AbonnementRSS

A la une

Alerte à Fukushima !

C’est un général américain qui a sonné l’alarme : ce qui était à craindre est en train de se profiler à l’horizon, menaçant tout l’hémisphère nord.

Il s’appelle Albert N.Stubblebine, et ce général retraité de l’armée américaine a publié récemment un communiqué en tant que président de la NSF (Natural Solution Foundation), affirmant que la situation à Fukushima est en train d’empirer.

Que ce soit par l’évaporation de l’eau dans les piscines, ou en raison de l’effondrement possible de la structure, ce serait d’après lui tout l’hémisphère nord qui pourrait devenir en grande partie inhabitable, si le pire arrivait. lien

Sa déclaration est sur cette vidéo

On se souvient de l’interview récente du diplomate Akio Matsumura qui déclarait comment la catastrophe en cours de la centrale de Fukushima pouvait finalement se transformer en un évènement capable de mettre en péril toute vie sur Terre. vidéo

D’ailleurs, pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), « l’explosion de la centrale est encore possible parce que les combustibles sont présents en grande quantité ». lien

Le rédacteur en chef de « Natural News Com » dans un article en date du 6 mai 2012 nous informe que le 30 avril 2012, 72 ONG japonaises ont fait une demande urgente auprès du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et du gouvernement japonais afin que des mesures immédiates soient prises pour stabiliser la piscine du réacteur n°4 de Fukushima.

Toutes les piscines de Fukushima Daiichi contiennent 11 125 assemblages de combustible nucléaire, soit près de 4 fois autant de matière radioactive que dans le cœur des réacteurs de Fukushima Daiichi, dont le césium 137 correspond à 10 fois la quantité libérée au moment de la catastrophe de Tchernobyl, et la piscine du N°4 en contient 1535 assemblages, pour un poids total de 264 tonnes. lien

Kaori Izumi, de Shut Tomari s’est associé à cette demande, précisant « Fukushima Daïchi n’est plus seulement un problème japonais, mais un problème international. Il est impératif que le gouvernement japonais et la communauté internationale travaillent ensemble sur cette crise avant qu’il ne soit trop tard  ». lien.

Les ONG se sont donné jusqu’au 20 mai pour récolter des appuis étrangers, et on peut lire l’intégralité de leur appel sur ce lien.

Auparavant, le sénateur américain Ron Wyden, après avoir visité le 6 avril dernier, la centrale nucléaire de Fukushima, avait publié un communiqué de presse 10 jours après, soulignant le risque catastrophique, et appelant à l’intervention du gouvernement des USA.

Il a également écrit à Ichiro Fujisaki, l’ambassadeur du Japon aux Etats Unis, demandant au Japon d’accepter l’aide internationale. lien

On se souvient que le 16 avril, Tepco s’était dit désolé d’avoir dû rejeter dans l’océan 11 500 tonnes d’eau hautement radioactive. lien

Malgré tout, les pêcheurs de Fukushima envisagent de reprendre partiellement le travail à partir de juin en tentant de limiter leur pêche aux espèces les moins contaminées.

Mais c’est le sort de la piscine du réacteur n°4 qui pose le plus de problème, puisque TEPCO affirme que le déplacement des barres de combustible sera fait dès que possible, mais pas avant 2014 (lien) ; Pour le sénateur américain Ron Wyden, il faudrait 10 ans pour enlever toutes les barres de combustible, et le risque est trop grand d’attendre si longtemps (lien), ce que confirme le docteur Koide, de l’université de Tokyo. lien

En effet, outre les assemblages qu’il faudra sortir de cette piscine, il faut noter que lors de l’explosion du réacteur n°3, de nombreux morceaux d’infrastructure sont tombés dans les piscines, dont une grue de 35 tonnes qui se trouve dans la piscine du n°3. lien

Sur ce lien, on peut découvrir 2 vidéos sous titrées particulièrement intéressante, l’une étant réalisée par ZDF, une chaine de télévision allemande lors d’une visite du site, et l’autre étant le témoignage de Nala Yukiteru, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, et qui travaillait à Fukushima.

Revenons à la piscine du N°4.

D’une profondeur de 12 mètres, les assemblages sont placés sur le fond, dans des casiers sur une hauteur de 4 mètres, surmontés donc par 8 mètres d’eau, et plus le niveau d’eau baisse, censé absorber le rayonnement gamma, plus le rayonnement devient dangereux.

La paroi de la cuve était de 100-120 degrés, et pour accélérer le refroidissement TEPCO doit injecter 7 tonnes d’eau à l’heure.

Lors de la catastrophe le niveau d’eau de la piscine avait considérablement baissé, au point de laisser affleurer la partie supérieure des combustibles, provoquant une montée en température, un début de fonte des gaines, et d’importants rejets radioactifs et ce n’est que dix jours plus tard que la piscine a été refroidie. lien

Bertrand Barré, conseiller scientifique des services communication d’AREVA (lien) se veut rassurant, assurant que des piliers d’acier reposant sur le plancher du deuxième étage ont été installés pour consolider la piscine, et il est convaincu qu’elle pourrait résister à un puissant séisme. lien

Ce qui n’est pas l’avis de tous, puisque d’après un article paru chez « ENENEWS  » la piscine pourrait s’effondrer, ce média annonçant que la première inspection a commencé le 17 mai.

Tepco affirme avoir renforcé la structure en augmentant sa marge de sécurité de 20%. lien

Les experts veulent vérifier si elle penche, en comparant de part et d’autre le niveau d’eau dans la piscine. lien

La piscine du réacteur n°4 n’est pas la seule à poser des problèmes, puisqu’une fuite s’est produit le 12 mai, provocant un déversement d’eau contaminée dans l’océan et faisant chuter le niveau d’eau au-dessous de la base des barres de combustible. lien

Des échantillons d’eau de mer prélevés aux abords de la centrale ont révélé des taux de césium à un niveau 18 000 fois supérieurs à la norme, et la fuite aurait été colmatée par une injection de béton.

En tout cas, à 230 km de la centrale sinistrée, dans la baie de Tokyo, on a découvert une augmentation du taux de césium de 70%.

Pour lutter contre la mévente, les maraichers en sont venus à tricher sur l’origine des légumes vendus, et ceux qui sont pris la main dans le sac, ne sont pas condamnés, l’administration leur enjoint seulement de respecter les règles d’étiquetages, sans autre forme de procès. lien

Ce qui n’a pas empêché le gouvernement japonais de lever l’interdiction d’habiter la zone sinistrée dans 3 des 11 communes touchées par la catastrophe, à condition de s’en tenir à y revenir, sans pour autant y passer la nuit.

Alors les habitants qui le souhaitent s’en tiennent à nettoyer et réparer leurs maisons dévastées par le tsunami, mais le port d’une combinaison radiologique, ou d’un simple masque n’est pas obligatoire.

Une partie de cette zone autorisée se trouve pourtant entre 20 et 50 mSv/an, notamment dans le secteur de Minami-Soma.

