvel Observateur)

La bonne semaine de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon se souviendra sûrement de ces derniers jours. Ceux, espère son équipe, où quelque chose aura basculé. « Le Front de gauche fait exploser le scénario de la présidentielle », s’enthousiasme Olivier Dartigolles (PCF), co-directeur de campagne de M. Mélenchon. Preuve de la bonne humeur du moment, le candidat du Front de gauche (Parti de gauche, Parti communiste et Gauche unitaire) a accepté de donner une interview à Gala. « Un jour, j’écrirai des romans d’amour », avoue-t-il aux lectrices du magazine people.

Même les communistes, dont certains restent méfiants à l’égard de l’ancien socialiste, ont longuement applaudi le nom de leur candidat commun lors des vœux de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, le 16 janvier. Il est vrai que l’enchaînement des événements, ces derniers jours, a été plutôt favorable à l’eurodéputé. Le 12 janvier, l’émission « Des paroles et des actes », dont M. Mélenchon était l’invité, a été suivie par plus de 3,2 millions de téléspectateurs, audience supérieure à celle de Jean-François Copé (UMP), mais inférieure à celle de Marine Le Pen (FN). La candidate du Front national que M. Mélenchon a lourdement attaquée lors d’un meeting, mercredi, à Metz, n’hésitant pas à la qualifier de « semi-démente ». « Mme Le Pen, c’est une baudruche qui fait des phrases en se prétendant la candidate du monde du travail, s’est-il emporté. Mais sur l’augmentation du smic, elle est contre ! Sur les blocages des loyers, elle est contre ! C’est l’ennemie du peuple ! »

Quelques jours plus tôt, le 14 janvier, M. Mélenchon était à Nantes, devant près de 6 000 personnes. « On n’aurait pas fait une salle à 6 000 personnes sans l’émission avant », estime François Delapierre, son directeur de campagne. Hasard du calendrier, la veille, un événement a secoué la France : celle de la perte du triple A. L’occasion pour le candidat de la gauche radicale de marquer sa différence et son refus des politiques d’austérité. « Je suis le candidat de la résistance face aux agences de notation », a martelé M. Mélenchon, qui est allé manifester devant le siège parisien de Standard’s & Poor dans les jours qui ont suivi. Cette annonce, l’équipe de Jean-Luc Mélenchon s’y attendait mais pas forcément à ce moment-là. « Il y a eu une conjonction assez extraordinaire, juge François Delapierre. Que la dégradation de la France tombe à ce moment là, ça a donné une alchimie entre la résistance que l’on incarne et la nécessité de résister. »

LES « QUATRE DALTON DE L’AUSTERITE »

Le sommet social de mercredi a également été l’occasion pour M. Mélenchon de mettre en avant non seulement ses thématiques sur l’emploi (smic à 1700 euros, retraite à taux plein à 60 ans, salaire maximal dans les entreprises, rétablissement des 35 heures, interdiction des licenciements boursiers, titularisation de 800 000 précaires de la fonction publique, etc) mais aussi de brosser dans le sens du poil le secrétaire national de la CGT, Bernard Thibault, avec qui il a tenu une conférence de presse conjointe. « Il y a une attente à gauche, estime Marie-Pierre Vieu, une cadre du PCF. Quand les syndicats entendent François Hollande sur la retraite à 60 ans, ils ne comprennent pas. »

Le candidat socialiste continue d’apparaître dans le viseur de Jean-Luc Mélenchon et de ses proches. Si les formules choc ont été remisées, les piques n’ont pas disparu. En parlant des « quatre Dalton de l’austérité » à Nantes, M. Mélenchon a mis François Hollande dans le même sac non seulement que François Bayrou et Nicolas Sarkozy mais aussi que Marine Le Pen. Une attaque au pas de charge pour marquer sa différence et de tenter de lutter contre le vote utile. « Il commence à poser un problème électoral aux socialistes », veut croire son directeur de campagne. Dans les derniers sondages, M. Mélenchon, qui profite notamment de la faiblesse de l’extrême-gauche et de la chute de la candidate écologiste Eva Joly, est en effet en progression et se situe désormais entre 7 et 8,5 % des intentions de vote.
Des affiches « Place au peuple » lorsd du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Nantes, le 14 janvier. Photo Stéphane Mahe/Reuters
Une stratégie qui pourrait cependant s’avérer compliquée à terme, lorsque des choix devront être fait pour le second tour de l’élection présidentielle. « On ne fait pas une campagne pour peser sur tel ou tel candidat mais pour faire passer des idées », répond Alexis Corbière, un des conseillers de M. Mélenchon. Ces idées, l’eurodéputé estime qu’elles sont néanmoins « d’infuser » et il n’a pas manqué de saluer ses anciens amis de la gauche du PS, Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienmann, qui ont questionné mardi la volonté de leur candidat de créer de 60 000 postes dans l’Education nationale. « Je suis très content que l’aile gauche du PS se réveille, s’est félicité M. Mélenchon. Ils ont le sentiment que les limites de l’inacceptable a été franchi. Tant mieux ! »

2005 reste une référence pour ceux qui ont mené la bataille contre le traité constitutionnel européen. Des assemblées citoyennes sont organisées dans le pays pour répondre aux questions des curieux. « Pour nous, l’enjeu, c’est maintenant d’enraciner ça et de le conforter », estime M. Delapierre. Mais l’exploit reste encore à rééditer. A cet effet, un dépliant de quatre pages de présentation du programme (blocage des loyers, création d’un pôle financier public, VIe République, pôle public de l’énergie…) a été édité à 7 millions d’exemplaires. « On veut mener une campagne de terrain, d’éducation populaire », souligne le directeur de campagne de M. Mélenchon. Signe qu’ »il se passe quelque chose » pour l’entourage de M. Mélenchon : il leur faut trouver des salles plus grandes. « Un problème de riche » selon la formule de M. Delapierre, pour qui il y a un revers de la médaille : le coût de ces salles. Un appel aux dons va donc être lancé la semaine prochaine afin de tenter de récolter 500 000 euros qui viendront s’ajouter aux 2 millions d’euros de budget de campagne.

