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François Hollande pris dans la tourmente

François Hollande et le ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, en visite à Clermont-Ferrand, le 18 avril.

François Hollande et le ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, en visite à Clermont-Ferrand, le 18 avril. | AFP/PHILIPPE WOJAZER

 

Tout un pan de l’édifice est déjà à terre. Quinze jours à peine après avoir entièrement remanié son dispositif général, c’est l’un de ses murs porteurs qui vient de s’effondrer brutalement. La démission, vendredi 18avril, d’Aquilino Morelle, son conseiller politique, accusé par Mediapart d’un possible conflit d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique quand il était en poste à l’Inspection générale des affaires sociales, place une fois de plus François Hollande dans une position des plus inconfortables.

Cette affaire délétère intervient au pire moment pour le chef de l’Etat. Ce vendredi, M.Hollande avait prévu de faire son retour sur la scène politique nationale, avec sa première visite de terrain en province depuis la lourde défaite encaissée par son camp aux municipales, fin mars, et le remaniement gouvernemental qui s’en est suivi. Mais le déplacement présidentiel au centre de recherche Michelin de Clermont-Ferrand a été totalement occulté par l’affaire Morelle. Et le président s’est finalement résolu à répondre aux journalistes après avoir tout fait pour esquiver leurs questions.

« Aquilino Morelle a pris la seule décision qui s’imposait, la seule décision qui convenait, la seule décision qui lui permettra de répondre aux questions qui lui sont posées », a déclaré François Hollande d’un ton grave.« Aquilino Morelle est mon ami. Il a pris la bonne décision. Pour lui-même et pour ses proches, qu’il souhaite protéger », a quant à lui confié auMonde le ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, qui accompagnait le président en Auvergne.

LE PRÉSIDENT ACCUSE LE COUP

M. Hollande qui avait fait campagne en 2012 sur le thème de la « République exemplaire », un étendard déjà largement entaché durant la première année de son quinquennat par l’affaire Cahuzac, a pris soin de se découpler de son ancien conseiller, auquel il a recommandé dès jeudi soir de présenter sa démission. « J’ai considéré qu’il ne pouvait y avoir de confusion parce qu’il y a un principe que j’ai toujours posé d’impartialité et d’indépendance », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il n’est « pas juge » de ce que son ancien collaborateur a fait avant d’être à l’Elysée. « Ce qu’il a fait avant, il a à en répondre, ça revient simplement à lui et à lui seul, c’est ce qu’il a compris en présentant sa démission, que j’ai acceptée immédiatement. »

Manifestement très affecté par cette affaire dont il a tout de suite perçu les effets potentiellement ravageurs dans l’opinion, le président a accusé le coup. Au point de faire, toujours à Clermont-Ferrand, cette autre déclaration lourde de sens : « Si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai ou aucune raison d’être candidat ou aucune chance d’être réélu. » Une manière de dire que la lutte contre le chômage reste sa préoccupation première, au-delà des polémiques humaines frappant son cabinet. Un aparté qui sonne comme un aveu d’échec sur sa politique économique. Une façon, aussi, de suggérer de manière subliminale que si le chômage ne baisse pas, aucun autre à gauche – à commencer par Manuel Valls – ne pourra prétendre être candidat à sa place en 2017.

La chute du soldat Morelle est une perte très dure pour la nouvelle armée de « combat » voulue par le chef de l’Etat. Après avoir semblé être mis à l’écart ces derniers mois à l’Elysée, le conseiller politique était revenu en grâce, jusqu’à prendre la main sur l’ensemble de la communication présidentielle et des relations avec la presse. Aquilino Morelle hors-jeu, M. Hollande se retrouve sans porte-parole et, a-t-il indiqué à son entourage, sans la moindre idée de la façon dont il pourrait le remplacer.

UNE DES PIÈCES MAJEURES ENTRE L’ELYSÉE ET MATIGNON

Il se sépare aussi d’une des pièces majeures du mécanisme humain liant l’Elysée et Matignon. Proche du nouveau premier ministre Manuel Valls, M. Morelle avait milité de longue date pour le départ de Jean-Marc Ayrault de la Rue de Varenne et pour son remplacement par l’ancien ministre de l’intérieur. « Je suis un atout pour le chef de l’Etat et le premier ministre : je suis un ami de Manuel et j’ai la confiance du président », confiait encore l’ancien conseiller en début de semaine à des journalistes.

Vendredi matin, la pression politique et médiatique était devenue trop forte pour que la situation reste en l’état. Le nouveau premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ainsi que plusieurs élus d’une majorité plus à fleur de peau que jamais, avaient publiquement réclamé son départ. Reçu par M. Valls dans la matinée, M. Morelle a annoncé dans la foulée sa démission par communiqué. « Le premier ministre lui a conseillé de quitter le cabinet du président de la République afin de répondre librement aux questions des journalistes », explique-t-on dans l’entourage du chef du gouvernement.

Ce rendez-vous avec le premier ministre avait été calé en accord avec le président de la République, dont le choix de finalement intervenir depuis Clermont-Ferrand visait aussi à ne pas laisser s’installer l’impression que Manuel Valls avait été à l’origine de la démission d’Aquilino Morelle : en aucun cas le président ne voulait que les Français, qui doutent volontiers de son autorité et de sa capacité à prendre des décisions difficiles, puissent imaginer qu’il avait confié à son premier ministre le soin de limoger son propre conseiller politique.

« IL EST DÉTESTÉ, ON N’IMAGINE PAS À QUEL POINT »

« Depuis 48 heures, je dois faire face à des insinuations et des allégations qui visent à mettre en cause mon honneur, écrit M. Morelle. Je veux redire que je n’ai commis aucune faute. Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts. Néanmoins, j’ai décidé de mettre fin à mes fonctions de conseiller à la présidence de la République pour pouvoir être entièrement libre de répondre à ces attaques. » S’il a démissionné, c’est, précise-t-il, « pour ne pas gêner l’action du président de la République, du gouvernement et de la majorité, dans un moment particulièrement difficile de la vie du pays ».

 

Derrière cette nouvelle crise politique du quinquennat, c’est l’image du chef de l’Etat qui est, une fois de plus, questionnée. Vingt-deux mois à peine après son élection, François Hollande est un président à l’impopularité record, y compris dans son propre camp, largement distancé dans les enquêtes d’opinion par son premier ministre, et dont la gouvernance politique et économique plonge une grande partie des parlementaires de sa majorité dans la colère ou l’incompréhension.

Ils s’inquiètent du niveau de rejet du président dans la société comme dans sa propre famille politique socialiste.« Il est détesté, on n’imagine pas à quel point », s’alarme un parlementaire de province. Une thèse que réfute l’Elysée – « il n’y a pas de rejet de sa personne », dit-on à la présidence – mais qui ne cesse d’inquiéter jusqu’à ses partisans. « C’est comme s’il avait perdu ce qui jusqu’à présent faisait sa force : aimer les gens. Il semble comme marabouté », déplore, interdit, un de ses visiteurs. Bien que dégoupillée au plus vite, l’affaire Morelle risque de couper davantage encore de sa base sociale un président qui, un temps, se voulut « normal ».

 

Bastien Bonnefous et Thomas Wieder - lemonde.fr

 

Elysée: les folies du conseiller de François Hollande

 La première fois que David Ysebaert a ciré les chaussures d’Aquilino Morelle, c’était au Bon marché, dans le VIIe arrondissement de Paris. Il lui a laissé sa carte. Et quelques semaines plus tard, raconte le cireur, « une femme, probablement sa secrétaire, m’a appelé pour prendre rendez-vous ». Au Palais même. Depuis, tous les deux mois environ, « le temps de garantie pour un glaçage », il revient à l’Élysée s’occuper des souliers du conseiller politique de François Hollande, également directeur de sa communication. « Aquilino Morelle a 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure, pour son pied qui a une forme particulière. Des Davison, des Weston… Des chaussures de plein cuir toujours du même style. »

À deux reprises, explique le cireur, confirmant des informations que nous tenions de bonne source à l’Élysée, Aquilino Morelle a même fait privatiser un salon de l’hôtel Marigny afin de se faire cirer les chaussures seul au milieu de cette pièce toute en dorures. « Il y avait une urgence apparemment. Il était au téléphone, en chaussettes, au milieu de cette salle immense. Et moi j’étais face à lui en train de lui cirer ses souliers. »

 

Aquilino Morelle.Aquilino Morelle. © Reuters

 

L’épisode, qui date de mars 2013, a alimenté bon nombre de conversations dans les couloirs de l’Élysée. Il tranche quelque peu avec l’image de modestie et de normalité que souhaitait imprimer François Hollande. Mais au Palais, plus rien n’étonne dans le comportement de celui qui est devenu l’homme fort du cabinet présidentiel, depuis que son ami Manuel Valls a été nommé premier ministre, et que son ennemi, le secrétaire général de l’Élysée Pierre-René Lemas, a été remercié.

Intrigué par le comportement de ce médecin, énarque, qui fut la plume de Lionel Jospin à Matignon, puis le directeur de campagne d’Arnaud Montebourg pendant la primaire socialiste, Mediapart a enquêté pendant six semaines sur l’itinéraire de ce fils d’immigrés espagnols, présenté à longueur de portraits comme « un fils du peuple »incarnant l’aile gauche au pouvoir.

Or ce que nous avons découvert est bien plus grave qu’un comportement mégalomane ou un goût prononcé pour la transgression. Aquilino Morelle, ce conseiller de l’ombre qui n’a pris qu’une fois la lumière, lorsqu’il a signé, en tant qu’inspecteur de l’IGAS (Inspection générale des affaires sanitaires), un rapport très médiatisé sur le scandale sanitaire du Mediator, a beaucoup menti, et a beaucoup omis.

Il a l’image d’un médecin parfaitement intègre, farouche adversaire de l’industrie pharmaceutique et des conflits d’intérêts depuis ce rapport ? Mediapart a découvert qu’il avait travaillé en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques, y compris à une époque où il était censé les contrôler, au mépris de la loi. Il a la réputation d’être un homme aux idées bien ancrées à gauche ? Il se comporte comme un « petit marquis » au Palais où il abuse des privilèges de la République. Il est connu pour sa plume aiguisée ? Il a longtemps fait écrire ses discours par d’autres, notamment à l’Élysée, où son manque de travail fait jaser.

Depuis qu’il est sorti de l’ENA en 1992, Aquilino Morelle est rattaché à l’IGAS, ce grand corps de l’État en charge des affaires sociales et sanitaires. Il a fait, depuis lors, des passages par des cabinets ministériels et par le privé, mais en 2007, il réintègre son corps d’origine. Il est, cette année-là, le rédacteur d’un rapport sur « l’encadrement des programmes d’accompagnement des patients associés à un traitement médicamenteux, financés par les entreprises pharmaceutiques ».

Au même moment, Aquilino Morelle travaille pour un laboratoire danois, Lundbeck. Un dirigeant du laboratoire de l’époque raconte : « Il nous avait été recommandé par un professeur de l’AP-HP (Assistance publique hôpitaux de Paris). Son profil était séduisant. On s’est rencontrés. Il m’a dit qu’il cherchait à travailler pour l’industrie pharmaceutique, qu’il avait du temps libre, que son travail à l’IGAS ne lui prenait que deux jours sur cinq, ce qui m’a semblé bizarre. Mais son profil et son carnet d’adresses nous intéressaient. »

Pour le compte du laboratoire, l’inspecteur de l’IGAS organise deux rendez-vous avec des membres du CEPS (comité économique des produits de santé), cet organisme chargé de fixer le prix des médicaments et les taux de remboursement. « Il nous a ouvert des portes, raconte le dirigeant. Et c’est un enjeu majeur : nous permettre d’aller défendre notre dossier auprès de la bonne personne. On cherchait à stabiliser le prix du seroplex, un anti-dépresseur. »

Ce dirigeant n’a cependant pas demandé à Aquilino Morelle de l’accompagner lors des rendez-vous. « J’ai pensé que ça pouvait être contre-productif. Il était dans une position tellement compliquée, si peu éthique, que ça pouvait être à double tranchant. D’habitude, ce sont plutôt des gens à la retraite qui ont ce type d’activité. »

Interrogé par Mediapart, Aquilino Morelle, n’a envoyé que des réponses par e-mail (voir la boîte noire), repoussant sans cesse le rendez-vous dont il avait convenu. Rémunéré 12 500 euros (hors taxe) pour cette prestation, il assure que tout a été fait dans les règles en vertu du fait qu’« en tant que fonctionnaire, un certain nombre d’activités annexes sont autorisées, dont l’enseignement et le conseil ».

A-t-il déclaré ce contrat auprès de son administration ? « Ces activités ont dû être déclarées à l’IGAS. Je n’en ai pas retrouvé la trace en dépit de mes recherches, nous écrit-il. Ce sont des faits anciens – sept ans – et banals. »

Sollicitée sur ce ménage auprès d’un laboratoire, l’IGAS nous a d’abord répondu que« l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 permet aux fonctionnaires d’exercer certaines activités annexes. À ce titre l’expertise, la consultation, les activités littéraires et scientifiques, les enseignements peuvent être autorisés par le chef de service. C’est ce qui a été fait en 2007. »

Nous avons donc retrouvé le chef de service (c’est-à-dire le directeur) de l’IGAS à l’époque, André Nutte, aujourd’hui en retraite. « J’ai franchement une bonne mémoire,explique-t-il après avoir cité dans l’instant les différents rapports écrits par Morelle à l’époque. Mais je ne me souviens pas avoir signé une telle autorisation. Si l’IGAS a une pièce, qu’ils la sortent. On verra bien qui a signé. Car ça n’a pas de sens. C’est comme si on accordait le droit à un directeur d’hôpital entré à l’IGAS d’aller travailler parallèlement dans une clinique privée. Ou à un inspecteur du travail de conseiller une entreprise. »

Nous avons rapporté l’échange à l’IGAS, qui a du coup changé de discours ce 16 avril. En réalité, explique l’institution, une autorisation n’a été donnée en 2007 que pour donner des cours à l’université Paris 1. Aucune autre autorisation n’a été retrouvée.

Il faut dire que permettre un tel cumul aurait été une aberration selon Michel Lucas, directeur de l’IGAS de 1982 à 1993, à l’origine des révélations sur les millions de francs détournés à l’ARC (association pour la recherche sur le cancer) : « Ces deux fonctions sont incompatibles. On n’autorise jamais un inspecteur à travailler pour une entreprise privée. Alors un laboratoire pharmaceutique… »

L’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 est d’ailleurs clair : « Les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative, de quelque nature que ce soit. » À défaut de dérogation spécifique, « la violation (de cette règle) donne lieu au reversement des sommes indûment perçues, par voie de retenue sur le traitement ».

Pis, au vu de l’article 432-12 du code pénal, cette double activité pourrait être considérée comme une prise illégale d’intérêts. En 2007, au moment des faits, le délit était puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Chantre de la transparence… pour les autres

Aquilino Morelle a visiblement tout tenté pour dissimuler ces faits. L’argent qu’il a gagné pour ces activités a été encaissé via une société, l’EURL Morelle, qu’il a créée en 2006, et qui a été radiée par le tribunal de commerce en mars 2013. Mais les comptes n’ont jamais été déposés à ce même greffe en dépit des obligations légales.

Le 28 février 2007, le jour même où il réintègre l’IGAS, Aquilino Morelle, unique actionnaire de son entreprise, se démet de son rôle de gérant et y place son frère cadet Paul. Le profil de Paul Morelle, qui ouvrira deux ans plus tard, en 2009, un magasin de fleurs, vins et chocolats dans le XVe arrondissement de Paris, ne semble pas coller avec celui d’un expert en médicaments. Mais la démarche est utile : dès lors, plus aucune société n’est directement associée au nom d’Aquilino Morelle lors d’une recherche au greffe.

Jamais dans son histoire, Aquilino Morelle n’a fait référence à son travail pour l’industrie pharmaceutique. « Aucune règle ne disposait que je doive “faire état” de ces contrats », nous répond-il aujourd’hui.

C’est pourtant lui, qui, sur les plateaux de télévision, et lors de multiples émissions de radio, claironnait partout, au moment de son rapport sur le Mediator, que la transparence était nécessaire, comme ici lors d’un passage à France Info le 24 juin 2011 :

 

 

 

« (Il faut) que chacun soit au clair avec lui-même et avec les autres. Il n’y a pas d’interdiction d’avoir un rapport avec l’industrie pharmaceutique pour un médecin. Ça peut se comprendre. Ce qui est obligatoire, c’est de rendre public cela. Il faut que ces contacts soient publics. Quand vous publiez vos relations, vous êtes transparent et chacun peut regarder si (…) il n’y a pas quelque chose qui peut poser un problème en termes d’indépendance. C’est juste ça. Mais c’est énorme. (Si) on a un rapport avec l’industrie pharmaceutique, il faut que tout le monde le sache. On aboutit à des situations où les experts sont parties prenantes. Juge et partie. Il faut en finir avec ça. »

Lors d’un chat à Metronews, il synthétise assez bien ce qu’il martèle partout à l’époque : « Oui, il est exact que l’industrie pharmaceutique a une forte influence sur la politique actuelle du médicament. (…) La culture dominante considère que les laboratoires pharmaceutiques auraient une sorte de « droit » à commercialiser leurs produits, comme s’il s’agissait d’une « marchandise » comme les autres… Il faut changer cet état des choses. »

À la question d’un internaute : « Pouvez-vous citer les noms des laboratoires qui font le plus de lobbying auprès des hommes/femmes politiques? », il répond : « Toute l’industrie pharmaceutique est concernée. » L’internaute est probablement loin de s’imaginer qu’il parle en toute connaissance de cause.

Aquilino Morelle s’interroge-t-il sur le bien-fondé de la démarche après que Lundbeck a choisi de mettre fin à leur relation commerciale en décembre 2007 ? Aucunement. En 2008 et 2009, il continue de vouloir travailler pour l’industrie pharmaceutique. Chez Sanofi, un haut dirigeant nous raconte l’avoir reçu. Et chez Servier, le laboratoire qu’il a démoli dans son rapport sur le Mediator et dont le patron Jacques Servier est mort ce 16 avril, on nous explique avoir également reçu sa candidature à cette époque. Il est vrai que le scandale sanitaire n’avait pas encore éclaté. Mais dans le milieu, la réputation de Servier, son recours systématique à de jeunes visiteuses médicales ou encore ses recherches approfondies sur les appartenances politiques de ses futurs salariés, sont déjà archi-connus.