Cette décision est consécutive à la volonté d’un maire obnubilé par la levée de l’interdiction, Katsunobu Sakurai, puisque Kiyomi Sakuma, membre de la cellule chargée des réfugiés du nucléaires a affirmé que «  seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leurs communes ont rouvert  » ajoutant « le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville  », façon habile de dégager ses responsabilités. lien

Le gouvernement japonais a demandé que les milliers de têtes de bétail vivant encore dans la zone d’exclusion soient abattues, avec le consentement de leurs propriétaires. lien

A la mairie de Minami-Soma, on est conscient que l’un des problèmes cruciaux est de trouver une zone pour stocker les déchets contaminés par la catastrophe, car s’il est vrai que le césium 134 a une demie vie de 2 ans, le césium 137 ne perd la moitié de sa dangerosité qu’au bout de 30 ans, et il faut donc compter un bon siècle pour que cette pollution soit moins préoccupante.

Pour endiguer l’exode, les autorités de Fukushima ont décidé de fournir une couverture médicale gratuite à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans vivant dans la province, ce qui va coûter l’équivalent de 46 millions d’euros.

Selon le journal « Daily Yomiuri », à Minami-Soma, les bénévoles ne se battent pas pour aider à enlever les débris et nettoyer la zone ; Ils étaient beaucoup plus nombreux il y a un an et la population a diminué de 54% dans l’ex-zone d’évacuation.

En effet, que ce soit à Minami-Soma, Naraha, Hirono, Kawauchi, ou Tamura, sur les 59 000 personnes qui vivaient dans cette zone, 30 000 l’ont quitté. lien

Espérons que la communauté internationale se décidera enfin à s’investir à Fukushima afin d’éviter que le pire ne se produise.

En tout cas, avec peut-être un lien de cause à effet, les actions d’AREVA ont atteint historiquement leur niveau le plus bas chutant à 9,278 €. lien

Comme dit mon vieil ami africain : «  le monde est noir quand on a les yeux fermés  ».

L’image illustrant l’article provient de « lamauvaiseherbe.net »

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

Cher Monsieur le Président…Serez-vous à la hauteur ?

La France a élu son président après deux semaines douloureuses, brutales et politiquement décevantes: les immigrants, les jeunes, l’Europe en étaient les boucs émissaires. Le vrai débat a manqué à l’appel. De même que les intellectuels. Qu’est-ce qui nous attend encore ? Lettre ouverte au Président.

 

Vous êtes, enfin, bien installé dans votre palais. De l’Elysée, non loin des Champs homonymes, la plus célèbre, mais aussi la plus représentative artère de la France. Voire peut-être de l’Europe. Dans le même kilomètre carré s’y côtoient riches, hommes d’affaires, vendeurs, étudiants, chômeurs, immigrants, tsiganes, mendiants (de temps en temps, car la mendicité est interdite), et enfin des touristes. Le parfait visage de la France d’aujourd’hui, un creuset, un résumé imparfait d’un pays qui se veut parfait. Un pays qui veut paraitre comme un modèle européen de l’état-providence, mais qui doit reconnaître que ce modèle est dépassé, et que le climat de l’Hexagone est explosif.

Monsieur le Président, la France est au bord de l’implosion. La campagne présidentielle a révélé, comme un très fidèle appareil photo, un pays déchiré en deux. Ou trois. En petits fragments qui ne se reconnaissent plus les uns les autres, qui ne veulent plus partager quoi que ce soit, qui se détestent cordialement. Les Français blâment les immigrants, les immigrants se considèrent incompris et inappréciés, les jeunes errent désespérément à la recherche d’un emploi, et les personnes âgées ne trouvent plus leur place. L’argent a remplacé les sentiments, l’Europe est montrée du doigt, les frontières sont en passe d’être restaurées… La campagne n’était pas fair-play, et les Français qui ont voté pour vous l’ont fait en partie parce que le sentiment démocratique a pris le dessus sur leur désenchantement. Mais ils ne sont pas satisfaits pour autant, et si vous avez gagné l’élection, ce n’est pas parce que vous avez eu un merveilleux programme ni parce que vous avez réussi à rabattre les votes donnés lors du premier tour au Front National. Vous avez été élu parce que les Français vous ont donné une chance et ont préféré fermer les yeux sur une campagne où vous avez rejeté la faute l’un sur l’autre, les deux sur les immigrants, dans un ballet politique indigne.

Nous avons tous attendu, pendant plusieurs semaines, mais surtout pendant les derniers jours, de vous entendre nous dire ce que vous ferez des prochaines réunions importantes au niveau européen, comment vous réduirez la dette de la France, le chômage, comment vous allez convaincre les jeunes qui quittent le pays pour le Canada, pour les Amériques ou pour le Royaume-Uni qu’ils ont ici aussi un avenir, comment vous ferez changer d’avis les immigrants sur le pays des droits de l’homme, la manière dont vous créerez des emplois, comment vous encouragerez la création de nouvelles petites et moyennes entreprises, comme vous réduirez les impôts, en bref comment vous empêcherez que la France ne devienne, en trois mois, en six ou en neuf, ou en trois ans, une autre Grèce. Nous avons attendu en vain. Nous n’avons entendu que le même discours, avec d’autres mots, des deux candidats.

Président de 60 millions de personnes, dont 4 millions sont au chômage. Mais en même temps, les agences d’emploi ont de nombreux postes à offrir, pour lesquels personne ne postule. Personne, parce que l’accès des étrangers y est interdit. Tant qu’ils n’ont pas une carte de séjour. Qu’ils ne peuvent avoir tant qu’ils n’ont pas un emploi. Nous voudrions savoir comment vous briserez ce cercle vicieux. Les jeunes font des études pour se retrouver au final soit sans perspective d’emploi, soit jetés d’un travail à un autre tous les quelques mois. Nous voulons aussi savoir comment une telle situation est possible. Comme le fait qu’aient été maintenus en poste des centaines et des centaines de fonctionnaires qui se sont révélés inefficaces: des professeurs et des enseignants qui continuent à sortir à la chaîne de leurs écoles des enfants qui ne parviennent pas à intégrer par la suite la société. Qui ne savent pas qui est Marcel Proust ou bien Albert Camus.

Monsieur le Président, vous vous êtes mépris, de même que votre adversaire, sur la signification du succès enregistré par le Front national et Marine Le Pen, 19% au premier tour de scrutin. Elle n’a pas rassemblé ces voix parce que les Français auraient peur des immigrants, mais parce que les Français ne comprennent plus rien de ce que représente l’Europe. L’Union Européenne. Ils se voient contraints par diverses restrictions, dans l’agriculture, dans l’industrie, dans l’administration, mais personne ne leur a expliqué pourquoi cela se produit, ou comment faire pour pallier à ces contraintes. L’Europe n’a pas trouvé sa place dans le cœur des Français, et les populistes ont profité du manque de communication. Il est grand temps que vous fassiez quelque chose. De même qu’il est temps que vous pensiez à l’image de la France. Que vous le vouliez ou non, bien des peuples, plus ou moins francophones, ont suivi avec impatience les élections, parce que tous attendent un signal. Une bonne image de la France ne peut pas se construire sur la stigmatisation des Roumains ou des Roms, sur la discrimination des étrangers pour l’obtention d’un emploi. Sur des proches amitiés avec l’Allemagne et les États-Unis d’Amérique, au détriment d’une relation équilibrée avec tous les autres pays européens. Ou du voisinage européen. La géopolitique ne signifie pas seulement la Géorgie, la Libye, la Méditerranée ou l’Inde. Mais aussi la Roumanie, les pays baltes, et, dans le voisinage, la Moldavie, l’Ukraine… beaucoup d’autres pays oubliés, et, en particulier, les pays francophones. En bref, le chômage, la dette, l’Europe, les immigrants, les intellectuels (que la campagne électorale a oublié et qui ne sont sortis de leur hibernation qu’à cause – ou grâce – au score du Front national), les jeunes, les enfants, les retraités, l’état de fait et l’état de grâce de la France, vous avez bien des problèmes à résoudre.