Raphaëlle Besse Desmoulières

Quelques commentaires :

Si vous qualifié JL Mélenchon de « candidat de la gauche radicale » vous devriez de même qualifié F Hollande de candidat de la gauche molle. Ne serait-ce pas là faire preuve d’équilibre dans vos propos ? Mais jusqu’à présent « le monde » n’a pas fait la preuve d’une telle qualité.

Rédigé par : dovat

Oui c’est vrai les centres de rééducation c’est l’apanage de la gauche. Mais bien sûr, mon cher mat, si peu menaçant, j’avais oublié que Pinochet, Franco, Hitler et Mussolini étaient des socialiste, national of course, mais ça ne change rien pour vous.
C’est ça votre force, pouvoir nier la réalité et la tordre pour la faire correspondre à vos idées. Bref un vrai stalinien

Rédigé par : JC

@ JC
Critiquez Mélenchon si vous voulez mais faites le sur ses idées et pas en le diabolisant et en lui collant des noms qu’il n’a pas.

Sur les idées personnellement je le trouve beaucoup moins extrême que Hollande, Bayrou et Sarko. Une croissance économique en berne depuis plusieurs décennies ? Ils continuent à fonder leurs programmes sur la relance de celle-ci alors même que beaucoup soutiennent qu’il serait peut être plus souhaitable d’accepter sa baisse et de s’intéresser à d’autre indicateurs (emploi avec l’idée en cas de décroissance du partage du temps de travail, qualité de vie…) Une catastrophe nucléaire qui fait déplacer près de 100 000 personnes au Japon? Ces trois là s’engagent à poursuivre dans cette voie pendant leur quinquennat. Une crise des ressources? Ces trois là soutiennent des politiques d’aide publique à l’achat de pétrole (qui est une pure perte d’argent car la demande de pétrole explose alors que l’offre plafonne et viendra à diminuer sous peu et les prix augmenteront donc forcément)…

Et j’en passe et j’en passe…

Je ne suis pas un fanatique de Mélenchon mais je trouve que toutes ses propositions sont loin d’être extrêmes et stupides comme certains le prétendent. Si vous avez des critiques à faire, faite le sur ses opinions qu’on comprenne ce qui vous dérange chez lui.

Rédigé par : moi

Stalinien, pour quelqu’un qui a été trotskiste… Faut revoir vos cours d’histoire. Et comparer JL Mélenchon à ces dictateurs, c’est une belle preuve d’imbécilité. Ecoutez juste ses discours, oui il parle de s’aimer les uns les autres et d’arrêter de stigmatiser certains (sous critères de religions, couleur, etc) comme le fait le FN ou certains amis de notre président actuel.
Il avance des arguments keyénésiens dans un monde dévoué au libéralisme sauvage… Oui ca choque certains, mais en économie il n’y a pas qu’une façon de penser !

Rédigé par : Eupho

s’il écrit un jour des romans d’amour , sa partenaire va être couverte de bleus …

Rédigé par : charlin

Votre commentaire est d’une bêtise…

Je ne suis pas mélenchoniste, ni béa d’admiration pour JLM, mais si vous vous intéressiez un peu à l’ensemble des candidats, à ce qu’il disent en télé, meetings, etc.. ou ce qu’ils écrivent, blogs, livres, articles de journaux, vous vous renderiez compte que JLM est certainement le plus littéraire et le plus… sensible des candidats.

Je vous conseille vivement de regarder sur youtube pour en avoir la preuve le meeting de Nantes.

Au dela de l’orateur drôle, persuasif et d’une grande éloquence, il y a des passages à mon goût assez émouvant notamment dans les 15 dernières minutes ou l’on sent une grande sensibilité.

Rédigé par : franck

Je suis effaré par l’indigence de certains des commentaires. Et ces indigents doivent se prendre pour des intéllectuels puisqu’ils prétendent lire le Monde.La réflexion de Dovat est juste. Le mot « radical » est là pour faire peur aux indécis, aux récurés du cerveau et aux « belles personnes ». Quant à l’autre charlin, ça aurait pu être drôle sa petite phrase, mais il confond passion, conviction et indignation avec violence physique. Tout cela n’est pas anodin et révèle un véritable agacement voire une exaspération de la part de nos adversaires, peut-être même de nos concurrents, face à l’irrésistible ascension de Jean-Luc Mélenchon et de l’anti-gauche mollassonne. Jean-Luc fait peur désormais parce qu’il a un grand talent d’orateur, de polémiste cultivé, avec un programme et un argumentaire solides qui réduisent et repositionnent les Dalton à leur juste « valeur ». Les gens se réveillent peu à peu. Gageons que les média, ces « chiens de garde » de la pensée unique vont tout faire pour l’éviter et tout tenter pour le démolir. Oui, comme en 2005, une lame de fond est en cours de formation. J’espère qu’elle balaiera enfin la bêtise, l’injustice et tous ceux qui se sont goinfrés sur le dos de ceux qui produisent en travaillant.