À l’époque, de l’avis de différents laboratoires qui ont reçu sa candidature, Aquilino Morelle cherche un emploi à plein temps. Ou plus exactement une rémunération, pour accompagner son parcours politique, plutôt qu’une réelle activité. Ce qui n’intéresse pas les laboratoires. Il fait chou blanc.

Aquilino Morelle n’a cependant pas attendu la fin des années 2000 pour bien connaître l’industrie pharmaceutique. En 1992, il sort de l’ENA. Non pas à la 2eplace comme il le raconte à Laurent Binet en 2012 dans le livre Rien ne se passe comme prévu. Mais à la 26e. Lors du grand Oral, il est repéré par Pierre Moscovici, et, assez vite, il intègre le cabinet de Bernard Kouchner, alors ministre de la santé.

Là non plus, nous n’en avons pas retrouvé trace dans ses biographies, mais Aquilino Morelle occupe un poste bien spécifique : conseiller technique en charge du médicament. La même fonction que celle occupée par Jérôme Cahuzac deux ans auparavant (voir notre article sur la corruption à ce poste à cette époque). Le rôle est si central qu’il permet de se faire en quelques mois un carnet d’adresses fourni dans le milieu pharmaceutique.    

Après la défaite de la gauche aux législatives de 1993, Aquilino Morelle réintègre l’IGAS, où il laisse un souvenir très mitigé. Vingt ans plus tard, des inspecteurs parlent encore de la façon dont il s’est servi d’une mission et d’un rapport collectif sur le don du sang en milieu pénitentiaire pour nourrir abondamment un livre personnel sur l’affaire du sang contaminé, La Défaite de la santé publique, qui lui vaudra un début de notoriété. À l’époque, il n’est pas vu comme tire-au-flanc. Mais comme un touche-à-tout, qui, du coup, a tendance à bâcler son travail d’inspecteur.

En 2002, après cinq années à Matignon auprès de Lionel Jospin, il est d’office réintégré à son corps d’origine. Il a perdu aux municipales de 2001 (Nontron), aux législatives de 2002 (Vosges), comme il perdra en 2007 (Seine-Maritime) : sa carrière politique est au point mort, et il veut gagner de l’argent. Euro RSCG, via Stéphane Fouks, qui a participé à l’échec de la campagne de Lionel Jospin, lui offre une porte de sortie, avec la bénédiction de la commission de déontologie.

À Euro RSCG, pourtant, il s’occupe très vite de l’industrie pharmaceutique. Du côté marketing dans la branche Healthcare. Et du côté Corporate, on lui demande de travailler sur l’image des laboratoires, de conseiller sur les stratégies de communication, de réfléchir à la façon d’améliorer l’image des médicaments auprès des consommateurs et des médecins. À l’époque, les principaux clients d’Euro RSCG dans ce secteur s’appellent Pfizer, Lilly, Aventis, Sanofi. Mais il ne donne pas satisfaction, visiblement jaloux de son carnet d’adresses, peu travailleur et pas bien doué pour les relations commerciales selon ses anciens collègues.

L’inspecteur en disponibilité décide alors de faire fructifier son carnet d’adresses pour son propre compte. Parallèlement à sa campagne pour le non au référendum européen aux côtés de Laurent Fabius en 2005, à des fonctions peu prenantes au Génopôle d’Évry puis au Pôle de compétitivité de Medicen, il met en place l’EURL Morelle. Le laboratoire américain Lilly le rémunère 50 000 euros (3 fois 12 500 euros hors taxe), essentiellement pour organiser des déjeuners dans de très bons restaurants du VIIIearrondissement.

Un haut dirigeant de l’époque se souvient : « Il m’a fait rencontrer des parlementaires de gauche comme Marisol Touraine (aujourd’hui ministre des affaires sociales), Jean-Marie Le Guen (aujourd’hui secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement) ou Jérôme Cahuzac. Ainsi que des journalistes. » Autant de personnes qui savent donc pertinemment qu’Aquilino Morelle a travaillé pour l’industrie pharmaceutique… 

« Il participait au travail de lobbying habituel, raconte ce dirigeant. Il appuyait mon discours – forcément, on le payait pour – sur la place des génériques, sur l’emploi, sur la place à faire à de nouveaux médicaments innovants. En tant qu’administrateur du LEEM (syndicat des entreprises du médicament), je tenais un discours classique. Et lui, intellectuel, cultivé, agréable dans le contact, savait y faire pour appuyer. » À notre demande, Lilly a retrouvé dans ses archives l’intitulé du contrat : « mission d’analyse et de conseil sur l’image de Lilly, et préparation à la communication de crise ». À cette époque, Lilly doit d’ailleurs gérer une crise importante avec le scandale du Zyprexa, ce médicament pour les psychotiques qui génère des milliers de plaintes dans le monde en raison de risques connus du laboratoire mais cachés au public.

Abus en tous genres

Au vu de nos découvertes sur son parcours, cette expertise supposée en communication de crise pourrait lui être bien utile. D’autant qu’à l’Élysée, les langues se délient. Au cours de notre enquête, nous avons rencontré de très nombreuses personnes officiant au Palais. Nous avons pris soin de recouper et vérifier chaque information, surtout en raison des bouleversements actuels au cabinet, susceptibles d’attiser les règlements de comptes. D’ailleurs, le service communication a déjà commencé à faire passer le message qu’il « ne s’agit que de rumeurs malveillantes ». Nous n’avons pas pu poser de questions précises à Aquilino Morelle sur ces sujets, mais alerté du fait que nous souhaitions parler de ses abus, il évoque lui aussi des « affirmations dénuées de tout fondement, qui visent uniquement à me salir. Il arrive dans la vie politique que certaines personnes aient intérêt à jeter la suspicion sur une autre ».

Bien sûr, dans un univers compassé, le goût du luxe très assumé d’Aquilino Morelle surprend. Mais où est le mal ? D’autant qu’Aquilino Morelle ne manque jamais de rappeler ses origines modestes, sa famille nombreuse immigrée espagnole, sa mère parlant mal le français, son père ouvrier affûteur chez Citroën. On peut être riche, de gauche, « foncièrement de gauche » selon Les Échos, passer beaucoup de temps au Flore, et trouver que « ce qui est dur, c’est de voir les ouvriers pleurer », ainsi qu’il le déclaraitau quotidien.

Suite à l’affaire Cahuzac, les ministres ont dû remplir une déclaration de patrimoine. « Le fils du peuple qui n’oubliera jamais d’où il vient » (dixit le JDD) leurenvoie alors une tribune qu’il avait publiée en juillet 2010 dans Libération, titrée « Un homme de gauche peut-il être riche ? ». Il y développe l’idée que « la sincérité d’un engagement ou la force d’une conviction ne peuvent se mesurer à la seule aune d’un compte en banque ». Ce que personne ne dément, ni au Palais ni ailleurs.

Mais à l’Élysée, ce sont les manières qui choquent. La façon dont il s’adresse au petit personnel, l’utilise, le terrorise. Et les abus multiples. Aquilino a obtenu que ses deux chauffeurs ne soient pas versés au pool commun. Ils sont donc à sa disposition… et à celle de ses proches. Par exemple, le mardi en fin d’après-midi, comme nous avons pu le vérifier, un des deux chauffeurs véhicule son fils pour des activités personnelles dans le XVe arrondissement.

Au su de tous, Aquilino Morelle n’hésite pas non plus à demander à ses secrétaires de s’occuper de ses affaires personnelles, par exemple quand il a un souci avec un de ses nombreux locataires. D’après nos recherches dans différents cadastres de France, Aquilino Morelle, qui vit dans le Ve arrondissement à Paris, possède en effet des biens immobiliers à Paris, Saint-Denis, Sarlat, Périgueux ou encore Perpignan, la plupart acquis en indivision avec sa femme, elle-même directrice de cabinet de la ministre de la culture.

Depuis janvier, le conseiller politique se serait mis à travailler. Car jusque-là, Aquilino Morelle était parfois présenté comme un bourreau, mais jamais de travail. En mai 2013, lors de la projection à l’Élysée du documentaire « Le Pouvoir », de Patrick Rotman, une bonne partie du cabinet est présente pour se voir à l’écran. Au milieu du film, une scène montre Aquilino Morelle qui arrive à l’Élysée et monte l’escalier qui mène à son bureau. Dans la salle de projection, une voix s’élève : « Tiens, il est 11 heures ! » Éclat de rire général.

Toute l’année 2012, Aquilino Morelle s’est ainsi attribué auprès du président les discours écrits par l’ancienne plume Paul Bernard, avec qui les relations s’étaient rapidement tendues. Alerté, le président a fini par sortir le nègre des griffes du conseiller en décembre 2012.

Très souvent, le conseiller spécial s’absente. Et personne ne sait où il disparaît. Aux bains du Marais, il nous a été confirmé qu’il venait, à une époque, « pas tous les vendredis, mais très souvent en effet, au milieu de l’après-midi. Pour le sauna, le hammam, un gommage, parfois un massage ». À d’autres moments, il s’adonne aux sports de combat, avec un certain talent paraît-il, qu’il ne faut cependant pas exagérer : Aquilino Morelle est parfois présenté comme multi-champion de France de karaté. Vérification faite auprès de la fédération française, il ne l’a jamais été. Ni même finaliste. Ni même champion dans les catégories jeunes (consulter ici les palmarès complets).

Le poste de conseiller spécial du président laisserait-il tant de temps pour les activités parallèles ? Il faut le croire puisque Aquilino Morelle occupe par ailleurs un poste de professeur à mi-temps à la Sorbonne, soit « 96 heures équivalent TD par an », explique l’université. Nommé pour la première fois en 2003, il a été renouvelé pour la deuxième fois en 2012 comme l’a déjà écrit le Lab Europe1. Il dispense trois enseignements : Régulation du système de santé en Master 2, Grands problèmes contemporains en Master 1 et un cours de culture générale préparant les étudiants au concours de l’ENA. Ce qui lui procure un petit complément de salaire, de l’ordre de 2 000 euros par mois.

Le président de la République a été alerté de certains écarts de son conseiller. Pendant la première année de mandat, message a ainsi été transmis à Aquilino Morelle d’arrêter de faire monter de la cave de l’Élysée des crus haut de gamme pour de simples déjeuners ou des réunions de travail, parfois avec des journalistes. Une pratique qui passe mal quand d’autres membres de cabinet disent rembourser leurs plateaux-repas à 8 euros. Quelques semaines plus tard, François Hollande décidera d’ailleurs de limiter la consommation de bons crus, et de vendre une partie de la cave de l’Élysée.

Lors des voyages officiels de début de quinquennat, certains se plaignent aussi de son goût peu modéré pour la piscine en journée et les chambres de luxe en soirée.

Rien ne semble trop beau, trop grand pour le conseiller du président. Dans son bureau – celui qu’occupait Henri Guaino sous la présidence Sarkozy – juste à côté de celui de François Hollande, il a demandé quelques menus travaux lors de son arrivée. Puis a fait changer des meubles plusieurs fois.

En avril 2013, alors que se solde l’affaire Cahuzac et qu’apparaissent au grand jour ses relations avec l’industrie pharmaceutique, une succession d’incidents au Palais semblent sonner son heure. Il est mis en retrait pendant plusieurs mois, ne participe plus aux déplacements à l’étranger ni à certaines réunions décisives. Mais François Hollande ne prend pas la décision de s’en débarrasser.

© Reuters

Et c’est même l’inverse qui se produit, à l’automne 2013, après plusieurs ratés dans la communication présidentielle. Il revient particulièrement en grâce au moment de l’affaire Julie Gayet. Puis il est carrément promu. Artisan du rapprochement Montebourg/Valls, il n’a de cesse de militer pour que Manuel Valls remplace Jean-Marc Ayrault. Ce qui advient le 31 mars 2014. Quinze jours plus tard, plus que jamais, il est parvenu à se placer au centre du dispositif et règne en maître à l’Élysée.

 

À l’issue de cette longue enquête de six semaines, à plein temps, j’ai sollicité Aquilino Morelle le vendredi 11 avril, afin qu’il puisse répondre à mes nombreuses questions. Il rentrait d’un voyage officiel au Mexique le samedi 12 avril. Il m’a appelé dès son retour. Mais il a rapidement voulu que l’entretien se fasse par écrit, ce qui est contraire aux règles de Mediapart. Il a alors souhaité que je lui adresse les questions à l’avance. Nouveau refus, bien évidemment.

Il a alors exigé les thématiques, de la façon la plus détaillée possible. Ce que j’ai accepté de faire, en partie. Il a alors renvoyé un e-mail avec des éléments de réponse, forcément partiels. Nous avons fixé un rendez-vous, de façon que je puisse lui poser des questions complémentaires, insister, relancer, pointer les incohérences : autant de choses impossibles par écrit, ce que sait parfaitement un directeur de communication rodé.

Mais le rendez-vous a été repoussé plusieurs fois à sa demande, au vu de sa « lourde charge de travail ». Alors que nous devions nous voir mercredi 16 avril, il m’a de nouveau fait savoir qu’il ne pourrait honorer ce rendez-vous, me proposant d’envoyer de nouvelles questions par mail. Il n’y a pas répondu.

MICHAËL HAJDENBERG - mediapart.fr

AJOUT: Ce jeudi 17 avril, Aquilino Morelle a publié un droit de réponse à Mediapart sur sa page Facebook. Il ne nous l’a pas spécifiquement adressé, mais comme ce message est public, nous le reproduisons en intégralité :

Droit de réponse à Mediapart, d’Aquilino Morelle. 

Je suis suffisamment au fait de la vie politique pour ne pas m’émouvoir de la charge dont je viens d’être l’objet. Je veux néanmoins apporter ici des réponses précises à ces allégations.

1. Le droit et les faits.

Docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris et ancien élève de l’ENA, je suis inspecteur général des affaires sociales. Comme tout fonctionnaire de l’Etat, j’ai la possibilité de demander à être placé en position dite de « disponibilité » pour exercer une activité dans le secteur privé, comme salarié ou pour créer une entreprise.

C’est ce que j’ai fait à partir du 1er avril 2003. J’ai alors été engagé par la société Euro RSCG C et O, spécialisée dans le conseil en communication.

J’ai respecté toutes les règles et toutes les procédures, en particulier le passage devant la Commission de déontologie.

J’ai transmis à la Commission un dossier complet, indiquant les fonctions qui devaient m’être confiées. Celle-ci a rendu un avis favorable, sans aucune réserve, à l’inverse de ce qu’elle fait parfois.

J’ai donc été engagé avec pour mission de développer une activité « corporate santé » au sein de l’agence. Il s’agissait de travailler dans l’ensemble du domaine de la santé, du champ social de façon plus large, mais aussi dans tous les secteurs de la vie économique, en fonction des dossiers auxquels l’équipe de direction souhaitait m’associer.

Ce fut notamment le cas, à 3 ou 4 reprises dans mon souvenir, pour des laboratoires, soit déjà clients de l’agence, soit au cours d’appels d’offre -qu’ils aient été remportés ou perdus.

J’ai travaillé sur les dossiers qui m’ont été confiés par mes supérieurs hiérarchiques. Etant médecin de formation, il était logique que me soient notamment attribuées des missions supposant une connaissance des problématiques de santé.

Au cours de ce passage dans cette agence, un de ses clients, le laboratoire Lilly, a apprécié mon travail. Aussi, après mon départ de l’agence, les dirigeants de ce laboratoire m’ont-ils proposé de continuer notre collaboration.

C’est à cette fin que j’ai créé l’Eurl Morelle, immatriculée au registre du commerce et des sociétés le 15 mai 2006, société au capital de 1.000 euros, et dont j’étais l’unique actionnaire.

Cette entreprise unipersonnelle n’a eu de réalité économique que pendant deux exercices, 2006 et 2007. En 2008 et les années suivantes, l’entreprise n’a plus eu aucune activité et, donc, aucun chiffre d’affaires. C’est pourquoi elle a été radiée d’office le 15 mars 2013 par le greffe du tribunal de commerce de Paris.

En 2006, mon unique client a été le laboratoire Lilly. Le contrat de conseil a été conclu pour la période du 02 juin 2006 au 15 décembre 2006, pour un montant total de 37.500 euros HT.

A la fin de l’année 2006, j’ai décidé de réintégrer l’IGAS. Aussi, dans cette perspective, j’ai anticipé la cessation d’activité de l’Eurl en demandant à mon frère d’assurer la fonction de gérant.

Cette fonction ne nécessitait évidemment aucune compétence particulière en matière « d’expertise sanitaire ».

J’ai réintégré mon corps d’origine le 1er mars 2007.

En tant que fonctionnaire, un certain nombre d’activités annexes sont autorisées par la loi, dont l’enseignement et le conseil.

C’est à ce titre que je suis professeur associé à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne depuis octobre 2003 et que j’ai aussi enseigné quelques années à Sciences Po Paris, comme beaucoup de hauts fonctionnaires. C’est aussi dans ce cadre que j’ai accepté le contrat ponctuel avec le laboratoire Lündbeck (15 octobre / 31 décembre 2007). Ce fut le second et dernier contrat de cette activité de conseil. Ces activités ont dû être déclarées à l’IGAS. Je n’ai pas retrouvé la trace de cette démarche en dépit de mes recherches. Ce sont des faits anciens –plus de sept ans. Je souligne enfin que je n’ai jamais eu, ni auparavant ni après, de contact avec ce laboratoire.

En particulier, lorsque j’ai été désigné par le chef de l’IGAS pour coordonner l’enquête sur le Mediator en novembre 2010, je n’avais aucun lien avec aucune entreprise quelle qu’elle soit et, en particulier, aucun lien avec aucun laboratoire pharmaceutique.

A aucun moment je n’ai donc été en situation de conflit d’intérêts.

2. La méthode.

Lorsqu’après plusieurs semaines d’enquête le journaliste de Mediapart est entré en contact avec moi, samedi dernier, j’ai répondu à toutes ses demandes adressées par écrit.

A plusieurs reprises, il a manifesté son souhait de me rencontrer, dans le cadre de la préparation de cet article alimenté par des rumeurs et des contre-vérités, ce que j’ai refusé. En revanche tous les bilans et comptes de résultat de mon ancienne entreprise unipersonnelle sur la période allant de 2006 à 2013 lui ont été communiqués dans la plus grande transparence

Je l’ai fait parce que je n’ai rien à cacher à qui que ce soit, que je respecte le travail de la presse, et que je crois que toute ma trajectoire aussi bien personnelle que professionnelle atteste de mon indépendance d’esprit.