Il nous faut une Weltanschauung  ( terme allemand désignant la conception du monde de chacun selon sa sensibilité particulière) à la française. Pas du poste que vous avez obtenu en échafaudant votre stratégie sur la contestation et le contraste. Serez-vous à la hauteur ?

 

Pressentis, ils n’entrent finalement pas au gouvernement

A l’instar de Martine Aubry, un certain de nombre de poids lourds du Parti socialiste ayant activement participé à la campagne de François Hollande n’ont pas trouvé place au sein du tout nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Ont-ils été victimes de la parité, ou de l’ouverture ? Il semble que ce soit plutôt la règle du non-cumul des mandats imposée par le chef de l’Etat qui ait eu raison de leur portefeuille, un certain nombre de grands élus préférant, comme la maire de Lille, garder un mandat local de poids.

Michel Destot, maire de Grenoble. Michel Destot, maire de Grenoble. | JEAN-PIERRE CLATOT /AFP T

Il avait d’abord soutenu Dominique Strauss-Kahn, puis s’était rabattu sur Martine Aubry. Ce choix l’aurait-il éconduit du gouvernement ? M. Destot restera pour le moment à son poste de maire de Grenoble, qu’il occupe depuis 1995 et de député de l’Isère, où il est élu depuis 1988. En revanche, celle qui fut sa directrice de cabinet à Grenoble, Geneviève Fioraso, a été nommée ministre de l’enseignement supérieur.

Cet ingénieur des arts et métiers âgé de 65 ans, docteur en physique nucléaire, ancien patron de start-up, qui préside également l’Association des maires de grandes villes de France depuis 2007 et qui a souvent été présenté comme « ministrable », devra encore attendre son tour.

  • André Vallini, sénateur de l’Isère

André Vallini, sénateur de l'Isère. André Vallini, sénateur de l’Isère. | Olivier Laban-Mattei/Neus pour le Monde

Cet autre rhônalpin de 55 ans n’aura pas non plus de portefeuille. Sénateur de l’Isère et vieux compagnon de M. Hollande, il était pourtant le prétendant le plus souvent cité au ministère de la justice – il était le « monsieur justice » de l’équipe Hollande pendant la campagne. Socialiste atypique, il avait notamment été propulsé sur le devant de la scène par la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau dont il était le président en 2006 et qui l’avait amené à réclamer une « remise à plat de tout le système judiciaire ».

Devenu maire de Tullins (Isère) à 29 ans, puis conseiller général à 35 ans et député à 40 ans, il avait pris la présidence du conseil général de l’Isère en 2001, à la faveur du basculement à gauche du département. En mars, il avait mis fin à une affaire embarrassante, parvenant au conseil des prud’hommes de Grenoble à trouver un accord avec son ex-attachée parlementaire qui l’accusait de « licenciement abusif, harcèlement moral et discrimination à l’âge ».

  • Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon

Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon. Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon. | AFP/PHILIPPE MERLE

Troisième rhônalpin probablement déçu : Gérard Collomb, maire de Lyon depuis 2001 et sénateur depuis 1999. Celui-ci, à l’origine strauss-kahnien, avait apporté son soutien à François Hollande pour la primaire du Parti socialiste dès le 29 juin 2011, soit au lendemain de l’annonce de la candidature de Martine Aubry. Agé de 64 ans, Gérard Collomb participa notamment à la création de la Fondation Jean-Jaurès, dont il devient secrétaire général dès sa création en 1992 et fut également membre du Conseil économique.

Auprès du journal local Lyon Mag, il a toutefois salué la nomination de son adjointe, Najat Vallaud-Belkacem aux postes de ministre des droits des femmes et de porte-parole du gouvernement. Sans commenter la non-présence de Martine Aubry au gouvernement, il a toutefois semblé faire un parallèle avec sa situation : « Elle a dit que finalement elle préférait sa ville. C’est un point de vue que je comprends. »

  • François Rebsamen, sénateur et maire de Dijon

François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon et chef de file du groupe socialiste au Sénat. François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon et chef de file du groupe socialiste au Sénat. | AFP/ERIC FEFERBERG

Encore un maire de grande ville qui n’entre pas au gouvernement. François Rebsamen, responsable du pôle sécurité durant la campagne était pourtant un candidat sérieux au ministère de l’intérieur. Mais ce proche de François Hollande, numéro 2 du PS de 1997 à 2008, s’est vu ravir la place par Manuel Valls, de dix ans son cadet.

Sénateur de Côte-d’Or, maire de Dijon et président du groupe PS au Sénat, M. Rebsamen s’est toutefois expliqué, mercredi 16 mai. « J’avais pris ma décision depuis plusieurs jours. A partir du moment où je ne pouvais pas être membre de l’exécutif de la Ville de Dijon, où je ne pouvais être ni adjoint du maire de Dijon, ni vice-président du Grand Dijon et laisser la mairie à Alain Millot, à partir du moment, donc, où François Hollande avait pris sa décision, moi, j’avais pris la mienne. La mienne, c’était de choisir la présidence d’un groupe au Sénat et la ville de Dijon », a-t-il dit au journal Le Bien public.

Roland Ries, maire de Strasbourg. Roland Ries, maire de Strasbourg. | AFP/OLIVIER MORIN

Il était chargé, avec Michel Destot et Marylise Lebranchu, de coordonner le conseil des élus dans l’organigramme de campagne de François Hollande. Pourtant, à l’instar de M. Destot et à la différence de Mme Lebranchu, le sénateur et maire de Strasbourg, Roland Ries, 67 ans, n’a pas accédé au gouvernement. Il avait apporté son soutien à François Hollande pour la primaire socialiste, au mois de juillet 2011, une fois toutes les candidatures déclarées (à l’exception de celle du président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet).

Comme M. Rebsamen, il a expliqué vouloir garder son mandat local aux Dernières Nouvelles d’Alsace. « J’ai expliqué les raisons qui m’ont poussé à ne pas donner suite à cette proposition. J’avais fait le choix de rester à Strasbourg où je considère qu’il y a encore beaucoup de travail à faire, et je m’en suis tenu à ce choix », a-t-il dit.

  • Jean-Marie Le Guen, député de Paris

Jean-Marie Le Guen, député de Paris. Jean-Marie Le Guen, député de Paris. | AFP/NATHALIE MAGNIEZ

Médecin et spécialiste des questions de santé publique, Jean-Marie Le Guen, 59 ans, semblait bien parti pour un portefeuille dans le pôle santé du gouvernement. Mais ce fervent strauss-kahnien restera finalement à son siège de député de Paris, qu’il occupe depuis 1997 et pour lequel il se représentera aux législatives.

Claude Bartolone, président PS du conseil général de Saine-Saint-Denis. Claude Bartolone, président PS du conseil général de Saine-Saint-Denis. | AFP/JOHANNA LEGUERRE

Il était pressenti au ministère du travail ou à celui de l’égalité territoriale, fort d’un mandat de ministre de la ville assuré sous Lionel Jospin entre 1998 et 2002. Mais, finalement, Claude Bartolone restera président du conseil général de Seine-Saint-Denis, poste qu’il occupe depuis 2008 et député du même département (où il siège depuis 2002).