Rédigé par : Michel Taupin

Je ne vois pas M.Mélenchon comme un extrémiste, et je ne trouve pas non plus qu’il soit comparable à Marchais. Toute sa vie, il a bossé pour un socialisme radical et a quitté son parti pour la dérive centriste libérale des siens. C’est plutôt un républicain pur jus, très pointu sur les questions économiques, sur l’évolution financière du capital et si vous le remarquez bien, peu à peu, tous les candidats reprennent son langage (peuple,oubliés,dérive de la finance, taxation tobin, réindustrialisation etc…) mais ça fait 3 ans que Mélenchon dit ça et personne ne l’entendait. Il suffit que Bayrou silencieux toutes ces années se ramène et en 2 jours il est à 15% et SANS PROGRAMME. Moi , je ne comprends plus rien, ni les journalistes, ni les sondages ! en fait, si je retiens les interventiosn télé de Mélenchon, j’y vois essentiellement le contrôle de la finance, resserrement de la grille salariale, revenu maximum, tout cela pour ramener de l’argent dans l’économie réelle. En fait, à la différence des « staliniens », lui travaille à la mutation écologique du système productif réorganisé en synergie, et il est favorable à la démocratisation de toutes les instances de pouvoir, rien à voir avec Marchais, pour les PME et leur développement, il veut bloquer les marges exagérées, soutenir les TPE/PME contre les donneurs d’ordre qui les saignent à blanc, il vise à tout relocaliser intelligemment. Notamment l’agriculture qui est totalement ruinée par les centrales d’achat et la grande distribution. Je ne comprends pas pourquoi les journalistes sont si superficiels dans leurs études et se contentent de caricaturer ! Et je comprends encore moins que les Français si attachés à leur boulot,leur boîte, leur république, se montrent aussi frileux et dédaigneux vis à vis d’un tel programme, je trouve plutôt ça intelligent. En plus, vis à vis du monde, enfin, sortie del’Otan, de l’Aflghanistan, rééquilibrage de l’Europe, contrôle des changes etc… Cette relance de l’activité, c’est ce qu’on veut, non ? ou alors on donne sa vie aux actionnaires et on va tous mourir, avec en prime, l’interdiction de voter . Parce que la perte de la souveraineté populaire (budget,votes européens, austérité pour tous) c’est là que tous les candidats veulent nous entraîner.En fait, on assiste à une véritable contre- révolution libérale dans toute l’Europe qui veut revenir sur les acquis de 45. C’est drôle que les français ne le voient pas. Aurait-on perdu la mémoire ? la tête?

Rédigé par : jorie
Je suis honteux de mon indigence d’esprit devant les brillants défenseurs de monsieur Mélanhon seul candidat intelligent parmis tous ceux qui se proposent de nous séduire :
Vous m’avez convaincu , je vais voter pour lui :
C’st le seul qui affirme :
qu’il reviendra à la retraite à 60 ans à taux plein,
qu’il maintiendra les 35 heures,
qu’il portera le Smicà 1700 euros.
qu’il empêchera le réchauffement climatique
Et en plus , jouissance indicible :
Il promet de casser la gu…e à Monsieur Standard et à Monsieur POOR ….
A ce stade , ce n’est plus un programme électoral c’est de la Mélenchonite aiguë : c’est incurable et en plus, à voir les sondages, c’est contagieux…..

Rédigé par : charlin

J’ai regardé avec la plus grande attention l’émission de JLM sur France 2. Je suis socialiste depuis de nombreuses années mais je soutiendai JLM au premier tour.
Pourquoi ? la raison est fort simple : JLM explique, démontre, argumente de façon claire et intelligible, il maîtrise de nombreux dossiers complexes et sais les exposer de façon à ce que le plus grand nombre comprenne : c’est un pédagogue hors pairs : il n’a aucun tabou et je pense, mais ça n’est qu’une opinion personnelle, que JLM a quelque chose de profondément Humain. Les classes moyennes sont en train de plonger à cause des financiers, des banques dont le seul et unique but est de rétribuer des actionnaires de plus en plus riches : Une dernière chose : la goutte qui fait déborder le vase : le projet l’imposition des personnes qui vivent à l’année dans les campings : c’est de ce monde là dont on a envie ? Marche ou crève !
Je voterai JLM pour que l’équilibre se rétablisse en faveur des classes moyennes et des plus démunis et que le profit serve la cause de ces derniers. JLM c’est une gauche humaniste…Voilà c’est tout. N’oubliez pas : L’humain d’abord !!!!

Rédigé par : LEFEVRE

C’est le seul homme politique ayant le souci constant d’élever le débat politique. Cela explique le succès de cette émission de fr2  » Des paroles et des actes  » puisque l’audience a été constante durant les 2 h 20. Et surtout, c’est le seul à dénoncer le coût des profits. D’autre part, je suis en colère contre  » Le Monde  » qui hier a osé titré sur  » les ressemblances et différences LePen/Mélenchon  » : Le Monde est-il revenu à l’époque du  » Temps  » d’avant-guerre ?

Rédigé par : Bérengère

Certains médias analysent avec objectivité le propos politique, mais ils sont rares.

Beaucoup se dispensent même d’analyser les programmes des candidats sous prétexte que les sondages ne les y encouragent pas, ou pire, par mépris de leur idées. C’est la démocratie qui fait les frais de cet aveuglement.

Si Jean-Luc Mélenchon a su tenir en haleine autant de spectateurs devant « des paroles et des actes », sans perdre d’audience, deux heures durant, c’est qu’il a fait renaître un souffle de démocratie.

Si les moyens que JLM emploie pour se faire entendre peuvent paraître contraires à l’éthique de ses détracteurs, c’est parce qu’ils ne sont pas toujours en adéquation avec les valeurs qu’il incarne. Il ne faut pas s’y tromper, les petites phrases assassines sont le seuls moyen qu’offrent les médias à ceux qui n’ont pas de sondage pour s’exprimer.

Mais tout cela change pour le front de gauche qui fait de plus en plus d’apparitions. Notamment dans le Monde et c’est tant mieux. Lorsque l’équité des temps de paroles sera de mise, les sondages évolueront en sa faveur, et les médias n’auront d’autre choix, avec plus ou moins d’objectivité que de relater ce phénomène. Le peuple tranchera!

Rédigé par : guillaume D

 
 

 

Hollande s’attaque à la finance, mais n’oublie pas Sarkozy


LE BOURGET, Seine-Saint-Denis
Dans un hall des expositions bondé, à l’ambiance chauffée par Yannick Noah, le candidat socialiste à l’Elysée François Hollande a désigné dimanche « le monde de la finance » comme son véritable adversaire, lors de son premier grand meeting de campagne.