Ainsi, à propos de mon patrimoine, commun avec ma conjointe, le journaliste se garde bien de mentionner qu’il a été notamment acquis grâce à des emprunts ; et il ne fait pas état des dettes contractées. Ce patrimoine et les dettes existant en contrepartie ont été communiqués, selon les règles, à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Ainsi, les propos qui me sont attribués quant aux experts sanitaires avaient-ils un sens précis : celui des relations entre experts médicaux travaillant au sein des agences de sécurité sanitaire ou concourant à leurs travaux et l’industrie pharmaceutique. Ils soulignaient un contexte précis : celui de la gravité des fautes commises dans un scandale de santé publique ayant provoqué, selon les estimations disponibles, environ 2500 morts.

Ainsi, il est exact que mon emploi du temps extrêmement chargé ne m’a pas toujours permis d’aller moi-même chercher mon fils le lundi soir, à 19h30, à la sortie d’un enseignement –ce que j’aurais eu beaucoup de plaisir à pouvoir faire moi-même. Il en va de même pour certaines questions personnelles, que mon secrétariat m’a proposé avec gentillesse de me décharger, de façon ponctuelle.

Voilà pour répondre à l’essentiel de ces attaques.

Aquilino MORELLE.

Un plan d’austérité injuste, dangereux et illégitime

Blocage des rémunérations des fonctionnaires, gel des retraites et des prestations sociales, mesures d’économies sur les pauvres : Manuel Valls détaille un plan d’austérité de 50 milliards d’euros d’une violence à laquelle même la droite n’a pas eu recours. À croire que la France a été placée sous la tutelle de la Troïka européenne.

 La rupture de François Hollande avec la gauche est décidément consommée ! Après avoir décidé d’organiser un plan d’allègements fiscaux et sociaux d’une ampleur historique en faveur des entreprises sans leur demander la moindre contrepartie ; après avoir nommé à Matignon le premier ministre le plus à même de mettre en œuvre cette politique néolibérale, en l’occurrence Manuel Valls, il a donné son imprimatur, mercredi 16 avril, au cours du conseil des ministres, à l’un des plans d’austérité les plus violents que la France ait connus depuis la Libération, de même nature que ceux de 1982 ou 1983. Ce plan d’austérité, dont Manuel Valls a présenté les grandes lignes en milieu de journée, présente la triple caractéristique d’être économiquement dangereux, socialement injuste et démocratiquement illégitime.

Voici ci-dessous les deux documents qui permettent de découvrir les détails de ce plan d’austérité. Le premier document est l’allocution que Manuel Valls a prononcée à l’issue du conseil des ministres, pour présenter ces mesures. Le second document a été publié dans la foulée par ses services pour présenter le détail des dispositions.

 

* Un plan d’austérité injuste

À l’examen de ce plan, qui n’est encore guère détaillé, le premier constat qui saute aux yeux est, de fait, son caractère socialement injuste. Portant sur 50 milliards d’euros d’économies qui devront être réalisées en 2015, 2016 et 2017, à hauteur de 18 milliards sur le budget de l’État, 11 milliards sur les collectivités locales, 10 milliards sur l’assurance maladie et 11 milliards sur les autres dépenses de protection sociale, il vise en somme à faire financer par les salariés modestes, les fonctionnaires, ou encore les retraités les cadeaux de plus de 36 milliards d’euros (30 au titre du « pacte de responsabilité », auxquels s’ajoutent d’autres baisses d’impôt) qui viennent d’être annoncés en faveur des entreprises.

C’est cela, la principale injustice de ce plan : il vise à organiser le plus gigantesque transfert de revenus qui ait jamais eu lieu en France des ménages, notamment les plus pauvres, vers les entreprises, y compris les plus riches.

Ce plan, qui ressemble strictement en tous points à celui qu’aurait pu présenter en des circonstances identiques un François Fillon sous la présidence de Nicolas Sarkozy, comporte, ensuite, quand on l’examine poste par poste, de nombreuses autres injustices.

– 18 milliards d’euros d’économies sur l’État. Ce premier volet du plan d’austérité, ce sont les 5,2 millions de fonctionnaires qui vont en faire les frais puisque leurs rémunérations de base vont continuer à être bloquées. « Nous confirmons le gel du point d’indice », a en effet déclaré Manuel Valls. Ce gel a commencé en 2010, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et devrait donc se poursuivre. Jusqu’à quand ? Jusqu’en 2017 ? La formulation utilisée par le premier ministre est assez ambiguë pour le suggérer.

Cette disposition sera donc socialement très lourde de conséquences, puisque les rémunérations de base des trois fonctions publiques sont donc bloquées continûment depuis plus de quatre ans. Ce gel va contribuer à un effondrement du pouvoir d’achat de catégories sociales dont les revenus sont souvent faibles. À titre d’indication, l’Insee vient de publier une étude (elle est ici) qui révèle que les salaires net moyens des trois fonctions publiques ont baissé en euros constants en 2012.

Explication de l’institut : « Dans la fonction publique de l’État (FPE), ministères et établissements publics confondus, le salaire net moyen en équivalent-temps plein (EQTP) a augmenté de 1,1 % en euros courants entre 2011 et 2012. Compte tenu de l’inflation, il a baissé de 0,8 % en euros constants. Il atteint en moyenne 2 460 euros net par mois en 2012.  Dans la fonction publique territoriale (FPT), l’évolution entre 2011 et 2012 est de + 1,4 % en euros courants, soit - 0,5 % en euros constants. Le salaire net moyen en EQTP est de 1 850 euros par mois en 2012. Dans le secteur hospitalier public (SHP), le salaire net moyen croît de 1,3 % en euros courants entre 2011 et 2012  et baisse de 0,6 % en euros constants. Le salaire net moyen en EQTP est de 2 240 euros par mois en 2012. »

Les fonctionnaires, qui ont très majoritairement voté pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle, vont donc payer un lourd tribut au plan d’austérité. L’Élysée et Matignon n’ont, toutefois, pas osé aller au-delà, en mettant en application une autre mesure sulfureuse qui avait été aussi mise à l’étude dans le groupe de réflexion constitué autour de François Hollande : un blocage des mesures de promotion ou d’avancement dans la fonction publique.

Pour ce qui concerne l’État, les autres dispositions évoquées par Manuel Valls lors de son allocution, ou dans le document publié par Matignon, restent particulièrement imprécises. Si imprécises qu’il ne faut pas exclure d’autres très mauvaises surprises lorsque le véritable détail du dispositif sera transmis au Parlement et ne pourra plus être entouré de fortes zones d’ombre.

Dans le cas des effectifs de la fonction publique, les 60 000 créations de postes dans l’éducation nationale, qui constituaient la promesse phare du candidat François Hollande, sont-elles ainsi toujours d’actualité ? Ou, comme y a réfléchi secrètement ces dernières semaines l’Élysée, ces créations pourraient-elles être légèrement revues à la baisse, d’environ 15 000 postes ?

Dans son allocution, Manuel Valls est resté très évasif, sans mentionner le moindre chiffre : « Les effectifs des ministères, hors éducation nationale, sécurité et justice continueront de diminuer. Ces diminutions s’accompagneront toutefois de redéploiements afin de préserver nos services publics. » Le communiqué de Matignon est, lui, un tout petit peu plus précis : « Les créations d’emplois prévues dans l’Éducation nationale, la sécurité et la justice seront maintenues, dans le cadre de la priorité donnée à la jeunesse, et à la sécurité des Français. »

Toujours au titre de l’État, le document de Matignon fait cette mention qui n’a pas été remarquée parce qu’elle est très elliptique : « Les interventions de l’État seront également recentrées pour être plus efficaces. » Énoncée de la sorte, la formule passe, effectivement, inaperçue. Mais c’est un tort car il faut avoir à l’esprit que ce que les têtes d’œuf de Bercy, dans leur jargon, appellent « dépenses d’intervention » constitue une immense enveloppe budgétaire de plus de 60 milliards d’euros, soit plus que les recettes de l’impôt sur le revenu, et dans ce montant sont compris de nombreux crédit sociaux. Dans le lot, il y a ainsi ce que l’on appelle les interventions de guichet (minima sociaux, aides au logement, prestations versées aux anciens combattants, bourses scolaires ou universitaires…), mais aussi les subventions d’équilibre aux régimes spéciaux de retraite ou transferts aux collectivités locales…

Même si le gouvernement a démenti depuis plusieurs jours toute suppression des aides au logement pour les étudiants non boursiers, il faudra donc encore attendre pour savoir qui d’autre sera visé par les coupes claires dans ces crédits.

Enfin, dans ce chapitre, une dernière formulation évasive peut susciter une légitime inquiétude et inviter à penser que quelques mauvais coups sont en gestation : « Les opérateurs et autres agences de l’État verront leurs dépenses de fonctionnement et leurs interventions revues à la baisse », peut-on lire dans le document. Dit de la sorte, cela passe aussi inaperçu. Mais il faut avoir à l’esprit que les opérateurs de l’État sont au nombre de 550 (on peut télécharger la liste ici) et jouent un rôle économique et social souvent décisif (on trouvera ici beaucoup de données à leur sujet).

Un plan avec beaucoup de zones d’ombre

 

 

– 11 milliards d’euros d’économies sur les collectivités locales. Ce second volet est encore plus évasif et imprécis que le premier. Lors de son intervention, Manuel Valls n’a guère donné de détails. Et le document de Matignon se cantonne, lui aussi, à des généralités, du genre : « La Dotation Globale de Fonctionnement sera reformée dans le projet de loi de finances (PLF 2015), pour encourager les comportements vertueux et renforcer les mécanismes de solidarité financière entre collectivités riches et défavorisées. »

Mais il est fort probable que dans les semaines et les mois qui viennent, lorsque l’on aura une idée plus concrète de ce qui se trame, on découvrira des mesures lourdes de conséquences. Soit parce qu’elles contribuent à l’asphyxie financière de certaines collectivités, soit parce qu’elles poussent à des dispositions impopulaires.

– 10 milliards d’euros d’économies sur l’assurance maladie. Ce troisième volet du plan d’austérité entretient, lui aussi, de grandes zones d’ombre sur ce que veut réellement faire le gouvernement. Le document de Matignon indique en effet trois pistes pour réaliser ces économies – mais trois pistes singulièrement floues : « - mieux organiser les parcours de soins, en renforçant les soins de premier recours, en développant la chirurgie ambulatoire, en facilitant le retour à domicile après une hospitalisation, en améliorant le suivi des personnes âgées en risque de perte d’autonomie ; – agir sur la pertinence médicale pour réduire le nombre d’actes et améliorer notre dépense de médicaments, grâce à une consommation plus raisonnée, à un plus grand recours aux génériques et à des prix davantage en adéquation avec l’innovation thérapeutique ; d’interventions inutiles ou évitables. »

Là encore, il faut donc attendre pour savoir ce que cachent ces formulations langue de bois.

– 11 milliards d’euros d’économies sur l’assurance maladie. Ce quatrième paquet du plan d’austérité est, lui, dès à présent un peu plus précis et comprend des mesures qui auront aussi des conséquences sociales graves.

D’abord, les prestations sociales ne seront pas revalorisées pendant un anExplication du document de Bercy : « Cette stabilité concernera les pensions du régime de retraite de base (1,3 milliard d’euros). Le même effort pourrait être réalisé s’agissant des retraites complémentaires qui relèvent des partenaires sociaux (2 milliards d’euros). Cet effort temporaire épargnera les retraités dont les pensions sont les plus modestes puisque le minimum vieillesse continuera, lui, d’être revalorisé. Le niveau des autres prestations sociales (logement, famille, invalidité) sera également stable jusqu’en octobre 2015 (0,7 milliard d’euros). Cette mesure ne touchera pas les minima sociaux (RSA, ASS, AAH, minimum vieillesse), dont la revalorisation sera garantie. »

Cette décision va donc avoir de très graves répercussions sur les 15 millions de Français qui sont retraités, dont le pouvoir d’achat, de l’avis de tous les spécialistes, risque de s’effondrer, car cette disposition de gel des retraites de base va venir se cumuler avec l’accord survenu entre les partenaires sociaux, prévoyant que les retraites complémentaires (Agirc-Arrco) soient revalorisées d’un point de moins que l’inflation en 2013, 2014 et 2015 (lire L’accord sur les retraites rogne le pouvoir d’achat).

Sus donc aux retraités ! Mais sus aussi aux pauvres… Ne prenant visiblement soin de n’épargner aucune catégorie de Français, même les plus pauvres, François Hollande et Manuel Valls ont décidé que les bénéficiaires du RSA apporteront aussi leur quote-part au plan d’austérité. « Décidés dans le plan pauvreté de janvier 2013, les engagements de revalorisation exceptionnelle pour le RSA, le complément familial et l’allocation de soutien familial sont confirmés. Mais elles seront décalées d’une année », a dit le premier ministre.

Décryptons, pour que cela soit plus clair. Lors de sa campagne, le candidat socialiste avait pris des engagements énergiques pour faire reculer la pauvreté. Et en application de ces promesses, une conférence nationale de lutte contre la pauvreté s’est tenue à Paris les 11 et 12 décembre 2012. C’est à cette occasion qu’un plan avait été présenté, prévoyant toute une série de mesures comme la revalorisation de 10 % du RSA (Revenu de solidarité active) sur cinq ans et la création de 8 000 places d’hébergement d’urgence. Dans la vidéo ci-dessous, on peut visionner Jean-Marc Ayrault résumant les décisions de cette conférence pour le RSA.

En clair, la hausse de 1,3 % du Revenu de solidarité active (RSA) « socle » (revenu minimum pour personnes sans ressources) intervenue au 1er janvier 2014 aurait dû être complétée par une augmentation exceptionnelle de 2 % le 1er septembre 2014. Dans le cadre de ce plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le gouvernement avait en effet décidé une augmentation de 10 % d’ici à la fin du quinquennat.

Au terme du plan d’austérité, c’est donc cette hausse de 2 % qui est finalement annulée. Et du même coup, le plan pauvreté est gravement remis en cause.

Usant toujours de la langue de bois, le document de Matignon apporte aussi cette autre précision, un tantinet elliptique : « La modernisation de la politique familiale engagée en 2013 sera poursuivie, en renforçant l’équité des aides aux familles, et en orientant davantage les prestations vers l’emploi des femmes (0,8 milliard d’euros). » Traduction : cette mesure qui vise à renforcer « l’équité » – il faut être gonflé pour oser écrire cela ! – permettra de dégager 800 millions d’euros d’économies. Mais la formule est encore trop tordue pour que l’on puisse comprendre quelle disposition de la politique familiale va être rabotée…

* Un plan d’austérité dangereux

Socialement explosif, ce plan d’austérité est aussi économiquement dangereux, pour de multiples raisons.

D’abord, le gouvernement soumet les fonctionnaires, les retraités ou encore les pauvres à un violent plan d’austérité dans un seul but : trouver les financements nécessaires pour apporter les 36 milliards d’euros de cadeaux annoncés aux entreprises. Sans ces cadeaux, il n’aurait pas eu besoin de soumettre le pays à une telle purge. En clair, le plan d’austérité ne vise en rien à réduire les déficits publics, pour être en conformité avec les engagements pris auprès de Bruxelles.

Or, le gouvernement va offrir ces 36 milliards d’euros aux entreprises sans la moindre contrepartie. Sans obtenir des entreprises des engagements en termes d’emploi ou d’investissement. Il est donc probable que ces cadeaux provoquent surtout des effets d’aubaine et viennent gonfler profits et dividendes au profit des actionnaires. C’est ce que suggérait une étude récente de l’Insee (lire Le choc de compétitivité stimulera d’abord… les profits !).

En clair, le plan d’austérité n’a aucune justification économique. À l’inverse, il risque d’avoir de nombreux effets pervers. Poussant à la baisse le pouvoir d’achat des Français, qui a subi depuis deux ans une chute sans précédent depuis 1984, il risque de replonger le pays dans l’anémie, alors que les signes de reprises sont encore extrêmement ténus.

Il y a donc une forme de dogmatisme de la part du gouvernement, dans la décision qu’il a prise de mettre en œuvre ce plan d’austérité, et dans les modalités. Car, à bien des égards, on sent la patte de la « Troïka » dans ce plan d’austérité : il est très proche de ces fameuses réformes dites structurelles dont raffolent le FMI, Bruxelles et la Banque centrale européenne. Voici donc, en somme, la France en train de suivre une voie assez proche de celle de l’Espagne. Une sorte de cercle vicieux : davantage d’austérité qui conduira à moins de croissance qui conduira à plus de déficits, qui conduira à plus d’austérité…

Ce cercle vicieux, c’est le prix Nobel d’économie Paul Krugman qui l’a le mieux décrit dans l’une de ses chroniques récentes du New York Times : « François Hollande a cessé de m’intéresser dès que j’ai compris qu’il n’allait pas rompre avec l’orthodoxie destructrice de l’Europe et son parti pris d’austérité. Mais maintenant, il a fait quelque chose de vraiment scandaleux. Ce qui me choque, c’est qu’il souscrive désormais aux doctrines économiques de droite, pourtant discréditées. (…) Quand François Hollande est arrivé à la tête de la deuxième économie de la zone euro, nous sommes quelques-uns à avoir espéré qu’il se dresse contre cette tendance. Mais comme les autres, il s’est soumis, soumission qui vire désormais à la faillite intellectuelle. L’Europe n’est pas près de sortir de sa deuxième “grande dépression”. »

* Un plan d’austérité illégitime

C’est la dernière réflexion à laquelle invite ce plan d’austérité : s’il apparaît stupéfiant, c’est aussi parce qu’il est mis en œuvre, comme dans une folle fuite en avant, par un pouvoir qui vient d’être gravement sanctionné, précisément pour avoir ébauché cette politique d’austérité.

Ce plan prend donc des allures de provocation. Alors que la gauche est fracturée comme elle ne l’a jamais été ; alors que la majorité présidentielle vient d’imploser et que les Verts viennent de sortir du gouvernement ; alors que la fronde a gagné jusqu’aux rangs socialistes, avec des députés de l’aile gauche qui refusent de voter la confiance au nouveau gouvernement, François Hollande, plus isolé que jamais, continue, tête baissée, dans son impasse. Pas un geste social en direction des pauvres, pas un geste en direction des députés de son propre parti, il use des pouvoirs exorbitants que lui confèrent les institutions de la Ve République pour faire l’exact contraire de ce que semble vouloir le pays.