A 60 ans, ce proche de Laurent Fabius et de Martine Aubry, qui fut responsable des relations extérieures dans la campagne de François Hollande, restera donc enraciné dans ce département où il a construit toute sa carrière politique depuis 1960.

C’est d’ailleurs son « seul regret », a-t-il expliqué au Parisien, « que le département qui a accordé à François Hollande le deuxième score de France métropolitaine au premier tour [la Seine-Saint-Denis avec 38,7 %], juste après la Corrèze, et le premier score au second tour [65,32 %] ne soit pas représenté au gouvernement ». « Et puis, ce qui compense, c’est que je n’aurai pas à démissionner de la présidence du conseil général », a-t-il encore dit.

Catherine Trautmann, députée européenne. Catherine Trautmann, députée européenne. | AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Malgré son expérience au ministère de la culture sous le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2000), Catherine Trautmann ne rempilera pas. A 61 ans, cette spécialiste de la théologie protestante devra donc se contenter de son siège au Parlement européen, qu’elle occupe depuis 2004 (après avoir siégé de 1989 à 1997). Elle fut avant cela députée du Bas-Rhin, de 1986 à 1988.

Alain Rousset, le 13 octobre 2009 à Bordeaux. Alain Rousset, le 13 octobre 2009 à Bordeaux. | AFP/PIERRE ANDRIEU

Président du conseil régional d’Aquitaine depuis 1998, député de la Gironde depuis 2007 et président de l’Association des régions de France depuis 2004, Alain Rousset, 61 ans, pourra conserver ces trois fonctions puisque le gouvernement de M. Ayrault s’est finalement formé sans lui.

Responsable du pôle « industrie, agriculture, pêche » dans l’équipe de campagne de François Hollande, il s’était fait entendre sur la question quand les candidats visitaient les uns après les autres les usines en difficultés. Mais le ministère de l’industrie ayant été finalement pris par Arnaud Montebourg et celui de l’agriculture par Stéphane Le Foll, Alain Rousset pourra se donner corps et âmes dans la bataille des législatives.

Elisabeth Guigou, à La Rochelle en août 2010. Elisabeth Guigou, à La Rochelle en août 2010. | AFP/BERTRAND GUAY

Malgré un riche CV, Elisabeth Guigou ne sera pas, à 65 ans, la garde des sceaux du gouvernement Ayrault, comme certains le pressentaient. Députée de Saine-Saint-Denis depuis 2002, elle fut auparavant ministre de l’emploi (2000-2002), ministre de la justice (1997-2000) et ministre aux affaires européennes (1990-1993). Celle qui avait assuré à la veille du référendum sur le Traité constitutionnel européen en mai 2005 que si le « non » l’emportait, elle « quittait la politique », a-t-elle été effrayée par le nombre de « nonistes » aujourd’hui ministres (Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Christiane Taubira, Vincent Peillon, Alain Vidalies…) ?

Cette ralliée à Martine Aubry a dû batailler ferme au sein du PS pour conserver son mandat : sa circonscription de Bondy ayant été supprimée, elle a jeté son dévolu sur celle de Daniel Goldberg à La Courneuve. La campagne de François Hollande lui avait permis de se réinvestir sur les dossiers européens.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, à Tunis, le 18 février 2011. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, à Tunis, le 18 février 2011. | AFP/FETHI BELAID

La culture (ou la justice) aurait pu être le tout premier portefeuille de Bertrand Delanoë qui, à 61 ans, n’a exercé de fonctions qu’à Paris, en tant que député (1981-1986), sénateur (1995-2001) puis maire (depuis 2001). Mais c’est Aurélie Filippetti, de 23 ans sa cadette, qui s’installera finalement rue de Valois et Christiane Taubira place Vendôme.

Jospiniste du premier cercle, il avait soutenu son mentor à la présidentielle de 2002, puis mis ses qualités de tribun au service de la campagne de 2007, sans jamais cacher ses réserves vis-à-vis de la candidate Ségolène Royal. Après avoir un temps été tenté par l’aventure élyséenne pour 2012, il s’était finalement rangé derrière Martine Aubry pendant la primaire

Mercredi soir, après l’annonce du gouvernement, le maire de Paris a toutefois signifié sa fierté de voir trois élues « parisiennes » entrer au gouvernement, George Pau-Langevin, Yamina Benguigui et Dominique Bertinotti, « qui ont tant œuvré pour les Parisiens au cours des dernières années ». « Comme il s’y était engagé, le président de la République a décidé de constituer un gouvernement paritaire, composé de femmes et d’hommes talentueux mêlant expérience et renouvellement », s’est réjoui dans un communiqué le maire de Paris.

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris. Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris. | AFP

Aux côtés de Bertrand Delanoë depuis 2001, Anne Hidalgo restera encore à l’hôtel de Ville de Paris. Celle qui, à 52 ans, brigue la succession de M. Delanoë, avait déjà dit, en septembre 2011, que « Paris nécessitait un engagement exclusif » en réaction à l’éventuelle candidature de Cécile Duflot – désormais ministre de l’égalité des territoires et du logement – à la mairie de Paris. « Je ne suis candidate ni aux sénatoriales, ni aux législatives », avait-elle même dit.

Le député PS de l'Essonne Julien Dray en 2009. Le député PS de l’Essonne Julien Dray en 2009. | AFP/LIONEL BONAVENTURE

Député de la 10e circonscription de l’Essonne depuis 1988 et conseiller régional d’Ile-de-France depuis 1998, Julien Dray restera lui aussi sur le banc de touche. Ce proche de François Hollande paye peut-être la maladresse du 28 avril lorsqu’il avait invité Dominique Strauss-Kahn à son anniversaire, provoquant un vent de malaise, voire d’indignation à gauche. Valérie Trierweiler, la compagne du chef de l’Etat, avait d’ailleurs par la suite interdit au député de l’Essonne l’entrée du QG de campagne où était organisé un pot de fin de campagne.

Hélène Bekmezian -lemonde.fr

Sur le Web, l’antihollandisme succède à l’antisarkozysme

Pas d’état de grâce pour François Hollande : sur Internet, « l’antihollandisme » démarre de manière fulgurante. Le terme n’est pas encore popularisé, mais il a une réalité tangible, en tous cas sur le Web. Depuis le 6 mai à 20 heures, une partie du Web politique français est entré en « résistance », pour reprendre un terme souvent employé.

DE LA MAJORITÉ À L’OPPOSITION

Dans un mouvement comparable à celui qui s’était produit en 2007, où certains partisans de Ségolène Royal avaient décidé de « résister » sur Internet après la défaite de leur championne, comptes Twitter, blogs ou sites qui soutenaient Nicolas Sarkozy ont désormais décidé d’exercer un devoir de « vigilance » à l’égard du nouveau pouvoir. Et ce avant même qu’il n’ait pris ses fonctions officielles.

Les cyber-militants de la campagne de Nicolas Sarkozy ont été les premiers, évidemment. C’est ainsi que le compte Twitter parodique « madame Michu« , proche de militants UMP, a « pris le maquis » depuis dimanche, notamment avec un blog, où s’enchaînent parodies et images à but amusant et billets plus « sérieux ».