A trois mois jour pour jour du premier tour de la présidentielle, le député de Corrèze a endossé le costume d’homme d’Etat devant les milliers de sympathisants de gauche venus l’applaudir au Bourget, dans la proche banlieue nord de Paris.

Avant de détailler son programme jeudi, François Hollande a prononcé un discours fleuve d’une heure et demie pour présenter sa vision de la France, en tentant de se hisser au-dessus des partis. « L’enjeu de cette campagne qui commence, n’allez pas le chercher dans un affrontement partisan. L’enjeu de cette campagne va bien au-delà de nous, de la gauche », a-t-il déclaré. « L’enjeu, c’est la France, c’est la France toujours! »

Le candidat PS a dévoilé un peu sa personnalité, racontant avoir grandi dans une famille plutôt conservatrice en Normandie. « La gauche, je l’ai choisie », a-t-il noté.

« Je ne m’exhibe pas », a-t-il dit en réponse à ceux qui le trouvent réservé. « Ce que vous voyez ici, c’est ce que je suis ». Il a revendiqué « une simplicité qui n’est pas une retenue, mais la marque de l’authentique autorité ».

« Je veux conquérir le pouvoir mais je ne suis pas un vorace. Je veux simplement le mettre au service des Français », a-t-il assuré, confiant comme un secret: « J’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent ».

Devant les ténors socialistes, de Lionel Jospin à Martine Aubry, François Hollande a évoqué ses débuts en politique aux côtés du défunt ancien président François Mitterrand (dont la fille Mazarine Pingeot assistait au meeting) ses attaches corréziennes, mais aussi son rôle de Premier secrétaire du PS lorsque Lionel Jospin était Premier ministre. Cette période de la gauche plurielle, « j’en revendique les avancées », a-t-il déclaré.

Puis, s’adressant aux 10.000 sympathisants rassemblés dans le hall 2 du Parc des Expositions du Bourget, il a martelé: « Aujourd’hui, c’est moi qui vous représente. C’est moi qui porte votre espoir. C’est moi qui porte l’obligation de gagner. C’est moi qui va, dans ce combat, vous conduire à la victoire, celle que vous attendez depuis trop longtemps! »

François Hollande a présenté son « véritable adversaire ». « Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ».

Contre cet adversaire, le candidat socialiste s’engage à faire voter une loi obligeant les banques à séparer activités de dépôt et opérations spéculatives. Il promet d’interdire aux banques françaises d’avoir des filiales dans les paradis fiscaux, d’interdire aussi « les produits financiers toxiques, c’est-à-dire sans lien avec les nécessités de l’économie réelle », de supprimer les stock-options, « sauf pour les entreprises naissantes », et d’encadrer les bonus. Il propose « une véritable taxe sur les transactions financières avec ceux en Europe qui voudront la mettre en oeuvre avec nous ». Et il suggère de créer au niveau européen une agence publique de notation. Selon lui, « l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître ».

François Hollande a également critiqué son adversaire non encore déclaré, le président Nicolas Sarkozy – sans jamais citer son nom. Il a fait allusion au scandale des fadettes, affaire dans laquelle est mis en examen le procureur Philippe Courroye, réputé proche du chef de l’Etat. Le candidat socialiste a aussi fait référence au discours de Dakar – où Nicolas Sarkozy avait estimé que l’homme africain n’était pas entré dans l’Histoire – et à la visite en grande pompe de Moammar Kadhafi à Paris, fin décembre 2007.

Devant un drapeau européen et une bannière tricolore, le candidat socialiste a dit qu’il serait « le président de la fin des privilèges ». Parlant longuement d’égalité et de justice, il a détaillé sa réforme fiscale. Il entend porter à 45% le taux de l’impôt sur le revenu pour les ménages gagnant plus de 150.000 euros par an. Il souhaite aussi « que nul ne puisse tirer avantage de niches fiscales au-delà d’une somme de 10.000 euros de diminution d’impôts par an ».

Pour donner l’exemple, il promet de réduire de 30% les salaires du président et des membres du gouvernement.

En matière de logement, si François Hollande est élu, l’Etat « mettra immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements ». Le candidat socialiste propose aussi de doubler le plafond du Livret A et de quintupler les sanctions pour les communes qui ne respectent pas leur obligation de 20% de logements sociaux.

Lançant une mise en garde aux « petits caïds », il a proposé de créer des « zones de sécurité prioritaires » dans les endroits où la délinquance est la plus élevée.

Il a une nouvelle fois promis 60.000 postes dans l’Education nationale, 150.000 emplois d’avenir et un « contrat de génération » pour favoriser le maintien des seniors dans l’emploi tout en mettant le pied à l’étrier aux jeunes. Il a répété qu’il voulait que son quinquennat soit jugé sur les progrès accomplis pour la jeunesse.

Se déclarant « viscéralement attaché à la laïcité », il entend inscrire dans la Constitution la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat.

Se présentant comme un « Européen de coeur », François Hollande a dit vouloir proposer aux partenaires européens de la France « un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance » et répété qu’il renégocierait le traité européen issu de l’accord du 9 décembre. Il a prôné une « nouvelle relation de vérité et d’égalité » avec l’Allemagne, ajoutant qu’il proposerait en janvier 2013 « un nouveau traité franco-allemand ».

Enfin, François Hollande a défendu « une France du civisme où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui mais ce qui lui peut faire pour la République ».

Pour conclure son allocution dans le lyrisme, François Hollande a décliné son slogan de campagne: « Le changement, c’est maintenant. Le redressement, c’est maintenant. La justice, c’est maintenant. L’espérance, c’est maintenant. La République, c’est maintenant ».

« Le changement, j’y suis prêt. Vive la République et vive la France », a-t-il lancé, avant d’entonner « La Marseillaise ».