Cet entêtement-là, où conduira-t-il ? Depuis de longs mois, François Hollande attise contre lui une colère qu’il fait mine de ne pas entendre. Une colère qui va encore grossir…

 LAURENT MAUDUIT - mediapart.fr

Le Japon choisit finalement de relancer ses centrales nucléaires


La centrale de Mihama, sur la côte occidentale de Honshu (préfecture de Fukui), est exploitée par la compagnie Kepco. 
Le gouvernement de Shinzo Abe n’exclut pas la construction de nouveaux réacteurs
 

 

Le Japon renonce à la sortie du nucléaire. Dans son projet de nouvelle politique énergétique, dévoilé vendredi 11 avril, le gouvernement nippon confirme les orientations affichées depuis le retour au pouvoir, fin 2012, de Shinzo Abe, à savoir un approvisionnement énergétique le plus stable et le plus économique possible, s’appuyant sur le nucléaire.

Dans le document – revu tous les trois ans et qui fixe les orientations pour les vingt prochaines années –, l’atome est considéré comme l’une des sources d’énergie  » de base « , capable de fournir de l’électricité à bas coût.

Le nouveau texte met fin à l’objectif, fixé en 2012 par l’administration précédente, d’une sortie du nucléaire d’ici à 2040, pourtant soutenue par deux tiers des Japonais, selon de récents sondages.

Répondant notamment aux appels du Keidanren – la principale fédération patronale – mais également de compagnies d’électricité en difficulté financière, le gouvernement de Shinzo Abe s’est engagé à  » soutenir la relance des réacteurs à l’arrêt « .

Pour cela, ceux-ci devront respecter les normes fixées en juillet 2013 par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ARN).

Cet organisme a été mis en place dans le cadre de la refonte d’un secteur dont les défaillances sont clairement apparues au moment de la catastrophe nucléaire de mars 2011 à la centrale de Fukushima, propriété de la Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco).

La résolution de cette catastrophe, la pire depuis celle de Tchernobyl, en 1986, pourrait prendre au moins quarante ans et coûter 5 810 milliards de yens (41,2 milliards d’euros).

L’ARN mène actuellement une inspection de deux réacteurs à la centrale de Sendai, dans le département de Kagoshima (Ouest). Ceux-ci pourraient être les premiers relancés, dès le mois d’août.

La nouvelle politique n’exclut pas la construction de nouveaux réacteurs. Elle appuie aussi la poursuite de la coûteuse et controversée stratégie de recyclage du combustible nucléaire.

Depuis l’arrêt de l’ensemble des réacteurs, les compagnies d’électricité font tourner leurs centrales thermiques, ce qui menace leur santé financière.

Les importations de gaz naturel, de charbon ou de pétrole ont augmenté. Elles ont fait croître en moyenne de 20 % la facture d’électricité des particuliers et creusé le déficit commercial, à 11 500 milliards de yens en 2013, contre 6 900 milliards de yens en 2012.

C’est dire si la relance du nucléaire est espérée par les compagnies d’électricité. Pourtant, bien des incertitudes demeurent. Une étude dévoilée le 1er avril, par l’agence Reuters estimait que deux tiers des 48 réacteurs japonais – sur les 54 en service avant Fukushima – pourraient ne jamais redémarrer.

L’étude mettait en avant leur âge, la proximité de failles sismiques, les travaux nécessaires pour les mises aux normes, les plans d’évacuation et le désormais obligatoire accord des autorités locales.

Tatsujiro Suzuki, ex-vice président de la commission japonaise de l’énergie atomique (JAEC), a qualifié cette étude d’ » évaluation assez juste « . Un tiers des réacteurs n’assurerait que 10 % environ des besoins en électricité du Japon, contre 28 % avant Fukushima.

Dans sa nouvelle politique, le gouvernement a, sous la pression de la coalition au pouvoir, accepté de mentionner une baisse de la dépendance à l’atome par une amélioration de l’efficacité des centrales thermiques et un usage accru des énergies renouvelables.

Le texte gouvernemental signale, à titre indicatif, l’objectif fixé avant Fukushima de 20 % d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030.  » Au cours des trois prochaines années, assure le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, le développement de – ces – énergies sera une priorité. « 

Le système de soutien aux énergies renouvelables – il a été lancé en juillet 2012 – a déjà permis d’ajouter au réseau 5,8 gigawatts de capacités de production.

Mais son développement se heurte au bon vouloir des compagnies d’électricité. Contraintes de racheter le courant produit à des tarifs fixés par le gouvernement, certaines imposent des limites à la connexion des nouvelles centrales solaires ou éoliennes à leurs réseaux, au nom de la stabilité de l’approvisionnement.

Par ailleurs, le document dévoilé le 11 avril ne fixe pas la répartition des sources d’électricité à moyen et long termes. Celle-ci devrait être déterminée dans trois ans, en pleine réforme du secteur de l’électricité.

La libéralisation totale de la distribution est prévue pour 2016. La séparation de cette dernière des activités de production au sein des dix monopoles régionaux est attendue entre 2018 et 2020.

Ces réformes, ajoutées à la hausse des tarifs et aux problèmes liés à l’arrêt des réacteurs nucléaires, exacerbent la concurrence. Profitant de l’ouverture du marché hors particuliers, en place depuis 2005 sans avoir suscité de grands changements, la compagnie d’électricité du Chubu a acquis, en octobre 2013, 80 % de Daimond Power, une filiale de Mitsubishi, pour vendre de l’électricité dans la zone desservie par Tepco.

Philippe Mesmer – lemonde.fr

 

Les arnaques du web

 

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Tiré de 01net magazine – Dossier réalisé par Stéphane Barge, Fouad Bencheman, et Carole Lembezat -Illustration Vincent Mahé

 

 

 

Comment notre ordinateur nous manipule

 

Nous pensions que l’informatique allait faire de nous des consommateurs tout-puissants. Mais les sites marchands nous manipulent, notamment grâce aux cookies, ces lignes de code servant à pister les internautes
 

Tout a commencé avec une géniale invention, celle du cookie. Une simple ligne de code – par exemple MC1  : UID =  6daa554 691bd4 f9089dc9d92e5cdadf4 – déposée sur votre navigateur par les sites Web que vous visitez, et des publicités ciblées s’affichent sur votre écran. Appelé ainsi en référence aux biscuits que les restaurants offrent au moment de l’addition, le cookie apparaît dès 1994, l’année où le Web s’ouvre au public.  Vingt ans plus tard, il reste le socle de la publicité en ligne, une industrie qui a réalisé en  2013 un chiffre d’affaires mondial de 102  milliards de dollars.

Les cookies sont gérés par des sociétés spécialisées qui les déposent, les récoltent, les classent, les analysent, les agrègent et les revendent.  Ils servent à vous identifier, à vous pister de site en site, à retenir vos mots de passe, à gérer vos paniers d’achat, à déterminer si votre navigation est lente ou rapide, hésitante ou déterminée, systématique ou superficielle… L’objectif est de vous  » profiler « , c’est-à-dire de créer des fichiers personnalisés, stockés dans des bases de données. En d’autres termes, de mieux vous connaître afin de vous présenter le bon message publicitaire au bon moment et dans le bon format. Vous pouvez effacer les cookies, mais de nouveaux arriveront dès que vous reprendrez la navigation. Et si vous les bloquez, la plupart des sites ne fonctionneront plus. Certains cookies ont la vie dure  : ceux que dépose Amazon aujourd’hui sont conçus pour durer jusqu’en  2037.

Un exemple  : dès la page d’accueil du site d’e-commerce Priceminister, votre navigateurreçoit d’un coup 44  cookies provenant de 14  agences spécialisées – telles que RichRelevance, Doubleclick, Exelator… Rendez-vous à la rubrique  » Téléphonie mobile « , vous récoltez 22 nouveaux cookies. Et en cliquant sur la photo d’un smartphone Samsung, vous déclenchez une nouvelle rafale de 42 cookies provenant de 28 sources  : en trois clics, vous voilà fiché 108  fois par une quarantaine de bases de données. Si vous commencez à acheter le téléphone mais abandonnez en cours de route, vous serez repéré par la société française Criteo, spécialisée dans le  » reciblage « . Des publicités pour le produit que vous avez failli acheter s’affichent sur votre écran pendant des jours, et vous suivront sur tous les sites que vous visiterez.

Criteo a besoin de machines puissantes  : pour identifier un internaute, contacter la plate-forme qui gère ses espaces publicitaires, proposer un prix, conclure l’affaire et afficher la bannière, elle dispose de 13  centièmes de seconde – faute de quoi l’espace sera vendu à un concurrent. Entreprise de taille moyenne, Criteo reçoit 20  téraoctets (vingt mille milliards) de données par jour, et touche 850  millions d’internautes par mois, certains des centaines de fois. On ignore le volume de données traitées par un géant comme Google, mais on sait qu’il possède plus d’un million de serveurs dans le monde. Pour rendre compte de cette réalité, les mathématiciens ont inventé une nouvelle unité de compte, le zettaoctet (mille milliards de milliards).

Afin d’affiner le ciblage, les publicitaires croisent les cookies avec d’autres données récoltées sur Internet  : votre adresse IP (Internet Protocol, qui identifie et localise votre ordinateur), votre langue usuelle, vos requêtes sur les moteurs de recherche, le modèle de votre ordinateur et de votre navigateur, le type de votre carte de crédit… Si vous avez livré des informations nominatives – en faisant un achat ou en remplissant un questionnaire -, elles seront également exploitées. Parfois, vos données Internet seront croisées avec d’autres, provenant du monde réel – relevés de cartes bancaires, tickets de caisse, déplacements de votre téléphone…

La société Acxiom, spécialisée dans le croisement des cookies et des données obtenues par d’autres moyens, vend aux annonceurs des profils triés selon 150  critères, parmi lesquels  » fait de la couture « ,  » héberge un parent âgé  » ou  » possède un chat « . Un fichier de mille personnes contenant des données de base est vendu en moyenne 60 centimes, mais le prix peut grimper à 250  euros pour des profils détaillés – comme, pour un laboratoire pharmaceutique, une liste d’adultes obèses ayant déjà acheté des produits amincissants. Ces données sont  » anonymisées  » car, pour vous cibler, les ordinateurs n’ont pas besoin de votre nom – il leur suffit de connaître vos revenus, vos envies, vos besoins, votre sexe, votre âge, votre métier, vos loisirs, votre origine ethnique, votre code postal, vos maladies, votre situation de famille, votre logement, votre voiture, votre religion, vos voyages…

Le ciblage va jusqu’à modifier le prix d’un produit selon le profil. Si vous consultez un comparateur de prix, puis un site de voyages, ce dernier baisse ses prix pour s’aligner sur la concurrence, quitte à se rattraper sur les  » frais de dossier « . Si vous surfez avec un ordinateur à 3 900  euros, le site affichera des chambres d’hôtel plus chères que si vous utilisez un portable à 300  euros. Le libre choix du consommateur, apparemment décuplé par l’informatique, semble en fait amoindri. L’homme numérique aurait-il accepté de se laisser dominer par les machines dans le seul but de faire ses courses de façon moins fatigante ?

Le philosophe William Bates, professeur d’histoire des technologies à l’université de Californie, à Berkeley, note que les professionnels du big data exploitent une caractéristique essentielle de l’être humain :  » Ils nous font comprendre que nous ne contrôlons pas notre propre comportement et, en un sens, ils ont raison. Statistiquement, les humains réagissent de façon très prévisible à certaines situations, selon des mécanismes cérébraux qu’ils ne maîtrisent pas. «  Une situation qu’amplifie l’accélération de l’innovation  :  » D’un côté, les technologies de l’information influent sur notre cerveau  : nous ne pensons plus de la même façon que les générations précédentes, souligne William Bates. Mais par ailleurs, très peu d’entre nous, y compris les jeunes, comprennent comment fonctionne un ordinateur. Nous laissons les technologies nous façonner, mais nous n’avons pas encore créé les outils intellectuels pour nous aider à comprendre ce qui nous arrive. «  Le philosophe relativise cependant cette angoisse existentielle  :  » Depuis les débuts de la civilisation, les humains sont construits par la culture dans laquelle ils évoluent, et donc par la technologie qui en fait partie. C’est ce qui nous distingue des animaux. Il serait naïf de croire que le cerveau humain était jadis plus « naturel » ou plus « libre », et que les nouvelles technologies nous auraient dépossédés de quelque chose. « 

Pour influer sur nos cerveaux, les publicitaires disposent d’une énorme puissance de calcul. Ils emploient des mathématiciens pour concevoir les algorithmes, des développeurs pour les traduire en langage informatique, des ingénieurs pour construire l’architecture des bases de données, des analystes pour capter et exploiter des données… La dernière mode est à  » l’analyse prédictive  » : au lieu de réagir au comportement des internautes, les publicitaires veulent les prévoir afin d’agir par anticipation. Pour cela, ils font appel à une discipline encore expérimentale  : lemachine learning, ou apprentissage automatique, une branche de l’intelligence artificielle. Il s’agit de doter les ordinateurs de la capacité à améliorer leurs performances sans intervention humaine. Selon Franck Le Ouay, directeur scientifique de Criteo,  » le machine learning désigne la capacité d’un programme à s’adapter à une nouvelle situation. Nous mettons au point des algorithmes autorégulés et auto-apprenants « .

Si un soir, vers 18  heures, le programme détecte que les Parisiens utilisent moins Internet que d’habitude, il modulera les affichages publicitaires en conséquence. Mieux  : bientôt, le système pourra constater, en consultant un site de trafic routier, qu’un gros embouteillage bloque la capitale, et en déduire que les Parisiens arriveront chez eux en retard, ce qui décalera leur usage d’Internet… Criteo, qui emploie déjà 160  mathématiciens, va en embaucher une centaine en  2014. Franck Le Ouay place la barre très haut  :  » Nous devons réussir l’exploit de faire plus de prédictions avec la même masse de données. « 

Les expériences se multiplient. Le mathématicien Erick Alphonse, de l’université Paris-XIII, met au point un système baptisé Predictive Mix. Il étudie d’abord deux échantillons d’internautes  : l’un verra une bannière publicitaire s’afficher sur son écran, l’autre non. En comparant le taux d’achat du produit dans chaque groupe, il quantifie l’efficacité du message. Armé de ces premiers résultats, Predictive Mix répartit les profils en quatre groupes. L’internaute qui achète un produit sans voir de publicité est un  » captif  »  : inutile de gaspiller de l’argent pour le convaincre ; celui qui achète quand il ne voit pas de publicité, mais cesse d’acheter quand il en voit, est un  » réfractaire  »  : il faut le laisser tranquille ; celui qui n’achète jamais rien est à oublier – trop difficile à convaincre ; enfin, celui qui n’achète rien quand il ne voit pas de publicité mais se met à acheter quand il en voit est un  » réceptif « , la cible la plus digne d’intérêt.

Etape suivante, l’ordinateur compare l’échantillon des  » réceptifs confirmés  » avec la population d’une base de données. Tous les internautes dont le profil est similaire à ceux des  » réceptifs  » seront à leur tour classés comme tels. Et l’annonceur éliminera de sa campagne les trois autres groupes.  » Grâce à ce ciblage fin, explique Erick Alphonse,l’annonceur économise de l’argent, puisqu’il achète moins d’espaces tout en réalisant un meilleur retour sur investissement. « 

Une autre société française, Weborama, s’est lancée dans une aventure encore plus lourde  : exploiter le  » Web des mots « . Grâce à des programmes robotisés, elle collecte les textes publiés sur un vaste choix de sites et de forums. A partir de ces données brutes, les linguistes de Weborama ont extrait un lexique de six mille termes pertinents dans le contexte de la publicité.  Dans un second temps, les mathématiciens organisent le Web comme un  » espace métrique  »  : ils calculent la distance relative entre les mots, selon qu’ils sont plus ou moins souvent associés dans la même phrase. Puis ils rassemblent ces mots associés en 177 groupes thématiques – assurances, jeux d’argent, nourriture, sport, animaux domestiques… Le patron de Weborama, Alain Levy, résume ainsi son approche  :  » Cette taxonomie devient notre vision du Web. La référence n’est plus le site, mais le mot. « 

On passe alors à l’exploitation commerciale. Grâce à des accords avec des agences, Weborama place des cookies sur des millions de navigateurs. Puis elle les piste à travers le Web, et collecte les mots publiés sur tous les sites qu’ils vont visiter :  » Chaque profil se voit ainsi attribuer un nuage de mots qui lui est propre « , explique Alain Levy. Les ordinateurs vont ensuite projeter ce  » nuage  » sur la base de données contenant les groupes de mots, et attribuer à chaque profil une note par catégorie. En croisant les notes – par exemple 13 sur 14 (le maximum) pour les mots associés à la mode, 12 pour le design, mais seulement 2 pour le sport, 1 pour les voitures -, Weborama va pouvoir dire à l’annonceur qui se cache derrière chaque cookie  :  » Ce sera par exemple une femme de 34 à 49 ans, passionnée de mode, indifférente au sport, détaille Alain Levy. Elle sera sans intérêt pour certains annonceurs et très désirable pour d’autres. L’Oréal sera prêt à payer 2  euros pour afficher une bannière sur son écran. «  Weborama possède à ce jour 62  millions de profils pour la France – il y a des doublons, car une même personne peut utiliser plusieurs appareils (PC, smartphone, tablette). La mise à jour est permanente, chaque clic provoquant de nouveaux calculs.

L’analyse prédictive envahit tous les secteurs d’activité. Des start-up se créent pour faciliter la migration de ces nouvelles compétences vers les industries traditionnelles. En France, la société Dataiku a mis au point une suite logicielle qui permettra à des cadres sans formation informatique pointue de se lancer dans la gestion de bases de données et l’analyse prédictive  :  » Nos clients potentiels, affirme Florian Douetteau, patron de Dataiku, sont les entreprises industrielles qui possèdent des stocks de données dont ils ne font rien, et qui veulent les exploiter pour résoudre des problèmes de façon innovante. «  Il cite comme exemple un gestionnaire de parcmètres souhaitant, à partir des données de stationnement, modéliser la circulation automobile dans des milliers de villes.

L’espoir suprême des chercheurs est que les ordinateurs donnent du sens à des données diffuses et chaotiques, livrées en vrac. En découvrant des modèles et des corrélations qu’aucun humain n’aurait imaginés, ils répondront à des questions que personne ne leur a posées. De ce fait, le débat sur l’existence d’une  » intelligence  » chez ces ordinateurs auto-apprenants est déjà obsolète. Pour les professionnels du secteur, l’important n’est pas de savoir si la machine fonctionne comme un cerveau humain, mais de constater qu’elle obtient, par des voies différentes, des résultats égaux ou supérieurs à ceux qu’aurait obtenus un humain.