Les jeunes militants pro-Sarkozy, que ce soit au sein des Jeunes populaires ou du mouvement universitaire UNI, sont également en pointe dans cet « antihollandisme » naissant. Echaudés par une fin de campagne dure, ils ne font pas mystère de leur peu de considération pour le nouveau chef de l’Etat, généralement qualifié de « Flamby ».

Samuel Lafont @Samuel_Lafont

#CouilleMolle au pouvoir et les bourses chutent. Coïncidence ? Je ne crois pas.

Il ne sont pas les seuls. Le site 24heuresactu, l’un des piliers de la « droitosphère », également proche de l’UMP sans y être officiellement rattaché, a également multiplié les critiques. De nombreux comptes Twitter, pages Facebook et blogs de militants ou sympathisants plus modestes relaient également le message et les polémiques, de manière humoristique ou plus sérieuse.  Non sans un certain succès. POLÉMIQUES PARFOIS REPRISES PAR L’UMP  Montage photo réalisé par les opposants à François Hollande sur les drapeaux étrangers à Bastille le soir de sa victoire | UMP Plusieurs polémiques lancées par ces militants et sympathisants ont rencontré un certain écho. C’est le cas du voyage Tulle-Paris du président élu, effectué dans deux avions loués pour l’occasion, pour un total de 30 000 euros réglés par le PS. Une dépense comparée par les sarkozystes au scandale causé, en 2007, par la soirée du Fouquet’s, même si la question était alors moins celle du prix que des invités de cette soirée. Toujours est-il que l’information, largement diffusée dans la « droitosphère » dès dimanche 6 mai au soir, qui fustige un « premier mensonge » du candidat élu, avant d’être reprise dans les médias traditionnels, a suscité quelques échos. Elle est détournée pour une publicité. Elle est également rapidement devenue un argument pour les élus UMP, à l’exemple de Claude Goasguen, député UMP de Paris. Ce même soir, une autre polémique a été abondamment relayées par les anti-Hollande : la présence de drapeaux étrangers à la Bastille, où étaient réunis les partisans du président élu, a déchaîné certains internautes, qui ont relayé abondamment les clichés montrant ces drapeaux brandis lors de l’élection, y voyant un parallèle avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, et accusant le PS et son candidat élu de « communautarisme ». Là encore, l’affaire sera reprise et commentée par l’UMP, de Nadine Morano à Jean-François Copé. Le patron de l’UMP expliquera ainsi avoir « vu beaucoup de drapeaux, sauf le drapeau français ». Un phénomène jugé « pas rassurant » par Nadine Morano. Et M. Copé d’ajouter que le choix du slogan de son parti pour les législatives, « Ensemble, choisissons la France », « en partant de l’image assez impressionnante de la Bastille où il y avait autant de drapeaux étrangers ». STRATÉGIE DE SATURATION Comme les antisarkozystes avant eux, les anti-Hollande ne relâchent pas une seconde leur vigilance, et multiplient les attaques. Guillaume Lesage @g_lesage Jet privé,médiatisation de son fils,échec de la Bastille, intervention déplacée de sa journaliste-compagne,ça commence bien! #lombredundoute 8 Mai 12 
Le patrimoine de François Hollande, dévoilé au journal officiel ? Ses cyber-opposants dénoncent immédiatement, qui le peu d’argent sur ses comptes courants, gage à leurs yeux de mauvaise gestion, qui une « sous-évaluation » de la valeur des parts détenues par le nouveau chef de l’Etat dans des appartements cannois, quitte à oublier qu’il s’agit justement de parts et non de la totalité desdits appartements. Le message n’en est pas moins relayé largement dans des forums Internet, sur des blogs, sur les réseaux sociaux…

Même chose pour Valérie Trierweiler, la compagne du nouveau chef de l’Etat, qui subit des critiques tant sur son métier que sa personnalité ou sur son patrimoine, quitte parfois à diffuser des bruits non fondés, en toute connaissance de cause. Certains sympathisants n’hésitent pas non plus à dégainer les rumeurs les plus improbables.

Pour les anti-Hollande, tout ou presque est scandale, renoncement ou trahison. Lorsque le journaliste sportif Pierre Salviac est renvoyé de RTL suite à un tweet jugé de mauvais goût à l’égard de Mme Trierweiler, certains sympathisants parlent « d’épuration », ou font la comparaison avec Stéphane Guillon et Didier Porte, humoristes renvoyés de France Inter pour cause d’antisarkozysme.

La taille de François Hollande y passe aussi, avec à chaque fois ou presque, le rappel des railleries subies par Nicolas Sarkozy à ce sujet. Le motif, récurrent, justifie nombre d’attaques : puisque le président sortant les a subies, pourquoi son successeur y échapperait-il ?

Antoine Leveque @Antoine_Leveque

REP A CA @fhollande RT @GoldfarbElise: Hollande fait la même taille que Sarkozy. Flamby est donc nain en plus d’être un porc.

9 Mai 12

LA « RÉACOSPHÈRE » AU SECOURS DE LA « DROITOSPHÈRE » ? Le mouvement anti-Hollande ne se limite pas aux déçus de la défaite de Nicolas Sarkozy. Une autre communauté très active, celle des blogueurs et sympathisants d’extrême droite, parfois baptisée la « réacosphère », qui ne marquait pourtant pas un enthousiasme excessif contre le chef de l’Etat sortant, a également pris fait et cause contre le socialiste. Lire aussi : notre cartographie de la blogosphère politique Montage photo réalisé par les anti-Hollande | Capture Déjà, durant la campagne, montages photos et caricatures campaient François Hollande en ami de l’islam radical honni par ces blogueurs souvent proches des thèses « identitaires ». Le site Fdesouche, l’un des fers de lance de cette « réacosphère », multiplie les billets pour dénoncer un « vote musulman » en faveur du président élu. Lady Gaga @LadyGaga_G Pourquoi y a pleins de musulmans qui crie : ON A GAGNER ? o0 C’est bien ce que je pensais, la France est devenue le Maroc grace a Hollande 6 Mai 12 
Nombre d’autres sites de cette mouvance dénoncent la même « compromission » supposée de François Hollande vis-à-vis de l’islam. Montages vidéo et caricatures abondent, que l’on retrouve parfois sur des blogs ou sites de militants UMP.

UN PARALLÈLE AVEC 2007

Séquelles d’une campagne parfois violente, cette montée en puissance de l’antihollandisme n’est toutefois pas sans rappeler 2007.

A l’époque, soutiens de Ségolène Royal, militants PS, mais aussi blogueurs plus indépendants avaient rapidement constitué une forme de communauté opposée à Nicolas Sarkozy, avec les mêmes formes d’humour par la caricature et, pour certains, une violence des propos assez similaire.

Dès juin 2007, les polémiques s’enchaînaient ainsi sur une prétendue ivresse de Nicolas Sarkozy lors du G7, lancée par la télévision belge mais abondamment relayée.  D’autres blogueurs, plus pondérés, s’étaient constitués en « contre-médias », consignant de manière minutieuse les faits de la présidence Sarkozy.

Dans les deux cas, les mêmes accusations d’une « compromission » des médias traditionnels pour le nouveau pouvoir, la même tentation de dénoncer une dérive « dictatoriale », et le même recours à la caricature et aux montages photos, jusqu’à l’excès.

Comme il y a cinq ans, les déçus de l’alternance trouvent un refuge sur Internet pour y distiller leurs critiques, parfois excessives. Durant le quinquennat qui vient de s’achever, le PS avait su tirer profit de cet antisarkozysme, jusqu’à en faire un atout décisif.