Hollande : « Je veux installer la gauche dans la durée »


Comme prévu, le candidat socialiste a d’abord donné une tonalité très personnelle à son discours. « Je revendique une simplicité qui n’est pas une retenue mais la marque de l’authentique autorité mon secret, que j’ai gardé depuis longtemps : j’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent. »

Sa conception de la présidence de la République. Sans jamais prononcer le nom de Nicolas Sarkozy, le candidat socialiste a commencé par rejeter le mode de gouvernance du chef de l’Etat depuis cinq ans. « Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti qui risque de devenir un clan, a déclaré François Hollande. Présider la République, c’est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions, (…) c’est ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes et des radios du service public, (…) c’est garantir l’indépendance de la justice en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information. Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. »

Ses deux grandes dates : 21 avril 2002 et 10 mai 1981. L’ancien premier secrétaire du PS a évoqué le 21 avril 2002, jour où le candidat socialiste Lionel Jospin a été éliminé du permier tour de l’élection présidentielle au profit de Jean-Marie Le Pen : « une blessure que je porte encore sur moi, j’en ai encore la trace. J’en ai tiré toutes les leçons, moi je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour aider ces classes-là. Je ne laisserai pas une formation politique se présenter comme la voix du peuple alors qu’elle veut simplement se servir de lui. »

Il a ensuite évoqué une autre date mémorable pour lui, « plus heureuse celle-là » : le 10 mai 1981 et la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle. « J’avais 26 ans, je sais ce qu’elle a représenté pour tous ceux qui avaient attendu pendant des décennies l’alternance, a-t-il raconté. Pour autant, je ne veux pas verser dans la nostalgie. L’épopée de la gauche ne peut pas se réduire à des moments exceptionnels. Je veux installer la gauche dans la durée. Je veux voir notre bonheur le 6 mai. »

UNE RÉFORME DU SYSTÈME BANCAIRE

« Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance« . François Hollande a également ciblé « le monde de la finance », son « véritable adversaire ». « Il ne sera jamais candidat, et ne sera donc jamais élu. Et pourtant, il gouverne », a fustigé le candidat socialiste. « Maîtriser la finance commencera par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit et de spéculation. Les produits finaciers sans lien avec les nécessités de l’économie réelle, seront purement et simplement interdits. Les stock options et les bonus seront encadrés », a-t-il annoncé.

Le député de Corrèze a également plaidé pour « une agence publique de notation au niveau européen » et pour « une taxe sur toutes les transactions financières, non pas le rétablissement de l’impôt de bourse [mais] une véritable taxe avec ceux en Europe qui voudront la mettre en place avec nous ». Une Europe qu’il veut « une Europe de croissance, de solidarité, de protection ».

Un nouveau traité franco-allemand. Il compte sur l’Allemagne pour réactiver le moteur franco-allemand : « En janvier 2013, si les Français m’en donnent mandat je proposerai à la chancelière d’Allemagne, l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand, un demi-siècle après le traité de de Gaulle et Adenhauer. »

Une « transition énergétique« . Le candidat du PS a rappelé son engagement « à ce que la part du néclaire soit réduite à 50 % d’ici à 2025″. « Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, inventant les technologies et le progrès de demain. Nous avons besoin aussi d’un plan d’énergies renouvelables, d’un plan d’économies d’énergie », a-t-il déclaré. Cette transition énergétique sera une des étapes de la « réindustrialisation de la France », élevée en « priorité », avec la création d’une « banque publique d’investissement ».

« LE PRÉSIDENT DE LA FIN DES PRIVILÈGES » 
« L’égalité, ce n’est pas l’assistanat, c’est la solidarité« . Le candidat socialiste la « nouvelle aristocratie » qui « s’installe et prospère ». « Je serai le président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que pendant ce temps-là où certains s’enrichissent sans limite, la pauvreté s’aggrave, et 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d’enfants, a-t-il déclaré. L’égalité, ce n’est pas l’égalitarisme, c’est la justice ; ce n’est pas l’assistanat, c’est la solidarité. Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, de la redistribution. »

C’est en vue de cette égalité que François Hollande a proposé de supprimer « les niches accordées aux ménages les plus aisés et aux grandes entreprises ». Il a annoncé qu’il rétablira « l’équilibre budgétaire en fin du mandat« , en supprimant « la règle aveugle du non remplacement d’un fonctionnaire sur eux partant en retraite ».

« L’accès pour tous au logement » C’est dans la ligne de cette égalité que François Hollande a proposé « l’accès au logement pour tous ». « Le livret A verra son plafond doublé afin que tous les Français puissent financer le logement social », a déclaré le candidat du PS.
« La jeunesse est notre chance » « La promesse républicaine, c’est que chaque génération vivra mieux que la précédente. Cette promesse est trahie, a affirmé François Hollande. C’est avec la jeunesse que je veux présider la France. A la fin du quinquennat, le nombre de jeunes sortant sans qualification du système scolaire [doit être] divisé par deux. » Il a demandé à « n’être jugé que sur un seul objectif : est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? »

« Une France de la justice et du civisme » Le candidat socialiste a terminé sur son « rêve français », « ce récit républicain que mai 68 a aussi d’une certaine façon fait resurgir ». « Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui font que la nation n’est pas un espace limité, a-t-il développé. Le rêve français c’est notre histoire, c’est notre projet, c’est une force que je vous propose parce qu’ils nous ressemble, nous rassemble. Une France de la justice où l’argent sera remis à sa place qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France du civisme où chacun se demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui peut faire pour la République. »
 

C’est quoi le FN ?

Fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen et dirigé aujourd’hui par sa fille Marine, le Front National est avant tout une histoire de famille. Classé comme parti d’extrême droite par la plupart des historiens et philosophes, cette appellation est contestée par les dirigeants du FN. Considérant que son parti est économiquement de droite et socialement de gauche (comme si on pouvait déconnecter les 2 aspects), Jean-Marie Le Pen préfère définir le FN comme appartenant à «la vraie droite», ou à la «droite nationale». Aujourd’hui, Marine Le Pen considère plutôt que le FN est «ni de droite, ni de gauche». Bref, ce parti serait un ovni politique hors du système déconnecté de toute histoire politique. Évidemment, il n’en est rien comme le montre l’emblème même de son parti. Alors que Marine Le Pen prétend qu’elle n’a rien à voir avec le fascisme et ses symboles, le logo de son parti montre sans l’ombre d’un doute la filiation avec le MSI qui lui, se réclame explicitement du fascisme .


Pour compléter le tableau, il y a les meetings que firent ensemble Jean Marie Le Pen et le fasciste Giorgio Almirante, ou encore le groupe Identité Tradition Souveraineté dont faisait parti Marine Le Pen au parlement européen avec la petite fille de Mussolini qui refuse que l’on rejette l’héritage mussolinien. On le voit bien, le FN est bien un parti d’extrême droite dont la filiation idéologique laisse à désirer.

Fond idéologique du FN

Quelles sont les idées du FN ? Si on écoute la radio, qu’on regarde la télé, ou qu’on lit les journaux, se faire une idée claire sur ce que propose concrètement le Front National est une tache loin d’être aisée. La méthode que je propose est donc la suivante : regarder ce qui est immuable au fil des programmes et détecter ce qui relève de la rhétorique ou de la stratégie de communication. En faisant cela, les thèmes qui font l’essence même du Front National se dégagent assez clairement. Ce sont les suivants : l’immigration, l’insécurité, le combat contre les syndicats ouvriers ainsi qu’un anticommunisme virulent, un positionnement économique libéral, un ancrage catholique conservateur et une conception de la place de la femme dans la société. Tout le reste (le virage social, la laïcité, la République, …), c’est de l’enfumage. Comme le dit Alexis Corbière, «Les frontistes adaptent leurs discours à la période, mais l’objectif initial reste identique. Et c’est ainsi depuis deux siècles». Il ajoute, «le fil conducteur est le même que celui déroulé depuis 40 ans par la famille Le Pen, père et fille».

Et le fameux virage social ?

Le Front National a toujours été un parti de droite proposant des idées économiquement de droite. Jean-Marie Le Pen était par exemple pour la retraite à 65 ans et pour la semaine de 42 heures. Il considérait Ronald Reagan comme un modèle alors qu’il fut certainement le président américain le plus libéral et le plus hostile aux travailleurs.

Aujourd’hui, avec Marine Le Pen, rien n’a changé. Ne cessant de dire que le FN a toujours eu raison avant les autres, elle assume le positionnement ultra libéral de son père sans le remettre en cause à aucun moment. Pis, elle l’assume pleinement. Car même si elle dénonce parfois dans ses discours les spéculateurs et les marchés financiers, vous ne trouverez pas les mots « patrons », pas de « profits », pas de « capitalisme » et encore moins de « libéralisme » dans les discours de Marine Le Pen. Ce fameux virage social, c’est du vent !

Rien de nouveau sous le soleil

Marine Le Pen présentait le 12 janvier, son programme chiffré pour l’élection présidentielle. Selon elle, proposer un programme chiffré c’est avant tout dire ou sont les priorités politiques. Voilà donc les priorités du FN clairement exposées. D’abord, évidemment, il y a la lutte contre l’immigration, la sortie de l’union européenne, la construction de nouvelles prisons et la lutte contre la fraude sociale (dont les immigrés sont évidemment les premiers responsables). Sur ce dernier point, elle parle de la fraude mineure des pauvres gens sans à aucun moment parler des entreprises qui sont pourtant responsables de 80 % de la fraude sociale. Elle souhaite aussi le déremboursement de l’IVG, la mise en place d’un revenu parental d’éducation et la création d’un statut pour les mères de familles françaises. pour que les femmes puissent rester à la maison. On est là dans le registre classique du Front National : immigration, insécurité, acharnement sur les travailleurs et place de la femme dans la société.

Un programme économique immuablement libéral

Malgré la rhétorique sociale, laïque et républicaine (qui sonne souvent faux), et malgré la promotion d’un protectionnisme franco-francais dont le principal objectif est toujours le même depuis 40 ans (la fermeture des frontières aux étrangers), ses propositions restent immuablement dans la lignée de celles de son père : libérales. Je prends 2 exemples. Dans son programme, Marine Le Pen propose de mettre à contribution les 50 plus fortes capitalisations boursières. Çà parait joli, non ? Dans les faits, elle précise que cette contribution se fera de telle sorte que ça soit « sans incidence sur leur rentabilité » car l’argent sera investit dans une « réserve spéciale » mis à disposition de « fonds stratégiques » et leur sera rendu au bout de 5 ans. Vous l’avez compris, hors de question de s’attaquer aux ultra-riches et aux oligarques. Deuxième exemple, elle propose une augmentation de 200€ des bas salaires. Enfin une mesure sociale ? Et bien non. Quand on creuse un peu, on constate que ce n’est pas le cas. Elle propose en fait de « faire prendre en charge par l’État 200€ de cotisations salariales jusqu’à 1,4 fois le SMIC » et suppose que cela entraînera automatiquement une hausse de 200€ des salaires. En fait, cette mesure qui va dans le même sens que la TVA sociale défendue bec et ongles par Sarkozy, vise avant tout a faire baisser le coût du travail. Choisir entre pouvoir d’achat et protection sociale, voilà ce que propose Marine Le Pen avec cette mesure qui n’a rien de sociale.