Quant au rapport entre l’homme et la machine, divers penseurs américains l’ont résumé en une question que chacun devrait se poser  : votre savoir-faire est-il complémentaire du savoir-faire de votre ordinateur, ou votre ordinateur fait-il un meilleur travail sans vous ? De fait, les mathématiciens ont commencé à détruire certains métiers de la publicité – analystes, médiaplaneurs, etc. Reste à savoir si la montée en puissance de ces techniques de plus en plus invasives va entraîner une réaction des populations visées.

Le philosophe William Bates rappelle que rien n’est jamais joué  :  » Le fait même que notre cerveau soit malléable signifie que la technologie ne nous prédétermine pas entièrement. A certains moments historiques, nous pouvons décider de ce que nous allons devenir. Mais pour cela, il faut réfléchir et agir. Or, c’est peut-être ce qui nous effraie le plus. Si nous décidons que l’innovation est devenue incontrôlable, nous nous déchargeons de toute responsabilité, c’est plus confortable. «  De son côté, Melanie Swan, une créatrice de start-up californienne qui se définit comme une  » philosophe de la technologie « , remarque que de nombreux internautes commencent à déployer des stratégies d’autodéfense  :  » Ils éparpillent leurs données sur plusieurs sites – leurs photos chez un prestataire, leurs e-mails chez un autre, leurs requêtes chez un troisième – dans l’espoir qu’aucune de ces sociétés ne pourra établir leur profil complet. Ce comportement est l’indice d’une « proto-sensibilité » à ce problème. Ils sentent que quelque chose ne va pas, mais restent impuissants. Mais c’est en train de changer. « 

Selon Melanie Swan, on assiste aux Etats-Unis à la naissance d’un mouvement intellectuel visant à inciter les internautes à devenir des sujets actifs dans cette affaire  : » Quand nous laissons une entreprise s’emparer de nos données personnelles, nous effectuons une transaction, nous livrons une matière première qui a de la valeur. Or, nous n’avons aucun pouvoir de négociation, nous acceptons les conditions imposées par l’industrie. «  La solution est évidente  :  » Je pense que les internautes vont s’unir et s’organiser pour défendre leurs intérêts en tant que fournisseurs de données. Pour cela, ils vont s’inspirer des associations de défense des consommateurs, ou même des syndicats ouvriers. Seule une réponse collective et solidaire pourra rétablir l’équilibre. «  Si les internautes parviennent à changer le rapport de force avec l’industrie, ils pourront exiger d’être payés pour leurs données, ou imposer des conditions et des restrictions à leur usage. Pour les penseurs de la Silicon Valley, cette stratégie sera sans doute plus efficace que des lois imposées par les Etats, souvent en retard d’une guerre.

Yves Eudes-lemonde.fr

 

LES CONTRIBUABLES NE DONNENT PAS LEUR CONFIANCE À M. VALLS

 

confiance

Le nouveau Premier Ministre, Manuel Valls, a fait son discours de politique générale : il est certain qu’il n’aurait pas eu la confiance des contribuables si ceux-ci avaient pu voter !

Valls annonce 50 milliards d’économies : 19 milliards pour l’Etat, 10 milliards pour l’assurance-maladie, 10 milliards pour les collectivités locales et 10 milliards qui viendront«d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations». Mais ce n’est pas autre chose qu’un enfumage de première classe !

C’est ça, le « gouvernement de combat » ?! 

Que sont, en effet, ces 50 milliards d’euros comparés aux 2000 milliards d’euros de dettes que supportent les contribuables français ? L’Etat veut faire des économies, peut-être, mais en attendant ce sont toujours les contribuables qui doivent payer la facture : 30.000 euros par français ! Il est évident que ces économies ne résolvent rien du tout : elles détournent simplement les regards de la banqueroute annoncée de notre pays.

Quant aux autres mesures, ce sont des rustines appliquées sur un pneu déjà crevé.

Les mesures annoncées : des rustines sur un pneu déjà crevé…

Suppression des charges pour l’employeur d’un salarié payé au Smic : prévu pour le 1er janvier 2015

Le smic n’a jamais été un facteur d’incitation à l’embauche, ni à la reprise du travail pour les bénéficiaires du système social.

De plus, le coup de pouce financier est dérisoire : si Valls dit fièrement que cela va«procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire», cela ne représente que 40 euros par mois ! Quel programme social ! Quelle audace ! Sachant que la moindre course dans un supermarché coûte environ 150 euros, on sent déjà l’enthousiasme dans les chaumières… A ce tarif-là, mieux vaut rester au chômage à toucher des allocations…

Réduction du taux normal de l’impôt sur les sociétés à 28% en 2020

C’est tout bonnement pathétique ! Le Royaume-Uni, pays à la croissance nettement supérieure à celle de la France, le baisse à 21% cette année puis à 20% d’ici 2016. Les pays voisins suivent cette tendance.

Réforme des collectivités locales

Seul point intéressant : «réduire de moitié le nombre de régions» d’ici à 2017 et supprimer les conseils départementaux «à l’horizon 2021». Voici une mesure que les Contribuables peuvent accueillir avec joie : être enfin débarrasser de cet insupportable mille-feuille d’élus qui coûtent chers ! Encore faut-il que Valls ait réellement le courage d’aller au-delà de l’effet d’annonce et de sabrer dans le maquis électoral. Rien n’est moins sûr…

La France, on l’aime ou on la quitte ?

Finalement, après 47 minutes de discours de politique générale et un chapelet de mesures politiquement correctes, on voit que Valls, ce naturalisé français, ne s’est pas posé la question essentielle : pourquoi tant de contribuables français de souche veulent quitter la France ? Il est vrai que la réponse risque de ne pas lui plaire…

contribuables.org

Valls : beark ! beark ! beark !

Les indécrottables gogos du « vote utile » sont servis. Valls va les tondre à souhait comme nous tous le serons ! Et il est à craindre que ce ne soit pas suffisant pour les faire cesser de faire les moutons. Si vous avez le moindre doute, lisez ce qui suit et pour saurez pourquoi il faut vraiment laisser vos bâtons à la maison avant de monter marcher samedi 12, tellement ça pourrait vous démanger de vous en servir !
Le discours de Manuel Valls devant l’enclos de moutons du groupe socialiste enthousiaste est un reniement écœurant. Mais la paille des mots poudrait l’air jusqu’à l’hallucination. Valls brillait par la force du souvenir calamiteux de Jean-Marc Ayrault. Et l’illusion a bien fonctionné si j’en juge par ce que je lis à ce sujet dans la « bonne presse ». Ce  post devrait dégriser ceux des nôtres qui se seraient abandonnés à réduire encore toute la politique au verbiage médiatique !
Le discours de Valls est d’abord et surtout un coup de barre à droite d’une violence égale aux milliards qu’il va prendre au peuple tout entier pour payer la nouvelle pluie de faveurs qu’il va faire ruisseler sur le patronat financiarisé au nom de la glorieuse « politique-de-l’offre-qui-créé-la-demande » de François Hollande. Baisse des cotisations sociales, coupes drastiques dans les dépenses publiques, baisse de l’impôt sur les sociétés, suppression des départements et baisse du nombre de régions… Rien de tout cela n’était dans le programme de François Hollande en 2012. Mais Manuel Valls n’a rien inventé pour autant. Il a seulement pillé le programme de Nicolas Sarkozy, de l’UMP, du MEDEF et même du FN !

Séance tenante cet homme a encore affaibli ce qui reste de majorité parlementaire. Après avoir perdu la participation ministérielle des Verts, il perd contre toute attente la moitié du groupe parlementaire de ce parti pourtant élue sur des circonscriptions cédées par les socialistes. Comment le leur reprocher ? Onze députés socialistes ont eux aussi refusé la confiance en s’abstenant. Et le groupe que préside le communiste André Chassaigne est même passé de l’abstention pour Ayrault au vote contre la confiance au gouvernement ! S’il en est ainsi c’est que l’addition est particulièrement salée et les privilèges promis aux puissants spécialement colossaux !
Le Père-Noël du MEDEF a parlé

Au-delà des formules de communicants, Manuel Valls a adressé une fin de non-recevoir à la gauche naïve, celle de l’indécrottable « vote utile » qui espérait trouver avec lui la fin de sa honte.  Bien sûr, comme Jean-Marc Ayrault avant les élections, Manuel Valls répète les poncifs du MEDEF : « le coût du travail doit baisser. Il pèse lourd ». Le pacte de responsabilité est confirmé et précisé. Les 20 milliards d’euros de Crédit d’impôt compétitivité seront bien complétés par 10 milliards d’euros de nouveaux cadeaux. Manuel Valls a aussi prévu de supprimer toutes les cotisations patronales sur les emplois payés au SMIC. Et de baisser les cotisations sociales patronales pour la famille de 1,8 point sur tous les emplois payés jusqu’à 3,5 SMIC soit « 90% des salariés ».

Le pacte de responsabilité est même complété par de nouveaux cadeaux fiscaux pour le patronat. Manuel Valls a annoncé plus de 12 milliards d’euros de baisse d’impôts pour les entreprises ! Ainsi, la « C3S », Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés sera purement et simplement supprimée. C’est un cadeau de 6 milliards d’euros ! Sans aucune contrepartie. Et comme c’était une contribution basée sur le chiffre d’affaires, les plus grosses entreprises gagneront le plus ! D’autant que les 500 000 plus petites entreprises du pays ne gagneront rien du tout puisque la C3S n’est payée que par les entreprises dont le chiffre d’affaire dépasse 760 000 euros par an. La suppression de cette taxe était la revendication numéro un du MEDEF dans les Assises de la fiscalité des entreprises. C’est un cas typique de l’égoïsme du grand patronat. Car la C3S sert pour l’essentiel à financer le régime social des travailleurs indépendants et des commerçants. Valls satisfait donc le MEDEF sur le dos des travailleurs indépendants !

Le MEDEF peut aussi se frotter les mains pour une autre raison. Manuel Valls prépare un deuxième cadeau fiscal. Il a ainsi annoncé une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés. Actuellement de 33%, Manuel Valls a annoncé qu’il serait abaissé à 28% !
Selon les années, un point d’impôt sur les sociétés rapporte entre 1,2 et 1,5 milliards d’euros. Une baisse de 5 points devrait donc coûter au moins 6 milliards d’euros par an de manque à gagner pour l’Etat. Tout le monde n’est pas frappé par l’austérité ! Là encore, c’est un chèque en blanc que fait Valls : la baisse du taux d’impôts sur les sociétés sera aveugle. Elle ne fera pas la différence entre les grandes et les petites entreprises. Et les grandes entreprises pourront continuer à cumuler les niches pour faire encore plus baisser leur facture fiscale.
Manuel Valls n’ayant rien dit sur le sujet, il n’y aura pas de contrepartie exigée à cette baisse d’impôt sur les sociétés, ni pour les créations d’emplois, ni en obligation d’utilisation des bénéfices pour l’investissement. Aucune contrepartie au Crédit d’impôt compétitivité, aucune contrepartie au pacte de responsabilité, aucune contrepartie à la suppression de la C3S, aucune contrepartie à la baisse de l’impôt sur les sociétés ! Rien qu’avec ces quatre mesures, le montant total des chèques en blanc de Hollande au grand patronat atteint plus de 42 milliards d’euros par an ! Plus de la moitié du déficit public ! Même Sarkozy n’avait pas fait autant de cadeaux au MEDEF.

Hollande méprise le vote populaire. En guise de réponse, il avait inventé un « pacte de solidarité ». Ce pacte de solidarité a fait pschit. Il aura vécu à peine une semaine. La seule mesure d’apparence favorable aux travailleurs que Manuel Valls a précisée est directement tirée du programme du Front national ! Il s’agit de la baisse des cotisations sociales payées par les salariés les moins bien payés. La proposition Valls-Le Pen a tout pour plaire au MEDEF : augmenter le salaire net pour calmer les revendications salariales sans augmenter le salaire brut ! Dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen proposait de « faire prendre en charge par l’Etat 200 euros de cotisations sur tous les salaires jusqu’à 1,4 fois le smic ». Elle ajoutait « Quelle va être la conséquence ? C’est que tous les salaires, jusqu’à 1,4 fois le Smic vont immédiatement augmenter de 200 euros net ». Manuel Valls l’a entendue, elle. Il reprend son idée. Voila ce qu’il en a dit à l’Assemblée nationale mardi 8 avril : « Le meilleur moyen [d’agir sur le pouvoir d’achat] c’est d’agir sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l’on touche à la fin du mois. Dès le 1er janvier 2015, elles seront diminuées pour les salaires au niveau du SMIC pour procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire. C’est presque la moitié d’un 13e mois pour un salarié payé au SMIC. Ce gain sera dégressif entre le SMIC et 1,3 fois le SMIC » ! Du Le Pen dans le texte !

Cette mesure est un attrape-gogo. La loi prévoit que l’Etat est obligé de compenser à l’euro près à la Sécurité sociale les allègements de cotisations sociales qui ne sont plus versés. Donc il faudra payer en impôts en plus ou en service public en moins ce qui était avant payé en cotisations sociales ! Sauf à ce que l’Etat ne compense pas la baisse de cotisations malgré l’obligation. Mais, dans ce cas, ce sera creuser le déficit de la Sécurité sociale. Et alors ? Il pourrait ensuite justifier un recul de la couverture des soins, du chômage ou des prestations familiales. Et devoir se payer par soi-même ce qui ne sera plus pris en charge par la collectivité. Dans tous les cas, à la fin, ce sont toujours les salariés qui payeront !

Pour le reste, le « pacte de solidarité » est en fait un pacte d’austérité. Manuel Valls a confirmé que le gouvernement fera 50 milliards d’euros de coupes budgétaires entre 2015 et 2017. Il a précisé un peu la répartition : 19 milliards d’euros de coupes dans le budget de l’Etat, 10 milliards d’euros dans l’Assurance maladie, 10 milliards d’euros dans les collectivités locales et « le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations ». Derrière les formules creuses se cache un jeu de massacre à venir : RSA, aide au logement, Prime pour l’emploi, autres prestations de la Sécurité sociale ou dispositifs de solidarité de l’Etat, on ne sait pas encore où le rabot passera. Mais il passera lourdement : 11 milliards d’euros ! Manuel Valls a aussi précisé qu’il n’avait pas l’intention d’attendre 2015 pour reprendre les amputations à la suite de Ayrault. Il a ainsi prévenu qu’ « au début de l’été, un projet de loi de finances rectificative traduira les économies nouvelles que nous aurons proposées » pour l’année 2014.

Manuel Valls n’a pas précisé comment ces coupes seront faites mais, déjà, la presse relaie les ballons d’essai : poursuite du gel du salaire des fonctionnaires pour 2015 et 2016 ? Abandon de la promesse des 60 000 recrutements dans l’éducation ? Durcissement des conditions d’accès à l’Allocation Spécifique de Solidarité pour les chômeurs en fin de droit ? On ne sait pas encore. Mais une chose est sûre : ça va saigner. L’enrobage de communication ne trompera personne. Quand Manuel Valls clame « je suis pour le respect de nos engagements, pour le sérieux budgétaire, pas pour l’austérité ! », il ment. Il sera le Premier ministre du pire plan d’austérité de l’Histoire moderne du pays.

Cadeaux au MEDEF, austérité et féodalité ! La démocratie locale du pays est aussi dans le viseur du Premier ministre. D’abord par les 10 milliards d’euros de coupes dans les budgets des collectivités locales. Nous avions raisons de dénoncer les mensonges des candidats du PS aux élections municipales lorsqu’ils disaient vouloir refuser l’austérité. Mais la brutalité la plus grande est la reprise de tous les projets sarkoziens de réforme territoriale. Valls prépare le retour à une France féodale. Il annonce la suppression des départements, et la division par deux du nombre de régions. Va-t-on leur demander leur avis ? Non : il a annoncé que les regroupements de régions se feraient « par la loi » et non par des référendums locaux.

Ces attaques sont purement idéologiques. C’est l’Etat républicain garant de l’égalité sur tout le territoire que les libéraux veulent détruire au profit d’une « Europe des régions » libérale et austéritaire. Manuel Valls a d’ailleurs présenté ces changements dans l’organisation territoriale comme des « réformes de structures » nécessaire à « notre indépendance financière ». Valls ne cherche pas le renforcement de la démocratie locale ou un meilleur aménagement du territoire. Son seul objectif est d’imposer l’austérité partout et donc de faire reculer le service public offert aujourd’hui par les collectivités locales. Car sinon, pourquoi lier cette réforme territoriale à « l’indépendance financière » de la France ? La réduction du nombre de régions ou la suppression des départements ne feront pas faire d’économies en elles-mêmes, ou très peu. Car l’argent dépensé par ces collectivités sert à entretenir les routes, faire circuler les trains régionaux, entretenir et construire des collèges et des lycées ainsi que payer les personnels qui les entretiennent, verser le RSA et d’autres allocations à ceux qui vivent dans la pauvreté. Or avec 100 départements ou aucun, et avec 10 régions ou 22, il faudra toujours faire tout cela. Si Valls veut faire des économies avec sa réforme territoriale, c’est qu’il prépare à remettre en cause tout ce système de solidarité et de service public.

Trop c’est trop ! Le message de la sanction populaire n’a pas été entendu par le pouvoir. Hollande reste droit dans ses bottes. Il faut donc protester plus fort. Maintenant, ça suffit ! C’est ce que nous dirons samedi, le 12 avril, dans la rue et le 25 mai dans les urnes.

Jean-Luc Mélenchon

 

Quelques commentaires :

  1. 1

    Absens dit: 
    10 avril 2014 à 8h26Ah, qu’il est bon d’avoir sa petite dose de Meluch le matin en se levant… J’étais presque en manque.
    Heureusement que je n’ai pas suivi les recommandations du Ministère de la santé, « Attention: le « Méluch » nuit gravement à la santé! ».
    Surtout à celle du gouvernement…

  2. 2

    Georges 70et25 dit: 
    10 avril 2014 à 8h27Bravo! Je monte samedi 12. Il faudra des slogans forts et nouveaux, à scander avec conviction. La tonalité de cette marche doit trancher sur les précédentes, à l’image du titre de ce billet.

  3. 3

    59jeannot dit: 
    10 avril 2014 à 8h31Premier lecteur, premier commentaire : la rage… Jusqu’où iront-ils sans que les Français ne réagissent violemment, car je doute de plus en plus à la solution par les urnes. Le bourrage de crâne est-tel que la réaction du peuple se fera d’un coup, une explosion de colère incontrôlable. Mais peut-être est-ce le but recherché.