Samuel Laurent

 

Investiture de François Hollande : l’enterrement politique de Nicolas Sarkozy

 

 En s’installant à l’Élysée, François Hollande ne s’est pas contenté de succéder à Nicolas Sarkozy lors de la passation de pouvoir, ce mardi 15 mai. Il a aussi présidé à ce qui ressemblait à un enterrement politique de ce que fut l’ancien président de la République, ses méthodes et son régime.

Il ne faut pas s’y tromper : derrière le respect du protocole, la soumission au rite républicain et aux us relatifs à la transmission du pouvoir, François Hollande, tout au long de sa journée d’investiture, a fait de la politique. Mieux encore, il a fait la guerre, livrant une dernière bataille au sarkozysme agonisant, pour mieux l’achever.

 

Il y a des mots qui tuent plus qu’une balle. En ce 15 mai 2012, jour de sacre républicain, François Hollande semble avoir fait sienne la formule. Contre Nicolas Sarkozy. Contre le régime Sarkozy. Contre le système Sarkozy.

 

D’abord le style. Pas de famille intempestive envahissant l’Élysée comme on entre au VIP Room. Pas de bande ou de clan donnant l’impression de se ruer sur le pouvoir, ses ors et hochets. Pas de barbares s’emparant, à rebours de toutes les traditions françaises, de toutes les coutumes de la Ve République, de l’Élysée comme d’une prise de guerre.


Hollande Président : La passation de pouvoir en… par LeNouvelObservateur

Au contraire : on rend hommage aux grands anciens, à Pierre Mauroy et aux anciens Premiers ministres socialistes, à Lionel Jospin et Edith Cresson, à Laurent Fabius même. On s’inscrit dans une continuité. On montre que l’on suit un chemin. Là où la droite fait dans la succession lorsque la tête change, la gauche fait dans la transmission. Et ce président élu, dont le véhicule s’arrête aux feux rouges sur le chemin de l’Élysée, quel symbole…

 

Les mots ensuite. « Simplicité », « sobriété », « dignité », « rassemblement », « apaisement »…

 

Comment ne pas souligner, qu’en creux, le président Hollande a de nouveau éreinté le terrible bilan personnel, politique et humain de Nicolas Sarkozy. Et ces simples vœux adressés au président sortant, qui valent condamnation probable face au tribunal de l’Histoire. Procédé cruel, mais sans doute mérité.

 

On ne s’étonnera pas d’apprendre, dans les jours qui viennent, que l’entretien particulier entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ne s’est pas déroulé dans la plus grande sérénité. Trop de blessures sans doute. De part et d’autre.

 

Preuve en est cette image, diffusée par toutes les télévisions, où l’on a vu François Hollande ne pas daigner descendre l’escalier pour raccompagner le président sortant jusqu’à sa voiture, lors de son départ définitif de l’Élysée.

 

Même en 1981, Mitterrand avait pris soin de descendre l’escalier pour saluer une dernière fois Valéry Giscard d’Estaing. C’est dire l’état des rapports entre les deux hommes : personnel et politique. Durant ces quelques secondes, François Hollande a donné le sentiment de vouloir voir disparaître au plus vite Nicolas Sarkozy de son champ de vision. C’en était sidérant.

 

Politiquement, médiatiquement et symboliquement, François Hollande semble avoir pris un soin méticuleux à inscrire cette journée dans le droit fil de sa campagne présidentielle : en finir avec la parenthèse sarkozyste et enterrer politiquement celui qui en fut l’incarnation : Nicolas Sarkozy.

Bruno Roger-Petit (le nouvel Observateur)

 


Passation des pouvoirs : les meilleurs moments par BFMTV

François Hollande devient officiellement ce matin le 7e président de la Ve République,
Après avoir rendu hommage à ses prédécesseurs de la Ve République, le président s’est contenté du service minimum pour Nicolas Sarkozy : « Je lui adresse mes vœux pour la nouvelle vie qui s’ouvre à lui ».

Jean Luc Mélenchon : Le PS devrait me respecter


Jean-Luc Mélenchon par franceinter

Jean-Luc Mélenchon n’a pas du tout apprécié les remarques de Martine Aubry ou Vincent Peillon contre son parachutage jugé trop « médiatique » à Hénin-Beaumont. Et il l’a fait savoir lundi matin sur France Inter. Ainsi, le leader du Front de Gauche a demandé que sa candidature soit « respectée » par le Parti socialiste. Le parti socialiste est en effet divisé sur la candidature de l’ancien socialiste face à la présidente du FN dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, et a décidé d’y maintenir son propre candidat. « Je pense qu’ils devraient me respecter car sur place, leurs exploits ne sont pas si remarquables », a dit le leader du Front de gauche sur France Inter. « La dernière municipale à Hénin-Beaumont, à un cheveu près nous la perdions compte tenu des comportements du Parti socialiste dans cette circonscription », a-t-il ajouté.

Mélenchon demande aux socialistes du « respect »

Jean-Luc Mélenchon, qui a officialisé sa candidature samedi, a estimé qu’il n’avait aucun intérêt personnel à se présenter dans cette circonscription où le Front national s’est progressivement implanté, sur fond d’un taux de chômage de 15,5% et d’affaires qui touchent les élus socialistes locaux. Au premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a obtenu 14,85% des voix à Hénin-Beaumont, loin derrière Marine Le Pen, arrivée en tête avec 31,42%. Aux municipales de 2009, le FN avait recueilli 47,62% des voix dans cette ville. « La dernière fois que les socialistes ont dit d’un air très prétentieux qu’ils n’avaient besoin de personne pour garder la commune d’Hénin-Beaumont, ça s’est passé à un cheveu qu’on la perde », a-t-il dit. « J’estime que ma présence sur place, celle du Front de gauche, permet de fortifier un rapport de force à gauche qui va nous donner les meilleurs moyens pour battre la droite et l’extrême droite. »

Sa candidature, critiquée par certains socialistes, a également suscité l’inquiétude du côté des Verts. « J’ai l’impression qu’à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon, avec son système de communication du bruit et de la fureur, va créer plus de problèmes à la gauche qu’il ne va apporter de solutions », a déclaré lundi sur RFI Jean-Vincent Placé, sénateur d’Europe écologie-Les Verts. Dans un entretien au journal Libération, le leader du Front de gauche, qui refuse d’entrer dans un gouvernement socialiste, estime que s’il entre à l’Assemblée nationale, il ne sera ni dans la majorité ni dans l’opposition. « Nous ne sommes pas dans la majorité puisque nous ne sommes pas au gouvernement. Mais ça n’a pas de sens de se considérer dans l’opposition », dit-il. « Nous ne voterons jamais de motion de censure venant de la droite. En revanche, nous ne prendrons pas d’engagement sur le vote du budget. »

Désillusion à gauche : le sarkozyste Valls pourrait siéger au gouvernement

La présence du sarkozyste Valls dans le prochain gouvernement serait un signe particulièrement négatif envoyé à la gauche. Une nouvelle d’autant plus mauvaise si, au lieu de choisir Martine Aubry ou Jean-Marc Ayrault, Hollande avait la fâcheuse idée de lui confier le poste de Premier ministre.