Marine Le Pen propose l’austérité

Vous l’avez compris, dans les priorités de Marine Le Pen, pas question d’augmenter vraiment les salaires, le SMIC ne sera pas augmenté (ça serait une « mesurette » selon elle), les hauts revenus ne seront pas limités, il n’y aura pas de répartition des richesses, elle ne s’attaquera pas au grand capital, les postes d’enseignant(e)s ou d’infirmier(e)s supprimés depuis 2007 par Sarkozy ne seront pas recréés, etc. Avec Marine Le Pen, les puissants peuvent dormir tranquille. En refusant opiniâtrement de répartir la richesse entre capital et travail et en mettant la priorité sur le remboursement de la dette publique, elle propose finalement la même chose que ceux du « système » qu’elle critique tant. Elle propose aux classes populaires de se serrer la ceinture, elle propose la rigueur et l’austérité. Marine Le Pen est bien une voix supplémentaire parmi tous les «austéritaires» (ndlr : austère au autoritaire).

Le FN un parti ouvrier ?

Selon la propagande du FN, d’ailleurs bien relayée par les medias, les ouvriers se seraient mis majoritairement à voter FN depuis les dernières élections. C’est ultra faux. Aux 2 dernières élections (régionales et cantonales), 60 à 70% des ouvriers ne se sont pas rendus aux urnes. Au final, le vote FN n’a donc représenté que 6 à 8% des ouvriers. On est loin d’un raz de marée, non ? Par ailleurs, contrairement à la propagande, très peu d’ouvriers qui votaient à gauche en 2007 se sont mis à voter FN aujourd’hui. Il s’agit en fait d’électeurs UMP qui ont fini par préférer l’original à la copie. Bref, tout cela, c’est la guerre des droites.

Dans les luttes, le FN n’est jamais au coté tes travailleurs qui se battent pour leurs droits. Le FN est absent des luttes sociales, des manifestations et des syndicats. Aux élections cantonales, les candidats présentés étaient bien souvent inconnus sur le terrain à tel point qu’ils préféraient mettre la photo de Marine Le Pen sur leurs affiches plutôt que la leur. C’est tout juste si leur nom était écrit. De plus, ce n’est pas dans les quartiers ou dans les usines que les idées du FN se propagent, les idées Lepenistes rentrent dans les maisons par la télévision. Dans les luttes sociales, sur le terrain, le FN n’est pas du coté des travailleurs. Pour preuve, voici un communiqué du FN à propos de Pétrpolus trouvé sur le site http://www.raslfrontrouen.com/ : «Le sectarisme des syndicats de moins en moins représentatifs est une atteinte à la démocratie et un mauvais coup porté à l’image des salariés en lutte pour le maintien de leur activité». Les travailleurs s’organisent autour des syndicats pour se défendre, et le FN joue contre eux. C’est édifiant. En réalité, en jouant sur la division entre les opprimés et en dénonçant les syndicats et les immigrés, Le FN fait plutôt le jeu d’un patronat qui n’a de cesse de rogner les droits des salariés.

Voter FN ne sert a rien

Le FN dit être un parti hors du système. Il clame en boucle que tous les maux de la France viendraient de la mauvaise gestion de ce qu’il appelle l’UMPS. Profondément anti-communiste, le FN est viscéralement opposé à l’autre gauche dont nous faisons parti (et c’est réciproque). Donc, même si cette stratégie de communication politique peut avoir un certain succès médiatique, c’est une impasse politique totale. Seul contre tous, le FN n’accédera jamais au pouvoir. Rappelons qu’en 2002, Jean-marie Le Pen obtint le plus faible score atteint (17,79%) dans un second tour d’une élection présidentielle de la Ve République. Comme le dit avec humour Jean-Luc Mélenchon, même une chaise peut gagner contre Le Pen (père ou fille).

Donc, s’il veut accéder au pouvoir, le FN doit s’allier. Avec qui ? Avec l’UMP bien sur ! Avec son discours sécuritaire, sa politique d’immigration ou encore sa rhétorique populiste, l’UMP est plus que jamais en situation de trouver des convergences avec le FN qui lui de son côté, tente d’adoucir son image. Impensable il y a quelques années, force est de constater que la frontière entre le FN et l’UMP devient de plus en plus poreuse et rend envisageable une alliance des droites. Voici quelques éléments qui me font penser cela. Il y a par exemple Guillaume Peletier, ancien membre du FN puis du MPF de Philippe De Villiers, qui vient d’être nommé secrétaire national de l’UMP. Il envisage clairement, si jamais Nicolas Sarkozy perd l’élection présidentielle, la création d’un grand parti de droite national. Il y a aussi les prises de position de la députée UMP Brigitte Barèges, membre de la droite populaire, qui défend la préférence nationale. Il y a l’enquête du Monde datée du 1er janvier 2011 qui montre que le FN séduirait de plus en plus de sympathisants de la droite classique. Il y a enfin ce genre de propos qu’on peut lire de plus en plus sur twitter : « je préfère l’arrivée de la Droite Nationale que le retour de l’extrême Gauche au pouvoir #jospin ». Nous ne sommes pas loin du « plutôt Hitler que Léon Blum » entendu en 1936.

De son côté, Marine Lepen commence aussi à susurrer ici ou là qu’une telle éventualité est envisageable. « Si jamais je n’étais pas candidate, Sarkozy peut faire une croix sur sa réélection ». Ça y est, elle avoue, elle soutiendra in fine Nicolas Sarkozy. Le FN et l’UMP, de plus en plus proches idéologiquement se rapprochent petit à petit. Les digues tombent et une alliance pour battre la gauche est de moins en moins exclue.

Si on résume, Le Pen ne sera jamais élue sans alliances (1). Si le FN veut accéder au pouvoir, il devra s’allier avec l’UMP dont les convergences idéologiques sont de plus en plus évidentes (2). Alors soyez avertis, si vous voulez dégager Sarkozy, ne votez pas Le Pen.

Ne vous trompez pas de front

Celle qui se dit ni de gauche ni de droite, est finalement bien de droite, et même assez banalement d’extrême droite. Le virage social est un leurre, et Marine Le Pen est le diable de confort du capitalisme et du système en place qu’elle prétend pourtant combattre. Alliée implicite de Sarkozy, elle ne propose en aucun cas de s’attaquer au grand capital ou de partager les richesses, les deux conditions nécessaires pour changer vraiment le sort des classes populaires. Le FN, c’est le chien de garde du capitalisme.