  4. 4

    Patrice KLEIN dit: 
    10 avril 2014 à 8h33Rien n’arrêtera donc la pompe à fric qui va des plus pauvres au plus riches. Certainement qu’une prise de conscience par le plus grand nombre de citoyens en serait un moyen et si celle-ci vous amenait au pouvoir, j’en viens même à craindre pour votre intégrité physique. Ils sont prêt à tout pour garder leurs privilèges.

  5. 5

    marie- odile outhier dit: 
    10 avril 2014 à 8h36Nous serons de la marche samedi 12 avril.il faut résister nous sommes en guerre contre l’ultralibéralisme qui broie tout sur son passage !
    Résistons !

  6. 6

    polnareve83 dit: 
    10 avril 2014 à 8h48« haut les coeurs, ardent la lutte » 100% communiste, 100% Front de gauche.

  7. 7

    breteau jean claude dit: 
    10 avril 2014 à 8h49Oui, c’est bien le retour a la féodalité, il annule 1789, jusqu’ou peut il aller sans une révolte ? Je continue de penser que la liquidation de la gauche est en marche, le plus facile étant de commencer par le PS. Nous sommes confrontés au manque de courage des « rebelles » du PS, qui servent de faire valoir et sont présentés comme l’opposition de gauche dans les média qui « oublient », ça continue le FdG. Nous avons une responsabilité dans cette situation. Il faut intervenir sur cette mise en cause de la démocratie, et qui a provoqué l’ire de Bourdin qui prouve son allégeance au système. Oui, trop c’est trop ! Que font les 3 millions de Français qui ont été escroqués pour les primaires ? Notre réponse doit être à la hauteur de la violence de l’agression contre le peuple. Je propose la grève des charges incompressibles et des remboursements de prêts. Privons les de fric, c’est leur talon d’Achille. Organisons la désobéissance légitime. Le peuple est en danger, pas de quartier.

  8. 8

    Pierre Magne dit: 
    10 avril 2014 à 9h04Des millions de spectateurs ont aimé « le Père Noël est une ordure… », vous aimerez encore plus la suite de ce film, à la réalité saisissante et renversante ! Ce sera le grand succès de 2014, prochaine sortie en salle : « Le Père Noël du Medef est une ordure… ».

  9. 9

    Gilles Avaullée dit: 
    10 avril 2014 à 9h13Cela se confirme de plus en plus. L’objectif est bien de rendre « compatibles » les nations européennes avec le Grand Marché Transatlantique, afin que le rapport de force devienne favorable aux USA. Hollande est au pouvoir pour atteindre cet objectif. Reculerait-il à seulement 1 an de la signature du GMT ? J’invite mes compatriotes à méditer sur les conférences de M. Henri Guillemin. Courage à toutes et tous.

  10. 10

    GaM dit: 
    10 avril 2014 à 9h14On sera là le 12 avril. Mais ne comptez pas sur moi le 25. Votez c’est faire comme si nous étions en démocratie, c’est perpétuer le mythe d’une Europe qui n’existe pas. Ce qui existe, ce sont les lobbies, les mafias, et les oligarques.[...]

  11. 11

    Véronique dit: 
    10 avril 2014 à 9h15Et tout ces libéraux croient que nous allons nous taire ? Comment peut-on accepter de voir Jouyet nommé secrétaire général de l’Elysée ? Comment peut-on accepter de voir Désir nommé secrétaire d’Etat aux affaires européennes ? Comment peut-on accepter les 21 milliards qui vont être ponctionnés sur ce que nous avons de plus beau, la sécu ? Mais ils sont sur quelle planète ? Sans parler de l’OPA sur le Parti Socialiste sans demander l’avis de ses adhérents !
    Il va faire beau samedi, J-3

  12. 12

    NADIA MOISSET dit: 
    10 avril 2014 à 9h16Lire les analyses de Jean-Luc Mélenchon sur les visées a du pouvoir Valls c’est tout à la fois enrager à voir comment les promesses du candidat Hollande ont été mensongères à un point jamais inégalé dans les institutions et comment nous électeurs avons été trahis, car même ceux qui n’y croyaient guère n’ont jamais pensé que cela pouvait aller jusqu’à là et peut être plus loin encore, retrouver les bonnes clefs pour comprendre le verbiage trompeur du ministre et de ses chiens de garde que sont les journalistes de toutes les chaînes télé et de pratiquement toute la presse écrite dont le seul rôle est de maintenir le peuple en laisse, voir que les couleuvres n’ont pas finies d’être avalées chez les députés socialistes plus intéressés par leurs salaires et avantages sociaux que par leurs mandats de représentation du peuple, et au final se dire que la lutte sera dure, âpre, semées de trahisons comme celle en nos rangs de la direction du PCF qui nous a tiré en arrière lors des dernières municipales, et que probablement cette lutte sera violente tant l’absence de perspective peut mener à tout… Mais nous serons là pour la mener, et y entrainer petit à petit le plus grand nombre.
    Merci à Jean-Luc Mélenchon et au Parti de Gauche qui sont les éclaireurs de ces moments très sombres de l’histoire d’être présents à nos côtés.

  13. 13

    stephane.D dit: 
    10 avril 2014 à 9h16Oui, le billet de jean luc fait froid dans le dos, avec ce que je viens de lire encore des gens qui ferment les yeux et ne comprennent pas se qu’il se passe ou ne veulent pas comprendre ou la politique les dégouttent, comment peut-on rester de marbre devant ceux qui font et vont tout faire pour nous saigner jusqu’a la dernière goutte ? Résistance et résistons oui, mais à force ça va exploser et ce gouvernement va falloir qu’il se fasse petit car quand le peuple entrera en colère on ne l’arrêtera plus.
    Devinez qui est invité ce soir à l’émission « Des paroles et des actes » ? Le Pen ! Etrange ! Encore et encore…

  14. 14

    Cassidi dit: 
    10 avril 2014 à 9h20Il n’y a pas que le PS qui pose problème à la vraie gauche. La base communiste ne semble pas percuter d’avantage que la base socialiste…

  15. 15

    Véronique dit: 
    10 avril 2014 à 9h22A 11h15, sur Euronews, un portrait de notre candidat à la commission européenne : A. Tsipras.

  16. 16

    Stubert dit: 
    10 avril 2014 à 9h30Malgré notre âge (76 et 72 ans) nous serons là samedi à Paris. Non ! Les « vieux » ne votent pas tous à droite. Nous sommes communistes depuis toujours et nous sommes écoeurés par tout ce qui se profile à l’horizon. Bravo à J-L Mélenchon, mais aussi à André Chassaigne dont le discours fut remarquable à l’Assemblée nationale mardi.
    Courage, ne lâchons rien.

  17. 17

    Nicks dit: 
    10 avril 2014 à 9h33L’oligarchie veut en finir avec notre modèle, c’est à dire aussi avec notre histoire, au final avec la France. Nous avons plus que jamais le devoir de résister et de rassembler tous ceux qui ne veulent pas de ce scénario. C’est un front populaire et républicain qu’il faut construire, sans exclusive de provenance, pas celui hypocrite et utilitariste des tenants de l’orthodoxie, mais bien celui de tous ceux qui refusent de sacrifier un pays et la grande majorité de ses habitants à l’avidité d’une minorité et de son système absurde. Dans ce contexte, le vote aux européennes est crucial, non pas pour sauver l’Union ou la rendre plus démocratique, mais bien pour augmenter notre visibilité. Un échec à cette élection signifierait sans doute la fin de nos espoirs d’un changement pacifique de politique. A ce titre, la marche de samedi est également incontournable pour que l’idée même de résistance survive et puisse continuer à se propager. Nous ne changerons pas les choses le 12 avril, mais c’est une étape absolument nécessaire pour nous rassembler et nous montrer. Venez !

  18. 18

    Sansebar dit: 
    10 avril 2014 à 9h34@GaM
    Tu as raison, nous ne sommes que dans une illusion de démocratie, mais s’il est bien une exception où c’est une absolue nécessité de voter, c’est bien l’élection européenne : avec cette proportionnelle (même trafiquée), chaque voix compte, et un FdG à 8% ou à 15%, ça change sérieusement la donne pour lutter contre cette Europe là et son cortège d’austérité. En fait, chaque abstention sera un vote pour l’Europe libérale et donc pour l’austérité.
    Alors, camarade, tu te bouges et tu vas mettre un bulletin FdG dans l’urne ! Je propose d’ailleurs que pour cette occasion, tous les militants FdG portent ce slogan : s’abstenir c’est voter pour l’austérité !

  19. 19

    pmjtoca dit: 
    10 avril 2014 à 9h38@Veronique #16
    A.Tsipras, confirme et re-confirme, sa volonté de rester dans cette Europe là. Comment interpréter celà. Comment se porter candidat à cette commission Européenne néo-libérale ?[...]

  20. 20

    rage au coeur dit: 
    10 avril 2014 à 9h40Du côté des universités, Fioraso a été reconduite à « l’enseignement supérieur » car Hollande lui est reconnaissante de n’avoir mis personne dans le rue! Mais ça ne saurait tarder. En effet, ça bouge à Paris 8. [...]

  21. 21

    Trinita dit: 
    10 avril 2014 à 9h42« (…) vous saurez pourquoi il faut vraiment laisser vos bâtons à la maison avant de monter marcher samedi 12, tellement ça pourrait vous démanger de vous en servir ! »

    Ca pourrait aussi nous démanger de marcher sans tourner le dos aux VIIIème et XVIème arrondissements…
    D’accord avec Georges70et25 (Post2),  »la tonalité de cette marche doit trancher sur les précédentes ». Pas de violence bien sûr, pas de casse, on ne doit pas se comporter comme des crétins, (le peuple qui s’en prend au Peuple), mais une démonstration, une preuve qu’on est là, forts et déterminés. Des nouveaux slogans, et peut-être nos vieux tubes, ceux qu’ils détestent, (« Ah, ça ira… »). Aussi, je pense qu’avec ma pancarte, je prendrai mon drapeau français, parce que ceux qui les sortent plus facilement sont en général ceux qui sont contre ce qu’il symbolise, et qu’ils réécrivent ainsi l’Histoire.
    A samedi !

  22. 22

    JMB dit: 
    10 avril 2014 à 9h49La colère monte ! Il nous faudra la contenir pour qu’elle devienne aussi puissante qu’une vague. Jusqu’au bord de la rage sans jamais franchir ce cap qui nous est tendu comme un piège.
    Hardi camarade !

  23. 23

    sergio1789 dit: 
    10 avril 2014 à 9h57@ cassidi
    Voilà une affirmation gratuite (comment peux-tu la prouver ?) qui prolonge en vain une division stérile et même nuisible. La « base » n’a sans doute pas voté aux pour les listes PS et Cie à aucun tour, à moins que des candidats FdG y aient figuré. L’abstention au second tour ne vient pas de la droite, comme tout le monde l’a analysé.
    Je partage l’avis de Jean-Luc concernant la fissure du camp gouvernemental. Que des élus EELV et PS commencent une forme de fronde, que 83 ou 90 députés PS – par définition, membres d’une nomenklatura ultra-protégée et solidaire du système – aient tenu à déclaré que le gouvernement se trompait, tout cela sont des signes très rares sous la V ième et j’espère annonciateurs. N’oublions pas qu’en dehors des états-majors des partis traditionnels et des « planqués » du système, il y a des collègues, voisins, proches qui commencent à souffrir et à cogiter. Le 12 avril, les futures élections sont très utiles tout comme les discussions informelles partout avec les autres.

  24. 24

    heraux dit: 
    10 avril 2014 à 9h58Le 12 avril oui et après ? Le Medef, le PS et consort se fichent pas mal de notre manif ce sera encore le prétexte à une bataille de chiffre 30000, 5000, 2,25 !
    Comment nous rendre visible, quelles actions entreprendre voilà les questions que je me pose et que tout un chacun devrait se poser. Quant aux élections européennes, elle servirons de vitrine à Le Pen et aux médias. Résistance oui mais en tenant compte du contexte actuel, il nous faut absolument trouver de nouveaux moyens pour nos actions et je suis certaine que nous nos grands stratèges nationaux vont y réfléchir. Et par pitié arrêtons de nous congratuler comme si nous avions derrière nous la population toute entière.

  25. 25

    esternome dit: 
    10 avril 2014 à 9h58Très globalement d’accord avec vous, mais je pense que l’on a déjà dépassé l’Europe des Régions pour entrer dans celle des Métropoles. En guise de Moyen-Âge, c’est le Moyen-Âge italien que l’on nous promet, celui des rivalités entre Guelfes et Médicis, entre cités-états. Sinon, répéter à l’envi que l’on fait des cadeaux au patronat n’est pas très productif, parce que trop schématique. Il me semble que cette phase traduit plutôt une contradiction du capitalisme. En augmentant la fréquence des délocalisations, l’exemple du textile est frappant en cela, c’est aussi le retour sur investissement qui se fait plus pressant (les entreprise qui s’installent en Ethiopie n’y sont que pour quelques années et doivent amortir très rapidement leur capital). Ce système absorbe une part croissante de capital dont on prive toute autre activité, moins nécessaire à la survie immédiate du commerce mondial d’où également l’accélération des réformes sur le coût du travail en Europe et ailleurs, il s’agit de préparer très vite le terrain pour de futures implantations industrielles. Manuel Valls n’en a peut-être même pas conscience, mais c’est un travail de terrassier qu’on lui a confié.

  26. 26

    jorie dit: 
    10 avril 2014 à 9h59La nausée nous saisit. Je me souviens avec humour d’une démonstration de E.Todd affirmant que FH n’aurait pas d’autre choix que de devenir un vrai révolutionnaire de gauche, suite aux conséquences de l’austérité ! Bravo les experts, révolution oui, mais vers la super-droite ! Blair à côté, c’est du pipi de sansonnet. Valls fait référence au « maquis », à la « résistance » et nous prépare la destruction du modèle social français, l’un des acquis du Conseil national de la Résistance ! Après les courbettes à Gattaz, Hollande continue d’affirmer qu’il est résolument de droite, que la vie, c’est le business et que le rapport de classes n’existe plus. On a les « winners » et les « loosers ». Je crois que l’on ne réalise pas ce qu’on va nous faire subir, la fin des droits les plus élémentaires et une répression accrue pour nous faire taire. C’est inévitable. Comment peut-on délégitimer à ce point la validité politique des arguments de Mélenchon quand on voit une telle trahison de notre République? Comment les « privilégiés » de ce système ne perçoivent ils pas le danger qu’ils courent eux mêmes à écorcher à vif ainsi les populations? Ils comptent sur le FN pour protéger leurs…

  27. 27

    Franck dit: 
    10 avril 2014 à 9h59L’écœurement se généralise. Un bon nombre de français encore perfusés aux média de propagande, s’arrêtent à ce symptôme de mal-être sans chercher la véritable cause. Ils préfèrent (par fainéantise parfois) s’en remettre aux « experts de plateaux TV » pour leur livrer une explication sur la médiocrité de leur existence. Inutile de préciser que vu les traitements de culpabilisation de masse qui leur est infligé, la résignation en phase terminale n’est pas très loin.
    Samedi 12 à Paris, il faut faire beaucoup beaucoup de bruit, il faut que la puissance de notre détermination transperce les filtres médiatiques. Ils faut atteindre ces gens par l’injection de l’antidote L’humain d’abord via les perfusions médiatiques existantes ; je pense que nous n’avons pas le choix que d’y aller en force. Malgré mon « boulet financier », je monterai à Paris pour dire que là, ça suffit ! Soyons très nombreux ! Écrivons l’histoire bon sang !

  28. 28

    Josephine March dit: 
    10 avril 2014 à 10h12Depuis que j’ai dû glisser un bout de papier marqué « Hollande » dans l’urne, il y a bientôt 2 ans, consciente pourtant que je participais à un simulacre de démocratie, je ne cesse de me dire que j’ai été maniplulée. Ça n’est ni moi, ni aucun de ceux qui ont voté pour lui, qui ont porté Hollande au pouvoir. Quel qu’ait été le résultat de ces élections (comme de la précédente), celui qui a été posé là l’a été par une force qui nous dépasse tous, celle de l’aristocratie de la finance. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus d’homme politique digne de ce nom à la tête de notre pays (et des autres). Hollande est un personnage en carton, une figurine, une marionnette (certes beaucoup moins animée que la précédente), un automate qui répète à l’envi les textes que lui écrivent ceux dont il est garant des privilèges et de leur perpétuation. Après les gesticulations quasi-hystériques de son prédécesseur, il a été choisi pour sa capacité à l’indifférence, à la froideur, à ce que nous appelons « mépris ». Et aussi pour sa faculté à nous servir stoïquement de punching-ball, à cristalliser nos ressentiments, notre ras l’bol. Mais il n’a aucune Importance, pas plus que les…

  29. 29

    Chveik dit: 
    10 avril 2014 à 10h21La machine à désinformer s’est mise en route à grande allure, ce matin même aux informations de la 2, on annonce 1 millions d’emplois créés dans les mois à venir, avec un bémol, on ne sait pas si on va trouver les spécialistes. Je parie que pour la marche du 12 avril, dont je ne suis pas pour cause de santé, on aura une autre polémique oiseuse sur le nombre des participants, la mise en place de l’interview de JL Mélenchon et autres dérivations, ou comme dans le cas de la manif géante de Madrid, un grand silence. Le pouvoir change mais le discours et les méthodes restent les mêmes, il ne faut surtout ne pas éveiller la conscience populaire.

  30. 30

    theo.brun dit: 
    10 avril 2014 à 10h35Avec Valls et les coups qui pleuvent, j’ai le sentiment d’une vengeance. Naïfs que nous étions de croire que la claque des municipales allait ouvrir les yeux des libéraux qui nous gouvernent. Le peuple leur a manqué dans les urnes, alors sus au peuple !
    Pour le 12 un slogan me parait capital pour la période et pour les élections Européennes  »Notre NON29MAI2005 est durable et toujours NON négociable en 2014″ (et tant pis si cela fait fuir les quelques PS présents parmi nous)

  31. 31

    Maddy COLLONGE dit: 
    10 avril 2014 à 10h43Ne pouvant marcher avec vous toutes et tous le 12 courant pour cause d’opération la veille, ne serait-il pas possible de mettre en ligne une lettre pétition adressée au Président de la République et à son Premier Ministre pour que chacun-e puisse y participer à sa manière ? C’est une suggestion, bien-sûr, mais si des tonnes de pétitions arrivent à l’Elysee et à Matignon, ils ne pourront pas dire que le Front de Gauche n’existe pas !