Hollande commettra-t-il une grossière erreur de casting, mardi, après sa prise de fonction ? D’aucuns le redoutent à gauche de la gauche où les mauvais pressentiments n’ont pas tardé à effacer l’immense joie de l’élimination du fou Sarkozy ! Les craintes de voir le nouveau président de la République privilégier la voie libérale au détriment d’une politique radicalement sociale risquent de se vérifier, s’il choisit Valls comme chef du gouvernement.

 

Valls à Matignon, adieu le progrès social

Si Valls est envoyé à Matignon, ce sera un signe alarmant pour la reprise du progrès social, auquel ce faux homme de gauche, régulièrement encensé pour son « réalisme » par la droite sarkozyste, s’est ostensiblement opposé, notamment en cautionnant la suppression de la retraite à 60 ans, et en approuvant la TVA, dite sociale, de Sarkozy, et en prônant une politique de rigueur préjudiciable à la croissance et aux plus modestes !

Son appartenance au PS a d’ailleurs suscité à maintes reprises des recadrages fermes de la part de quelques dirigeants, tel Benoît Hamon son porte-parole, souvent irrité par le discours droitier de Valls, en contradiction, ou parfois carrément en opposition, avec la ligne officielle !

Premier ministre ou simple membre du gouvernement, son influence peut s’avérer particulièrement négative s’il a l’écoute d’un président trop inféodé au système libéral européen et à la ligne rigoriste de la chancelière allemande, qui incite à des coupes budgétaires douloureuses dans le domaine social ! La chancelière allemande Merkel, qui manifestement entend garder une main de fer dans ses rapports avec les dirigeants français !

Valls, sur les traces d’Hortefeux et Gueant…

En nommant le « sarkozyste » Manuel Valls ministre de l’Intérieur, François Hollande renoncerait également à une approche humaniste des questions de sécurité. Il est à craindre que ce jeune loup de 49 ans d’origine espagnole, aux dents très acérées, qui aurait naturellement sa place à l’UMP, ami d’Alain Bauer, le patron de l’observatoire de la délinquance nommé par Sarkozy, ne poursuive une politique essentiellement répressive.

Sur les traces d’un Hortefeux ou d’un Gueant, notamment en matière d’immigration, à propos de laquelle il s’est dit favorable aux quotas, depuis 2009, il n’a cessé de manifester son soutien à la politique sécuritaire de Sarkozy !

Valls apparaît comme le rigide de service. Pourtant ultra-minoritaire au sein du PS. Au cours des primaires socialistes d’octobre 2001, contrairement à la percée spectaculaire d’un Montebourg -favorable comme Mélenchon à la retraite à 60 ans et à une VIème République-, qui a obtenu 17,3%, lui a subi un cinglant revers en finissant dernier des socialistes en lice, avec 5,7% des voix.

Valls le Premier ministre que veut le Medef

On s’est souvenu, chez les électeurs, de l’ambitieux opportuniste aux convictions chancelantes qui, en 2005, avait d’abord fait campagne pour le non au TCE avant de se rallier au oui… En janvier 2011, à peine sa candidature annoncée, il disait vouloir « déverrouiller les 35 heures »…

Après cette peu glorieuse défaite, Valls a su rebondir, très vite et fort opportunément, en se raccrochant au train du vainqueur. Ce qui lui vaut d’être aujourd’hui récompensé, après s’être acquitté avec assiduité du rôle de directeur de la communication du candidat Hollande !

A l’époque, Hollande sortait lui-même d’une période de marginalisation du fait de l’omniprésence d’un DSK qui s’imposait comme le candidat naturel des socialistes. Libéral lui-même, le candidat officiel a naturellement accueilli ce renfort, aujourd’hui chouchou de la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, qui espère le voir nommer Premier ministre. Ce qui en dit long sur la perception de Valls par les forces les plus réactionnaires et rétrogrades du pays, qui ont identifié en cet homme un des leurs !

Un rocardien qui provoque l’agacement de ses camarades du PS

Il est vrai que Valls, le rocardien, se disant pragmatique, ancien soutien de Ségolène Royal, s’est fait remarquer plus souvent qu’à son tour en se distinguant de la ligne du parti sur des sujets sociaux qui auraient dû emporter l’unanimité. Il s’est surtout singularisé en soutenant la politique de casse sociale de Sarkozy, provoquant l’agacement, pour ne pas dire la colère de certains « camarades ».

Au lendemain de l’élection, à la veille de son investiture officielle à l’Elysée, la crainte de millions de gens, c’est de voir Hollande s’appuyer sur des « sarkozystes » encartés au PS, tel que Valls, lesquels prendront l’ascendant sur un président pourtant censé porter les espoirs de changements bénéfiques aux classes populaires. Or, les préoccupations de Valls se situent aux antipodes de la démarche humaniste d’un Mélenchon.

Réduire la politique à des exercices comptables, sous le prétexte fallacieux de cette crise dont on nous rebat les oreilles, ce n’est pas être un homme politique mais un pantin au service des riches et de la finance mondiale. Il n’y a pas de crise ! Il y a juste une mauvaise pièce de théâtre créée de toutes pièces par les ultralibéraux pour semer la panique chez les peuples de la planète, afin de les asservir davantage encore à leurs règles. Valls est un grand serviteur du Nouvel Ordre Mondial… et par conséquent un grand danger pour le progrès social et les petites gens !

Les législatives rappelleront à l’ordre le président Hollande

Les législatives arrivent. Elles doivent rappeler à l’ordre le nouveau président ! Cette fois, le vote utile, ce n’est pas éliminer un fou (Sarkozy), en votant par défaut pour un libéral (plus présentable), c’est imposer une politique pour le peuple et non pour les riches financiers. Par conséquent, maintenir à l’écart de la responsabilité des affaires publiques des individus comme Valls qui, a terme, finiront par rejoindre leur famille politique naturelle, loin de la gauche !

Mesure emblématique de la rupture avec le sarkozysme, le rétablissement du droit au départ à 60 ans, préconisé par Mélenchon et le Front de Gauche, auquel est farouchement opposé Manuel Valls, s’imposera de lui-même si le Front de Gauche réussit à établir un rapport de force crédible face au PS à l’Assemblée nationale.

Ce qui suppose de disposer d’un nombre de députés suffisant pour avoir la possibilité de créer un groupe parlementaire !

Ce qui signifie que, pour limiter l’influence ou la marge de manœuvre des sarkozystes tel que Valls, la vraie gauche puisse participer activement aux affaires…

Verdi

Depuis Hénin-Beaumont, Mélenchon mènera la bataille du « troisième tour »


Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, face à Marine Le Pen, avec la promesse d’une belle et difficile bataille politique.
Hénin-Beaumont, petite ville post-industrielle de 25 000 habitants, sera donc l’épicentre d’une bataille politique sans précédent. Samedi, le leader du rassemblement des gauches a fait irruption dans cette ancienne ville minière, où Marine Le Pen creuse son sillon depuis plusieurs années. Pour prolonger la campagne présidentielle, le Front de gauche a décidé de faire face au Front national, plaçant la commune au cœur de l’attention nationale « et j’ose le dire internationale », espère Jean-Luc Mélenchon, conscient du « caractère extraordinaire » de son geste.