Résistez, prenez le pouvoir

http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=1

Sarkozy : 5 années qui ont abîmé la France

Classé dans: Actualités, Parti socialiste

Inégalités salariales, hausse record du chômage, prix du logement, aggravation de la précarité, création de dizaine de taxes, croissance en berne, déficit commercial abyssal, creusement de la dette, inégalités de santé et déclassement de l’éducation… le bilan du quinquennat est accablant.


 

Privatiser la formation des enseignants: l’UMP ouvre la brèche

Depuis que le Conseil d’Etat a retoqué l’arrêté ministériel sur la masterisation estimant que le ministère avait commis un « abus de pouvoir » sur cette réforme cruciale de la formation des enseignants, on attendait une réponse du côté de la rue de Grenelle. C’est par la voix du député UMP Jacques Grosperrin, par ailleurs auteur d’un rapport prônant la suppression des concours d’enseignement, que cette réponse vient d’arriver.

Alors que le gouvernement était appelé à rouvrir les négociations sur cet épineux dossier, dont même les députés UMP disent qu’il a conduit à un immense gâchis, la proposition de loi déposée le 10 janvier arrive comme une habile parade pour sauver la réforme. Plus besoin, dès lors que les principes de la masterisation sont inscrits dans la loi, de consulter le Haut conseil à l’éducation. « C’est un simple toilettage technique pour se mettre en conformité avec le Conseil d’Etat», affirme le député Jacques Grosperrin.

Mais en proposant de remplacer dans l’article L. 625-1 al. 1 du code de l’éducation la phrase « la formation des maîtres est assurée par les IUFM » par « elle est assurée notamment par les universités », la proposition de loi a déclenché une vague d’interrogations dans le monde enseignant. « Notamment »…, l’adverbe a mis le feux aux poudres. Graver dans la loi que la formation des enseignants est « notamment » du ressort des universités, ouvre la porte à d’autres acteurs, estiment en effet la plupart des syndicats enseignants. Pour le Snesup, c’est tout simplement le rôle « exclusif » des universités à former les profs qui serait ainsi supprimé. Par cette formulation, la loi laisse « la possibilité aux officines privées de prendre le relais, mettant ainsi en cause le lien enseignement-recherche consubstantiel d’une formation universitaire », affirme le syndicat dans un communiqué. Alors que la formation des enseignants a été déconstruite, pourquoi ne pas offrir au secteur privé une partie de ce service sur un plateau, et alléger, un peu, le fardeau de l’Etat ?

Le scénario n’est pas absurde. « En détruisant la formation, on a créé un vide, souligne Patrick Gonthier, secrétaire général du SE Unsa. Comme la nature a horreur du vide et que les besoins vont exister, cela laisse de la place à l’enseignement catholique, mais aussi aux officines privées. »

Fantasme sur un adverbe ? Le député Jacques Grosperrin affirme que la lecture des syndicats enseignants est erronée. « Nous n’avons pas du tout l’intention d’ouvrir la formation au privé, affirme-t-il. Par contre, si on supprimait l’adverbe « notamment », on exclurait de fait les écoles qui, à ce jour, proposent cette formation. Que faites-vous de Normale sup, de Sciences-po, de l’institut agronomique de Toulouse, de l’université de Lorraine (passée grand établissement, elle a un statut dérogatoire – ndlr) mais aussi des universités catholiques ?»

Du côté de Sauvons l’université, l’argument fait sourire. « Depuis quand Sciences-po forme les enseignants ? Ce n’est pas parce qu’on délivre un master qu’on forme les enseignants ! », s’étrangle Etienne Boisserie, président de SLU pour qui M. Grosperrin « maîtrise visiblement mal son sujet mais c’est sans doute pour ça qu’il est là ». Selon lui, la nouvelle rédaction proposée du code de l’éducation est une réponse directe à l’annulation par le Conseil d’Etat de la circulaire du 25 février 2010, qui comportait déjà une formulation ambiguë sur ce point. Plus qu’un simple « toilettage technique », la proposition de loi correspondrait plutôt à une vieille lubie de la droite de libéraliser ce secteur stratégique.

La suppression du « cahier des charges » sur la formation des enseignants, remplacé par un simple « référentiel » dans la proposition de loi (article L. 625-1 alinéa 2), est, elle aussi, loin d’être anodine. Alors que le cahier des charges imposait des contraintes fortes sur la formation en terme d’horaires notamment, le référentiel est, lui, des plus souples. Chaque université, ou chaque officine privée, serait libre de proposer sa propre formule de formation dès lors qu’elle respecte un référentiel a minima. Une rupture inacceptable du cadre national, jugent les syndicats enseignants. « Enfin, c’est déjà un peu ce qui se passe aujourd’hui », concède Jacques Grosperrin lorsqu’on l’interroge sur ce risque. En ce sens, sa proposition de loi ne ferait qu’acter des distorsions qui existent déjà. Pas très rassurant.

Soucieux d’aller vite sans doute, le gouvernement a poussé pour que la proposition soit examinée dans les plus brefs délais. « Cette question d’une extrême importance qu’est la formation des maîtres ne mérite pas d’être traitée ainsi », a prévenu en commission la députée communiste Marie-Hélène Amiable, très en pointe sur le sujet. « L’Etat renonce à tout engagement précis sur la formation des enseignants. Lorsque l’on met ça en lien avec l’autonomie des établissements, la possibilité de recrutement local ou la suppression à terme des concours…, on voit bien vers quel modèle on se dirige », assure-t-elle.

La proposition de loi devrait être examinée en commission dès le 8 février. Jacques Grosperrin, qui assure vouloir avant tout apaiser le débat, explique qu’il « auditionnera tout le monde » pour lever toutes les inquiétudes.
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