  32. 32

    wyreless dit: 
    10 avril 2014 à 10h44Merci Jean-Luc pour cet éclairage. En ce moment, je me demande bien pourquoi, j’ai en tête le chant des partisans. Vous dites laissez les bâtons à la maison. D’accord mais l’envie y est quand même et pas que des bâtons. Désolé si je réagis comme ça, mais fils et petit fils de républicains espagnols, cela me démange malgré mon age ! Hasta siempre !

  33. 33

    Maliki dit: 
    10 avril 2014 à 10h46“Le 12 avril oui et après ? Le Medef, le PS et consort se fichent pas mal de notre manif ce sera encore le prétexte à une bataille de chiffre 30000, 5000, 2, 25 !“
    “Et par pitié arrêtons de nous congratuler comme si nous avions derrière nous la population toute entière.“

    Je partage ces remarques. L’échec du gouvernement Ayrault, n’a pas profité de manière significative au Front de gauche. Même si on sait que certains grands médias font tout pour décrédibiliser J.L. Mélenchon et ses idées. Au delà du positionnement flou des verts, et du manque de fiabilité des dirigeants du PC, comment conquérir les consciences des idées du Front de Gauche ? Je ne doute pas qu’un travail important a été fait depuis que le mouvement existe, mais il faudra beaucoup plus que quelques manifestations ici et là pour fédérer les esprits pas encore engagés. N’y voyez pas de la résignation, mais seulement un questionnement sur la stratégie à venir.

  34. 34

    Prunier dit: 
    10 avril 2014 à 10h53On se prendrait à rêver d’une une foule armée de balais, non plus de République à Nation, mais entre l’Assemblée et rue de Solférino.

  35. 35

    phil2mars dit: 
    10 avril 2014 à 10h56J’ai beaucoup de sympathie pour Jean luc Mélenchon et ses idées. Je comprends son souhait de mobiliser ses sympathisants le 12. Néanmoins, je préférerais plutôt que de crier au loup, la manif du 12 et la verve de Jean-Luc Mélenchon se concentre sur des propositions alternatives qui existent. Pour trop de Français, le Front de Gauche est perçu comme un conglomérat d’idéalistes et de gauchistes indécrottables. Ce n’est pas pas en hurlant que l’on fera changer cette perception, mais par la présentation, l’explication d’idées neuves. Que vous le vouliez ou non, presse vendue ou pas, personne le connait sérieusement les solutions, les idées de gauche. C’est ce travail qu’il faut faire plutôt que de se contenter de démolir par des diatribes enflammées Valls qui a plutôt un capital sympathie (c’est comme ça) et quoi qu on dise appliquera quand même la stratégie de Hollande. c’est par la présentation, l’explication et la pédagogie et le débat d’idée que l’on pourra faire prendre conscience à beaucoup plus de Français qu’une autre politique est possible.

  36. 36

    lemetayerv dit: 
    10 avril 2014 à 11h01Déjà que nous n’avons pas de visibilité dans les médias, ce qui est logique car l’oligarchie (financière, politique, économique) verrouille toute les expressions permettant l’émancipation des populations et je tiens à rappeler que les médias lui appartient. Alors ceux qui disent qu’il y en a marre de descendre dans la rue (il y a plus difficile, sauf pour ceux qui n’ont plus d’argent pour y aller lorsque cette rue est trop loin, ce qui est mon cas, et j’enrage). Alors ceux qui disent qu’ils résistent mais ne sont pas capables eux-mêmes de se rendre visible, je pose la question ! Elle est où la résistance ! Ce n’est pas une question de se congratuler, c’est une question de nombre. Pas de nombre, pas de rapport de force, pas de rapport de force pas de visibilité nulle part. Il n’y a pas que les médias dans la vie pour montrer un rapport de force, les gens sortent pour faire leur course, pour visiter, pour rendre visite à quelqu’un, pour emmener les enfants au jardin. Ils doivent pouvoir nous voir, nous entendre et discuter surtout discuter avec nous afin de les faire réfléchir et voir nous rejoindre dans la manif. Et ça marche.

  37. 37

    karibou 13 dit: 
    10 avril 2014 à 11h03Malgré le double langage qu’adopte actuellement madame le Pen au sujet de TAFTA, il lui sera très difficile d’expliquer et de justifier son vote ainsi que celui de MM. Gollnish, Carl Lang, et Martinez, dans une séance du 8 mai 2008 à 11 heures 14 minutes et 39 secondes, au parlement e en faveur du marché transatlantique. On retrouve avec les noms que je viens de citer, le nom des représentants du Modem, comme M.Cavada ou Marielle de Sarnez, et bien sûr, les représentants de l’UMP et du PS. Le double langage a ses limites. Les électeurs trompés apprécieront, je suppose.
    Etant donné que le projet TAFTA commence à être dévolié, il semblerait que le FN ait infirmé sa position de 2008, mais ce n’est que de l’enfumage, car leur vote à deux amendements au parlement européen sur l’exception culturelle n’aura aucune conséquence sur le vote final et la mise en place de ce projet scélérat. Ils le savent bien. D’autant que si l’on analyse bien les discours de madame Le Pen et de son père, l’on va y retrouver tous les ingrédients des recettes ultra-libérale et la casse des…

  38. 38

    Michel Matain dit: 
    10 avril 2014 à 11h12@ 18 Sansebar
    s’abstenir c’est voter pour l’austérité !

    Mille fois d’accord ! J’imagine bien des affiches de ce genre :  »Nous sommes de gauche – nous sommes contre l’austérité – nous ne voulons pas de la politique de Hollande et Valls – Nous votons Front de Gauche ! » ou  »S’abstenir c’est voter pour l’austérité – Votons Front de Gauche »

  39. 39

    roussel dit: 
    10 avril 2014 à 11h18Un bol de Mélenchon chaque matin, ça vous remet d’aplomb pour toute la journée. Merci Jean-Luc et merci a tous les militants du Front de Gauche.

  40. 40

    Lyendith dit: 
    10 avril 2014 à 11h28J’ai été assez surpris de voir que 2 députés du FdG avaient voté pour la confiance à ce gouvernement. Seulement deux heureusement, mais n’y aurait pas un léger problème de ce côté-là ? Même des gens comme Noël Mamère et quelques centristes se sont abstenus ! En tout cas merci pour toutes ces précisions. Effectivement, Valls qui récite Le Pen ça ne manque pas de sel, encore que ce n’est pas la première fois (« Combien de Mohamed Merah…! »)

  41. 41

    Michel Matain dit: 
    10 avril 2014 à 11h40@ 42 Lyendith
    J’ai été assez surpris de voir que 2 députés du FdG avaient voté pour la confiance à ce gouvernement

    André Chassaigne a précisé que deux des cinq députés d’Outre-mer siégeant au côté du Front de gauche au sein du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), voteraient en revanche la confiance au gouvernement. Ces deux députés n’appartiennent pas au Front de Gauche même s’ils font partie du même groupe à l’Assemblée Nationale.

  42. 42

    Véronique dit: 
    10 avril 2014 à 11h42@Lyendith
    Mouais, quand on connait les parcours : Serville est Conseiller régional du Parti socialiste guyanais, élu député et qui a défilé avec la manif pour tous, électron « libre » ? et Azérot, après son élection à l’Assemblée nationale, a nommé à ses côtés Pascal Margueritte, ancien journaliste et Conseiller du Président du Conseil Général et du Sénateur Claude Lise, un proche de Michel Rocard, comme Attaché Parlementaire, Chef de Cabinet et Conseiller dès le 18 juin 2012. Pascal Margueritte a été le Référent de Manuel Valls pour l’Outre-mer lors de la candidature de ce dernier aux Primaires présidentielles du Parti Socialiste. Ceci explique sans doute celà !

  43. 43

    JMB dit: 
    10 avril 2014 à 12h05@36
    Attention, en critiquant la façon de faire de Jean-Luc, on ne montre que sa porosité aux stratégies médiatiques ! Il faut arrêter avec cette critique pour nous consacrer sur l’essentiel qui est de contourner le mur médiatique qui s’est mis en place. Il s’agit d’ouvrir le débat partout et pas seulement avec ceux qui sont d’accord avec nous.

  44. 44

    Lilly54 dit: 
    10 avril 2014 à 12h12Bonjour Jean-Luc, bonjour Amis ! J’y serai le 12 mais nom d’un p’tit bonhomme ma rage contre les médias ne s’éteindra jamais ! On a beau savoir qu’ils sont inféodés à l’oligarchie et aux puissances financières, ça ne calme pas. Pas une seule fois n’a encore été évoquée notre marche. Ils nous ont bassiné des semaines avant la manif des réacs. Ce soir on a encore droit à Le Pen chez Pujadas qui cède à tous ses caprices. Oui, beark, beark, beark et grrr, grrr, grrr. Mais ce n’est qu’un début. Ca va craquer ! N’est-ce pas Jean-Luc ? En avant !

  45. 45

    Véronique dit: 
    10 avril 2014 à 12h15« Jamais nous ne tolèrerons que soit rogné un seul avantage de la Sécurité Sociale, nous défendrons avec la dernière énergie et à en mourir cette loi humaine et de progrès ».
    Extrait du dernier discours d’Ambroise Croizat à l’AN, ministre du travail et de la Sécurité Sociale de 1945 à 1947. C’est le moment de lui faire honneur avant qu’il ne soit trop tard !

  46. 46

    jpp2coutras dit: 
    10 avril 2014 à 12h23@Nicks_17
    Oui il est de plus en plus crucial de prendre le contre-pied de l’arnaque du millénaire. Avec un Front du Peuple Républicain.
    Valls 2, l’empereur. On va passer de petit royaume bananier à empire totalitaire capitalistique contrôlé par big brother. Si on les laisse dérouler leurs manigances, retour à la féodalité. Moderne, nuance! Cela me rappelle une nouvelle de science fiction appelée sobrement « 3ème guerre mondiale » où tout ce nous voyons aujourd’hui se mettre en place était décrit, il y a de ça 40 ans, avec des conflits en zone Europe comme boute-feu. Espérons qu’on surmontera par le haut avec la vraie gauche européenne. Pourquoi tant de citoyens ne voient-ils pas ce qui nous apparaît évident ?! Merci à Jean-Luc Mélenchon pour sa combativité contagieuse. Hauts les coeurs!

  47. 47

    jean ai marre dit: 
    10 avril 2014 à 12h33« Les indécrottables gogos du « vote utile » sont servis. Trop c’est trop ! »

    Nous faisons partie des citoyens qui ont voté utile. Pour virer Sarko dirons nous. Ah la belle jambe ! Dès la suivante élection, voila que la droite reprend le pouvoir, alors, on a viré Sarko ? Non, on a viré personne, ce sont eux qui nous ont viré ! Le peuple n’est plus entendu. Qui connaissait mieux Hollande que ceux qui le côtoyaient en tant que politique ? Qui nous ont fait croire qu’en le plaçant à l’Elysée, nous pourrions l’aiguillonner et l’obliger à faire une autre politique que Sarko, une politique de gauche ? Alors oui, jean ai marre, j’irai user mes godasses le 12, contre l’austérité, mais attention, plus de chèques en blanc. Je veux un programme qui engage ceux qui vont me le présenter, avec à l’appui un engagement, par référendum.

  48. 48

Fin du support de Windows XP : les solutions pour s’en sortir

Classé dans: Actualités, Informatique

La fin du support de Windows XP place des millions d’entreprises en situation de risque de sécurité et de conformité. Mais des solutions existent pour continuer à se protéger. Y compris un support étendu de XP réservé aux grands comptes et facturé au prix fort par Microsoft.

Si vous lisez ces lignes depuis un ordinateur sous Windows XP, vous n’être certainement pas sans savoir que, après un ultime patch de sécuritéMicrosoft a cessé le support de son OSphare de la précédente décennie (tout comme celui d’Office 2003). Autrement dit, l’éditeurn’assure plus l’édition des correctifs de sécurité. Seules les mises à jour des signatures de son antivirus Microsoft Essentials sont prolongées jusqu’au 14 juillet 2015.

Avec plus de 29% du marché mondial (selon NetApp MarketShare), pas moins de 500 millions de systèmes seraient concernées dans le monde. Rappelons aussi que 95% des distributeurs automatiques de billets (DAB) tournent sous l’OS de Microsoft. Des particuliers, essentiellement, mais aussi les entreprises qui, faute d’intérêt, de moyens, de temps ou de compatibilité applicative, restent sous l’ère XP. Selon Forrester Research, cela concernerait 20% des organisations professionnelles, avec des pointes à 23% dans le secteur public, la santé et la vente.

 

Risques d’attaque et de non conformité

Les risques sont pourtant énormes. A moins de ne pas se connecter à Internet (et encore ; des DAB ont été piratés localement depuis une clé USB dotée d’un programme malveillant), entreprises et particuliers s’exposent à laisser les cybercriminels pénétrer leurs machines et, derrière, le système informatique de l’organisation ouvrant ainsi l’accès aux données ou au contrôle de pans entiers de l’infrastructure.

Au-delà des risques de sécurité, les entreprises se confrontent à des problèmes de conformité. Déjà en octobre 2002, une jurisprudence de la cour d’Appel de Paris indiquait : « une société qui ne respecterait pas l’obligation de sécurité se verrait privée de tout recours contre la personne entrée illégalement dans le système automatisé des données de l’entreprise. Le DSI peut alors être sanctionné pour faute grave », comme le rappelle Adrien Wiatrowski, consultant sécurité pour Lexsi. Autant dire que du retail à l’industrie en passant par la banque-assurance et la distribution, nombre de secteurs sont directement visés. En cas d’attaque de leur SI et de vols de données qui s’ensuivraient ou de déstabilisation de l’activité, les victimes pourront difficilement faire valoir qu’elles « ne savaient pas » que l’OS était faillible. Ainsi, les acteurs du secteur de la vente, dont les caisses enregistreuses tournent sous XP, risquent de perdre leurs certifications PCI DSS (Payment Card Industry Data Security Standard) si les terminaux deviennent vulnérables. Une conformité non garantie aussi dommageable pour l’entreprise que pour ses clients en cas d’attaque réussie.

Que faire pour se protéger ?

Face à ce risque, l’entreprise (et le particulier) a tout intérêt à migrer vers un Windows plus à jour. Ce qui représente un coût que le Gartner évalue entre 1 274 à 2 069 dollars par poste(pour 10 000 PC) et des délais de migration qui, selon le parc de machines, peuvent se compter en mois. Qui plus est, dans certaines industries sensibles comme l’énergie ou la Défense, les applications doivent apporter une garantie de stabilité sur de très longues périodes. Un cadre contradictoire avec des migrations imposées.

Pour répondre à ce type de situation (et d’autres propres à chaque entreprise), Microsoft propose un support à la carte. Son programme Custom Support permet aux grands comptes (uniquement) de continuer à recevoir les patchs de sécurité. Une offre commercialisée 200 dollars (145 euros HT environ) par machine, la première année, et le double chaque année suivante, rapporte notre confrère américain CIO. Une solution de transition qui prendra fin en 2017.

Une autre solution consisterait à isoler les machines vulnérables dans une DMZ (DeMilitarized Zone), où elles sont coupées d’Internet et du reste du réseau informatique de l’entreprise. Ce qui ne se relève pas forcément pertinent en matière de production. L’éditeur vSentry propose pour sa part une solution visant à virtualiser chaque tâche utilisateur à travers des micro machines virtuelles. En cas d’attaque, l’application resterait isolé du reste du système (CPU, mémoire et réseau) et le malware serait supprimé à la fermeture de la tâche, à l’image de ce qui se passe avec les technologies dites de bac-à-sable (sandbox).

Autre offre, celle de Arkoon-Netasq qui propose ExtendedXP aux entreprises pour qui la migration vers Windows 7 ou 8 n’est pas à l’ordre du jour. ExtendedXP combine protection contre les failles non patchées (technologie d’analyse comportementale HIPS – Host-based Intrusion Prevention System – de StormShield) et service de veille et d’alerte sur les nouvelles vulnérabilités publiées. Autant de solutions néanmoins complexes à mettre en œuvre techniquement qui ne peuvent s’inscrire que dans une stratégie de transition. En attendant, si XP n’est pas supporté, il n’en reste pas moins vivement recommandé de continuer les mises à jour de l’ensemble des logiciels de base présents sur la machine, des navigateurs aux environnements Flash ou Java en passant par les suites bureautiques.

Christophe Lagane - silicon.fr

Valls confirme une politique économique néolibérale

Avec le « pacte de responsabilité » et le plan d’austérité de 50 milliards d’euros, Manuel Valls accélère la politique économique néolibérale de son prédécesseur. Mais il s’expose à de nouvelles polémiques : sur la « trappe à bas salaires » que pourraient engendrer les allègements de cotisations sociales, ainsi que sur le tour de passe-passe concernant le pouvoir d’achat.

En annonçant qu’il avait choisi de nommer Manuel Valls à Matignon, en remplacement de Jean-Marc Ayrault, François Hollande avait clairement fait comprendre qu’il entendait ne tirer aucune leçon, ou presque, de la sanction sans précédent des élections municipales, et maintenir le cap de sa politique économique. Le discours de politique générale de Manuel Valls, ce mardi 8 avril, devant les députés, en apporte la confirmation. Bien que la majorité ait en partie implosé, que les Verts aient décidé de ne plus faire partie du nouveau gouvernement ou encore que le groupe des parlementaires socialistes soit entré en rébellion, l’orientation économique et sociale est quasi inchangée : plus que jamais, cap sur le néolibéralisme et sur l’austérité renforcée…

Dans leurs grands équilibres, les principales mesures annoncées par Manuel Valls se situent dans le strict prolongement de ce que Jean-Marc Ayrault avait déjà entrepris, et ne vont pas apaiser les critiques qui sont apparues jusque dans les rangs socialistes. Le nouveau premier ministre va mettre en œuvre le pacte de responsabilité qui était déjà annoncé, et qui va porter progressivement à 30 milliards d’euros le total des nouveaux allégements fiscaux et sociaux accordés aux entreprises. Il va aussi mettre en chantier les mesures de baisses d’impôt en faveur des contribuables les plus modestes que François Hollande avait fait miroiter en présentant ses vœux aux Français. Et il va enfin appliquer le plan d’austérité de 50 milliards d’euros d’économies déjà annoncé pour les trois prochaines années.

Effets d’aubaine pour les entreprises qui vont empocher les 30 milliards d’euros sans être astreintes à de véritables contreparties ; effets récessifs sur une économie anémiée d’un plan violent d’austérité : comme la politique économique et sociale de Manuel Valls n’a pas le charme de la nouveauté et n’est que la mise en œuvre d’une stratégie ancienne arrêtée à l’Elysée, les mêmes controverses vont reprendre.