Devant la presse et plusieurs dizaines de sympathisants, samedi après-midi, Jean-Luc Mélenchon n’a pas tenté une métamorphose impossible. Dans une courte prise de parole aux airs de mini meeting, il livre sans ambiguïté sa vision d’une campagne aux enjeux « nécessairement nationaux et internationaux ». Il défend donc le programme du Front de gauche, « l’humain d’abord », assurant n’être candidat « à aucune bataille locale ». Il insiste surtout sur la « bataille indispensable » contre le Front national, programme contre programme « pour que tout le monde entende (…) le message fracassant que nous sommes en position de faire passer. »


La commune, habituée à ce que l’on parle d’elle comme un creuset de la misère et du « vote contestataire » vibrait samedi d’une étrange euphorie. « Dans le nord, on est accueillant ! », s’amusent Serge et Robert, deux quinquagénaires qui n’en finissent plus de rire de ce qui arrive à leur commune, devant leur petit stand de la braderie d’Hénin-Beaumont, qui n’a jamais connu telle médiatisation. « Nous les recevrons bien et on votera en fonction de leurs propositions », promettent les deux amis.

Dans les rues de la ville, on accueille ce tapage avec plus ou moins bon cœur. Tout sourire, les deux tauliers d’un petit bar PMU de la place centrale prévoient un mois de grosse affluence : « On a eu la télévision croate hier », sourit l’un d’eux sans trop rentrer dans le fond politique de l’événement. « Il nous manquait un George Marchais, souffle-t-il toutefois, nous aurons Mélenchon ».

Un défi électoral osé


La 11e circonscription du Pas-de-Calais est à première vue promise au Front national qui y arrivait en tête au premier tour de la présidentielle avec 31% des voix devant le PS à 28,75%. Conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais de 1998 à 2004, puis conseillère municipale d’Hénin-Beaumont de 2008 à 2011, Marine Le Pen a recueilli 41,65% des suffrages au second tour des législatives en 2007. Jean-Luc Mélenchon est loin derrière, 4ème au premier tour de la présidentielle avec 14,85% des voix.

Pourtant, le pari est à sa portée. Car le département penche à gauche. François Hollande a recueilli 56,18% des votes le 6 mai face à une droite localement faible (15,79% le 22 avril) et divisée. Selon Alexis Corbière, les 14 communes de cette circonscription sont toutes à gauche, exceptée une, dirigée par une maire Modem. 5 d’entre-elles sont aux mains des communistes.

Le défi, pour le Front de gauche, est de parvenir à dépasser le Parti socialiste. Il aurait alors de fortes chances de l’emporter au second tour en jouant la carte du Front Républicain contre Marine Le Pen. Et le PS se trouve justement en état de déliquescence, gangréné localement par des affaires de corruption qui ont conduit le maire d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville (PS), en prison et ont éclaboussé la fédération du Pas-de-Calais. Le député sortant a cédé sa place à une personnalité moins connue, Philippe Kemel, le maire de Carvin, qui a déjà annoncé qu’il se maintiendrait face à Jean-Luc Mélenchon. « Il n’y a pas de raccourcis à la tâche, répond ce dernier, nous ne comptons sur aucun accord entre partis, il va falloir convaincre les électeurs 1 par 1 », au cours d’une campagne « homérique ».

« C’est un choix fondamental qui pose la question suivante : l’issue à la crise se fera-t-elle sur la question sociale ou la question ethnique ? », estime Alexis Corbière sur son blog.

On veut du mieux !


« Nous ne sommes pas des Lepenistes ! », clament les Héninois ravis qu’une pointure vienne tordre le coup à cette vieille idée. Marine Le Pen, que tout le monde ici a déjà au moins aperçu, reste pourtant très présente.

Adossé au mur de brique rouge derrière un petit étalage, à la friperie, Christian, 22 ans, gestionnaire de stock dans un supermarché, dit ne plus avoir confiance en la gauche, son camp politique familial. Pour les législatives, son choix est fait : « Marine Le Pen connaît bien Hénin-Beaumont et elle a plus de franc-parler. Et puis l’immigration, embraye-t-il, il y a beaucoup trop de Roumains ici, je me suis fait voler deux fois mon vélo devant chez moi. »

Pour Robert, tourneur de 59 ans, ce vote Front national n’a rien d’un vote de protestation :« Il y a les idées [racistes] qui suivent », analyse-t-il entre deux blagues. « Ce racisme est un truc de jeunes cons, on aura beau chasser tous les étrangers, rien ne changera », embraye son ami et collègue Serge, avec qui il travaille à la forge depuis 39 ans. Serge rit beaucoup, mais ne décolère pas : « Qu’est-ce qu’il va faire pour nous, Mélenchon vient avec ses gros sabots parce qu’il a vu le score de Le Pen, il vient faire un coup médiatique », gronde-t-il. Pour faire son choix, il écoutera pourtant les débats et jugera les propositions. « Nous, on veut du mieux, pas de blabla ! »

Du cœur, de la solidarité et des luttes


 Autour de la salle « Colysée » où Jean-Luc Mélenchon a réuni les militants du Front de gauche peu après sa conférence de presse, les « sympathisants » sont aux anges. Pour les militants, cette arrivée surprise n’est pourtant pas évidente à gérer. Le candidat initialement désigné, Hervé Poly, dont le nom figure encore en grosses lettres comme candidat principal sur la façade du local du PCF, sera finalement suppléant. Ou plutôt « député suppléant », tente de reformuler Jean-Luc Mélenchon, qui veut le laisser en première ligne dans la campagne de terrain.

Visiblement un peu troublé par les événements, Hervé Poly introduit M. Mélenchon, « sans dieu, ni César, ni maître », et il ironise : « Je lui passe la parole pour ne pas lui faire tout de suite de l’ombre ».

« La démocratie [interne] a fonctionné, elle a été un peu accélérée », raconte aussi Hervé Poly, sans masquer un certain malaise avant d’exprimer toute sa détermination à mener cette bataille collective : « Contre ceux qui se nourrissent de la colère, nous serons le front du cœur, de la solidarité et des luttes », lance-t-il.

Au milieu de ses militants en cercle, Jean-Luc Mélenchon dessine enfin un plan de bataille : multiplier le porte-à-porte, aller à la rencontre des luttes de salariés, parler aux journalistes. Quelque chose se passe, observe-t-il surtout à la lumière de la campagne présidentielle, « les gens ne sont pas catégorisés comme à certaines époques. Ils nous écoutent. »

Par Erwan Manac’h   (Politis.fr)

Mélenchon affirme que « des milliers de socialistes » vont le rejoindre

Le message est clair : Marine Le Marine « n’est pas chez elle » à Hénin-Beaumont a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV. Même si la candidate du Front national regroupe un tiers des électeurs, il ne s’agit pas de « jouer la comédie du local » pour le leader du Front de gauche. Chacun défend ses thèses, et pour Mélenchon, les problèmes à affronter sont avant tout « nationaux et internationaux ». C’est pourquoi, il propose un débat à Marine Le Pen.

Aussi, Jean-Luc Mélenchon s’est adressé aux habitants de la commune du Pas-de-Calais. Le candidat du Front de gauche leur a demandé de choisir la voix qu’ils souhaitent dorénavant entendre à l’Assemblée Nationale : celle « d’un homme qui se bat pour l’humain d’abord, qui défend des idées sociales et républicaines » ou « la voix de l’ethnicisme ».

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs déclaré que cette course aux législatives face à Marine Le Pen « n’est pas une affaire personnelle » et d’ajouter « nous courons plus vite » que le Front national.