En certains domaines, Manuel Valls a apporté des précisions sur des modalités du plan d’austérité ou sur celles du pacte de responsabilité. Et il a aussi annoncé quelques cadeaux en plus, toujours en faveur des entreprises. D’autres controverses vont s’ouvrir : parce que les mesures en faveur des ménages sont encore trop floues pour que l’on soit assuré de leur effet réel sur le pouvoir d’achat ; parce que les mesures annoncées d’exonération des charges sociales sur les salaires au niveau du Smic risquent d’avoir un effet pervers gravissime, en créant ce que les experts appellent une « trappe à bas salaires » ; ou encore parce Manuel Valls s’est bien gardé d’apporter des précisions sur le détail des 50 milliards d’économies…

Il faut donc procéder à un décryptage détaillé de cette déclaration de politique générale .

D’abord, voici cette déclaration de politique générale :

Valls: declaration de politique generale

* Les mesures en faveur des entreprises

Ce qui a été annoncé – L’ancien premier ministre, sur instruction de François Hollande, avait déjà mis en œuvre le « choc de compétitivité » de 20 milliards d’euros, qui avait pris la forme d’un crédit d’impôt (baptisé Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi – CICE). Et François Hollande avait ensuite annoncé qu’au travers d’un « pacte de responsabilité », le total des allègements sociaux et fiscaux offert aux entreprises sera progressivement porté à 30 milliards d’euros. Mais on ignorait encore si ces 10 milliards d’euros complémentaires d’allègement viendraient d’une suppression progressive des cotisations familiales, qui sont à la charge des employeurs, ou alors d’un recalibrage et d’une montée en puissance du CICE.

C’est donc sur les 10 milliards d’euros complémentaires que Valls a apporté des précisions nouvelles. Première précision : « Au niveau du SMIC, les cotisations patronales à l’URSSAF seront entièrement supprimées au 1er janvier 2015 ».

Cette première annonce est très importante car l’URSSAF (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) est un organisme de service public qui recouvre l’ensemble des cotisations de protection sociale versées par les entreprises. La mesure annoncée par Manuel Valls signifie donc que les employeurs ne paieront plus aucune cotisation sociale, de quelle que nature que ce soit (santé, retraite, chômage, famille…) pour les salariés au niveau du Smic.

Du même coup, Manuel Valls a donc fait cette annonce complémentaire : « Le barème des allégements existants entre le SMIC et 1,6 fois le SMIC sera modifié en conséquence. Nous y consacrerons 4,5 milliards d’euros. »

Continuant à détailler la répartition de ces 10 milliards d’euros de cadeau supplémentaire en faveur des entreprises, Manuel Valls a fait cette autre précision : « Pour les salaires jusqu’à 3 fois et demi le SMIC, c’est-à-dire plus de 90% des salariés, les cotisations Famille seront abaissées de 1,8 point au 1er janvier 2016. Cela représente un allégement supplémentaire de près de 4,5 milliards d’euros. ». Enfin, « les travailleurs indépendants et artisans qui représentent des gisements de créations d’emplois, bénéficieront d’une baisse de plus de trois points de leurs cotisations famille dès 2015 (soit 1 milliard d’euros). »

Le nouveau premier ministre apporte ainsi sa patte personnelle, en gonflant encore un peu davantage les cadeaux offerts aux entreprises. C’est-à-dire en portant les allègements au-delà des 30 milliards d’euros déjà annoncés par François Hollande.

Ces mesures complémentaires sont les suivantes. « Pour relever l’investissement, le gouvernement agira aussi par la fiscalité. D’abord, en réduisant les impôts de production, comme la «C3S» – contribution sociale de solidarité des sociétés – payée par 300 000 entreprises. Elle sera entièrement supprimée en trois ans. Cela représente environ 6 milliards d’euros de marges supplémentaires, dont 1 milliard dès 2015 », a ainsi expliqué Manuel Valls, avant d’ajouter : « Concernant l’impôt sur le résultat des sociétés, la « surtaxe » instaurée sous la mandature précédente sera supprimée en 2016. Le taux normal de cet impôt sera par ailleurs abaissé à 28% en 2020, avec une première étape intermédiaire en 2017. »

Ce qui va faire polémique – La première polémique sera celle que nous avons déjà évoquée : beaucoup observeront que François Hollande n’a tenu aucun compte de la sanction des municipales. Pis que cela ! On pourra lui faire grief au contraire d’aggraver cette politique, puisque les cadeaux aux entreprises vont dépasser les 30 milliards d’euros annoncés, pour atteindre plus de 36 milliards d’euros.

La deuxième critique est récurrente : il a beaucoup été reproché au gouvernement précédent d’offrir ces allègements aux entreprises, sans exiger d’elles des contreparties en terme d’emploi ou d’investissement. Et l’Insee a récemment confirmé que du même coup le pacte de responsabilité risquait surtout de gonfler… les profits ( Lire Le choc de compétitivité stimulera d’abord… les profits !)

Or, Manuel Valls n’a rien dit qui vienne apaiser ces craintes. La controverse sur les effets d’aubaine de ce plan va donc reprendre de plus belle : le nouveau gouvernement ne va-t-il pas ruiner les finances publiques seulement pour consolder les marges des entreprises ? En somme pour consolider ce capitalisme d’actionnaires ?

Une troisième critique coule de source. Pour la mesure d’allègement de 4,5 milliards d’euros qui concerne les cotisations familiales employeurs, Manuel Valls a fait une pirouette, en évoquant son financement : « Cela ne pénalisera en rien le financement de la politique familiale, qui se verra affecter d’autres recettes pérennes. » Ah bon ! Lesquelles ?... La formule est évidemment inquiétante. Car ces 4,5 milliards d’euros, il faudra bien les trouver. Alors, le gouvernement sera-t-il tenté de les trouver… dans la poche des familles, via par exemple un relèvement de la CSG ? Ou alors les prestations familiales seront-elles réduites ?

Mais à toutes ces polémiques qui vont repartir, il faut encore en ajouter une autre. Elle a trait à l’annonce de la suppression totale de toute cotisation sociale au niveau du Smic. Une telle disposition incitera très fortement les employeurs à n’embaucher qu’au niveau du Smic, et le moins possible au-dessus. Ces effets sont très connus des économistes, qui ont un vocable très précis pour définir ce processus vicieux : on parle d’une « trappe à bas salaires ».

Or, ce qu’il y a de particulièrement important, c’est que la France est bien placée pour connaître les effets pernicieux de cette trappe, car tout au long des années 1990, la gauche comme la droite, ont multiplié au gré des alternances ces politiques d’allègements des charges sociales pour le travail non qualifié. C’est Martine Aubry, à l’époque ministre du travail, qui en a donné le coup d’envoi en 1992 en ciblant ces allègements sur le travail féminin ; et ses successeurs de droite ont suivi son exemple. Et, en France sans doute plus qu’ailleurs, la fameuse « trappe » a montré ses effets pervers : les petits boulots ou en tout cas ceux au niveau du Smic ont prospéré, contribuant à un écrasement des hiérarchies salariales.

Cette politique est d’ailleurs en ligne avec la doctrine néolibérale. Dans le prolongement de la « politique de l’offre », ses zélateurs recommandent d’alléger le coût du travail, surtout pour les basses qualifications. Et le résultat de cette politique est celle que l’on a pu enregistrer en France depuis vingt ans : une explosion du nombre des « working poors » – des travailleurs pauvres.

* Les mesures en faveur des ménages

Ce qui a été annoncé – Faisant mine de tirer les enseignements des municipales, François Hollande avait annoncé que le « pacte de responsabilité » serait complété par un « pacte de solidarité ». C’est donc ce volet complémentaire que Manuel Valls a annoncé.

« Le meilleur moyen c’est d’agir sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l’on touche à la fin du mois. Dès le 1er janvier 2015, elles seront diminuées pour les salaires au niveau du SMIC pour procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire. C’est presque la moitié d’un 13e mois pour un salarié payé au SMIC. Ce gain sera dégressif entre le SMIC et 1,3 fois le SMIC », a ainsi annoncé le nouveau premier ministre.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, « mon gouvernement proposera d’alléger la fiscalité pesant sur les ménages modestes, en particulier ceux qui sont entrés dans le champ de l’impôt sur le revenu ces dernières années alors même que leur situation ne s’était pas améliorée. L’ensemble de ces mesures en faveur des ménages modestes représentera 5 milliards d’euros à l’horizon 2017. »

Ce qui va faire polémique – La première mesure a une faille que l’on devine facilement : Manuel Valls n’a pas évoqué son financement. Mais c’est peut-être… plus qu’une faille : il se pourrait que ce soit un pur et simple tour de bonneteau. En clair, cette disposition présentée comme une mesure en faveur des salariés modestes pourrait être financée… par les salariés modestes eux-mêmes.

Avant même les élections municipales, l’Elysée et Bercy travaillaient en effet à une mesure de financement qui pouvait prendre la forme d’une suppression, au moins partielle, de la Prime pour l’emploi (PPE) qui avait été créée sous Lionel Jospin pour permettre à ce qu’un chômeur puisse reprendre une activité sans que son nouveau salaire soit… inférieur à ses indemnités chômage. Il s’agissait en somme d’une prime pour inciter les salariés modestes à revenir sur le marché du travail.

Il serait donc stupéfiant que Manuel Valls ose présenter comme une aide au pouvoir d’achat des salariés modestes une mesure qui serait… à leur charge ! Conscient que la pilulle serait difficile à faire passer, les « technos » de Bercy ont, semble-t-il, amendé en dernière minute le dispositif, pour que le financement de la mesure ne pèse pas tout de suite, ou pas totalement, sur les salariés les plus modestes, et que ce financement n’intervienne que progressivement.

Il n’empêche ! Le simple fait que Manuel Valls n’ai pas précisé le financement de la mesure en dit long : il s’agit d’une mesure en forme de bout de ficelle. Juste pour faire semblant ; juste pour faire croire que la politique économique du gouvernement n’est pas au bénéfice exclusif des entreprises et surtout de leurs actionnaires…

La seconde disposition sur la fiscalité appelle les mêmes réserves. Car, faute de précision de Manuel Valls, deux cas de figure sont possibles. Premier cas de figure : comme Mediapart l’avait révélé en début d’année, des décisions fiscales prises ces derniers mois vont conduire à des violentes hausses d’impôt à l’automne prochain, dont l’opinion n’a pas encore pris la mesure (Lire Vers un nouveau choc fiscal pour les ménages). Le gouvernement pourrait avoir l’ambition de seulement freiner ou annuler des hausses, dont les contribuables n’ont pas encore pris la mesure. En quelque sorte, il n’y aurait donc pas de baisses d’impôt mais seulement… une annulation des hausses prévisibles ! Dans cet hypothèse, il s’agirait donc aussi d’un tour de bonneteau.

Seconde hypothèse : le gouvernement pourrait envisager une baisse de l’impôt, en la présentant comme une mesure pour les foyers modestes. Au début de son discours, d’une formule, Manuel Valls a fait cette allusion : « Il y aussi cette exaspération quand, à la feuille de paie déjà trop faible, s’ajoute la feuille d’impôt trop lourde ».

Mais là encore, cette orientation pourrait susciter la polémique, en tout cas à gauche. Car les socialistes avaient promis non pas de conduire une politique néolibérale de baisse des impôts, mais de refonder un impôt citoyen et progressif, ce qui n’a rien à voir. En somme, ils avaient promis non pas de démanteler encore un peu plus l’impôt sur le revenu mais de le refonder, en le fusionnant avec la CSG. De surcroît, on sait l’hypocrisie d’une baisse des tranches basses de l’impôt sur le revenu. Comme il s’agit d’un prélèvement progressif, toute mesure de ce type profite aussi… aux plus hauts revenus.

* Le plan d’austérité

Ce qui a été annoncé – Le volet sur le plan d’austérité et sur les 50 milliards d’euros d’économie était sans doute celui qui était le plus attendu. Mais c’est aussi celui sur lequel Manuel Valls a été le moins explicite.

Il s’est borné à quelques indications. D’abord sur le calendrier : « Fin avril, l’Assemblée nationale sera saisie du programme de stabilité et de la trajectoire des finances publiques. Au début de l’été, un projet de loi de finances rectificative traduira les économies nouvelles que nous aurons proposées. Et il y aura évidemment le rendez-vous crucial de la loi de finances initiale. »

Et ensuite, il a juste apporté ces précisions : « Je vous propose un changement de rythme pour éviter tout recours à l’impôt et financer le redressement de notre économie : 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans de 2015 à 2017. L’effort sera partagé par tous. L’Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros. 10 milliards proviendront de l’assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales. Le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations. »

Tout en récusant le terme d’austérité, le nouveau premier ministre n’a pas été plus disert. Il a seulement indiqué qu’il fallait trouver un juste équilibre entre le besoin impérieux de redresser les comptes publics, mais sans casser la reprise de la croissance.

Ce qui va faire polémique – Le grief essentiel auquel Manuel Valls va devoir faire face au cours des prochains jours est celui de ne pas avoir joué cartes sur tables et de n’avoir pas dit la gravité des mesures d’austérité qui sont déjà dans les tuyaux.

On sait en effet que François Hollande a lui-même organisé à l’Elysée ces derniers mois des réunions de travail pour organiser des coupes claires violentes (Lire Et revoici la RGPP !). Et c’est ce plan d’austérité, qu’il n’a pas élaboré, que Manuel Valls va devoir appliquer. Bercy a même fait bien les choses. Comme pour forcer la décision, les principales pistes ont fait l’objet de fuites savamment calculées, notamment, lundi, à destination des Echos.

On a ainsi appris que l’Elysée réfléchissait à une véritable purge. Pour parvenir aux 19 milliards d’économies sur l’Etat et les principaux opérateurs publics, des pistes explosives seraient à l’étude comme le maintien du gel des salaires des fonctionnaires jusqu’en 2016 (il est déjà en vigueur depuis 2011) ; la remise en cause de 10.000 à 15.000 des 60.000 créations de postes dans l’éducation nationale, qui étaient pourtant la promesse-phare du candidat Hollande ; la réduction d’au moins 3 milliards des dotations aux opérateurs publics ; la réduction des contrats aidés et le durcissement des critères de l’allocation de solidarité spécifique pour les chômeurs en fin de droits ; la limitation drastique des dépenses de santé ; la limitation de certaines prestations familiales…

En résumé, les cadeaux aux entreprises ont même été renforcés tandis que la violence du plan d’austérité s’est précisée. Voilà donc la tâche qui attend Manuel Valls : il va devoir imposer au pays une politique économique qui vient tout juste d’être… censurée, sinon par le Parlement, du moins par les électeurs lors des municipales.

LAURENT MAUDUIT -mediapart.fr

 

TOUS LES COMMENTAIRES

 

Henri Emmanuelli : « Le PS n’existe plus »

NOUVEAU08/04/2014, 19:48 | PAR BÉATRICE TURPIN

Réaction au titre car je lirai l’article dans la soirée : Surprise !!

Merci à Laurent Mauduit pour sa critique pointue et constante de la politique de gouvernement.

Je ne comprends pas qu’on le qualifie encore de « la gauche »….

NOUVEAU08/04/2014, 19:53 | PAR DOMINIQUE GAUTIER

Aucune charge sur les salaires au smic : une véritable trappe à la pauvreté qu’aucun média ne commente car augmenter un salarié au smic c’est retrouver des charges et donc une augmentation substancielle de la charge salariale. Certes on ne supprimera pas le smic (une bombe en France) mais on s’arrange autrement. Entre le smic et le temps partiel au smic le courbe du chômage devrait bien finir par se stabiliser : une vraie victoire, objectif atteint pour le gouvernement avec un bel avenir pour le monde du travail. En avant pour le néolibéralisme,  l’Europe des régions et l’Euro fort destructeur pour les pays du Sud et les ventes à l’export hors Europe. La religion du XXI siècle , celle des marchands ! Oseront-ils la poursuite de la dévaluation interne avec les jobs à 400 euros. Peut-être pour l’année prochaine. Il convient d’avancer à petits pas.

NOUVEAU08/04/2014, 19:56 | PAR CAMBYSE

Depuis 20 ans je votais PS à chaque scrutin ( excepté au second tour d une sinistre présidentielle ), croyant, soit dit en passant, voter à gauche.

Voila maintenant mon plan d action ( pour reprendre la novlangue manageriale) concernant le PS:

1- toujours leur rendre cette justice de les mépriser 

2- ne jamais negliger leur soif féroce de place et de poste

3- les frapper au portefeuille comme entamé aux municipales.

NOUVEAU08/04/2014, 19:47 | PAR PASCAL NICOLOFF

Plus que jamais il faut se mobiliser contre ce gouvernement qui fait une politique de droite. Alors par exemple nous pouvons commencer par ce samedi en manifestant? qu’en pensez vous?

en tous les cas moi je manifeste.

NOUVEAU08/04/2014, 19:47 | PAR ALVAROD

Il est étrange que ce gouvernement conserve l’étiquette socialiste ! 

Après une victoire des partis de droite, le gouvernement applique une politique de droite qui n’a rien de socialiste… Les promesses du candidat à la Présidence de la République sont oubliées…

NOUVEAU08/04/2014, 19:48 | PAR GERARD MENVUSA

J’adore comment Laurent Mauduit met dans la catégorie « cadeaux aux entreprises » les allègements de charges des indépendants et artisans. C’est vrai qu’entre l’artisan cordonnier qui survit (ou pas) entre deux appels de charge de l’URSSAF et une entreprise du CAC40 il y a la même soif d’exploiter le prolétariat, « Mediapart » se posant à cet égard du côté des libérateurs…

NOUVEAU08/04/2014, 19:55 | PAR MICHEL GARRET

Puisqu’il n’y aura plus d’argent pour la solidarité, supprimons la solidarité. Voilà la boucle est bouclée! Encore une insulte aux français, une de plus et bien entendu les députés voteront comme un seul homme. Je serai dans la rue le 12 et plutôt 2 fois qu’une!

NOUVEAU08/04/2014, 19:57 | PAR JMG92

 

Vous êtes de mauvaise foi, Monsieur Laurent Mauduit, certes la politique d’austérité va s’amplifier, certes le chômage va augmenter, mais Manuel Valls est beau, il parle bien, il y a du matador caudillesque dans cet homme. Alors merci de ne plus nous ennuyer avec tous ces petits problèmes de détails et concentrez vous sur son cheveu gominé et la spendeur de ses cravattes, n’est-ce pas l’essentiel !